Francisco Enrique Camps Ortiz, né le à Valence, est un homme politique espagnol, membre du Parti populaire (PP) et ancien président de la Généralité valencienne, de 2003 à 2011.
Il commence sa vie politique dans les années 1990, au niveau municipal, au sein de l'exécutif de la mairie de Valence, dirigé par Rita Barberá. Il est ainsi conseiller délégué à la Circulation, puis premier adjoint à la maire, délégué aux Finances, entre 1991 et 1996.
Cette année-là, il obtient un siège de député de Valence au Congrès des députés. Il y renonce en 1997, quand Eduardo Zaplana en fait le conseiller à la Culture et à l'Éducation de son premier gouvernement de la Généralité valencienne. Il retourne au niveau national en 1999, comme secrétaire d'État aux Administrations territoriales.
Après avoir retrouvé, aux élections de 2000, son siège de député, il devient premier vice-président du Congrès. Il quitte les Cortes Generales en , après avoir été nommé délégué du gouvernement dans la Communauté valencienne. À peine trois mois plus tard, le Parti populaire en fait son chef de file pour les élections régionales de 2003.
Ayant remporté la majorité absolue lors de ce scrutin, au cours duquel il est élu député régional de Valence, il est investi président de la Généralité valencienne. À partir de 2004, il cumule cette fonction avec celle de président régional du PP. En 2007, puis 2011, il remporte deux nouveaux mandats, chaque fois avec la majorité absolue au Parlement valencien.
Il démissionne de l'ensemble de ses responsabilités en , après avoir été mis en examen dans une affaire de financement illégal du Parti populaire. Alberto Fabra lui succède, et il est acquitté en . Il est ensuite mis en cause dans une dizaine d'autres affaires, son parcours se soldant par une mise hors de cause dans 90 % des cas.
Biographie Jeunesse et formation Après avoir passé son enfance à Borbotó, un quartier de Valence, il étudie dans un collège jésuite, puis obtient une licence de droit à l'université de Valence. C'est au cours de son cursus universitaire qu'il se rapproche de la vie politique, en adhérant aux Nouvelles générations (NNGG) de l'Alliance populaire (AP) en 1982.
Les débuts locaux Le , il se présente aux élections municipales à Valence, sur la liste du Parti populaire (PP), conduite par Rita Barberá. Élu conseiller municipal, il est nommé adjoint à la Circulation. Après les élections de 1995, il est promu premier adjoint au maire, chargé des Finances et du Patrimoine, ainsi que porte-parole du groupe PP et de la commission municipale des Finances.
Député national et conseiller régional Lors des élections générales anticipées du 3 mars 1996, il prend la tête de liste du PP dans la province de Valence et coordonne la campagne du parti dans la Communauté valencienne. Au Congrès des députés, il devient porte-parole de son groupe parlementaire à la commission des Infrastructures. Il est contraint de démissionner à la suite de sa nomination comme conseiller à la Culture, à l'Éducation et à la Science de la Généralité valencienne par Eduardo Zaplana, le .
Le retour aux responsabilités nationales Il renonce à ses fonctions régionales le , après avoir été nommé secrétaire d'État pour les Administrations territoriales, sous la direction du nouveau ministre Ángel Acebes. Il se présente, l'année suivante, aux élections générales du 12 mars 2000, toujours comme tête de liste du PP dans la province de Valence, et revient alors au Congrès des députés, dont il est désigné, le suivant, premier vice-président, sous la présidence de Luisa Fernanda Rudi.
Implantation régionale en deux temps Il quitte à nouveau le Congrès, le , du fait de sa nomination comme délégué du gouvernement dans la Communauté valencienne. Le suivant, le président de la Généralité valencienne, Eduardo Zaplana, est nommé ministre du Travail et remplacé par José Luis Olivas. Cependant, c'est Francisco Camps qui est désigné chef de file du parti pour les élections régionales de 2003, ce qui l'amène à quitter son poste administratif le .
Président de la Généralité valencienne Lors de ce scrutin, il obtient 47,9 % des suffrages exprimés et 48 députés sur 89, soit un recul d'un siège et moins d'un point. Le suivant, à 40 ans, Francisco Camps est investi président de la Généralité valencienne par le Parlement valencien. Le , il succède à Zaplana comme président du PP de la Communauté valencienne (PPCV) « Camps, elegido presidente del PP valenciano y Ripoll, secretario general », La Vanguardia, le . Candidat à sa propre succession aux élections régionales de 2007, il remporte 53,2 % des voix, un record régional, et 54 sièges sur 99. Cette domination est confirmée au scrutin de 2011, lorsqu'il recueille 50,6 % des suffrages et 55 élus.
Un des suspects de l'affaire Gürtel
Au début de l'année 2009, le juge d'instruction Baltasar Garzón, de la cour nationale d'Espagne, décide la mise en examen de Francisco Camps pour sa supposée implication dans le réseau de corruption de « l'affaire Gürtel », conformément au rapport du parquet anti-corruption « La fiscalía implica al presidente valenciano, Francisco Camps, en la trama corrupta », El País, le . Toutefois, ce dernier dispose de l'immunité parlementaire en sa qualité de député régional, et Garzón doit se dessaisir au profit du tribunal supérieur de justice de la Communauté valencienne (TSJCV). Il alors de nouveau mis en examen pour « corruption », pour l'acceptation supposée de cadeaux, en l'espèce des costumes d'une valeur de euros « La Justicia imputa a Camps por aceptar sobornos del empresario Francisco Correa », El Correo, le , et auditionné par le juge chargé du dossier cinq jours plus tard « Camps: «Estoy muy satisfecho por haber contado todo lo que ha pasado estos meses» », ABC, le . Alors que le TSJCV avait maintenu les charges retenues, les poursuites sont finalement abandonnées le « El TSJ exculpa a Camps al no ver relación entre 'regalos' y contratos », El Mundo, le .
Toutefois, environ un mois et demi plus tard, le journal El País révèle plusieurs rapports de police, non admis comme preuve par les juges valenciens, qui démontrent que Camps était parfaitement au courant du réseau de corruption « Los 'pinchazos' apuntan a que Camps estaba al tanto de la trama de financiación », El País, le . Sous pression de la direction nationale, Camps décide finalement, début octobre, de se séparer de Ricardo Costa, secrétaire général du PPCV et porte-parole de son groupe au Parlement régional, lui aussi mis en cause dans l'affaire Gürtel « Camps destituye a Ricardo Costa tras las presiones de Génova », El País, le .
Au mois de , le Tribunal suprême ordonne au TSJCV de rouvrir son information judiciaire contre le président de la Généralité, toujours pour corruption, pour avoir reçu, en sa qualité de représentant public supposé du réseau de corruption, douze costumes et quatre cravates, entre autres, d'une valeur de euros « El Supremo reabre la causa contra Camps por los regalos de la trama "Gürtel" », Las Provincias, le « La Fiscalía pide 41.250 euros de multa para Camps por 'un delito continuado de cohecho' », El Mundo, le . Malgré cela, le président du PP, Mariano Rajoy, accepte que Camps soit de nouveau candidat en 2011 « Rajoy reafirma a Camps como candidato del PP en Valencia », ABC, le , et la direction du parti approuve les listes présentées à cette occasion, dont neuf candidats sont mis en examen dans ce dossier « Génova aprueba la lista de Camps con nueve implicados por corrupción », El Mundo, le .
Démission de la présidence de la Généralité Le magistrat chargé de l'affaire au TSJCV annonce finalement, le , que Camps sera bien jugé pour corruption, estimant qu'il dispose des preuves suffisantes pour aller au procès « Camps será juzgado por recibir trajes de la 'trama Gürtel' », Público, le . L'affaire pourrait alors être jugée pendant la campagne des prochaines élections législatives, et met en difficulté la direction nationale du PP car celle-ci avait passé un accord avec les socialistes en vue de renforcer les sanctions pénales dans ce type d'affaire « El juez Flors sostiene que Camps mintió y le sentará en el banquillo », El País, le . Alors que le PSOE réclame à Mariano Rajoy qu'il force le président de la Généralité à la démission « El Gobierno valenciano ve la apertura de juicio como una “cuestión de trámite” », El País, le , ce dernier, soutenu notamment par la maire de Valence, Rita Barberá, fait savoir qu'il compte bien terminer son mandat, même en cas de condamnation, la porte-parole du gouvernement régional affirmant que « ni le gouvernement régional, ni les Valenciens » ne partagent la position du juge « Camps se plantea agotar el mandato aunque el juicio acabe en condena », El País, le . À la surprise générale « Camps se plantea pagar la multa y seguir en el poder con antecedentes penales », El País, le , il fait savoir, le , après un silence de cinq jours, qu'il compte démissionner, tout en clamant son innocence, afin de ne pas mettre en difficulté le PP et Mariano Rajoy « Francisco Camps dimite pero se declara inocente », Público, le .
La direction du PPCV, réunie en urgence quelques heures plus tard, choisit pour le remplacer Alberto Fabra « El alcalde de Castellón, Alberto Fabra, sucederá a Camps », Público, le , maire de Castellón de la Plana. Le , il est acquitté des charges qui pesaient contre lui, de même que Ricardo Costa, par cinq voix contre quatre au sein du jury populaire « El jurado declara a Camps y Costa no culpables por la mínima », Público, le .
Affaires judiciaires Il est impliqué dans diverses affaires judiciaires, surtout après avoir quitté la présidence de la Généralité. Par exemple, il est mis en cause dans l'enquête judiciaire sur l'organisation du grand Prix automobile d'Europe 2008 à Valence. En outre, certains mis en examen de la trame valencienne de l'affaire Gürtel ont indiqué que le PP « se finançait avec de l'argent sale ». Ces déclarations ont été très utiles pour les enquêtes du procureur sur les fédérations provinciales du PP.
Il s’est trouvé impliqué jusque dans 10 affaires judiciaires. En , toutes sauf une, liée à l’affaire Gürtel, ont été classées sans donner lieu à des poursuites contre lui..
Vie privée Marié, il est père de trois enfants.
Décorations
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Gouvernement Camps , et Élections au Parlement valencien de 2003, 2007 et 2011 Mariano Rajoy Affaire Gürtel
Liens externes
Site institutionnel de la Généralité valencienne La droite espagnole fait le ménage dans ses rangs, Le Figaro, le .
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