La place des Jacobins est une place située dans le quartier de Bellecour, dans le de la ville de Lyon.
Odonymie
Actuelle Après 1782, la place devient la place des Jacobins, du nom des religieux Jacobins ou ordre des Prêcheurs, dit également « ordre dominicain », qui ont occupé les tènements du côté sud de la place.
Ces Dominicains se voient ainsi désignés quand Philippe Auguste leur attribue, au , un bâtiment à Paris d'où les frères partent en pèlerinage pour Saint-Jacques-de-Compostelle (Jacobus en latin)Jean Pelletier, Connaître son arrondissement, le , éditions lyonnaises d'art et d'histoire, ..
Précédentes Jusqu'en 1782, la place est appelée place Confort.
En 1794, au cours de la Révolution, elle est rebaptisée place de la Fraternité (la place Bellecour étant alors la place de l'Égalité et celle des Terreaux la place de la Liberté).
Après avoir changé de nom deux fois, elle devient la place de la Préfecture lorsque, sous Louis-Philippe, le bâtiment des Jacobins accueille la préfecture du Rhône.
Elle prend ensuite le nom de place de l'Impératrice sous Napoléon III, en l'honneur de son épouse Eugénie de Montijo.
Elle redevient la place des Jacobins en février 1871, après la chute du Second EmpireMaurice Vanario, Rues de lyon à travers les siècles, ELAH, Lyon, 2002..
Historique Église des Jacobins vignette|Arc de la chapelle des Gadagne de l'église des Jacobins au 8-10-12 rue Sully. vignette|Plaque commémorative de l'arc de la chapelle des Gadagne de l'église des Jacobins au 8-10-12 rue Sully.
En 1556, l'emplacement situé au nord de l'église des Jacobins, affermé depuis 1514 pour les marchés devient place publique. Elle est de forme triangulaire, close de murs et est le point d'aboutissement d'une des artères principales de la ville médiévale, la rue Mercière. Au , on abat les murs qui la bordent et on érige un obélisque pyramidal exécuté par Philippe Lalyame. Riverain de la place, Horace Cardon fait reconstruire à ses frais le puits de ce qui s'appelle alors la place Confort du nom d'une chapelle dédiée à Notre-Dame de Confort. Le baron des Adrets, qui réside dans le couvent après la prise de Lyon en 1562 par les troupes protestantes, fait percer la rue Saint-Dominique (actuelle rue Émile-Zola) pour relier plus facilement le champ de manœuvre qu'est à cette époque la place Bellecour.
Rabelais, dans Pantagruel évoque les « bavards de Confort ». C'est une référence aux « fainéants qui s'assemblent sur la place Notre-Dame de Confort, à Lyon, pour y débiter des sornettes, qu'autrefois, on nommait baves »L. Duchet.. Vers 1840, les bavards ne s'assemblent plus sur la place, mais il existe une salle de spectacle, appelée Gymnase lyonnais où l'on joue vaudevilles et mélodrames. Elle prend probablement son nom actuel quand l'architecte Le Pautre fait édifier le portail latéral de l'église des Jacobins. La pyramide vétuste est reconstruite en 1740, mais le puits n'est plus suffisant pour les habitants alentour, notamment en cas d'incendie. Antoine Michel Perrache se voit confier l'érection d'une nouvelle fontaine en 1760.
Révolution française et destruction de l'église La Révolution voit la pyramide détruite en 1793 et seul le piédestal de la fontaine semble subsister jusqu'en 1813. Une fontaine est érigée en 1856 grâce à Louis Danton, un tapissier du quartier, qui lègue sa fortune pour une œuvre dessinée par Liénard et fondue par Barbezat.
Un décret impérial du affecte aux services de la préfecture la partie invendue du couvent des Jacobins, alors occupée par le mont-de-piété. Le préfet, Pierre-Marie Taillepied de Bondy, montre peu d'enthousiasme et le projet traîne. Le projet est repris par son successeur, Christophe de Chabrol de Crouzol. Des plans sont dressés par François-Alexandre Cavenne, inspecteur général des ponts et chaussées, et Antoine-Marie Chenavard, architecte. Les travaux s'achèvent en 1819. L'ensemble est constitué de trois ailes formant un U autour d'une cour centrale fermée par une grille. La place est rebaptisée place de la Préfecture..
L'église, construite en 1450Jean Pelletier, Lyon, pas à pas, 1992, , . grâce au libéralités de la « nation florentine »Louis Maynard, Histoire, légendes et anecdotes à propos des rues de Lyon avec indication de ce qu'on peut y remarquer en les parcourant, notice Place des Jacobins., est démolie entre 1817 et 1818. L'arc d'entrée de la chapelle construite par Thomas de Gadagne est aujourd'hui remployé comme porche d'entrée d'un immeuble au 8, rue Sully (6e arr.)Édouard Lejeune, La saga lyonnaise des Gadagne, Éditions lyonnaises d'art et d'histoire, , .. Les autres chapelles étaient dues aux confréries, notamment des batteurs et tireurs d'or. L'église est totalement détruite en 1822 afin de dégager la perspective de la cour de la préfecture et des pavillons d'entrée sur la place.
Les travaux du Second Empire vignette|300px|Plan des projets réalisés sur la Presqu'île de Lyon en 1863.
Dans le cadre des travaux de réaménagement de la Presqu'île, la place est totalement recomposée.
Une nouvelle rue, la rue de l'Impératrice (aujourd'hui rue Édouard-Herriot), est ouverte entre la place des Terreaux et la place Bellecour. La place, également renommée place de l'Impératrice, prend alors sa forme actuelle : trapézoïdale, et non plus triangulaire.
Marius Vaïsse décide en 1852 de transférer les services préfectoraux et départementaux à l'hôtel de ville ; la rue Gasparin est ouverte au sud à l'emplacement de l'ancienne préfecture, vers 1863. Au sud-est, la rue Childebert est prolongée depuis la nouvelle place Impériale (actuelle place de la République), tandis qu'au sud-ouest, la rue Jean-Fabre n’est percée jusqu'à la place des Célestins qu’en 1927.
L'ancienne fontaine, devenue obsolète, est remplacée par une nouvelle, œuvre de Tony Desjardins. Elle est inaugurée en 1868 pour commémorer Claude-Marius Vaïsse mais le personnage n'est pas aimé et le diamètre de la fontaine () est jugé excessif. À la chute du Second Empire en 1870, la statue n'a pas encore été installée et on la cache dans l'entrepôt des douanes. La statue pourrait être refondue pour ériger celle de Claude Bernard, ce qui ne sera jamais fait, mais elle est refondue sans gloire en 1902.
Le cercle de la fontaine de Desjardins est démonté et remonté en 1877 place Carnot pour accueillir la fontaine de la République, jusqu'à sa destruction définitive en 1975, lors du réaménagement de la place et de la construction du métro de Lyon (dont le cadre en béton nécessitait le déplacement du socle).
On décide en 1877 d'ériger une nouvelle fontaine sur la place des Jacobins : un concours est lancé du au p. 23..
Le conseil municipal décide de « doter les places des Jacobins et de Lyon (place de la République) d'un monument ». Deux « seconds prix » sont attribués, dont l'un à Gaspard André pour son projet « Art ». L'étude définitive lui est confiée et son projet, présenté le est approuvé en mai. Le , un second concours attribue la conception des quatre statues principales à Degeorges : la statue d'Hippolyte Flandrin sera exécutée à Paris et les trois autres, Gérard Audran, Guillaume Coustou et de Philibert Delorme sont taillées à Lyon. Bien que le contrat prévoie un achèvement pour le , les statues ne sont achevées qu'en 1885. La réception des travaux a lieu le et le monument que l'on voit encore aujourd'hui est inauguré le . La fontaine est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques (ISMH, 18/05/1992).
Du à aujourd'hui vignette|La place des Jacobins vers 1900. À l'arrière, les premiers immeubles de la rue Mercière, détruits lors du ré-aménagement de sa partie sud dans les années 1970. Vue vers le nord-ouest.
Nouveaux immeubles Pendant la Seconde Guerre mondialeAgnès Dally-Martin et Charles Delfante, 100 ans d'urbanisme à Lyon, éditions LUGD, 1994, , ., on érige le numéro 6 de la place en remplacement d'un ancien immeuble avec façade à arcs sur cour possédant un balcon au sommet de l'escalier.
Dans les années 1970, on détruit l'îlot qui occupe l'angle nord-ouest de la place, îlot délimité par les rues de Brest, de la Monnaie et de l'Ancienne-Préfecture, en conservant toutefois les immeubles en façade de la rue de l'Ancienne-Préfecture et l'Hôtel Horace Cardon, qui était à l'époque une maison-close. vignette|La rue Jean-Fabre en 2025, percée en 1931 et jouxtant la place.
Réaménagement de la place Dans le cadre du réaménagement de la place, envisagé dans la première décennie du , un concours a été lancé et remporté par la paysagiste Jacqueline Osty à l'été 2007Voir le site officiel du Grand Lyon..
Depuis 2013, la place a retrouvé son calme et sa splendeur, notamment par un élargissement des trottoirs qui la bordent et de ceux bordant la fontaine, la plantation d’arbres et d’arbustes, la restauration des façades de la place, et par une restauration pointue de la fontaine, menée entre 2011 et 2012.
Ce réaménagement global est complété en 2024 par celui du trottoir ouest de la place, élargi pour être végétalisé.Le réaménagement mené de 2011 à 2013 s’accompagne de la pose de 191 spots lumineux au sol de la place, disposés de manière à former des « spirales lumineuses » autour de la fontaine. Lors de la végétalisation du trottoir Ouest de la place, ces spots y sont remplacés par des colonnes lumineuses.
Actions militantes La fontaine est régulièrement le théâtre d’opérations politiques militantes, voyant son eau colorée par les manifestants, le plus souvent en vert, en lien avec des causes écologistes, ou en rouge, en lien cette fois avec des causes humanitaires ou syndicales.
Le , la place est d’ailleurs le sujet d’un affrontement entre des militants d’ultragauche et d’ultradroite, ce après avoir été interdits de manifester dans le Vieux-Lyon, quartier où sont basés leurs groupuscules. Les forces de l’ordre interviennent pour mettre fin au face-à-face.
vignette|La fontaine recouverte de roses lors du festival leur étant dédié à Lyon en 2015.|356x356px vignette|L’édition 2025 du « Lyon Braderie Festival » sur la place.|200x200px Événements
Festival des roses (2015) En 2015, dans le cadre d’une édition du festival mondial des roses organisée par la mairie de Lyon, la fontaine des Jacobins devient l’emblème de l’événement en se voyant recouverte de roses blanches, roses et rouges.
Lyon Braderie Festival (depuis 2022) La place est un des épicentres du « Lyon Braderie Festival », braderie organisée chaque deuxième fin de semaine d’octobre en Presqu'île, en accueillant des exposants fleuristes et artistes.
Fête des Lumières (depuis 2000) La fontaine des Jacobins accueille généralement une installation artistique lors de la Fête des Lumières depuis sa deuxième édition, en 2000.
Si les projets varient entre projections et objets lumineux détournant la fontaine, l’œuvre la plus marquante n’en demeure pas moins la mise en lumière « chromolithe », proposée par l’artiste Patrice Warrener à quatre reprises.
L’opération solidaire des Lumignons du cœur a aussi souvent lieu sur la place dans le cadre du festival, notamment en 2021 puis en 2025.
vignette|La « roller disco party » sur la place.
Patinage festif (2025) Le , l’association des commerçants du quartier My Presqu’île organise une « roller disco party » sur la place en soirée ; les passants y sont en effet appelés à patiner autour de la fontaine, ce pendant qu’une boule à facettes et des projecteurs éclairent le lieu.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Côté nord Numéro 1, place des Jacobins
Angle nord-ouest Numéro 11, rue de l'Ancienne-Préfecture
Côté ouest Du nord au sud : Numéro 12, rue de l'Ancienne-Préfecture Numéro 4, place des Jacobins : maison du peintre Paul Borel, réalisée par l'architecte Pierre Bossan en 1863Nicolas Jacquet, Façades lyonnaises, édition Laurence Solnais, septembre 2008, . ; Numéro 27, rue Port-du-Temple ;