L'Orge est une rivière de France, longue de selon le Sandre., affluent de la rive gauche de la Seine, dont le cours forme la vallée de l'Orge en traversant les départements des Yvelines et de l'Essonne.
Hydronymie Rivière mentionnée sous la forme Urbia au , Urbisa-Orgla, Ordéa et peut-être Urbis si l'on se référe à une charte de 690..
L'évolution phonétique d’*Orbia (noté Urbia au ) va de soi, elle est comparable à celle de *rabia (latin classique rabies) > rage.
Des spécialistes, comme Frank R. Hamlin, ont parfois évoqué un fonds linguistique plus ancien (pré-indo-européen) avec une racine or(o)b- dont le sens exact reste obscur, mais l'explication celtique par Urbia / Orbia demeure la plus étudiée pour relier l'Orge à des rivières similaires comme l'Orb ou l'Orbieu.
Plutôt que de supposer un thème hydronymique hypothétique pré-indo-européen de sens inconnu, Xavier Delamarre rattache la racine Orb- à toute une série d’anthroponymes, toponymes et hydronymes, dont également l'Orge (ruisseau de la Meuse, Orobia, sans date) et l'Orb (Hérault, Orbis , Orobus ) qui contiennent, selon lui, un radical gaulois orb- désignant l'héritier (*orbios). Il compare avec le vieil irlandais orb « héritier, héritage », orbe « héritage, patrimoine » (*orbion). En effet, un ruisseau ou une rivière peuvent être considérés comme les héritières d'une rivière plus grande ou d'un fleuve.
Géographie vignette|gauche|Confluent de l'Orge et du Mort Ru à Villiers-sur-Orge. Elle prend sa source à Saint-Martin-de-Bréthencourt dans les Yvelines, au sud du massif forestier de Rambouillet, arrose notamment le nord-ouest de Corbreuse, et notamment Sainte-Mesme (Yvelines), avant d'entrer dans l'Essonne, arrosant Dourdan, Roinville, Sermaise, Saint-Chéron, Breux-Jouy, Breuillet, Saint-Yon, Bruyères-le-Châtel, Égly, Ollainville, Arpajon, Saint-Germain-lès-Arpajon, Leuville-sur-Orge, Brétigny-sur-Orge, Saint-Michel-sur-Orge, Longpont-sur-Orge, Sainte-Geneviève-des-Bois, Villiers-sur-Orge, Villemoisson-sur-Orge, Épinay-sur-Orge, Morsang-sur-Orge, Savigny-sur-Orge, Juvisy-sur-Orge. L'Orge apparaît ainsi dans le toponyme d'une grande partie des communes traversées.
Enfin, elle se jette dans la Seine en deux bras l'un à Viry-Châtillon, l'autre à Athis-Mons.
L'Orge dans sa partie aval traverse une zone fortement urbanisée (), ce qui a imperméabilisé les sols entraînant de très forts risques d'inondation.
Pour parer ce phénomène, les municipalités riveraines se sont groupées en plusieurs syndicats intercommunaux : le Syndicat mixte de la vallée de l'Orge aval (SIVOAAutrefois Syndicat intercommunal ; mais l'intercommunalité ayant été mise en place, il s'est transformé en syndicat mixte.) ; le Syndicat intercommunal de l'hydraulique et de l'assainissement de la région de Limours (SIHA) ; le Syndicat mixte du bassin supérieur de l'Orge (SIBSO), pour les communes en amont d'Arpajon. Ces syndicats ont fusionné le sous le nom Syndicat de l'Orge, de la Rémarde et de la Prédecelle (SYORP) ou Syndicat de l'Orge.
En 2023, le Syndicat intercommunal d'assainissement des communes de Pecqueuse, Limours, Forges-les-Bains et Briis-sous-Forges (SIAL) adhère également au SYORP.
Affluents Rive droite : la Renarde (confluence à Breuillet), la Brétonnière (confluence à Saint-Germain-lès-Arpajon), le Blutin (confluence à Brétigny-sur-Orge) et la Vidange (confluence à Égly). Rive gauche : la Rémarde (confluence à Arpajon), la Sallemouille (confluence à Longpont-sur-Orge), le Mort Ru (confluence à Villiers-sur-Orge), l'Yvette (confluence à Savigny-sur-Orge) qui emprunte la vallée de Chevreuse, ainsi que quelques sources à Juvisy-sur-Orge. La rivière est aussi alimentée par plusieurs boëlles et fossés à Arpajon, Breuillet, Bruyères-le-Châtel, Égly Leuville-sur-Orge, Ollainville ou encore Villiers-sur-Orge.
Hydrologie vignette|gauche|Retenue sur un bras de l'Orge à Arpajon. L'Orge est une rivière beaucoup moins régulière que sa voisine l'Essonne. Son débit a été observé sur une période de 44 ans (1964-2007), à Morsang-sur-Orge, localité du département de l'Essonne située à peu de distance de son débouché dans la Seine. Le bassin versant de la rivière y est de sur un total de pour l'entièreté du bassin.
Le module de la rivière à Morsang-sur-Orge est de . L'Orge présente des fluctuations saisonnières de débit, avec des hautes eaux d'hiver-printemps portant le débit mensuel moyen à un niveau de 4,45 à , de décembre à début mai inclus (avec un maximum en janvier-février), et des basses eaux d'été de juillet à septembre avec un minimum mensuel moyen de 2,21 en août (voir histogramme ci-dessous).
En période d'étiage, le VCN3 peut chuter jusque , en cas de période quinquennale sèche, ce qui est proportionnellement près de deux fois moindre que le VCN3 de l'Essonne, mais reste cependant assez élevé comparé à la grande majorité des cours d'eau de France.
Les crues sont assez importantes et créent des menaces pour certaines zones de son bassin. Ainsi le débit instantané maximal enregistré a été de le , tandis que la valeur journalière maximale était de le de la même année. Ces valeurs sont près du double de celles de l'Essonne, bien que le bassin versant de l'Orge soit deux fois moins étendu. Le QIX 10 est de , le QIX 20 de et le QIX 50 de . Les QIX 2 et QIX 5 valent quant à eux respectivement 23 et . D'où il ressort que les crues maximales dont il est question plus haut, étaient vicennales (récurrence moyenne de 20 ans).
L'Orge est une rivière pas très abondante, alimentée par des précipitations modérées. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de annuellement, ce qui est très faible, nettement inférieur tant à la moyenne de la totalité du bassin de la Seine (), qu'à la moyenne d'ensemble de la France. Le débit spécifique (ou Qsp) tombe de ce fait à un très modeste par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Histoire La présence de l'Orge a probablement joué un rôle dans l'installation des premiers peuples sur ses rives. Dans un premier temps, de nombreux gués permettent, aux hommes et aux bêtes, de le traverser sans pont, comme à Égly. Au cours des siècles, de nombreuses activités se développent sur ses berges (agriculture, teinturerie, corderie, poterie, tannerie, mégisserie...). À Dourdan, par exemple, le tracé du cours d'eau est détourné pour remplir les douves du mur d'enceinte de la ville et permettre l'établissement de plusieurs moulins.
En 1728, le cours de l'Orge est canalisé, à Juvisy-sur-Orge, pour permettre son franchissement par le Grand chemin de Paris à Fontainebleau (actuelle Nationale 7), grâce au pont des Belles Fontaines (classé aux monuments historiques en 1914). L'Orge est aussi un lieu d'agrément où l'on organisait des parties de pêche, de baignade et même des "croisières".
Au , le mouvement hygiéniste promeut l'installation de lavoirs, publics ou privés, et de blanchisseries industrielles, tout au long du cours d'eau, ce qui entraînera une pollution involontaire des eaux. Jusqu'au début du , l'homme a profondément modifié l'Orge à des fins d'aménagement du territoire ou d'exploitation comme source d'énergie. Des systèmes de vannes et de barrages ont été mis en place pour réguler le niveau d'eau, à Montlhéry, Brétigny-sur-Orge ou Épinay-sur-Orge entre autres. À la fin du , ses rives sont aménagées en promenade, tandis qu'une partie de son tracé est enterré, à Juvisy-sur-Orge notamment.
Syndicat de l'Orge Composition Le Syndicat de l'Orge, ou SYORP (Syndicat de l'Orge, de la Rémarde et de la Prédecelle), regroupe, en 2020, 59 communes qui sont, par ordre alphabétique : Angervilliers, Arpajon, Athis-Mons, Avrainville, Ballainvilliers, Boissy-sous-Saint-Yon, Brétigny-sur-Orge, Breuillet, Breux-Jouy, Briis-sous-Forges, Bruyères-le-Châtel, Courson-Monteloup, Corbreuse, Dourdan, Égly, Épinay-sur-Orge, Fleury-Mérogis, Fontenay-lès-Briis, Forges-les-Bains, Grigny, Guibeville, Janvry, Juvisy-sur-Orge, La Norville, La Ville-du-Bois, Le Val-Saint-Germain, Limours, Leuville-sur-Orge, Linas, Longpont-sur-Orge, Marcoussis, Marolles-en-Hurepoix, Mauchamps, Montlhéry, Morsang-sur-Orge, Nozay, Ollainville, Paray-Vieille-Poste, Pecqueuse, Le Plessis-Pâté, Roinville, Saint-Chéron, Saint-Cyr-sous-Dourdan, Saint-Germain-lès-Arpajon, Saint-Martin-de-Brethencourt, Saint-Maurice-Montcouronne, Sainte-Mesme, Saint-Michel-sur-Orge, Saint-Sulpice-de-Favières, Saint-Yon, Sainte-Geneviève-des-Bois, Savigny-sur-Orge, Sermaise, Souzy-la-Briche, Vaugrigneuse, Villeconin, Villemoisson-sur-Orge, Villiers-sur-Orge et Viry-ChâtillonSyndicat de l'Orge - Carte d'identité syndicatdelorge.fr, consulté en octobre 2017.
Sa compétence est la collecte et le transport des eaux usées, la gestion hydraulique des cours d'eau, la prévention des risques inondation, l'amélioration du fonctionnement des réseaux d'assainissement et la reconquête de la qualité des rivières et des milieux naturelsQui sommes nous ? sur www.syndicatselorge.fr.
Chacune des communes est représentée directement ou par des délégués de son intercommunalité qui constituent ensemble le comité du syndicat. vignette|296x296px|Logo du Syndicat de l'Orge. Le président de ce syndicat est depuis 2017 François Cholley, maire de Villemoisson-sur-Orge Syndicat de l'Orge, Compte-rendu du CS de juin 2017 syndicatdelorge.fr, le 24 juin 2017.
Rôle Gestion hydraulique de la rivière et de ses affluents thumb|Le bassin de retenue de Saint-Michel-sur-Orge. thumb|Le bassin de retenue de Trévoix. L'urbanisation intensive depuis 30 ans a entraîné une forte imperméabilisation des sols. Il fallait donc prévoir de nouveaux bassins de rétention. Afin de prévenir des inondations, on compte, en 2020, 25 bassins qui ont été aménagés pour une capacité de stockage totale de . Ce sont dans l'ordre chronologique de création : le bassin de Morsang-sur-Orge (1976) : , bassin en eau, bassin en dérivation. le bassin du Breuil à Épinay-sur-Orge (1977) : , bassin en eau, bassin en dérivation. le bassin du Carouge à Brétigny-sur-Orge (1978) : , bassin en eau, bassin en dérivation. le bassin du Gué à Marcoussis sur la Sallemouille (1978) : , bassin en eau, bassin en série. le bassin du Petit Paris à Leuville-sur-Orge (1978) : , bassin en eau, bassin en dérivation. le bassin de Trevoix (1980) à Bruyères-le-Châtel : , bassin en eau, bassin en dérivation. Il représente plus de 50 % de capacité de l'ensemble des retenues. Il régule la Rémarde et protège les communes d'Égly, Ollainville et Arpajon. le bassin de Saint-Michel/Longpont (1980) : , bassin en eau, bassin en dérivation. les bassins du bois des Roches et de la gendarmerie à Saint-Michel-sur-Orge (1986) : , bassin sec, bassin en dérivation. le bassin de Nozay (1992) sur le Mort ru : , bassin sec, bassin en série. les bassins de Saint-Germain amont et aval (1992) : et , bassins secs, bassins en série. le bassin de Linas (1995) : , bassin sec, bassin en série. le bassin du Grand-Étang à Marcoussis (2002) : , bassin sec, bassin en série.
Les espaces naturels qui bordent l'Orge ont été conservés sous forme de bois ou de prairies. Cela représente une superficie de qui peuvent stocker deux millions de mètres cubes, soit autant que les bassins de retenue.
thumb|Héron cendré dans l'Orge. Ces espaces sont : l'hôpital de Vaucluse et le parc du Perray à Sainte-Geneviève-des-Bois ; le parc de Morsang-sur-Orge et Savigny-sur-Orge ; les prairies de Villemoisson-sur-Orge, Saint-Michel-sur-Orge et Leuville-sur-Orge.
Outre leur rôle dans la prévention des inondations, ces espaces favorisent un écosystème particulièrement riche pour la région. On a pu observer 88 espèces d'oiseaux autour du bassin de Trévoix à Bruyères-le-Châtel, en particulier le grèbe castagneux, le martin-pêcheur et le héron cendré.
Assainissement