Le Schieweschlawe (ou Schiewackefier) « lancer de disque » est une solaire d'équinoxe de printemps, pratiquée actuellement dans le Nord de l'Alsace dans plusieurs villages (Offwiller, Wintzenheim-Kochersberg, Dieffenthal), traditionnellement le premier dimanche après Mardi Gras., mais aussi dans le Sud de l'Allemagne sous le nom de Scheibenschlagen et en Suisse alémanique sous l'appellation Schiibeschlage ou Schiibaschlaha. On la retrouve aussi proche de la frontière suisse, dans le Sundgau, sous le nom de Schiebeschlàga, à Neuwiller ou encore Magstatt-le-Bas, et Schiewaschlàga à Guevenatten. Il était aussi pratiqué jusque dans les années 1950 en Lorraine francique à Lutzelbourg, Walscheid, Grand-Soldat et Bitche. La tradition existait également en Lorraine romane sous le nom de Lè Chîb, signifiant « la disque » en lorrain, et ce célèbrait le dimanche des bures (bûchers) et des brandons (torches).
Cette fête se déroule dans le petit village de Dieffenthal sur la route du vin, dans le lieu appelé Rocher de celtes sur les hauteurs du village. Mais également dans le Kochersberg, sur les hauteurs de Wintzenheim-Kochersberg, le samedi, depuis 2025, permettant aux familles de rester plus tard dans la soirée.
Origine Le document le plus ancien date du mais ses origines seraient (?) plus anciennes puisqu’un capitulaire de Charlemagne de 742La date de 742 se fonde sur un énoncé d'Éginhard, selon lequel Charlemagne est mort « dans sa soixante-douzième année ». Mais il est apparu qu'Éginhard paraphrasait la Vie des douze Césars de Suétone, de sorte que l'âge qu'il attribue à Charlemagne n'est pas totalement fiable. À noter qu’Eginhard se refuse explicitement à traiter le sujet de la naissance et que la date de 742 est obtenue de façon indirecte. On trouve cependant aussi l'indication de l'âge de dans les Annales Regni Francorum interdisait déjà de tels feux en raison des dangers qu’ils présentaient pour les habitations.
Aujourd'hui thumb|Les disques utilisés pour la fête. Au bout d'une baguette flexible de châtaignier, on fixe un petit disque en bois de hêtre de de diamètre percé d'un trou central. Le disque est plongé dans les braises d'un bûcher. Lorsque les bords amincis commencent à brûler, on le retire. Le lanceur se dirige vers une pierre ou une planche plate inclinée vers la vallée, décrit plusieurs moulinets en l'air puis frappe le disque sur le tremplin. La rondelle de bois se détache et décrit une trajectoire lumineuse dans le ciel.
La croyance ancienne pensait chasser par le feu les mauvais esprits des ténèbres et s'attirer la prospérité pour la saison à venir. Le disque symbolise le soleil.
Dans la littérature Erckman-Chatrian nous livre un témoignage de cette pratique dans la Haute-Vallée de la Sarre rouge au XIXe siècle dans Histoire d'un sous-maître publié en 1861.* La roche des Chibés fait vraisemblablement référence au Schiewefelse (litt. « rocher des Schiewe ») près du Grand-Soldat, hameau natal d'Alexandre Chatrian.
Notes et références
Lien externe
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