vignette|Relevé des mesures effectuées par le radiotélescope, avec le signal tel qu'annoté par Jerry R. Ehman.
Le signal est un signal radio puissant, à bande étroite et centré sur la raie à , capté le par le radiotélescope de l'université d'État de l'Ohio surnommé .. D'origine inexpliquée, ce signal, qui a été capté pendant et n'a plus été détecté depuis, a fait l'objet d'une attention significative de la part des médias.
Le phénomène fut observé par Jerry R. Ehman, astrophysicien qui travaillait avec le radiotélescope dans le cadre d'un projet SETI. Stupéfait de voir à quel point le signal observé correspondait à la signature attendue pour un signal interstellaire, Ehman a entouré au stylo rouge le passage correspondant sur le relevé des mesures effectuées par le radiotélescope, et a écrit dans la marge à côté le commentaire , interjection de surprise ou d'admiration en anglais, proche de « Ouah ! » en français. Ce commentaire est devenu le nom du signal.
Ce signal n'a toujours pas d'explication faisant consensus.
Localisation du signal vignette|Le signal se situe dans la constellation du Sagittaire, juste au nord-ouest de l'amas globulaire M55. En raison de la conception de l'expérience, l'emplacement du signal peut se trouver dans l'une des deux bandes rouges, et il y a aussi une grande incertitude dans la déclinaison (axe vertical). Pour plus de clarté, les largeurs des bandes rouges ne sont pas tracées à l'échelle. Elles devraient en fait être plus fines.
Déterminer un emplacement précis du signal dans le ciel est compliqué, du fait que le télescope a utilisé deux cornets d'alimentation pour rechercher des signaux, chacun pointant vers une direction légèrement différente. Le signal n'a été détecté que dans un seul de ces deux cornets et les données ont été traitées de telle façon qu'il est impossible de déterminer dans lequel des deux cornets le signal est entré. Il y a donc deux valeurs d'ascension droite possibles.
Discussion On ne connaît ni la nature ni l'origine du signal et, , on ignore s'il codait quelque chose. Supposer qu'il codait quelque chose équivaut à postuler qu'il avait pour origine une civilisation extraterrestre, ce qui n'est pas prouvé à ce jour.
Éléments objectifs : le signal était à bande étroite (environ ). Aucun phénomène naturel connu n'émet sur un spectre étroit ; le signal a été émis précisément sur la raie à . C'est précisément la fréquence sur laquelle on s'attend à recevoir d'éventuels signaux de civilisations extraterrestres, car la poussière interstellaire est transparente à cette longueur d'onde et c'est la raie d'émission naturelle de l'élément le plus abondant de l'univers, l'hydrogène, de sorte que l'attention des êtres pensants est attirée sur cette bande, en émission comme en réception.. C'est d'ailleurs la fréquence choisie pour émettre le message d'Arecibo, un signal d'un projet SETI vers l'amas globulaire M13 en . Cette fréquence n'est utilisée par aucun émetteur artificiel. Un accord international existe pour bannir cette fréquence de tout usage civil ou militaire ; il venait d'une direction très précise du ciel, la durée de correspondant au passage d'un « lobe » de sensibilité de l'antenne sur ce point ; lors du passage du second lobe de sensibilité de l'antenne quelques minutes plus tard, le signal avait disparu. Cela suggère une origine dans l'espace, en orbite ou plus loin ; il n'y a aucun objet céleste notable connu dans les zones d'émission du signal (sauf deux petites comètes qui sont à la base de l'hypothèse cométaire).
Il est difficile de trouver une explication naturelle à l'ensemble de ces phénomènes, et notamment à l'absence de signal au second lobe et au spectre étroit. Une réflexion d'émetteurs radios terrestres est exclue, car la fréquence ne correspond pas à des émetteurs terrestres et ces réflexions ne pourraient pas renvoyer l'énergie mesurée.
L'hypothèse cométaire, développée dans les , n'est plus considérée comme plausible et il n'y a toujours pas de consensus établi concernant l'interprétation de ce phénomène..
En , dans un article non encore évalué par les pairs, une équipe de l'observatoire d'Arecibo suppose que le signal a été provoqué par un événement astrophysique rare : l'illumination soudaine d'un nuage moléculaire froid déclenchée par une puissante radiosource. telle qu'un magnétar.. Cette interprétation ne fait pas non plus consensus..
Durée du signal Au moment de l'observation, le radiotélescope n'est réglable qu'en fonction de l'altitude (ou de la hauteur au-dessus de l'horizon), et utilise la rotation de la Terre pour balayer le ciel. Compte tenu de la vitesse de rotation de la Terre et de la largeur de la fenêtre d'observation du télescope, le radiotélescope ne peut observer n'importe quel point donné que pendant .. Un signal extraterrestre continu ne pouvait donc être enregistré que pendant exactement .
De plus, la sensibilité du radiotélescope est maximale au centre de sa fenêtre d'observation. Par conséquent, si le signal observé est extraterrestre, l'intensité mesurée devrait afficher une augmentation progressive pendant les secondes, à mesure que la source entre dans la fenêtre d'observation, puis un pic au centre de la fenêtre d'observation, et enfin une diminution progressive pendant les suivantes, à mesure que la source en sort.
Toutes ces caractéristiques sont présentes dans le signal , ce qui plaide pour une origine extraterrestre., car une interférence terrestre pourrait présenter n'importe quelle durée, pas spécifiquement , et l'intensité mesurée ne présenterait pas nécessairement une courbe en cloche..
Hypothèse cométaire Début , le professeur Antonio Paris de la a publié un article où il indique avoir trouvé deux comètes (266P/Christensen et 335P/Gibbs) découvertes dans la dernière décennie, pouvant se trouver en face du radiotélescope le . Les comètes, émettant beaucoup d'hydrogène, pourraient expliquer l'existence de ce signal. Pour vérifier son hypothèse, il propose de braquer les radiotélescopes vers une de ces comètes à leur prochain passage dans la même région d’émission du signal pour comparer précisément les deux signaux. La campagne d'observation qu'il a menée entre et a effectivement relevé un signal similaire au signal généré par 266P/Christensen. Selon cette étude, la comète émet bel et bien à , avec un pic similaire à celui du signal , cependant avec un rapport signal sur bruit de , alors que celui du signal de était de plus de . Les auteurs estiment que la différence tient au diamètre supérieur du ( de diamètre contre pour les observations de ), et au fait que la comète a pu perdre de la masse depuis .
Cette hypothèse et cette étude sont contestées par certains radioastronomes comme Jacques Crovisier, qui arguent que les nuages d'hydrogène entourant les comètes ne génèrent pas un signal assez fort à cette fréquence car la raie à est une raie de transition interdite de l'atome d'hydrogène..
De plus, les comètes se déplaçant lentement dans le ciel, le second lobe de sensibilité aurait détecté le signal, ainsi que plus tard ce qui n'a pas été le cas..
Enfin, la position supposée de 266P/Christensen lors de l'émission du signal est également remise en cause, et aurait pu différer de l'emplacement de l'émission du signal en .
Code du radiotélescope vignette|redresse|Relevé complet sur lequel le signal a été repéré. vignette|redresse| correspondant au relevé précédent, où chaque chiffre ou lettre est remplacé par un point dont la couleur est fonction de l'intensité. Le signal correspond à la zone claire en bas à gauche. vignette|redresse|Intensité du signal au cours du temps.
Chacune des colonnes de la feuille montre les valeurs successives du rapport signal sur bruit de l'intensité reçue par le radiotélescope , dans chacun des de , avec une période d'échantillonnage de ( d'acquisition et de traitement). Afin d'économiser la place sur la feuille d'enregistrement, Robert Dixon et Jerry Ehman ont choisi de coder les valeurs sur un seul caractère alphanumérique.
Leur ordinateur, un ., était programmé pour garder en permanence en mémoire deux valeurs pour chaque canal, calculées à partir de l'intensité reçue : la moyenne mobile () calculée sur , l'écart type, calculé sur , représentatif du bruit de mesure. La différence entre l'intensité courante et la moyenne était alors divisée par l'écart type, et le résultat était tronqué à la partie entière avant d'être imprimé sur la feuille comme suit : la valeur 0 était remplacée par un blanc (espace) ; les valeurs de 1 à 9 étaient imprimées telles quelles ; les valeurs de 10 à 35 inclus étaient remplacées par des lettres capitales : ainsi, la était codée « A », 11 « B »
Si la valeur à imprimer était supérieure ou égale à 36, le programme reprenait simplement à zéro, mais Dixon et Ehman pensent que ce cas ne s'est jamais présenté. La valeur « U » (30) est la valeur la plus forte jamais enregistrée par ce radiotélescope.
Le signal représenté sur la feuille est donc une grandeur sans dimension correspondant au rapport signal sur bruit de l'intensité, exprimé en nombre d'écarts types. D'après les données enregistrées sur le , la courbe temporelle reconstruite suit parfaitement une gaussienne au moment du signal , dénotant probablement une loi normale.
Les colonnes imprimées après les contiennent les coordonnées équatoriales (ascension droite et déclinaison), la fréquence du deuxième oscillateur local (OL) utilisé par le récepteur du radiotélescope pour compenser le décalage vers le rouge, les coordonnées galactiques (longitude et latitude), et l'heure EST (soit UTC−5). Toutes les coordonnées sont données dans l'époque utilisée en : B1950.0.
+ Données imprimées au moment du signal Heure EST Rapport signal sur bruit de l'intensité reçue sur le équatoriales Fréquence du galactiques [0 σ ; 1 σ[ [0 σ ; 1 σ[ 6 [6 σ ; 7 σ[ E [14 σ ; 15 σ[ Q [26 σ ; 27 σ[ U [30 σ ; 31 σ[ J [19 σ ; 20 σ[ 5 [5 σ ; 6 σ[ [0 σ ; 1 σ[ 1 [1 σ ; 2 σ[
Réponse En , pour le du signal , le radiotélescope d'Arecibo a envoyé une réponse de l'humanité, contenant Twitter, dans la direction d'où provenait le signal... Pour cette réponse, les scientifiques d'Arecibo ont tenté d'augmenter les chances qu'une vie intelligente reçoive et décode les vidéos de célébrités et les tweets en y attachant une séquence en en-tête, répétée pour chaque message, qui permettrait au destinataire de savoir que les messages sont intentionnels et proviennent d'une autre forme de vie intelligente, l'humanité.
Postérité En , le signal est mentionné dans l'épisode Les Petits Hommes verts de la série télévisée X-Files.. En , dans le roman sur la Lune de Johan Harstad, le signal aurait été émis par la Lune.. En , le code 6EQUJ5 apparaît dans le jeu vidéo . Il est écrit sur le sol à Sandy Shores à l'endroit du monument hippie dédié aux extraterrestres.. En , dans le roman Signe de vie de José Rodrigues dos Santos, un signal est à nouveau détecté dans la même zone. En , dans le de la première saison de la série française OVNI(s), Rémy Bidaut (Quentin Dolmaire) dit à Didier Mathure (Melvil Poupaud) qu'un radiotélescope a capté pendant un signal émis en provenance de la constellation du Sagittaire. Il explique aussi l'origine du surnom du signal , mais mentionne une bande passante de , et non de , et qu'il a été capté au Colorado, et non dans l'Ohio. En , dans le second épisode de la première saison de la série de science-fiction Le Problème à trois corps, il est fait référence au signal .. En , le groupe de musique sort son dixième album intitulé ; le code « 6EQUJ5 » apparaît à la fin de la vidéo de pour le morceau ... En , le code 6EQUJ5 apparaît sous la forme d'un succès dans le jeu vidéo Genshin Impact après la complétion du troisième acte de la série de quêtes « Lunologie »..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
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Articles scientifiques : . . . . . . .
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Articles scientifiques en prépublication :