Bachir Yellès Chaouche (), né le à Tlemcen et mort le à Alger, est un peintre algérien.
Il est l'un des protagonistes de la peinture algérienne contemporaine et a conçu le Monument aux Martyrs. Il a vécu et travaillé à Alger.
Biographie 1921-1962 Bachir Yellès est né en 1921 à Tlemcen. Il fait ses études secondaires au collège De Slane à Tlemcen entre 1932 et 1942, puis de 1943-1947 à l'École des beaux-arts d'Alger dans les ateliers d'Andrée Du Pac et de Louis Fernez.
En 1944, il participe à la première exposition de peintres et miniaturistes musulmans d'Algérie au Cercle franco-musulman d'Alger aux côtés notamment d'Ali-Khodja, Hemche, Ranem et Temmam. Il y expose Portrait du cadi de Tlemcen et Mariage à Tlemcen (miniatures) ; Paysage de Tlemcen et Mosquée de Sidi Haloui (peintures)F. Arnaudies, La Dépêche d'Algérie, ..
En 1946, la miniature Ben Badis est reproduite à en héliographie. L'original est vendu à l'Association des oulémas.
En 1947, il reçoit le prix d'honneur des beaux-arts décerné par le Gouvernement général de l'Algérie. Pour une exposition à Tlemcen, il envoie Ruelle de Sidi Bellahcène, Tour de Mansourah, Mauresque et Le MendiantM. Zerrouki, Oran Républicain, ..
Entre 1947 et 1950, Bachir Yellès est élève à École des beaux-arts de Paris dans les ateliers d'Eugène Narbonne et de Nicolas Untersteller.
En 1948, ses œuvres font l'objet d'une exposition personnelle dans la salle du syndicat d'initiative à Tlemcen, où il expose une Vue de l'atelier, ainsi que des œuvres inspirées de la ville natale, des dessins et natures mortes. Son ami Dib écrit la préface du livret qui commente l'évènement.
En 1950, il contribue avec Baya et Orlando Pelayo aux illustrations du deuxième numéro de la revue Soleil de Jean Sénac et participe en avril à l'exposition des « Peintres de la revue Soleil » aux salles de l'Alhambra et de la Maison de l'Artisanat, rue d'Isly (aujourd'hui rue Larbi Ben M'hidi) à Alger.
Entre 1950 et 1952, il est fonctionnaire des Services de l'artisanat à Alger (cabinet de dessin de Lucien Golvin). Il peint le Portrait de Georges Marçais. Il devient chef de circonscription artisanale à Tlemcen ; El Oued. vignette|redresse|gauche|Bachir Yellès, l'année de son séjour à la Casa de Velázquez à Madrid (1953). En 1952, Bachir Yellès est lauréat de la bourse Air France, puis entre 1952 et 1953, il est lauréat d'une bourse de séjour à la Casa de Velázquez à Madrid () notamment avec ses amis Émile Courtin, Albert Zavarro et Geoffroy DauvergneAnnuaire des membres et des anciens membres de la Casa de Velázquez. Il y redécouvre l'art hispano-mauresque.
Entre 1953 et 1958, il est au service de l'artisanat à Aflou ; Alger.
Il écrit une monographie sur les bijoux du Djebel Amour, dont il a calligraphié le texte et dessiné les illustrations en 1953 ; le livre inédit est resté à l'état de manuscrit.
En 1954, il rédige l'article « Les bijoux du Djebel Amour » dans le dAlgéria de .
En 1955, il participe a une exposition des œuvres des candidats au grand prix artistique de l'Algérie, où il expose Mariage à Tlemcen (miniature), Paysage (peinture). Au des artistes algériens et orientalistes, il envoie Présentation de la mariée à Tlemcen (miniature)Alger Républicain, .. L'exposition des peintres musulmans à la galerie Colline à Oran montre sa Fête arabe et QoubbaOran Républicain, .. À l'exposition de peintres musulmans au Cercle Lélian, il expose Cortège nuptial à Tlemcen, Portrait de jeune fille, La jeune fille au fauteuil, Nu (dessin), Paysage d'El-Biar et Portrait de Georges MarçaisJournal d'Alger, ..
Il remporte le diplôme national des beaux-arts de Paris (hors-concours) en 1958.
Entre 1958 et 1962, il est inspecteur régional de l'artisanat en Kabylie.
En 1960, il reçoit la commande d'une décoration du collège technique d'Oran, deux fresques de : Scènes champêtres et Mariage à TlemcenO. Pfister, Le Journal d'Alger, .. La même année, il participe à une exposition au festival de la Jeunesse à Helsinki .
1962-1982 Entre 1962 et 1982, Bachir Yellès est le premier directeur de l'École nationale d'architecture et des beaux-arts d'AlgerL.E. Angeli, La Dépêche d'Algérie, ..
En 1962, il expose au premier Salon de l'Indépendance, où il présente un ensemble dans un style décoratif qui lui est personnel avec des tons en à-plats très propres à la tapisserieL.E. Angeli, « Le premier Salon de l'indépendance », La Dépêche d'Algérie, .. Il devient président fondateur de l'Union nationale des arts plastiques (UNAP) en 1963. Il participe à l'exposition Peintres algériens, organisée à Alger à partir du et préfacée par Jean SénacL'exposition réunit des peintures d'Aksouh, Baya, Hacène Benaboura, Benanteur, Bouzid, Guermaz, Issiakhem, Khadda, Azouaou Mammeri, Mesli, Martinez, Mohamed Racim, Yellès, Zérarti, mais aussi d'Angel Diaz-Ojeda, Jean de Maisonseul, Nallard et René Sintès, ainsi que des dessins d'enfants..Il y expose sa Guerre d'Algérie (1963).
En 1964, il organise le premier Salon de l'UNAP, où il envoie Retour des champs (ambassade d'Algérie à Paris), La Mère et Paysage. Il participe en avril à l'exposition Peintres algériens au musée des Arts décoratifs de Paris avec Guerre d'Algérie (1963) et deux œuvres intitulées Composition (1964).
Il réalise des maquettes de timbres poste entre 1967 et 1984. Les plus connus de ses timbres sont les deux séries de costumes (1971-1975), de tapis (1968) algériens et de métiers d'artisans (1981).
Il crée une fresque à l'[ambassade d'Algérie à Paris en 1969. Parallèlement à ses activités professionnelles, à la fin des années 1960, début des années 1970, Bachir Yellès est secrétaire général de l'Association d'amitié Algérie-France dont le président est M'hamed Yala, alors wali d'Alger, et le siège à El Kettani à Bab El Oued.
En 1970, il peint une fresque à l'ambassade d'Algérie à Beyrouth, puis à la wilaya (préfecture) de Sétif.
En 1972, il peint une autre fresque à la wilaya de Batna.
En 1973, il est le sujet de l'article de presse « Styles des arts plastiques en Algérie » dans Algérie Actualité du 2-.
Il devient conservateur par intérim du musée national des beaux-arts d'Alger en 1975. vignette|redresse|Bachir Yellès avec les ingénieurs de Lavalin devant la maquette de Maqam E'Chahid (1981). Entre 1981 et 1982, il se rend à plusieurs reprises au Canada dans le cadre des études pour la réalisation du Mémorial du Martyr (Maqam E'Chahid), dont la maquette a été réalisée à l'École des beaux-arts sous sa direction« Importante réalisation à Alger », Lavalin Magazine, août-..
Après 1982 Entre 1982 et 1992, Bachir Yellès est conseiller auprès du ministre de la Culture.
En 1984, il effectue des aménagements architecturaux et de décoration du palais de la CultureA. Medjeber, El Watan, ..
En 1992, il devient chargé de l'aménagement du pavillon algérien à l'Exposition universelle de Séville.
Entre 1993 et 2004, il fait plusieurs interventions à caractère plastique et architectural à l'École supérieure de la Marine, la mosquée Émir Abd El-Kader de Constantine, le Centre national des archives, le siège de la Banque d'Algérie à Tizi-Ouzou, l'annexe de la Banque d'Algérie à Alger.
En 2007, un hommage est rendu à Bachir Yellès par l'Union nationale des arts culturels avec les anciens élèves et professeurs de l'École nationale d'architecture et des beaux-arts d'Alger, galerie Racim à Alger. Exposition des membres fondateurs de l'UNAP. vignette|redresse|Bachir Yellès avec la ministre Toumi au musée national des Beaux-Arts d'Alger en 2009. En 2009, il fait une exposition au musée national des Beaux-Arts d'Alger. Peintures, gouaches, aquarelles, dessins, maquettes de timbres, études architecturales et monographie sur les bijoux du Djebel Amour sont présentés. Une salle du musée des Beaux-Arts est baptisée du nom du peintre.
En 2011, dans le cadre de « Tlemcen capitale de la culture islamique », il fait une exposition intitulée Les peintres de Tlemcen et de ses environs. Un hommage est rendu à Bachir Yellès et Choukri Mesli.
En 2012, un hommage est rendu à Bachir Yellès lors de la journée mondiale de l’architecture à Oranelmoudjahid.com..
En 2014, l'École supérieure des beaux-arts d'Alger rend hommage à Bachir Yellès, son premier directeur.
Le , journée nationale de l'Artiste, en hommage au doyen des artistes algériens Bachir Yellès, 50 artistes, anciens élèves de l'école nationale des beaux-arts exposent au musée national des beaux-arts d'Alger.
Œuvres vignette|redresse|Scène de campagne en Kabylie (2005), localisation inconnue. Bachir Yellès est une figure de proue dans l'histoire de la peinture algérienne contemporaine puisqu'il contribue à la naissance, à l'indépendance de l'Algérie, d'une École des beaux-arts authentiquement algérienne et à l'essor de l'activité picturale en formant, durant deux décennies, des générations de jeunes peintres, architectes, céramistes, sculpteurs Il est également à l'origine de la fondation de la première association des arts plastiques qu'il va présider à sa création en 1963.
Peintre figuratif, inspiré par les paysages tlemcéniens et kabyles, Bachir Yellès a pratiqué diverses techniques des beaux-arts : dessin, miniature, fresque, céramique, architecture. Ses œuvres sont conservées dans des collections publiques en Algérie (musée national des Beaux-Arts d'Alger) et à l'étranger ainsi que les différentes ambassades d'Algérie à Paris, Washington, New York et Londres.
Parmi les réalisations les plus connues du grand public se distinguent la conception du Monument des Martyrs d'Alger (Maqam E'chahid), la crypte du musée du Moudjahid, l'esthétique du palais de la Culture, l'horloge du Centre des arts à Riadh El Feth, le , , la fresque qui orne l'ambassade d'Algérie à Paris, ainsi que de nombreux timbres-poste, en particulier les séries sur les costumes, les tapis algériens et les artisans algériens.
Mohammed Dib a écrit à son sujet : Mohammed Dib, Alger Républicain, ..
Bachir Yellès est l'auteur de plusieurs articles parus dans des revues spécialisées nationales et internationales, ainsi qu'une monographie sur les bijoux du Djebel Amour.
Il réalise des interventions architecturales et plastiques à Alger : Maqam E'chahid, palais de la Culture, Cour suprême, Centre national des archives, École supérieure de la Marine (Tamentefoust), Banque d'Algérie et à Constantine sur la mosquée Emir Abdelkader.
Œuvres dans les collections publiques
vignette|redresse|Horloge du Centre des arts à Alger, conçue par Bachir Yellès. Alger : Musée national des Beaux-Arts : Portrait d'un artisan de Tlemcen, 1948, huile sur toile ; La Madrilène, 1952, crayon ; L'Américaine, 1952, huile sur toile ; Femme au bouquet, 1959, huile sur toile ; Guerre d'Algérie, 1963, ; Femme à la fleur, 1967 ; Buste de femme, 1969, acrylique sur toile ; Les Joueurs de carte ; La Fileuse, 1969. Béjaïa : Musée Bordj Moussa : Jeunes filles dans un intérieur, 1956. Bou-Saada : Musée national Nasreddine-Dinet : Paysage d'Hydra, 1953. Constantine : Musée national Cirta : La Place du Gouvernement, 1949.
Réception critique Mohammed Zerrouki, « Exposition Bachir Yellès, l'art pictural à Tlemcen », Oran Républicain, : Mohammed Dib, préface du catalogue de l'exposition de peintures et dessins de Bachir Yellès, salle du syndicat d'initiative, place du Mechouar à Tlemcen le : Fernand Arnaudiès, « Exposition de peintres musulmans au cercle Lélian », La Dépêche quotidienne, : Marcelle Blanchet, « Une initiative d'Air France en faveur des peintres », L'Écho d'Alger, 1955 : Odette Pfister, « Transposant la miniature ancestrale, le peintre Bachir Yellès décore le Collège technique de jeunes filles d'Oran », Journal d'Alger, : Louis Eugène Angeli, « est nommé directeur de l'École Nationale des Beaux-Arts d'Alger qui ouvrira ses portes le », La Dépêche d'Algérie, : A. Aaroussi, président de l'UNAC, préface à l’hommage à B. Yellès, galerie Racim, :