Marcellin Fillère, né le à Vernassal, dans la Haute-Loire, et mort le à Capbreton, dans les Landes, est un prêtre mariste français impliqué dans les mouvements de jeunesse catholiques. Il est le fondateur du bimensuel catholique L'Homme nouveau.

Biographie Membre dès 1918 de « la Société de Marie », il est ordonné prêtre en 1924.

Docteur en théologie, il enseigne la psychologie à l'Institut catholique de Paris comme assistant puis comme successeur du P. Émile Peillaube (il est nommé professeur titulaire en 1930) ....

thumb|fondateur de la Cité des Jeunes Il se tourne également vers la jeunesse des nombreux patronages de l'époqueVincent Feroldi, La Force des enfants. Des « Cœurs Vaillants » à « l'ACE », Paris, les Éditions ouvrières, 1987., liés aux paroisses populaires de Paris et de la banlieue Est. C'est ainsi qu'il fonde la Cité des Jeunes à la colonie de vacances de l'association Ozanam à Jouy-sur-Morin en 1928. Sa pédagogie s’appuie sur le plan spirituel sur la notion de « corps mystique » (saint Paul) et sur « les deux Cités » de saint AugustinCité des jeunes : en mémoire de Jean Tamisier. Les colonies d’été rassemblant plusieurs centaines de jeunes sont organisées comme de vrais villages avec poste et monnaie, des « ministères » etc. Il s’agit « d’expérimenter » pendant 45 jours ce que pourrait être la « Cité de Dieu », avec comme unique loi la « loi de charité ». En dix ans, la colonie passe d'une quarantaine de garçons à plus de 700Cité des jeunes : les premières années. Maxime Charles qui emmène une vingtaine de ses jeunes à Jouy-sur-Morin en 1936 est séduit par cette pédagogie communautaire de la Cité des jeunes et cherchera à s'en inspirer à Malakoff ..

Alors même que se vit la naissance des mouvements d’action catholique spécialisée (JOC, JAC, JIC...), le R.P. Fillère a l’intuition que, pour être crédibles, il faut que les chrétiens dépassent ces barrières sociales. Il s'oppose donc à la spécialisation par « milieux » de l'Action catholique et prône une unité d'action.. Le , au national de l’Union des œuvres ouvrières catholiques à Rennes), son intervention intitulée « Le Patronage d'écoliers, première école d'Action catholique » est remarquée, mais fortement critiquée par ses « adversaires » jocistes le P. Georges Guérin, Fernand Bouxom, le P. Henri Lalande, l'abbé Raymond Zoète .

Malgré les efforts de Jean Pihan pour faire converger leurs vues., Marcellin Fillère et Gaston Courtois ne réussissent pas à s'accorder en 1935, leurs visions incarnées respectivement par la Cité des Jeunes et par les « Cœurs vaillants » semblant irréconciliables..

À l'Institut catholique de Paris, le P. Fillère, qui est professeur de psychologie, regrette l'intransigeance et la critique exclusivement négative de Maritain vis-à-vis de Henri Bergson... Il ne pense pas devoir considérer comme mauvaise toute l'œuvre de Bergson. Il le dit en cours. Il est « signalé » à Rome. , recteur de la Catho, prend sa défense dans une lettreLettre datée du . au nonce apostolique, ..

En novembre 1935, avec l’abbé Richard, il crée à Paris l'association Pour l’Unitéwww.pourlunite.com Site internet du mouvement Pour l'Unité., avec les encouragements du cardinal Verdier. : « On sait que "Pour l'Unité" travaille d'une manière énergique et hardie à réveiller le sentiment de la communauté des chrétiens, la conscience de notre unité supérieure dans le Christ et dans l'Église, moyen efficace d'arracher les âmes à l'emprise des doctrines totalitaires, matérialistes et néo-païennes. »

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le P. Fillère est l'un des organisateurs de la diffusion clandestine des émissions de Radio-Vatican depuis ToulonNotamment les sermons radiodiffusés des 22 août et 9 octobre 1942.

Après guerre, il a le soutien de , nonce apostolique à Paris à partir de 1944...

Mais lorsqu'il conclut, le à Paris, le grand meeting de rentrée des étudiants de la Fédération française des étudiants catholiques et fait apparaître son manque d’enthousiasme dans l’espoir illusoire du « Politique d’abord » de la Libération, il est vigoureusement attaqué par François Mauriac...

Œuvres Le Patronage d'écoliers, première école d'Action catholique, rapport au Congrès de l'UOOC, 1934. Propagande pour l’Unité Fidélité à l’Église, 1944 Mystique d'Unité et apostolat moderne, Éditions de la Propagande pour l'Unité, 1945, 118 p. Le Parti communiste démasqué: doctrine, stratégie, tactique, Éditions de L'homme nouveau, 1949, 112 p. Méditation pour notre temps, brochure, Marana Tha, 107 p. Mouvement de la Propagande pour l'Unité du vivant du Père Fillère, brochure, Marana Tha, 207 p. La Cité des Jeunes du vivant du Père Fillère, brochure, Marana Tha, 30 p.

Bibliographie Denis Rendu, Madeleine Thévenon-Veicle, Historique du mouvement et de la propagande pour l'Unité (1935-1949) Jean Damblans, « Les mouvements issus de son élan cherchent à recueillir la mémoire du Père Fillère, trente-sept ans après », Archives de l'Église de France (Bulletin de l'Association des Archivistes de l'Église de France, n° 26, Automne 1986, p. 36-39 Jean Damblans, Denis Rendu, Madeleine Thévenon-Veicle, Le Père Fillère, nostalgie du futur, éd. O.E.I.L. (François-Xavier de Guibert), 1989, 265 p. Préface de Philippe-Alexandre Rey-Herme. Jean Damblans, « Les Archives de l'œuvre et de l'héritage du Père Fillère », Archives de l'Église de France (Bulletin de l'Association des Archivistes de l'Église de France, n° 51, Printemps 1999, p. 14-15 Yves Chiron, Le Père Fillère ou la passion de l'Unité, Paris, Éditions de L'Homme nouveau, 2011. Préface d'Émile Poulat.

Notes et références Notes

Références

Liens externes

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