La bataille du Donon est une bataille qui a eu lieu dans l'Est de la France actuelle (Ouest de l'Empire allemand à l'époque) au début de la Première Guerre mondiale. La bataille a opposé les forces françaises et allemandes et s'est soldée par une victoire allemande.
Le , la d'infanterie ( DI) s'empare du col du Donon avec très peu de pertes ; les défenseurs ennemis opposent peu de résistance et, suivant la stratégie adoptée par leur État-Major, se retirent assez rapidement vers la vallée de la Bruche.
La bataille principale a essentiellement lieu au Petit Donon, au col entre les Donons et à la cote 707, les 20 et . Elle se rattache à la bataille des frontières. Les combats du Petit Donon ne dureront que quelques heures mais les pertes seront importantes des deux côtés. La décision de reprendre le Petit Donon n'est compréhensible qu'à travers la tactique de l'offensive à outrance adoptée par le grand État-major français (après la défaite de 1870) enseignée dans les écoles militaires, bien ancrée dans l'esprit des chefs français et également apprise par les hommes de troupe pendant leur service militaire. Cette stratégie, comme on le sait aujourd'hui, va coûter en quelques mois des pertes importantes dans les troupes françaisesEn 5 mois de campagne en 1914, la France a compté , soit par jour, pratiquement le triple de 1916 qui est l'année de la bataille de Verdun., notamment dans l'encadrementEssentiellement des chefs de compagnies et de sections : capitaines, lieutenants, sous-lieutenants..
Campagne précédant la bataille Le généralissime Joffre et le plan XVII prévoyaient pour le secteur situé à la frontière avec les départements perdus en 1870 une offensive au sud de l'Alsace (armée d'Alsace), sur les cols vosgiens, la Bruche, le Donon ( Armée) et une grande offensive en Lorraine ( Armée). La pénétration des troupes françaises dans les départements annexés, représentaient pour la population française et les soldats eux-mêmes une image psychologiquement forte.
Les Allemands ne l'ignoraient pas et pour leur aile gauche, protégée par les reliefs vosgiens, avaient prévu une position d'attente : La armée du général Von Heeringen comprenait des troupes de réserves face à l'Alsace et à la Armée française. En revanche le Rhin avait été fortement fortifié ; le Fort Kaiser Wilhem II puissamment armé était un môle de résistance dans la basse vallée de la Bruche, en avant de la place fortifiée de Strasbourg. La armée du Kronprinz Rupprecht de Bavière, prête à l'offensive dès que la Armée française aura suffisamment pénétré en territoire ennemi. Le plan Schlieffen se déroulait avec l'aile droite allemande forte de cinq armées envahissant la France par le nord-est, le but étant de prendre en étau les armées françaises, les rabattre vers l'aile gauche, puis les acculer sur la frontière suisse. Ce même plan se donnait un délai de campagne pour remporter la victoire de moins de deux mois, le temps que la Russie finisse sa mobilisation. Moltke et l'État-Major allemand n'ignoraient pas qu'il ne leur serait pas possible de se battre sur les deux fronts à la fois.
Sur le secteur Vosges, les opérations de couverture terminées et l'armée d'Alsace (Général Bonneau) entrée par la trouée de Belfort à Mulhouse (), la Armée entame le son offensive générale vers le nord-est. Pour la Brigade chargée de s'emparer du col et du massif des Donons les opérations se déroulent sans grandes difficultés.
15 et 16 août La du général Barbade organise la défense de la place considérée comme un point d'appui, pivot de manœuvre pour les (général Auguste Dubail) et armée. Les 20 et BCP, effectuent des reconnaissances vers les vallées des deux Sarres avec des cavaliers du du Chasseurs à Cheval. Ils occupent les crêtes plus au nord (Tête de Mort, le Noll, le Grossmann) par des petits-postes, observatoires privilégiés pour observer les mouvements ennemis à l'est et au nord. En vue de la manœuvre du Corps d'Armée dans les deux jours qui allaient venir, aménagement et occupation de la cote 707 et de Malcote, dominant vers le nord-ouest les vallées supérieures de la Sarre blanche et de la Sarre rouge.
17 août Le gros du Corps d'armée, essentiellement la DI et le BCP, quittent la région de Schirmeck et la haute vallée de la Bruche. Par le col du Donon, il gagne la région Abreschviller-Saint-Quirin pour appuyer les et d'armée dans une attaque de flanc sur Sarrebourg, participant à l'offensive de la Armée en Lorraine. Le Corps d'armée doit prendre en charge le secteur du d'armée.
18 août Les colonnes du Corps d’Armée continuent de s’écouler par le col du Donon puis au nord-ouest par les vallées de la Sarre blanche et de la Sarre rouge. La DI est à présent rattachée pour la suite des opérations au Corps d’Armée, elle doit continuer sa mission de couverture du Donon () et de la haute vallée de la Bruche ( et RI). Le RI et le RI sont fortement accrochés et finissent par être débordés par les troupes allemandes qui ont pris l’offensive par les hauteurs des deux rives de la Bruche.
19 août Lors d'une contre-attaque, le colonel Aubry, commandant le RI est tué. Les et RI ainsi que le BCP, engagés dans le secteur Bruche, se replient en combattant, tandis que le RI reste sur Schirmeck protégeant la route montant au Donon. À 13 h, Le colonel Hamon, commandant la , donne l'ordre de repli général sur le col du Donon, sous le couvert des tirs du deuxième groupe du RAC, les deux autres groupes de ce régiment remontent sur le col.
Le général Von Pavel de la Division d’infanterie de réserve sait qu’il va falloir s’emparer de cette place forte que représente le massif du Donon lors de l’offensive générale des et armées allemandes contre les et armées françaises prévue pour le . Malgré de multiples patrouilles, il est dans l’ignorance des effectifs exacts qui s’y trouvent. De plus l’ennemi possède des observatoires idéaux lui permettant de voir tout mouvement de troupes dans les vallées (sommets du Grand Donon, du Petit Donon, du Kohlberg…) Il attaquera donc avec un maximum de force, avec comme axe principal le sommet du Petit Donon, aux pentes orientales d’une très forte déclivité, afin d’essayer de surprendre les Français. Il pense aussi que ceux-ci ne l’ont peut-être pas trop fortifié, ne les attendant pas par cet accès qui est le plus difficile du secteur.
Pour cela, il réunit la et la Brigade d'infanterie de réserve, renforcées par le RIR, les et de chasseurs (Jäger) de réserve, ce qui représente environ. Une importante préparation d'artillerie sera effectuée essentiellement par trois batteries de 105 du RAC positionnées au Petit-Wisches au bord du Netzenbach. L'attaque se fera plutôt en fin de journée pour des raisons sans doute de lumière, les pentes est se trouvant déjà dans l'ombre des crêtes.
Ce même jour vers 13 heures, seul un peloton de la du BCP occupe le Petit Donon. L'État-major de ce bataillon, commandant Rauch, se trouve au col entre les Donons, avec la et , relié à droite à la placée sur la route descendant vers Grandfontaine. La plus à gauche au pied des pentes ouest. La Cie se trouve à la cote appelée « 707 », dans les J.M.O. : Journal de Marche et Opérations qui est tenu dans chaque bataillon ou régiment, notamment celui du BCP, dans une tranchée orientée NO-SE et débutant en contrebas du col, coupant en travers le carrefour des départementales. Effectif total environ .
peut-on lire dans le du .
Déroulement des combats et retraite française 20 août vignette|upright=1.3 |En hachuré rouge les zones de combats en Lorraine du 5 août au 15 septembre 1914. Le brouillard était très présent, stagnant sur les sommets et les pentes ouest de la crête. La compagnie du est envoyée au Fallenbergle Fallenberg (altitude ) est situé sur la même crête que le Petit Donon à une distance à vol d'oiseau de au nord. Ce sommet est appelé à présent la Côte de l'Engin. Un collet (altitude 889 mètres) sépare ces deux sommets. tandis qu'un poste d'observation et de réglage pour le groupe d'artillerie du gagne le sommet du Petit Donon, rejoignant la section, () commandée par le sous-lieutenant Montenot, qui occupe toujours la redoute naturelle que représente le piton rocheux formant le sommet.
Des compagnies du occupent et aménagent depuis plusieurs jours certains points ainsi que le chemin de la ligne de crête qui s'allonge vers le nord-est par le Totenkopfsommet appelé « Tête de mort », la Barraque Carrée, Le Noll, le Grossmann, le Schneeberg (altitude ), jusqu’au sommet du Grand Rosskopf (altitude ), et Obersteigen. Ligne d'une d'attaque prévue par le GQG avec des compagnies du BCP. Attaque qui aura lieu mais échouera.
Il est 11 h 20, le bombardement du Fallenberg, du Petit Donon et du secteur environnant commence. Il durera jusqu'à 19 h 20. Le brouillard s'est dissipé et des mouvements de troupes à mi-pente du massif, au-dessus de Wisches et notamment dans le vallon du Netzenbach sont visibles. Les batteries de 75 ouvrent le feu depuis la plateforme du Donon. Les troupes de la d'infanterie qui arrivent par le chemin de Wisches et celles de la débouchant du vallon du Tommelsbach commencent à subir des pertes, peu avant le carrefour à l'altitude 570 où la jonction des deux brigades doit s'opérer.
Vers 15 h, tandis que les Allemands ont entamé leur marche, le Jäger et quelques cavaliers (Dragons) opèrent une reconnaissance vers la Barraque carrée ; une fusillade assez courte a lieu avec le petit-poste occupé par une section du BCP. Cela suffit au commandement pour se faire une idée de l'occupation française. C'est le Jäger de réserve qui se chargera d'investir plus tard la Barraque carrée. Ayant chassé les chasseurs français, il rejoint le Jäger au col de l'Engin et attaque par la D.993 la cote 707en réalité cote 797 erreur de lecture de la carte d'État-Major de 1914. Secteur situé vers le col de l'Engin sur les arrières du Grand Donon. Là aussi les 75 causent pas mal de dégâts.
Vers 18 h au Petit Donon, l’attaque allemande se déroule comme prévu avec les et RIR, ce dernier venu par le Kohlberg, attaquant par le sud et l'est le piton principal. Le nombre aidant, ils chassent assez facilement la du BCP qui vient de perdre son chef le sous-lieutenant MontenotLe sous-lieutenant Montenot est enterré à la Nécropole du Donon. qui a été tué dans son réduit rocheux, au sommet du Petit Donon. Les 75 français se retrouvent "aveugles", ne recevant plus de directives de leurs observateurs placés au sommet ; ceux-ci ont également été tués par un obus de 105.
La , placée en réserve sur les pentes ouest sur l'ordre du capitaine ZuberSera blessé quelques instants plus tard., suit depuis le collet le sentier longeant la crête et attaque baïonnette au canon le bastion rocheux que forme le sommet ; elle réussit même à le reconquérir. Les quelques chasseurs rescapés de la section Montenot se joignent à la , sous le commandement du s/lieutenant DalanzyLe s/lieutenant Dalanzy, sera blessé en 1915 et réformé. Il reviendra, pour le cinquantenaire des combats en 1964, sur les lieux et écrira un récit précis, avec schéma sur les combats de ces deux journées. Cet article paraîtra dans un le quotidien vosgien « La Liberté de l'Est » commandant la de cette compagnie.
La fusillade cesse assez vite. L'ombre s'allonge sur les pentes et sous les sapins la visibilité baisse vite ; de plus les attaquants allemands sont épuisés. La du BCP évacue les pentes du sommet et regagne le refuge de chasse ( au col entre les Donons). Seuls les 20 chasseurs rescapés de la de la sont toujours au sommet avec le sous-lieutenant Dalanzy, qui pense que du renfort va arriver. Du côté du collet et du Fallenberg où se trouvent la et la , la fusillade continue. À tout moment l’attaque du Petit Donon par le sentier de crête peut reprendre. De plus les Allemands sont en train de creuser une tranchée perpendiculaire à ce sentier, base de départ pour une attaque.