Le point de vue du judaïsme sur Jésus repose sur la négation de Jésus-Christ en tant que Fils de Dieu ou Messie. L'un des principes de foi du judaïsme est en effet l'affirmation d'un Dieu unique, sans aucun intermédiaire ni associé.

Les Juifs qui ont adhéré à la foi des disciples de Jésus, dont les judéo-chrétiens de l'Église primitive, furent exclus du judaïsme à partir du par les Sages, avec les minéens. Pour cette raison, des questions telles que l'existence historique de Jésus sont jugées hors de propos dans le judaïsme.

Le judaïsme voit le culte d'une personne comme une forme d'idolâtrie. Par conséquent, considérer Jésus comme un être divin, comme « Dieu le Fils », est impossible. De même, Jésus ne saurait être le Messie car l'eschatologie juive soutient que la venue du vrai Messie sera liée à des événements qui ne se sont pas encore produits, tels que la construction du troisième Temple, un âge messianique de paix et le retour des Juifs dans leur terre d'origine.

Point de vue général du judaïsme sur Jésus Le christianisme : un mouvement juif à l'origine

Le christianisme primitif a historiquement débuté comme un mouvement juif au ap. J.-C. dans la province romaine de Judée.. Ce mouvement constitué initialement de juifs affirmait que Jésus-Christ est le Messie envoyé par Dieu et préalablement annoncé dans le Tanakh (Ancien Testament). Ces juifs qui avaient accepté Jésus considéraient qu'il avait accompli les prophéties messianiques de la Bible. Cependant, après le concile de Jérusalem, le christianisme s'est vite transformé en une religion universaliste ouverte aux païens, au prix de l'abandon d'obligations telles que la circoncision, les règles de pureté rituelle et les interdits alimentaires, entre autres.

Parallèlement à ces différences, une incompatibilité de fond a d'emblée séparé ces deux religions.

Deux religions incompatibles La croyance formulée par l'élaboration de la christologie que Jésus serait l'une des trois hypostases de Dieu est incompatible avec le judaïsme où « Dieu est Un ».

De même, l'idée du messie juif ne correspond pas à Jésus selon les prophéties du Tanakh qui établissent les critères pour la venue du Messie ;

.. Les textes autorisés du judaïsme rejettent Jésus en tant que Dieu, être divin, intermédiaire entre les hommes et Dieu, Messie ou saint.

La croyance en la Trinité, ainsi qu'en de nombreux autres fondements du christianismeParmi lesquels : Dieu a/est un fils de forme humaine; Les saints peuvent être des intermédiaires opérants entre l'homme et Dieu; une personne peut être sauvée par la mort et le sang d'un autre; la croyance en la divinité de Jésus sauverait une personne de la damnation; les lois de la Torah peuvent être (ou ont été) abrogées par leur donateur., est aussi considérée comme irrecevable.

Indivisibilité de Dieu Dans le judaïsme, l'idée de Dieu comme une dualité ou une trinité est hérétique, c'est-à-dire en opposition frontale avec le monothéisme strict, et donc assimilée à du polythéismeLe concept de la Trinité est incompatible avec le judaïsme : Response - Reference Center - FAQ - Proof Texts - Trinity (Les Juifs pour le judaïsme) La Trinité dans le Chema? by Rabbi Singer (outreachjudaism.org) La doctrine de la Trinité (religionfacts.com). Selon les croyances du judaïsme, la Torah exclut un Dieu trinitaire (Deutéronome 6:4: « Écoute, Israël : l'Éternel est notre Dieu, l'Éternel est un ! »https://www.sefarim.fr/pdf/Deut%C3%A9ronome_6.axd?action=get&xmlData=%3Cxml%3E%3Caction%3Eget%3C%2Faction%3E%3CresponseMode%3Eapplication%2Fpdf%3C%2FresponseMode%3E%3CinterfaceName%3EVerseText.GetPdfChapter%3C%2FinterfaceName%3E%3CinterfaceParams%3E%3Ckeys%3E1%2C1%2C1%2C5%2C159%2C5085%2C1%2C6%2C75401%3C%2Fkeys%3E%3Cculture%3EFR%3C%2Fculture%3E%3C%2FinterfaceParams%3E%3C%2Fxml%3E (pdf). Voir aussi le Chema Israël).

Dans Une histoire des Juifs, Paul Johnson décrit le schisme entre les Juifs et les chrétiens, causé par une divergence sur ce principe :

Fondamentalement, le judaïsme croit que Dieu, en tant que créateur du temps, de l'espace et de la matière, est intemporel, et ne peut pas naître ou mourir, ou avoir un fils. Le judaïsme enseigne qu'il est hérétique pour un homme de se proclamer Dieu, ou partie de Dieu, ou le fils réel de Dieu. Le Talmud de Jérusalem (Taanit 2:1) l'indique explicitement: « Si un homme te dit : « Je suis Dieu », il ment »Un passage du Talmud de Jérusalem qui vise justement la proclamation chrétienne. Voir Thierry Murcia (historien), Jésus dans le Talmud et la littérature rabbinique ancienne, Turnhout, Brepols, 2014, pages 614-615..

Au , Moïse Maïmonide a défini le principe central du judaïsme en écrivant: « Dieu est Un - Il n'est pas deux ni plus de deux, seulement Un, dont l'unicité est unique face à [celle des] autres [choses] qui existent dans le Monde: [elle n'est pas] unique comme celle d'une espèce composée de beaucoup d'unités, et pas unique comme le corps qui est divisé en membres et en extrémités ; mais Son Unicité n'a pas d'unicité qui lui soit comparable dans le Monde »Maimonide, Mishné Torah Madda Yesodei ha-Torah 1:5.

Certains érudits juifs notent que, bien que Jésus ait utilisé la phrase : « mon Père qui es aux cieux » (voir le Notre Père), cette expression poétique juive courante peut avoir été mal interprétée et prise au sens littéral Aryeh Kaplan ; The real Messiah? A Jewish Response Missionaries ; éditeur : Jews for Judaism (2004) ; pages : 17-18 ; Durant sa vie, Jésus a souvent parlé de Dieu comme "mon Père qui est aux cieux". Pour les juifs, ceci était une expression poétique courante, encore utilisée dans les prières. Pour les païens gentils, cependant, cette expression a une connotation beaucoup plus littérale..

Point de vue du judaïsme sur le Messie La notion de messie dans le judaïsme diffère substantiellement de l'idée chrétienne. D'après le judaïsme, le principe du Messie est d'amener l'âge messianique, un événement unique. Chaque génération peut posséder un messie potentiel, mais un messie présumé qui meurt avant d'avoir accompli sa tâche (c'est-à-dire d'entraîner tout Israël à marcher dans la voie de la Torah, de supprimer toutes les entorses à la Loi, de combattre les guerres de Dieu, de reconstruire le Temple sur son site, de rassembler tous les exilés d'Israël) ne peut pas être le vrai Messie. Maïmonide déclare : « Comme il n'a pas réussi dans tout cela et a été tué, alors, il n'est définitivement pas le Messie promis dans la Torah… et Dieu ne l'a choisi que pour tester les foules »Maimonides, Hilkhot Melakhim 11:4-5..

Les Juifs croient que le Messie accomplira les prophéties messianiques d'Isaïe et d'ÉzéchielNahmanide dans sa disputation avec Pablo Christiani en 1263, paragraphe 49. Shraga Simmons; "Pourquoi les Juifs ne croient pas en Jésus", consulté le 14 mars 2006. « Pourquoi les Juifs ne croient pas en Jésus », Ohr Somayach - Ask the Rabbi, consulté le 14 mars 2006. « Pourquoi les Juifs ne croient pas que Jésus était le messie ? », AskMoses.com consulté le 14 mars 2006.. Selon Isaïe, le Messie sera un descendant du roi DavidIsaïe 11:1 en passant par le roi SalomonPremier livre des Chroniques 22:8-10. Il est supposé ramener les Juifs en Terre Sainte, reconstruire le Temple, régner comme Roi et apporter une ère de paixIsaïe 2:4 et de compréhension où la connaissance de Dieu remplira le mondeIsaïe 11:9, conduisant les nations à reconnaître les torts qu'elles ont fait à IsraëlIsaïe 52:13 et 53:5. Ézéchiel déclare que le Messie délivrera les JuifsÉzéchiel 16:55.

C'est pourquoi, chaque commentaire du judaïsme sur Jésus est influencé par le fait que Jésus a vécu alors que le Second Temple était debout, et non quand les Juifs étaient exilés. Il n'a jamais régné comme un roi, et il n'y a pas eu de période de paix subséquente ou de grande connaissance. Jésus est mort sans terminer, et même sans accomplir aucune des missions messianiques ; à la place, il a promis sa nouvelle venue sur Terre. Au lieu d'être sauvés, les Juifs ont été par la suite exilés d'Israël. Ces contradictions ont été notées par les philosophes juifs, contemporains de Jésus, et plus tard mises en évidence par Nahmanide, qui en 1263 fait remarquer que Jésus a été rejeté en tant que Messie par les rabbins de son tempsNahmanide dans la Disputation de Barcelone avec Pablo Christiani en 1263 paragraphe 103..

De plus, selon les croyances courantes du judaïsme, l'affirmation des chrétiens que Jésus est le véritable Messie selon la Bible hébraïque s'appuie sur une mauvaise traduction de la Bible Pourquoi la majorité du monde juif rejette Jésus comme le Messie, et pourquoi les premiers Chrétiens ont accepté Jésus comme le Messie? par le rabbin Shraga Simmons (about.com) Michoel Drazin; Their Hollow Inheritance. A Comprehensive Refutation of Christian Missionaries ; éditeur : Gefen Publishing House, Ltd (1990) ; ; Troki, Isaac. "Foi fortifiée". et Jésus ne répond pas aux qualifications requises pour être le vrai messie juif.

Prophétie et Jésus Selon la Torah (Deutéronome 13:1-5 et 18:18-22), les critères pour qu'une personne puisse être considérée comme un prophète ou parler au nom de Dieu sont qu'elle obéisse au Dieu d'Israël (et non à un autre dieu), qu'elle ne représente pas Dieu de façon différente de celle décrite dans les Écritures, qu'elle ne recommande pas de modifier la parole de Dieu, qu'elle ne prétende pas que Dieu a changé d'idée et qu'Il désire dorénavant des choses en contradiction avec Sa parole éternelle - sans quoi les choses dont elle parle passerontMishné Torah Madda Yessodei HaTorah 8:7-9.

De plus, il existe deux sortes de « faux prophètes » identifiés dans la Bible hébraïque : celui qui affirme être un prophète au nom de l'idolâtrie, et celui qui se proclame prophète au nom du Dieu d'Israël, mais déclare que toutes les paroles ou commandements (mitzvot) de Dieu ne s'appliquent plus, ou fait de fausses déclarations au nom de Dieu Voir Deutéronome 18:20, qui fait référence aux faux prophètes qui affirment parler au nom de Dieu. Comme le judaïsme croit que la parole de Dieu est vraie de toute éternité, qui dit parler au nom de Dieu mais diverge de la Halakha ne peut pas être inspiré par l'autorité divine. (Ezéchiel lui-même fut longtemps contesté, avant qu'un commentaire ne démontre la correspondance entre ses propos et la Torah.) Le Deutéronome 13:3 indique simplement : « tu n’écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce songeur » Tracey Rich; « Prophètes et Prophétie », Judaism 101, consulté le 14 mars 2006. Rabbin Pinchas Frankel, , Union orthodoxe des Communautés juives d'Amérique, consulté le 14 mars 2006. Laurence Edwards ; « Torat Hayim – La Torah vivante : pas de repos pour le mauvais » , Union du judaïsme réformé, consulté le 14 mars 2006..

Même si quelqu'un qui se fait passer pour prophète peut effectuer des actes surnaturels, aucun prophète ne peut contredire les lois déjà établies dans la BibleDeutéronome 13:1-5 et 18:18-22 Ephraim Buchwald ; « Parashat Re'eh 5764-2004 : Identification d'un vrai prophète » ; Programme national d'assistance juif, consulté le 14 mars 2006.

En conséquence, toute discordance avec les principes de la Bible hébraïque disqualifie Jésus pour être considéré comme un prophète. (Toutefois les chrétiens pensent que le Juif Jésus a obéi aux principes de la Bible hébraïque, selon les deux grandes lois d'amour juives qu'il a reprises : Deut. 6. v. 5 et Lévit. 19. v. 17-18). Ce point de vue a été adopté par les contemporains de Jésus, ainsi que par la tradition rabbinique comme indiqué dans le Talmud (Sotah 48b) « quand Malachie mourut, la prophétie quitta Israël. ». Comme Malachie a vécu plusieurs siècles avant Jésus, les rabbins des temps talmudiques n'ont pas considéré Jésus comme un prophète inspiré par Dieu.