Charles Louis Germain Marie, comte des Isnards, né le à Lorgues (Var) et mort le à Paris, est un militaire et homme politique français. Conseiller municipal de Paris et député de la droite nationaliste dans l'entre-deux-guerres, il a été l'un des dirigeants des Jeunesses patriotes.
Biographie
Charles des Isnards est issu d'une famille aristocratique de la Provence. Il est le premier fils du comte René des Isnards, officier de chasseurs à pied en 1870, établi à Marseille. Ce dernier est un catholique et royaliste convaincu et combatif, qui a été mêlé à l'agitation royaliste à Marseille dans les années 1870 et 1880 et a été de ce fait plusieurs fois condamné à des amendes et peines de prison et qui soutient l'Action françaiseLe Petit Marseillais, 10 avril 1922. Sur l'engament royaliste du comte : L'Action française, 13 avril 1922, Ibid., 16 avril 1922, Le comte des Isnards et l'évêque de Fréjus, Le Petit Marseillais, 30 mars 1909, Ibid., avril 1909, La Gazette, 15 avril 1903, collection du Petit Marseillais dans Retronews et d'autres journaux dans Gallica ou Retronews pour les années 1870-1880. Par exemple : Le Temps, 19 juillet 1878, La Gazette, 15 juin 1879 (Lettre du comte), L’Univers, 2 août 1880, La Croix, 7 janvier 1884, Le Petit Marseillais, 22 juillet 1886. Cf. Gabrielle Castellari, La belle histoire de Marseille, de l'Antiquité à nos jours, Ecole Technique Don Bosco, 1968, . Sa mère meurt à 27 ans, en 1880Le Petit Marseillais, 14 février 1880. Son père se remarie en 1889Le Triboulet, 10 mars 1889. Son demi-frère, Edouard, meurt en 1915 d'une maladie ; il était élève-officierLe Gaulois, 16 juillet 1915.
Il est élève à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, de la promotion (de Bourbaki), de 1897 à 1899Historique de la 82e promotion de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr (1897-1899), promotion de Bourbaki, saint-cyr.org, 2011 . Officier de carrière, il est capitaine en 1914. Il sert pendant la Première Guerre mondiale dans un état-major d'une division d'infanterie puis dans l'aviation à partir de 1916 : il commande une escadrille, notamment durant la deuxième bataille des Flandres en 1917 puis l'aviation de la armée. Il reçoit la croix de guerre et la Légion d'honneur (1917). Chef d'escadron à titre temporaire en , chef d'escadron à titre définitif en 1920, il quitte l'armée en 1926 avec le grade de lieutenant-colonel, obtenu en 1924, après avoir été affecté au gouvernement militaire de Paris en 1919, membre de l'état-major particulier de l'aéronautique et professeur à l'École supérieure de guerrePhilippe Nivet, Les militaires au conseil municipal de Paris (1900-1944), dans Collectif, Militaires en République, 1870-1962: Les officiers, le pouvoir et la vie publique en France, Éditions de la Sorbonne, 1999 : Lire en ligneJournal officiel, 25 juin 1918, Ibid., 17 avril 1917 (citation), Ibid., 22 juin 1919 (citation), Journal officiel, 26 septembre 1926, Ibid., 21 mai 1920, Ibid., 25 septembre 1924.
Il épouse en 1906 Anne de Laborde, seconde fille du marquis de Laborde et nièce d'Alexandre de Laborde. Son épouse meurt en La Vedette, 27 octobre 1906, Le Gaulois, 23 mars 1919.
Il entre en politique en adhérant et en militant aux Jeunesses patriotes (JP)La Liberté, 9 mai 1927, L'Avenir, 20 juillet 1927. Membre de la Fédération républicaine et investi par ce parti de droite, il se porte candidat des JP en à une élection municipale partielle à Paris, affrontant notamment un autre nationaliste, Marcel Habert, de la Ligue des patriotes dont sont issues les JPLa Liberté, 23 octobre 1927, Ce que nous dit M. Charles des Isnards, Le Gaulois, 25 octobre 1927, Le Gaulois, 2 novembre 1927, L'élection municipale du quartier de la Madeleine, L’Écho de Paris, 7 novembre 1927, Le maintien de M. Marcel Habert serait inadmissible, Ibid., 11 novembre 1927, H. de Kerillis, M. Charles des Isnards est élu, Ibid., 14 novembre 1927 (photographie). L'élection est annulée par le conseil de préfecture à la demande d'un candidat. Ch. des Isnards fait appel devant le Conseil d'Etat, qui lui donne raison en avril 1928 : L’Écho de Paris, janvier 1928, Ibid., avril 1928, et est élu conseiller municipal dans le huitième arrondissement (quartier de la Madeleine). Il est élu en 1931-1932 vice-président du conseil municipal de ParisArlette Schweitz, op. cit. Il occupe cette fonction le lors de la réception à l'Hôtel de ville des membres du comité d'organisation de l'Exposition nationale belge du travail, cf. . Il s'investit avec dynamisme en faveur de la promotion du tourisme dans la capitale : il fonde et préside le groupe du tourisme au sein du conseil municipalArlette Schweitz, op. cit..
Il est vice-président des Jeunesses patriotes à partir de 1928. Le il signe, avec quatorze autres conseillers municipaux de Paris, un manifeste protestant contre le limogeage du préfet Chiappe et invitant les Parisiens à passer à l'action : . Il est dans le groupe de conseillers qui sort de l'Hôtel de Ville le soir du pour appuyer les manifestations et se trouve à la tête de la délégation municipale qui, reçue à la Chambre des députés, réclame la démission du gouvernement. D'après Le Temps, et furent reçus par le Garde des Sceaux. .
Il épouse en Sofica Roïdi, d'origine grecqueComoedia, 4 janvier 1930, L'Écho de Paris, 3 janvier 1930 (Les témoins de la mariée sont les princes (en exil) Nicolas et Christophe de Grèce).
Candidat soutenu par la Fédération républicaine aux élections législatives de 1936, il se présente dans le arrondissement, face notamment à deux autres candidats de droite, anciens députés, Étienne Fougère et Michel Missoffe, qui avait soutenu sa candidature en 1927. Il est élu député de la Seine au second tourL’Écho de Paris, 4 mai 1936 et rejoint le groupe parlementaire de la Fédération. Conservateur, il est très hostile au Front populaire et à la bureaucratie sous toutes ses formes, mais favorable au suffrage féminin et à une réforme des institutions réduisant le rôle du Sénat. Cet ancien officier se spécialise, logiquement, sur les questions relatives à la défense nationale. Tout en étant membre de la Fédération républicaineMathias Bernard, Les militaires dans les partis conservateurs sous la Troisième République : Un engagement naturel ?, dans Collectif, Militaires en République, 1870-1962, op. cit. : Lire en ligne, il est vice-président du Parti républicain national et social (PRNS), avatar des JP dissoutes en .
Le , Charles des Isnards vote en faveur de la remise des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Il demeure conseiller municipal de Paris, acceptant en 1941 d'être nommé à ce poste par le régime de Vichy et non plus élu et se déclarant alors Olivier Wieviorka, Les orphelins de la République : destinées des députés et des sénateurs français (1940-1945), Seuil, 2001, . Il défend notamment la construction d'une piscine au centre de la capitale, , précisant que Pierre Arnaud, Le sport et les Français pendant l'Occupation, 1940-1944, L'Harmattan, 2002, .
Durant la guerre, il refuse toute collaboration et protège les activités de résistance de son fils, commandant du réseau Alliance pour la Provence.
Un jury d'honneur le déclare inéligible à la Libération en raison de son vote du , reconnait ses contacts avec la résistance mais considère que ces contacts Journal officiel, 14 octobre 1945.
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ( division).
Sources
Arlette Schweitz, Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République. Vol. 2 : Dictionnaire biographique, Paris, Publications de la Sorbonne, 2001
Notes et références
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