José Augusto Trinidad Martínez Ruiz, plus connu sous le pseudonyme d'Azorín (Monóvar, province d'Alicante; - Madrid, )Ayer falleció el maestro « Azorín » (en espagnol) est un écrivain espagnol. Romancier et essayiste renommé, il est membre de la génération de 98 et l'un des critiques littéraires espagnols les plus importants de son temps.
Sa production littéraire se divise principalement en deux catégories : essai et roman. Il a écrit également quelques œuvres théâtrales et expérimentales qui n'ont rencontré que peu de succès.
Comme essayiste, il a consacré une grande part de son attention au paysage espagnol et la réinterprétation impressionniste des œuvres de la littérature classique.
En tant qu'homme politique, il occupe le siège de député aux Cortes pour le parti conservateur cinq fois consécutives, entre 1907 et 1919 (deux districts d'Almeria, Sorbas, Purchena et Puenteareas à Pontevedra)
Biographie Né le à Monóvar, Alicante, son nom complet est José Augusto Trinidad Martínez Ruiz. Son père, originaire de Yecla (Murcie) était avocat à Monóvar et possédait une grande demeure. Membre du Partido Liberal-Conservador, il fut maire, député et un soutien de Francisco Romero Robledo. Sa mère naquit à Petrel. Aîné d’une fratrie de neuf enfants, José Augusto grandit dans une famille bourgeoise aisée. Il fut interne pendant huit ans au collège de los Escolapios de Yecla, étape reflétée dans ses deux premiers romans, à fort contenu autobiographique. De 1888 à 1896 il étudia le droit à Valence où il s’intéressa au krausisme, à l’anarchisme, et se livrera à des lectures littéraires et politiques. Il fit ses premiers pas dans le journalisme sous le pseudonyme de Fray José dans les colonnes de La Educación Católica de Petrer, et sous celui de Juan de Lis dans El Defensor de Yecla. Il écrivit également dans El Eco de Monóvar, El Mercantil Valenciano et même dans El Pueblo, le journal de Vicente Blasco Ibáñez. Ses critiques théâtrales portaient presque toujours sur des œuvres à fort contenu social (il fit l’éloge de celles de Ángel Guimerá et de Benito Pérez Galdós, et aussi du Juan José de Joaquín Dicenta) et laissaient paraître des penchants anarchistes. Il traduit L’Intruse de Maurice Maeterlinck, la conférence d'A. Hamon De la patrie ou Les prisons de Kropotkine. En 1895 il publia deux essais, Anarquistas literarios et Notas sociales, dans lesquels il présentait les principales théories anarchistes.
Après un bref passage par Valence, il arrive à Madrid le afin de poursuivre ses études, et débute dans le journalisme républicain au sein de journaux comme El País (1896), d’où il sera renvoyé, ou encore El Progreso (1897), le journal d’Alejandro Lerroux. Il recevra le soutien de Leopoldo Alas Clarín, travaillant dans un de ses Paliques, comme critique sous différents pseudonymes (Cándido, Ahrimán, Charivari, Este...).
Peu à peu, son nom apparait plus fréquemment dans les journaux et les revues comme la Revista Nueva, Juventud (ou il signera aux côtés de Pío Baroja et Ramiro de Maeztu comme le grupo de los Tres), Arte Joven, El Globo, Alma Española, España, El Imparcial et ABC. Au même moment, il publie des feuillets et des livres. Il écrit une trilogie de romans autobiographiques d’où provient son pseudonyme définitif, Azorín, avec lequel il signera à partir de 1904 : La Voluntad (1902), Antonio Azorín et Las Confesiones de un pequeño filósofo.
À partir de 1905, la pensée et la littérature d’Azorín sont déjà installées dans le conservatisme. Il commence à collaborer avec ABC, où il participe activement à la vie politique. Antonio Maura et surtout le ministre Juan de la Cierva y PeñafielAyala, José Antonio (1980). « Azorín y Juan de la Cierva (Historia de unas elecciones)». Murgetana (59): 57-81. . deviennent ses principaux soutiens.
vignette|gauche|<center>José Martínez Ruiz (Azorín), 1917Joaquín SorollaThe Hispanic Society of America, New York Entre 1907 et 1919 il est par cinq fois député, et vice-secrétaire de Instrucción Publica deux fois, en 1917 et 1919. Bien que critique envers le régime politique de la Restauration, qu’il tenait pour corrompu, il finit par s’y intégrer. Il avait derrière lui une grande carrière dans la presse madrilène lorsqu’il rejoint les files barcelonaises de La Vanguardia comme critique littéraire« Azorín se incorpora a La Vanguardia como crítico literario. » La Vanguardia.. Grâce au directeur Miquel dels Sants Oliver, Azorín publia dans ce journal près de deux cents articles entre 1914 et 1917, faisant de Barcelone la capitale littéraire qui fera connaitre la generación del 98.
Azorín voyagea dans toute l’Espagne et approfondit sa connaissance des classiques du Siècle d’Or espagnol. La période politique de Primo de Rivera ralentit de manière importante l’activité publique d’Azorín, qui refusa d’accepter quelque poste politique que ce soit de la main de Primo de Rivera. En 1942, il fut élu membre de la Real Academia Española.
À l’annonce de la Guerre Civile, il fuit le Madrid du Front Populaire, et se réfugie en France avec son épouse, Julia Guinda Urzanqui (1876-1974). En 1966, résultat de son séjour à Paris, il écrira ses impressions de la capitale française dans Paris. Une fois la Guerre Civile terminée, il rejoint l’Espagne grâce au Ministre de l’Intérieur, Ramón Serrano Suñer, à qui il dédiera en 1955 « con viva gratitud » son oeuvre El pasado (Biblioteca Nueva, Madrid). En 1946 il fut décoré de la grande croix de l’Ordre d’Alphonse X le SageBoletín Oficial del Estado, número 45, de 14 de febrero de 1946. Boletín Oficial del Estado..
Au cours de ses dernières années, il démontra une véritable passion pour le cinéma. Pour son activité journalistique dans le monde cinématographique, le Círculo de Escritores Cinematográficos lui remis en 1950 la Médaille de la meilleure oeuvre littéraire« Premios del CEC a la producción española de 1950 ». Círculo de Escritores Cinematográficos. Archivado desde el original el 1 de agosto de 2020. Consultado el 24 de abril de 2016.. Le , il fut nommé fils adoptif de la ville d’Alicante« Representantes de Mónovar y Alicante asistirán al sepelio de "Azorín"». ABC (Madrid): 37. .. Il mourut le à Madrid, au 21 de la Rue Zorilla. Il fut inhumé dans le cimetière de San Isidro où le rejoindra son épouse en 1974, avant que leurs restes ne soient finalement transférés à Monóvar en 1990.
Œuvre Son œuvre, comme plus généralement celle de la génération du 98, s'inscrit dans le mouvement de rénovation littéraire du modernisme européenVillanueva, Darío (2005). Valle-Inclán, novelista del modernismo. Tirant Lo Blanch. (un mouvement qu'il faut distinguer du modernisme hispanique, courant littéraire lancé par le poète nicaraguayen Ruben Dario). On a pu voir considérer 1902, où furent publiés quatre romans profondément novateurs, comme une année fondamentale pour la littérature espagnole et européenneIglesias Feijoo, Luis (1999). « Sobre la invención del 98 ». Del 98 al 98. Literatura e historia literaria en el siglo XX hispánico.. Baroja publie alors Camino de perfección ; Unamuno, Amor y pedagogía ; José Martinez Ruiz (Azorín), La voluntad ; Valle-Inclán, Sonata de otoño (les trois premiers sont publiés par la maison d’édition barcelonaise Henrich y Cía, dans la collection Biblioteca de Novelistas del Siglo XX).
La production littéraire d’Azorín se divise principalement en deux parties : essais et romans. Il écrivit également quelques pièces de théâtre, expérimentales, qui ne connurent que peu de succès.Son œuvre littéraire possède aussi une grande valeur stylistique. Son écriture, particulière, se caractérise par l’usage de phrases courtes et d'une syntaxe simple, l’abondance d'un lexique vériste et des séries de deux ou trois adjectifs séparés par des virgules. Bien qu’il existe un débat entre les critiques, l’idée d’un style impressionniste symbolisteLozano Marco, Miguel Ángel (2002). « Azorín y la sensibilidad simbolista ». Anales de la literatura española. Consultado el 08/01/2021. semble s’imposer, ancré dans la littérature symboliste francophone, provenant tant de France (Baudelaire, Joris-Karl Huysmans) que de Belgique (Rodenbach, Maeterlinck). Parmi ses techniques littéraires les plus innovantes, on retrouve, à la manière de Virginia Woolf, l’emploi de personnages qui vivent en même temps dans différentes époques de l’histoire, comme Don Juan ou Inès, mêlant à la fois le mythe et l’éternel retour.
Essai Comme essayiste, il se pencha principalement sur deux thèmes : Le paysage espagnol et la réinterprétation impressionniste des œuvres littéraires classiques. Dans ses essais dédiés à la situation espagnole, il est possible d’observer le processus évolutif qui marqua la génération du 98 : si dans ses premières œuvres il examine des aspects concrets de la réalité espagnole et analyse les graves problèmes de l’Espagne, dans Castilla (1912) son objectif est d’approfondir dans la tradition espagnole (des réflexions qui surgissent de manière spontanée à partir de petites observations du paysage), avec un sens temporel cyclique inspiré de Nietzsche. Parmi les essais littéraires d’Azorín se démarquent Ruta de Don Quijote (1905), Clásicos y modernos (1913), Los valores literarios (1914) et Al margen de los clásicos (1915). Dans ces essais, son intention n’est pas de produire une étude détaillée des textes, mais bien d’éveiller la curiosité et l’intérêt en proposant une lecture impressionniste de ces derniers, qui ne relève que les éléments des textes qui sont les plus significatifs de la personnalité de leur auteur. Ainsi, il se limite à exprimer ses impressions et réflexions personnelles sur la littérature espagnole. Se démarque également La Andalucía trágica. Il s’agit d’un essai daté de 1904-1905 qui fut publiée dans une réédition de Los pueblos datée de 1914 . Azorín se rendra en Andalousie et parcourra les alentours de Séville. Il enverra des chroniques à El Imparcial et le Gouvernement se verra gêné, ce pourquoi il demandera au directeur du journal qu’il n’en envoie plus. Cependant il publiera encore un entretien qui lui vaudra d'être exclus du journal et le conduira à travailler pour ABC.
Roman Les seize romans d’Azorín pourraient être qualifiés de romans lyriquesHernández, María del Carmen (1986). La narrativa lírica de Azorín y Miró. Caja de Ahorros del Mediterráneo., sous-genre littéraire propre à la modernité, bien qu’enracinés dans le Romantisme allemand et le symbolisme françaisFreedman, Ralph (1972). La novela lírica: Hermann Hesse, André Gide, Virginia Woolf. Barral., très cultivé par certains auteurs de la génération du 98 et du 14Villanueva, Darío (1983). La novela lírica I y II: Azorín, Miró, Pérez de Ayala y Jarnés.. Le roman lyrique suppose une fusion des genres romanesque et poétique. Ce sont des romans qui présentent une forte rupture avec le canon romanesque de la littérature classique du XIXe siècleRisco, Antonio (1980). Azorín y la ruptura con la novela tradicional. Alhambra.. Selon certains auteurs (comme Martínez Cachero), ses romans pourraient se classer, par l’évolution du style malgré le maintien d’une certaine unité, en quatre périodes :