Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ou GIEC (en anglais ou ) est un organisme intergouvernemental chargé d'évaluer l'ampleur, les causes et les conséquences du changement climatique en cours.
Créé en 1988 sous l'égide de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) à la suite d'une initiative politique internationale, le GIEC est ouvert à tous les pays membres de l'Organisation des Nations unies. Il regroupe .
Les évaluations du GIEC sont fondées sur les publications scientifiques et techniques, dont les auteurs du GIEC opèrent une synthèse critique. Elles sont publiées sous la forme de rapports synthétiques ou portant sur un aspect particulier du changement climatique, au sein de cycles d'évaluation d'une durée approximative de sept ans. Le rapport d'évaluation le plus récent a été publié en 2023.
Rédigés par des centaines de scientifiques des États membres, les travaux du GIEC aboutissent également à des résumés à l'intention des décideurs, relus phrase par phrase et formellement validés à l'unanimité par les délégués des États, avec l'assentiment des auteurs scientifiques.
Historique vignette|gauche|Le GIEC est une organisation autonome hybride, constituée de scientifiques et de représentants des États. La présence de ces derniers a été voulue par le G7 sous la pression du président américain Ronald Reagan et de la Première ministre britannique Margaret Thatcher qui souhaitaient un contrôle des gouvernements sur les rapports scientifiques.
Création Les recherches scientifiques sur le climat, notamment la question de l'influence des activités humaines sur celui-ci, se développent fortement au cours des , même si des travaux ont été menés auparavant.. Initialement, l'influence de l'humain sur le climat est jugée minime, les phénomènes naturels étant considérés comme bien plus importants que l'impact de l'action humaine. Dès la fin du , cependant, le scientifique Svante August Arrhenius , selon Serge Planton. Le voit les recherches et les idées évoluer et, à la fin de la décennie 1980, l'idée que l'activité humaine affecte le climat commence à être considérée comme une hypothèse sérieuse.
Le GIEC est créé en ., à la demande du G7. (groupe composé de l'Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, du Japon, de l'Italie et du Royaume-Uni), par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et sous le patronage du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE)...., sur Cairn.info.
Le GIEC est une organisation intergouvernementale autonome, constituée d'une part de scientifiques apportant leur expertise et d'autre part de représentants des États participants. Cette structure hybride a été voulue par le G7 sous la pression de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, leur crainte étant de voir l'expertise climatique relever d'une agence de l’Organisation des Nations unies (ONU) constituée uniquement de scientifiques soupçonnés de militantisme écologique« Comment cette structure a imposé son autorité scientifique », Libération, 3 novembre 2014.. La création du GIEC a été validée par un vote de l'Assemblée générale des Nations unies.
La motivation de Margaret Thatcher aurait été plus complexe que celle de Reagan. Outre son envie de laisser la science aux mains des scientifiques, elle avait été sensibilisée par le diplomate et spécialiste de l'environnement Crispin Tickell, l'un de ses conseillers au Foreign Office.. Il est également souvent mentionné sa motivation de contrer les syndicats britanniques des mineurs de charbon tout en soutenant le nucléaire en tant que source d'énergie propre pour remplacer le charbon..
Le météorologiste suédois Bert Bolin a joué un rôle important lors de la création de l'organisme et l'a dirigé de 1988 à 1997.. Les autres membres fondateurs sont le Canadien Maurice Strong et le Britannique John T. Houghton The Independant.. Les experts scientifiques contribuants sont issus de différents domaines, tels que les sciences de la nature, les sciences politiques ou l'économie.
Historique de l'activité Le GIEC a émis plusieurs rapports d'évaluation, dont le premier en 1990 (trois rapports supplémentaires ont paru en 1992), puis le deuxième, publié en 1995 et qui a fourni aux négociateurs d’importants documents avant l’adoption du protocole de Kyoto en 1997.. Le troisième rapport d’évaluation a été publié en 2001, le quatrième en 2007, le cinquième en 2013-2014 et le sixième en 2021-2023. Plusieurs rapports supplémentaires et autres documents relatifs à des sujets particuliers ou de la méthodologie ont été publiés au fil des ans.
Entre 2010 et 2012, le GIEC réalise un examen de ses processus et procédures.
À la suite des menaces de baisse de financement de la part du président des États-Unis d'Amérique élu en 2016, Donald Trump, le gouvernement français a annoncé, en , augmenter sa contribution au GIEC d'un million d'euros par an jusqu'à l'année 2022., ce qui porte son soutien à hauteur de 15 % des contributions des ÉtatsAFP et Connaissance des énergies, « La France accroît d'un million d'euros par an son soutien au GIEC », Agence France-Presse, le 13 mars 2018.. D'autres États (dont le Japon, le Luxembourg, le Maroc, Mexique et la Norvège) et l'Union européenne envisagent aussi d'augmenter leurs contributions.
Récompense En 2007, le prix Nobel de la paix a été conjointement attribué au GIEC et à l'ancien vice-président des États-Unis d'Amérique Al Gore., l'année qui suivit la diffusion du film , documentaire présentant les effets dramatiques du réchauffement climatique sur la planète.
Objectifs vignette|Évolution globale des températures depuis 1880 par rapport à la moyenne sur la période 1951-1980. Le GIEC a pour mission d'évaluer et de synthétiser l'état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques disponibles, de façon neutre et objective, en rapport avec la question du réchauffement climatique. L'organisme travaille à rendre compte des différents points de vue et des incertitudes, tout en dégageant clairement les éléments qui relèvent d'un consensus de la communauté scientifique. Il a donc pour mission d'. Les apports de ces documents sont utilisés par les décideurs politiques et en tant qu'outil d'information pour la société civile.
Le GIEC n'est donc pas un organisme de recherche, mais un lieu d'expertise visant à synthétiser des travaux menés dans les laboratoires du monde entierJean-Marc Jancovici, Qu'est-ce que le GIEC ?, sur jancovici.com, 2008., en fonction d'un problème précis, pour lequel les États, membres de l'ONU, l'ont mandaté.
Selon Valérie Masson-Delmotte, chercheuse française en paléoclimatologie au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et co-présidente du groupe de travail du sixième cycle d'évaluation du GIEC : ..
Organisation Cycles d'évaluation Le travail du GIEC est organisé en cycles qui durent chacun plusieurs années. Chaque cycle permet l'élaboration d'un rapport d'évaluation et de rapports spéciaux concernant un thème particulier, à partir des connaissances scientifiques. Le bureau à la tête du GIEC est renouvelé après chaque cycle d'évaluation. vignette|Le secrétariat du GIEC se situe au sein du bâtiment de l'organisation météorologique mondiale à Genève, en Suisse, lieu où s'est déroulée la première session de séance plénière du GIEC.
Séances plénières de l'assemblée générale L'assemblée générale se réunit en sessions de séances plénières avec comme membres les représentants des gouvernements de tous les pays adhérents à l'Organisation des Nations unies (ONU), chaque membre comptant pour une voix.
En 2021, le GIEC compte , pays qui se réunissent généralement une fois par an. Des centaines de fonctionnaires et d'experts de différents ministères et d'instituts de recherche compétents des pays membres ainsi que des organisations observatrices assistent à ces sessions. En 2021, le GIEC compte aussi observatrices.
Les décisions majeures sont prises par le groupe lors de la session plénière, telles que. : l'élection du président, des membres du bureau du GIEC et du bureau du groupe de travail ; la structure et le mandat des groupes de travail ; les principes et les procédures du groupe ; le plan de travail du groupe ; le budget et l'organisation budgétaire du groupe ; la portée et les grandes lignes des rapports émis par le groupe, ainsi que l'approbation, l'adoption et l'acceptation des rapports.
Direction Le secrétariat du GIEC est situé dans les locaux de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), situés à Genève, en Suisse.
Présidence L’assemblée plénière du GIEC, qui comprend l'ensemble des représentants des gouvernements des nations constituant l'ONU, choisit le président du groupe.
Liste des présidents depuis la création du GIEC
Élection du président en 2015 En , Hoesung Lee, enseignant d’économie du changement climatique à l’École supérieure de l’énergie et de l’environnement de l'université de Corée et ancien vice-président. a été élu par , contre 56 qui ont choisi le docteur en sciences physiques belge Jean-Pascal van Ypersele de Strihou. Jean-Pascal van Ypersele de Strihou a ensuite démissionné de tous ses postes à responsabilité au GIEC, mais il a immédiatement déclaré être prêt à continuer de servir la communauté internationale, d'une autre manière..
Six candidats étaient en lice pour occuper cette fonction« Le GIEC a élu son nouveau Président, Hoesung Lee », Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (consulté le 15 août 2018)..
Les trois vice-présidents élus le même jour sont Youba Sokona (Mali), Ko Barrett (États-Unis) et Thelma Krug (Brésil).. Bureau Les membres du bureau du GIEC sont généralement élus par l'assemblée plénière pour la durée de l’établissement d’un rapport d’évaluation, soit environ cinq à six ans. Le processus d'élection du bureau a, par exemple, eu lieu en 2002 puis en 2008.
Le bureau se compose du président du GIEC, des coprésidents des trois groupes de travail et du bureau de l’équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre, des vice-présidents du GIEC ainsi que les coprésidents des groupes de travail. En 2015, le bureau du GIEC se composait d'une trentaine de membres.. Ses membres sont donc de différents pays et les scientifiques sont issus de différentes disciplines.
Groupes de travail Le GIEC est organisé en trois groupes de travail. :
le groupe 1 étudie les aspects physiques du changement climatique.. Il est coprésidé par Robert Vautard (France) et Xiaoye Zhang (Chine). ; le groupe 2 évalue les conséquences du changement climatique sur les systèmes humains et naturels, la vulnérabilité et les possibilités d'adaptation, pour les systèmes socio-économiques comme pour les systèmes naturels.. Il est coprésidé par Bart van den Hurk (Pays-Bas) et Winston Chow (Singapour) ; le groupe 3 étudie l'atténuation du changement climatique (comment atténuer l'ampleur du changement climatique en limitant les émissions de gaz à effet de serre).. Il est coprésidé par Katherine Calvin (États-Unis) et Joy Jacqueline Pereira (Malaisie).
S'y ajoute une équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre, qui a produit des guides pour ces inventaires.. Un rapport spécial, d'une équipe dédiée, a été publié sur les scénarios d'émission de gaz à effets de serre., qui a été la base de certaines simulations dans les travaux des groupes de travail.