Marcel Deschaseaux, né le à Plombières-les-Bains (Vosges) et mort le à RemiremontArchives départementales des Vosges, commune de Plombières-les-Bains, année 1885, acte de naissance , vues 4-5/33 (avec mentions marginales de mariage et de décès), est un homme politique français.

Biographie Marcel Deschaseaux est le fils de Félix Deschaseaux, fabricant de broderies et hôtelier, et de Marie-Clémence Jeanvoine.

Il commence sa carrière comme employé de la station thermale de Plombières à partir de 1904, puis ouvre un hôtel en 1912. Il est administrateur de la Compagnie des thermes de Plombières à partir de 1909 et devient en 1928 président du conseil d'administration puis président-directeur général de la Compagnie des Thermes de Plombières-les-Bains. Il occupe ce dernier poste jusqu'en 1967Il a l'occasion de travailler au captage de sources en Turquie, à la demande de Mustafa Kemal Atatürk lui-même, en 1936 : L'Est thermal et climatique, janvier-mars 1937. Marcel Pommier est administrateur-délégué dans les années 1930..

Il entre au conseil municipal de Plombières en 1910, puis devient maire de la ville en , à la suite de la mort le mois précédent du docteur Joseph Pelthier, maire depuis 1912Le Télégramme des Vosges, 23 octobre 1924 (obsèques du docteur Pelthier), Ibid., 25 novembre 1924 (élu au premier tour, avec 8 voix sur 13). Il conserve ce mandat jusqu'en 1944. Il est élu en 1930 conseiller d'arrondissement, puis en conseiller général du canton de Plombières-les-Bains, l’emportant au premier tour avec 62,4 % des suffrages exprimés, grâce notamment au soutien de l’élu sortant, le sénateur Maurice FlayelleLe Télégramme des Vosges, 7 octobre 1937, Ibid., 9 octobre 1937.

En , il se présente comme candidat des droites à une élection législative partielle consécutive à l'élection au Sénat du député de la circonscription, Louis Gaillemin, et est élu au second tour le . Il avait reçu l'investiture du Parti social français et différents comités républicains nationaux ainsi que les élus de l'arrondissement se sont ralliés à sa candidature le lors d'une réunion à Remiremont. C'est un membre notoire du PSF. En 1938, en tant que maire, il avait mis à la disposition du PSF des locaux pour le congrès régional du parti, qui aurait dû avoir lieu à Remiremont mais qui venait d'être interdit dans cette localité. Il ne met pas en avant son appartenance partisane toutefois, se présentant comme « candidat d'union des nationaux contre le marxisme ». Mais ses adversaires de gauche font campagne sur son appartenance au PSF. Il bénéficie du soutien de Louis Gaillemin (proche du PSF), de François Valentin (Fédération républicaine), de la Fédération des catholiques vosgiens, du Télégramme des Vosges ou encore de l'officine patronale de Georges Laederich et du périodique qu'elle finance dans l'arrondissement, L'Industriel vosgien. Il lui manque une trentaine de voix pour atteindre la majorité absolue au premier tour, un candidat indépendant de gauche, parvenant à le mettre en ballottage. Il s'agit du docteur André Jacquot, médecin à Remiremont, membre de la Jeune République, qui a été vice-président du comité local du Front populaire, constitué en L'Express de L'Est, 6 juillet 1936. Tous deux proclamaient leur soutien au président du conseil, Édouard DaladierJean-François Colas, « Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939 », dans les Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, 2018, .Le Petit Journal, 15 mars 1939, Ibid., 22 mai 1939Le Télégramme des Vosges, 4 mai 1939, Ibid., 12 mai 1939, Ibid., 18 mai 1939, Ibid., 28 mai 1939, Ibid., 30 mai 1939 (Jacquot a présidé ou préside à Remiremont la Ligue des droits de l'homme et la section locale des anciens combattants républicains, a été vice-président dans cette localité de la Ligue de l'enseignement et délégué cantonal de l'enseignement public : collection en ligne de L'Express de L'Est dans limédia kiosque). Sous l'Occupation, il sera la délégué départemental d'un parti collaborationniste, le Rassemblement national populaire, et sera le premier médecin de la colonie française installée à Sigmaringen en 1944-1945 ; il y exercera un temps aux côtés de l'écrivain Louis-Ferdinand Céline, qui le mentionne..

Il devient le dixième député du PSFLe Petit Journal, 29 mai 1939 (Quotidien du PSF) et adhère au groupe parlementaire du PSF à la Chambre des députésJean-François Colas, Les droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002, . Il y a adhéré à la demande des cadres locaux du PSF et d'industriels proches du PSF, contre l'avis des 3 sénateurs vosgiens. Cette information vient du préfet des Vosges : que vaut-elle ?.

Il vote en faveur de la remise des pleins pouvoirs au maréchal Pétain en juillet 1940. Il fait partie de la commission administrative des Vosges, qui remplace le conseil général. En 1943, il devient membre du conseil départemental.

Marcel Deschaseaux s'engage ensuite dans la Résistance en donnant des pièces d'identités à des Alsaciens et est arrêté par les Allemands en , puis une seconde fois en août après sa libération sous conditionnelle. Il est interné au camp de Compiègne. Il parvient à s'évader en 1944 et regagne sa ville sitôt celle-ci évacuée. Réélu maire à la Libération, il est toutefois déclaré inéligible en 1945 et le jury d'honneur refuse de lever l'inéligibilitéIl a jugé que l'arrestation de 1943 n'était pas liée à un engagement pour la Résistance. En outre, ses ennemis politiques font campagne, lui reprochant d'avoir entretenu des liens avec des Allemands et d'avoir contribué à l'arrestation ou à l'envoi comme travailleurs en Allemagne de membres de leurs familles. Marcel Deschaseaux se retire alors définitivement de la vie politique.

Décoration

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Jean-François Colas, Les Droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002 Gilles Grivel, « Marcel Deschaseaux », in Jean El Gammal (dir. ), Dictionnaire des parlementaires lorrains de la , Metz, Ed. Serpenoise, 2006, p. 348-350 Bertrand Munier, Le Grand Livre des élus vosgiens, 1791-2003: conseillers généraux et régionaux, députés, sénateurs, ministres, 2003.

Liens externes

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