alt=Devant un lever de soleil, dans un pré, une jeune fille fait rebondir un ballon de football sur son pied.|vignette|upright=0.8|Une jeune fille s'entraîne afin de jouer au football. Le sport féminin couvre l'ensemble des pratiques sportives féminines professionnelles, amateurs ou de loisirs. Présent dans certaines civilisations antiques comme en témoignent des vestiges archéologiques, il semble connaître une éclipse relative au cours du Moyen Âge et surtout des Temps modernes. Il réapparaît timidement sous la forme de gymnastique et de tennis au cours du mais ont beaucoup de difficulté à se mettre en place et c'est aux Jeux olympiques de 1928 que le sport féminin apparaît dans le programme olympique pour la première fois.

Certaines disciplines sportives, notamment en compétition, connaissent une différenciation plus ou moins marquée entre femmes et hommes tandis que d'autres sports sont mixtes (équitation, double mixte au tennis ou au badminton, voile, korfbal) ou s'ouvrent progressivement à la mixité (relais mixte en biathlon aux Jeux olympiques). Au , le traitement des sportifs professionnels, masculins et féminins, est encore très inégalitaire.

Démographie Disciplines pratiquées De façon générale, plus un sport est codifié et institutionnalisé, moins il comprend de femmes pratiquantes.. Les femmes sont également mieux représentées dans les sports non compétitifs et non encadrés par des fédérations.

Les sportives sont beaucoup moins enclines que les hommes à prendre une licence dans une fédération et à faire de la compétition. Certains formats rencontrent néanmoins du succès, en particulier les courses à pied en non-mixité comme La Parisienne. En 2012, en France, trois fédérations sur 58 comptent plus de 50 % de femmes sportives de haut niveau et une vingtaine en comptent entre 40 et 50 %.

Les sports restent souvent très sexués. En France, la Fédération française d'équitation compte 81,3 % de femmes, pour 3,2 % à la Fédération française de football et 4,7 % à la Fédération française de rugby. Les sports où les femmes sont les plus représentées sont l'équitation, la danse, la gymnastique, le tennis, la natation et la randonnée sport le plus pratiqué en club par les femmes : la division des disciplines par sexe n'est donc pas la même d'un pays à un autre.

Certains sont qualifiés de sport féminins, s'ils sont majoritairement pratiqués par des femmes, ce qui est le cas de l'équitation, des sports artistiques sur glace, de la gymnastique et de la danse. Cette féminisation ne se retrouve pas forcément à haut niveau : l'équitation ne compte que 25% de femmes au haut niveau en France.

Rôles attribués Tous les rôles d'accompagnement des sportives voient une augmentation de la représentation féminine dans les années 2010 et 2020.

Cadres En 2000, le Comité international olympique impose que, dans les sports olympiques, toutes les fédérations internationales et tous les comités nationaux olympiques comptent au moins 10 % de femmes dans leurs structures décisionnelles. En 2012, l'Europe compte quatre femmes présidentes de clubs professionnels masculins de sport collectif. Au sein des fédérations sportives, les femmes sont plutôt secrétaires que présidentes et trésorières, comme dans l'ensemble du monde associatif.

Entraîneuses vignette|upright=0.8|Becky Hammon est la première femme à entraîner une équipe de la « National Basketball Association » masculine.|alt=Une femme aux longs cheveux bruns, vêtue d'un uniforme sportif rouge et bleu et portant un ballon de basket dans la main, pose en souriant. En 2012, toutes disciplines confondues, 88 % des entraîneurs nationaux en France sont des hommes, un chiffre moins élevé dans les pays nordiques et anglo-saxons.

Les sportives arrivées en fin de carrière se réorientent rarement vers des postes d'encadrement, le projet étant très contraignant pour une vie de famille. Leur légitimité est souvent remise en cause, rendant leur travail plus difficile et leurs performances sont évaluées plus durement. On attend par exemple d'elles qu'elles fassent preuve de beaucoup plus d'empathie et de compréhension de la psychologie de leurs joueurs que les entraîneurs hommes. Les hommes peuvent être vus comme exigeants là où les femmes seront qualifiées de désagréables et méchantes..

S'il arrive qu'elles entraînent des groupes mixtes, il est très rare qu'une femme entraîne une équipe masculine. La première entraîneuse d'une équipe masculine de sport professionnel est Corinne Diacre, qui entraîne le Clermont Foot 63 pendant trois ans. Elle est suivie, dans la National Basketball Association (NBA), par Becky Hammon, embauchée par les Spurs de San Antonio en 2014 et qui les dirige en 2020 quand l'entraîneur en chef est exclu d'un match. En 2017, Katie Sowers entraîne les attaquants des 49ers de San Francisco. Amélie Mauresmo entraîne Andy Murray jusqu'en mai 2016, puis Lucas Pouille en 2019 et 2020.

Arbitres Les femmes sont également rares dans les métiers de l'arbitrage. Tous sports et niveaux confondus, elles sont 20 % en France et 17,57 % à haut niveau. Il leur manque souvent des entraîneurs et des vestiaires séparés. Leurs décisions sont aussi plus souvent contestées. En France, 90 % des fédérations olympiques sont à dominantes masculines, les exceptions étant l'équitation et la natation qui ont une proportion équilibrée ainsi que la gymnastique et les sports de glace avec une part féminine supérieure à 55 %. Le football, le hockey sur glace et le rugby comptent moins de 10 % d'arbitres femmes ; la boxe, le judo, le tennis, le tennis de table, le tir, le tir à l'arc et la voile moins de 15 %. Les raisons peuvent être variées : à la Fédération internationale de football association (FIFA), les tests physiques sont les mêmes pour les hommes et les femmes y compris en sprint.

Autres rôles Les agents des sportifs sont eux aussi très majoritairement des hommes, tout comme les membres du staff médical des équipes de sport.

Caractéristiques démographiques La pratique sportive dépend du milieu économique et culturel. En France, en dessous d'un revenu familial mensuel de , 45 % des filles pratiquent un sport contre trois quarts des garçons. En zone d'éducation prioritaire, 32 % des filles pratiquent un sport en club, pour 80 % dans les classes moyennes et supérieures. En France, cela s'explique à la fois par des facteurs culturels et par une politique volontariste d'intégration par le sport visant les jeunes hommes dans les banlieues dans les années 1990. En 2000, chez les adultes, 95 % des femmes cadres font du sport, contre 67 % des ouvrières et 56 % des agricultrices. Les mêmes écarts sont observés en Allemagne à la fin du .

Le décrochage est souvent brutal à l'adolescence ou juste après, surtout dans les milieux populaires. Il est beaucoup plus courant que chez les garçons. La pression parentale peut être forte, surtout dans des sports où les débouchés professionnels pour les sportives de haut niveau sont limités. Dans ces cas, les jeunes femmes sont encouragées à arrêter leur pratique compétitive pour s'assurer un diplôme et un emploi stable plutôt que de prendre le risque de la carrière sportive ; elles ont aussi des impératifs financiers une fois sorties du foyer familial. Dans les années 1980, les femmes pratiquent un sport de façon hebdomadaire à une fréquence similaire à celle des hommes mais l'écart est de 1 à 10 pour le sport quotidien.

Dans les années 1970, en Europe, les femmes appartenant aux religions catholique, orthodoxe et musulmane pratiquent moins de sport compétitif que les autres femmes. Les femmes dans des pays à tradition musulmane pratiquent moins que les femmes du reste du monde... La sous-représentation des femmes musulmanes est due à des facteurs culturels mais non strictement religieux ainsi qu'à des restrictions vestimentaires, notamment sur le port du hidjab.. Il n'y a pas de différence significative entre les pays de tradition catholique et ceux de tradition protestante dans la sous-représentation des sportives par rapport aux hommes.

Histoire Très peu de sources existent sur la vie des femmes avant la Grèce antique et cette lacune se retrouve aussi dans les sources historiques sur leurs pratiques physiques et sportives.

Antiquité Dans l'Antiquité, les garçons deviennent des hommes par les jeux physiques qui améliorent leur adresse physique, leur force, leur endurance et leur résistance, toutes caractéristiques de la virilité. Les femmes qui participent à des compétitions sportives montrent leur robustesse, ce qui est vu comme un avantage pour le mariage..

Égypte antique vignette|upright=0.8|Cuiller à fard en forme de jeune femme nageant.|alt=Cuiller en bois dont le manche représente le corps d'une femme. La tête de la femme marque l'articulation entre le manche et le creux, et le creux de la cuiller correspond aux bras de la nageuse. Dans l'Égypte antique, il semble que les femmes et les hommes aient eu les mêmes activités au quotidien mais pas la même mise en avant de leurs pratiques sportives. De nombreuses scènes de sport existent dans l'art mais elles sont presque exclusivement à la gloire d'hommes loués pour leurs prouesses de tir à l'arc, de course, de lutte ou de chasse. Le sport est avant tout un entraînement militaire. Il existe cependant des danseuses acrobates, représentées entre autres dans le temple de Hatchepsout à Karnak ; on ne sait pas s'il s'agit d'une compétition, d'une danse, d'un spectacle d'acrobatie ou d'un divertissement non compétitif. La reine-pharaon elle-même est dépeinte participant à une course contre le dieu Apis, une scène manifestement fictive mais qui pourrait avoir été inspirée par une véritable cérémonie dont on sait qu'elle a existé pour les pharaons hommes. Les femmes peuvent être présentes sur des œuvres d'art faisant l'hommage d'hommes : un relief dans la tombe de Toutânkhamon le montre chassant des oiseaux tandis que la reine agenouillée lui tend ses flèches et lui indique ses cibles. Elles pratiquent également la nage et l'aviron au quotidien. À Beni Hassan, des fresques dans la tombe de Khety représentent des femmes assises sur les épaules d'autres femmes et se lançant des ballons ; d'autres jonglent. Il est très probable qu'elles aient été professionnelles du divertissement.

Civilisations minoenne et étrusque À Cnossos, des reliefs et statues montrent des jeunes femmes, peut-être nobles, participant à des épreuves de « saut de taureau ». Elles attrapent les cornes des taureaux ou attendent afin d'attraper des garçons montés sur le dos de l'animal. Les femmes semblent également avoir participé à la chasse, bien qu'il soit possible que les représentations soient mythologiques ou que le rôle des femmes représentées ne soit que d'avoir accompagné les hommes au début de la sortie. vignette|upright=0.8|Poignée en forme de femme faisant un salto.|alt=Poignée en métal dont la base est constituée des pieds et des mains d'une femme en train de s'arc-bouter, ventre vers le haut. Chez les Étrusques, il semble que les femmes participent aux mêmes activités que les hommes, notamment à des courses de char, au moins en tant que spectatrices et potentiellement en tant qu'arbitres. De nombreuses œuvres d'art dépeignent des femmes pratiquant une activité physique significative, notamment en tant qu'acrobates et probablement en tant que lutteuses.

Grèce antique vignette|upright=0.8|Atalante affrontant Pélée à la lutte aux jeux funèbres de Pélias.|alt=Urne représentant des personnes, dont une femme et un homme luttant.