François Bayrou (Prononciation en français de France d'influence béarnaise retranscrite selon la norme API (écouter sur Forvo). La prononciation , sous influence des langues d'oïl, est déconseillée. ), né le à Bordères (Basses-Pyrénées), est un homme d'État français. Il est Premier ministre du au .
Professeur agrégé de lettres classiques, il s'engage en politique aux côtés de Jean Lecanuet et obtient son premier mandat électif en 1982 en devenant conseiller général. Par la suite, il est élu député des Pyrénées-Atlantiques (1986), président du conseil général (1992), député européen (1999) puis maire de Pau (2014).
Entre 1993 et 1997, il est ministre de l'Éducation nationale sous les gouvernements Balladur, Juppé I et Juppé II.
Il préside le Centre des démocrates sociaux (CDS) de 1994 à 1995, Force démocrate (FD) de 1995 à 1998, l'Union pour la démocratie française (UDF) de 1998 à 2007 et le Mouvement démocrate (MoDem) – dont il est le fondateur – depuis 2007. Il s'ancre progressivement au centre alors qu'il était traditionnellement classé au centre droit.
À trois reprises, il se présente à une élection présidentielle. Il arrive en quatrième position en 2002 avec 6,8 % des suffrages exprimés, troisième en 2007 avec 18,6 % et cinquième en 2012 avec 9,1 % des voix. En 2017, il renonce à se présenter au profit d'un soutien à Emmanuel Macron.
Après l'élection d'Emmanuel Macron comme président de la République, François Bayrou devient ministre de la Justice dans le premier gouvernement d'Édouard Philippe, vingt ans après son dernier poste ministériel. Mais cité dans l'affaire des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen, il n'est pas reconduit dans le deuxième gouvernement Philippe. En 2020, Emmanuel Macron le nomme haut-commissaire au plan, une fonction qu'il occupe jusqu'en 2025.
Il devient Premier ministre en , dans un contexte de crise politique à la suite d'élections législatives anticipées et du renversement de Michel Barnier. Comme son prédécesseur, François Bayrou forme un gouvernement minoritaire alliant des élus du centre et de la droite (« socle commun »), avant d'être renversé au bout de neuf mois, après l'échec d'un vote de confiance faisant suite à un discours de politique générale. Premier chef de gouvernement de la contraint à démissionner après un vote de confiance défavorable, il est remplacé par Sébastien Lecornu.
Aux élections municipales de 2026 à Pau, sa liste est devancée par celle de la gauche, ce qui ne lui permet pas d'être réélu maire après douze ans de mandat.
Formation, famille et vie privée
Origines François René Jean Bayrou naît le à Bordères, dans une famille d'agriculteurs... Il a une sœur, Lucienne, épouse Marot, ophtalmologue à Pau, d'un an sa cadette...
Son père, Calixte (1909-1974), est maire de Bordères de 1947 à 1953... Lors des élections cantonales de 1949 dans le canton de Nay-Est, il est battu après s'être présenté sous l'étiquette du MRP, parti démocrate-chrétien qui lui a retiré son soutien. François Bayrou confiera : « Si papa avait su que son fils qui n'était pas encore né deviendrait président du même parti qui l'a rejeté… ».
Sa mère, Emma, née Sarthou (1918-2009), est originaire de Serres-Morlaàs.. François Bayrou indique : « Ma mère aimait la politique politicienne, mon père les grands problèmes du monde et les discours politiques qu'il écoutait à la radio. Peut-être que je tiens un peu des deux. ».
Son grand-oncle paternel Lucien Bayrou (1883-1949) est considéré comme le premier notable et intellectuel de la famille : professeur d'anglais à l'abbaye-école de Sorèze., il se présente sous les couleurs de l'Action française aux élections législatives de 1936 dans l'Hérault (terminant aux résultats de ces élections).
D'ascendance béarnaise, François Bayrou parle couramment le béarnais et milite pour la sauvegarde des langues régionales.
Enfance et formation Vers 7 ou , François Bayrou est atteint de bégaiement, un trouble qu'il apprend à maîtriser au fil des années, notamment grâce à des cours d'arts dramatiques..
Après des études à l'école primaire de Bordères, il obtient en 1968 un baccalauréat en lettres classiques (français, latin, grec) au lycée public de Nay-Bourdettes.
Il poursuit ses études en classes préparatoires littéraires (hypokhâgne et khâgne) au lycée Michel-Montaigne à Bordeaux, puis à l'université Bordeaux-III, où il rédige en 1972 un mémoire de maîtrise consacré au Mystère de la charité de Jeanne d'Arc de Charles PéguyWho's Who in France, édition 2020, .... Il obtient en 1974 l'agrégation de lettres classiques et enseigne ensuite à Pau jusqu'en 1979..
Quelques jours avant son agrégation, son père se tue en tombant d'une charrette de foin. François Bayrou aide alors sa mère à la ferme familiale pendant dix ans en parallèle avec sa carrière d'enseignant. Il quitte l'enseignement en 1984.
Famille En 1971, il épouse Élisabeth Perlant dite « Babeth », professeure de lettres. et enseignante de catéchisme.. Le couple a six enfants : Hélène (1972)., professeure en classe préparatoire littéraire ; Marie (1973), diplômée de l'École polytechnique (promotion 1994)Fiche « DONATO Marie née BAYROU - N°IESF 14601 » dans le répertoire des Ingénieurs et scientifiques de France. ; elle épouse Jean-Laurent Donato, de la même promotion de l'École polytechniqueFiche « DONATO Jean-Laurent - N°IESF 14705 » dans le répertoire des Ingénieurs et scientifiques de France. et diplômé de l'École nationale supérieure des mines de Paris (promotion 1996)Fiche « DONATO Jean-Laurent - N°IESF 857116 » dans le répertoire des Ingénieurs et scientifiques de France.. ; Dominique (1977), médecin à Saint-Jean-de-Luz. ; Calixte (1982), vétérinaire et enseignant-chercheur à la faculté de médecine vétérinaire de l'université de Liège en Belgique.. ; Agnès (1986), professeure et docteure en sciences politiques ; André (1988), ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres classiques et docteur en littérature française.
Vie privée Depuis son enfance, François Bayrou est catholique pratiquant. Dans son adolescence, il regrette la messe en latin. Avec son épouse, il fréquente depuis ses origines la communauté des Béatitudes installée à Nay. Ses six enfants reçoivent une éducation chrétienne et sont scolarisés dans l'institution Notre-Dame de Bétharram, où son épouse enseigne un temps le catéchisme....
Il vit entre Paris, où il habite dans un deux-pièces, et Bordères, son village natal où il élève des purs-sangs.
Parcours politique Débuts et ascension (1974-1993) François Bayrou ne participe pas à Mai 68. À l'université, tout en étant abonné à l'Action française, il est proche des mouvements non-violents, notamment de la communauté de Lanza del Vasto, et dit s'inspirer de Gandhi... Malgré ses convictions religieuses, il ne rejoint pas la Jeunesse étudiante chrétienne. À partir du début des années 1970, il est membre de l'Amitié Charles Péguy, qu'il cite comme son intellectuel de référence.
gauche|vignette|redresse|Jean Lecanuet.
Il entre en politique en 1974, après son agrégation de lettres classiques, rejoignant le Centre démocrate (CD) de Jean Lecanuet, candidat à l'élection présidentielle de 1965 face au général de Gaulle..... Le parti devient en 1976 le Centre des démocrates sociaux (CDS), et François Bayrou est considéré comme le « scribe » de Lecanuet.
De 1979 à 1981, il est au cabinet de Pierre Méhaignerie, ministre de l'Agriculture du troisième gouvernement Barre, où il est chargé de mission et vu comme étant sa « plume ».
En 1980, il devient secrétaire national du CDS et le rédacteur en chef de Démocratie moderne, le journal du mouvement.
Il est chargé de mission au cabinet d'Alain Poher, président du Sénat, en 1981 et 1982..
Remis à disposition de l'Éducation nationale après l'élection du socialiste François Mitterrand, il est affecté en au collège Léon-Bérard à Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques) où il n'enseignera pas, aucun poste ne lui ayant été proposé. En , il est élu conseiller général des Pyrénées-Atlantiques, un mandat qu'il conservera pendant vingt-six ans.
En 1984, il est nommé conseiller du président du Parlement européen, Pierre Pflimlin ; il le reste jusqu'à son élection à l'Assemblée nationale, deux ans plus tard..
En 1985, il est nommé par la région Aquitaine pour siéger au conseil d'administration de l'Institution Notre-Dame de Bétharram..
Aux élections législatives de 1986, il est élu député des Pyrénées-Atlantiques avec le soutien de l'UDF, l'emportant à la proportionnelle sur une liste d'union avec les néo-gaullistes du RPR, aux côtés de Jean Gougy et de Michèle Alliot-Marie. Lors de la cohabitation qui s'ensuit, il est nommé président du groupe permanent de lutte contre l'illettrisme par Philippe Séguin, ministre des Affaires sociales et de l'Emploi. Après le retour à un scrutin majoritaire uninominal en 1988, il est, à partir de cette date et jusqu'en 2012, sans cesse élu dans la des Pyrénées-Atlantiques. En 1989, il perd les élections municipales à Pau face à André Labarrère, sa liste obtenant 48 % des voix au second tour.
À la suite de ce scrutin et en prévision des élections européennes, il fait partie d'un groupe de douze trentenaires ou quadragénaires, figures montantes du centre et de la droitePhilippe Séguin, Michel Noir, Alain Carignon, Étienne Pinte, Michel Barnier, François Fillon, Charles Millon, Dominique Baudis, François d'Aubert, Philippe de Villiers, Bernard Bosson., demandant un renouvellement de l'appareil politique au RPR et à l'UDF, critiquant fortement les figures historiques de ces deux mouvements qu'ils considèrent comme vieillissantes (Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing, Raymond Barre) et appelant à la formation d'un nouveau grand parti unique de droite. Surnommés les « rénovateurs », ils occupent alors le devant de la scène médiatique durant le printemps de l'année 1989. Avec Bernard Bosson et Dominique Baudis, ainsi que la direction du Centre des démocrates sociaux (CDS), François Bayrou décide également de soutenir aux élections européennes la liste dissidente « Le Centre pour l'Europe », emmenée par Simone Veil, contre celle d'union RPR-UDF, conduite par l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing..
Des divergences idéologiques, en particulier sur le projet européen et sur leur intégration progressive dans les équipes dirigeantes de leurs partis respectifs, mettent rapidement un terme à l'expérience des rénovateurs, et François Bayrou ne rejoint pas les « néo-rénovateurs » en 1990. Alors hostile à l'idée d'une « troisième force » du fait du scrutin majoritaire à deux tours, François Bayrou s'est opposé à la constitution de la liste dissidente de Simone Veil aux européennes, tout comme à la formation du groupe UDC par les députés du CDS à la suite des législatives de 1988. Il est alors critiqué par de nombreux dirigeants du CDS, pour qui le parti est noyé dans la vaste UDF : qualifié de giscardien par ces derniers, il n'est plus convié à prendre la parole lors des congrès démocrates-sociaux. En 1991, il est choisi par Valéry Giscard d'Estaing pour être secrétaire général de l'UDF.
Ministre de l'Éducation nationale (1993-1997) Le , François Bayrou est nommé ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement de cohabitation d'Édouard Balladur. Il propose une réforme de la loi Falloux visant à déplafonner la possibilité pour les collectivités locales de subventionner les investissements des établissements d’enseignement privé. Le , le Conseil constitutionnel prive la loi de son , la vidant d'une partie de son contenu.. Le suivant, quelque manifestent contre ce projet, pour défendre l'école laïque.. Face à une vague de manifestations, il défend aussi le contrat d'insertion professionnelle, appelé aussi « SMIC-jeunes »., finalement abandonné au lendemain de l'émission télévisée Demain les jeunes.