Le Bas-Canada est une colonie britannique d'Amérique du Nord créée par l'Acte constitutionnel de 1791 et dissoute par l'Acte d'union de 1841. Elle est le résultat de la division de la province de Québec en deux colonies ; le Haut-Canada et le Bas-Canada, qui fusionnent à nouveau pour former le Canada-Uni en 1841.
Colonie britannique majoritairement francophone et catholique dotée de son propre code civil et des vestiges du régime seigneurial de la Nouvelle-France, le Bas-Canada voit durant ces cinq décennies d’existence sa population croître de 160 000 à plus de 650 000 habitants. La principale ville de la colonie est Québec où siège le Parlement du Bas-Canada composé du lieutenant-gouverneur, nommé par le parlement britannique, du Conseil législatif, nommé à vie par le lieutenant-gouverneur, et la Chambre d'assemblée, élue au suffrage censitaire.
Le début du voit la guerre anglo-américaine de 1812 et les prémices de la révolution industrielle au Bas-Canada. Le canal de Lachine ouvre à la navigation puis 1825 et le premier chemin de fer, le chemin de fer Champlain et Saint-Laurent, entre La Prairie et Saint-Jean-sur-Richelieu, est inauguré en 1835. Résultat des tensions politique qui atteignent leur paroxysme avec le rejet par le Parlement britannique des 92 résolutions, la Rébellion des Patriotes de 1837-1838, qui proclame une république, est écrasée par l'Armée britannique. Le rapport Durham, qui suit les événements, recommande une réorganisation coloniale, la fusion du Haut-Canada et du Bas-Canada en 1841.
Histoire Scission de la province de Québec vignette|gauche|225px|C'est à partir de la province de Québec en 1791 qu'est créé le Bas-Canada. vignette|gauche|Les loyalistes quittent les États-Unis pour coloniser le Canada.
Conséquence de la victoire britannique au terme de la guerre de la Conquête, la création de la province de Quebec, est officialisé par la proclamation royale de 1763. Le territoire de la nouvelle colonie s'étend à la grandeur système hydrologique du fleuve Saint-Laurent et des Grands Lacs et compte plus de 70 000 habitants canadiens, très majoritairement francophones et catholiques. La proclamation royale octroie des avantages considérables aux dizaines de marchands anglais, seuls les hommes de confession protestante ou huguenote sont admis aux postes administratifs de la province de Québec..
L'administration coloniale est chargée d'appliquer les instructions royales, c'est-à-dire faire de l'anglais la langue officielle, procéder à l'assimilation des enfants francophones à l'école anglaise et au protestantisme et l'abolition des droits seigneuriaux.. Toutefois, face à la réticence générale de la population en supériorité numérique, l'instabilité grandissante dans les Treize colonies., et leur volonté de supplanter les nobles français., les autorités seront contraintes d'adopter une position de conciliation.. Les concessions du Parlement britannique seront officialisées par lActe de Québec en 1774, L'Acte garanti le droit de pratiquer librement la religion catholique et le maintien du droit civil français qui assure, implicitement, la dualité linguistique. dans les institutions.
La guerre d'indépendance des États-Unis se conclut par les traités de Paris et de Versailles de 1783 et l'arrivée d'entre et Loyalistes. dans les colonies demeurées britanniques soit les colonies de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et la province de Québec. Environ 2000 loyalistes s'installent dans la vallée du Saint-Laurent.. La Couronne britannique indemnise et octroie des terres de 200 à et de l'équipement agricole à chaque famille loyaliste s'établissant dans la province de Québec. La plupart des loyalistes de la province de Quebec, environ 7500, s’établiront dans le Golden Horseshoe, sur la rive ouest du lac Ontario.
Cette arrivée massive de loyalistes anglophones, l'Acte de Québec devient vite inapplicable, puisque ces derniers réclament le système parlementaire et les lois civiles britanniques. Le gouvernement britannique répond aux doléances des loyalistes et propose un compromis entre les aspirations des Canadiens et celles de ses loyaux sujets : l'Acte constitutionnel de 1791.
Création du Bas-Canada vignette|465px|gauche|La Chambre d'assemblée du Bas-Canada, première chambre élective dans l'histoire du Québec.
En 1791, en réponse à l'afflux des loyalistes, le Parlement de Grande-Bretagne décide de procéder à un redécoupage de la province de Québec d'après un clivage ethnique, créant ainsi le Haut-Canada, à l'ouest, et le Bas-Canada, à l'est.
Londres adopte l'Acte constitutionnel., qui apporte différentes mesures visant à contenter les loyalistes tout en s'assurant de la loyauté des sujets francophones, dans un contexte social et politique influencé par la révolution américaine..
Dans le Bas-Canada, la pratique de la religion catholique et l'usage du droit civil (Coutume de Paris) sont intégrés dans un système juridique mixteCommon law. et un parlementarisme basé sur le système de Westminster..
En 1792, la nouvelle Chambre d'assemblée du Bas-Canada, dont les représentants sont élus, possède le pouvoir de prélever des impôts. La nouvelle Chambre d'assemblée du Bas-Canada est aussi une légitimation d'une démographie à plus forte influence francophone au Bas-Canada. En effet, peu après les débuts des travaux de l’Assemblée en 1793, les parlementaires, qui étaient francophones et anglophones, se sont entendus pour reconnaître le français légalement. Cette union des francophones et des anglophones dans une assemblée législative afin de reconnaître l’influence du français dans une société britannique allait devenir une des inspirations du bilinguisme et du multiculturalisme canadien....
Cette nouvelle assemblée fut un grand pas vers la démocratisation des colonies nord-américaines. Cependant, le gouverneur de l'Amérique du Nord britannique, nommé par le monarque britannique, possédait un droit de veto. De plus, le Conseil législatif du Bas-Canada, chambre haute à majorité anglophone, pouvait rejeter les projets de loi de la chambre basse. Ainsi, même si le peuple était représenté, le pouvoir est majoritairement exercé par la minorité anglophone. Par contre, le clergé catholique francophone venait contrebalancer en établissant une élite plus proche de la culture locale..
Sur le plan politique, le Parti canadien affronte le Parti bureaucrate. Le premier gouverneur du Bas-Canada est Sir Alured Clarke..
Immigration britannique vignette|180px|gauche|Sir Alured Clarke est le premier gouverneur du Bas-Canada. vignette|450px|L'immigration en provenance de la Grande-Bretagne et de l'Irlande s'intensifie à l'aube du . Le Bas-Canada est divisé en cantons. pour recevoir des milliers de colons d’allégeance britannique.
Même si le Haut-Canada est voué à recevoir la majeure partie de l'immigration britannique et irlandaise en Amérique britannique, Londres encourage également l'immigration au Bas-Canada.
La région du Buckinghamshire se voit progressivement divisée en dizaines de cantons (les Cantons de l’Est) pour recevoir des colons.
On verra une immigration irlandaise significative au Bas-Canada influencer la démographie. Ce mouvement prendra de l'importance en 1847 lors de la grande Famine en Irlande..
Des écossais entre 1815 et 1870 composent aussi le profil de l'immigration au Bas-Canada. Ces Écossais se feront remarquer dans le domaine des affaires et de la politique. Ils dominent le commerce de la fourrure, le commerce du bois, la gestion des banques et des chemins de fer..
Du côté de l'immigration britanniques, on verra après 1815 une pression démographique s'intensifier dans les communautés rurales des rives du Saint-Laurent et de la rivière RichelieuRessources naturelles Canada. rivière Richelieu. après l'arrivée massive d'immigrants britanniques à la recherche de terres et d'emplois. La population anglaise croîtra alors rapidement, cours de C. Dessureault..
Une immigration francophone symbolique et significative a toujours transcendé le territoire du Bas-Canada. D'un millier d'immigrants de 1760 à 1840, cette immigration s'est intensifiée après les rébellions de 1837-1838 et allait considérablement s'accroître après l'Acte d'Union de 1840.
Guerre anglo-américaine Lors de la guerre anglo-américaine de 1812, la milice coloniale compte théoriquement de . Environ conscrits et volontaires seront effectivement engagés jusqu'en 1815 ; de désertion sont recensés à la suite entre autres de mauvaises conditions matérielles d’accueil des recrues...
Émergence du patriotisme L'un des officiers bas-canadiens pendant la guerre anglo-américaine, Louis-Joseph Papineau, devient orateur à l'Assemblée législative du Bas-Canada en 1815. Patriote, il participe à la transformation du Parti canadien en Parti patriote, un parti ouvertement nationaliste. En 1826, il devient le chef de ce mouvement politique..
Élitisme britannique grandissant vignette|droite|290px|Québec, en 1836. vignette|300px|Montréal, en 1830.
Entre-temps, l'élitisme britannique est de plus en plus influent au Bas-Canada surtout en matière d'immigration.. Au Haut-Canada un problème similaire est aussi apparu autour du pouvoir représenté par le système appelé Family Compact qui représente une mainmise ultra-conservatrice et oligarchique sur la société du Haut-Canada.
De nombreuses institutions, comme la Bank of Montreal (1817) ou la McGill University (1821), voient le jour.
Le projet d'unir le Haut et le Bas-Canada, pour créer une seule grande colonie britannique (province du Canada)., commence à faire des adeptes.
Le gouverneur George Ramsay entretient de mauvais rapports avec les patriotes majoritairement francophones, jusqu'à s'opposer directement à Papineau. Dans cette lancée il prorogera la session parlementaire en 1827. En retour, des résolutions contre le gouverneur Ramsay sont envoyées à Londres. Le Parlement britannique décide finalement de le remplacer. Un comité spécial recommande de limiter l'intervention arbitraire du gouverneur et écarte le projet d'union entre les deux Canada.
Cependant, de nombreux dirigeants politiques nationalistes et francophones continuent de faire systématiquement l'objet d'attaques et d'accusations de sédition. Un d'entre eux, Ludger Duvernay, fonde la Société Saint-Jean-Baptiste en 1834.
Cette même année,en 1834, le Parti patriote. (un parti politique nationaliste) domine la Chambre d'Assemblée et fait adopter 92 résolutions, une série de revendications envoyées au Parlement du Royaume-Uni. Ce dernier répond par une commission royale d'enquête. Le ministre britannique de l'Intérieur, John Russell., rejette en bloc les demandes du Bas-Canada dans ses 10 résolutions de Russell en .
Élite francophone De son côté, l'élite francophone est orientée par un système d'éducation contrôlé par l'Église catholique qui la dirige essentiellement vers quatre professions : notaire, avocat, médecin ou prêtre.. vignette|300px|De façon générale, l'élite francophone au Bas-Canada était orientée par l'Église catholique qui elle-même tendait à faire partie de cette élite.|alt=
Rébellion
vignette|gauche|275px|La bataille de Saint-Eustache en 1837.. vignette|230px|C'est Lord Durham qui proposera l'union des deux Canadas après les rébellions du Haut-Canada et du Bas-Canada. La tension entre patriotes majoritairement francophones (mais contenant également des anglophones) et les conservateurs bureaucrates atteint un paroxysme à la fin des années 1830..
Deux organisations paramilitaires, la Société des Fils de la Liberté, une organisation nationaliste., et le Doric Club, une population du Bas-Canada restée loyale à la Couronne., s'affrontent physiquement à Montréal.