Giorgio Libri-Bagnano, francisé en Georges Libri-Bagnano (ou Libry-Bagnano), comte de Bagnano, né à Florence en 1780 et mort le à Amsterdam, est un journaliste italien du . Il était considéré comme le « conseiller intime » du roi Guillaume , le souverain du royaume uni des Pays-Bas et fut de ce fait pris à partie lors de la révolution belge et plus particulièrement dès les premières émeutes d'août 1830 à Bruxelles, les insurgés allant jusqu'à réclamer sa mort.
Biographie Débuts et carrière militaire Pendant l’Empire, Georges Libri-Bagnano combat dans les rangs français. Passé en France lors de la paix de 1814, fervent bonapartiste, il se voit condamné deux fois pour faux en écriture de commerce, il reçoit à Lyon la marque sur chaque épaule, il porte le carcan et est envoyé aux galères. Il ne sort du bagne qu'à la sollicitation du grand-duc de Toscane mais doit quitter la France.
En 1825, il rédige sous le pseudonyme de Linny-BabagorAnagramme de Libry-Bagnano et lire le Dictionnaire des Anonymes et pseudonymes de J. V. de le Court, Académie royale de Bruxelles, Tome 1, Bruxelles, 1960, page 1172 à Amsterdam (édition parisienne) un Avis d'un Turc à la note sur la Grèce de M. le Vicomte de Chateaubriand. La seconde édition bruxelloiseBruxelles, au dépôt de la Librairie de Baudo(u)in Frères, Montagne de la Cour, n°667, 1825. On peut lire :Baudoin sur la couverture et Baudouin sous le frontispice. laisse voir un titre nouveau : Réponse d'un Turc à la note sur la Grèce de Monsieur le Vicomte. de Chateaubriand, membre de la société en faveur des GrecsAllusion à la création par la Société des Douze du comité hellénique et du comité philhellène de Bruxelles.
Exilé, il s'installe à Bruxelles, une des deux capitales du royaume uni des Pays-Bas, où il est choisi, en 1829, comme directeur du quotidien orangiste Le National, financé (185 mille florins néerlandais prélevés sur les fonds de l'Industrie, selon les Lettres de BelgicusBelgicus est le pseudonyme de Barthélémy Dumortier, (pp. 128 et 129), par le gouvernement du roi Guillaume I. "L'Imprimerie et Fonderie normales" de son journal Le National (à ne pas confondre avec Le National, journal français), était située Rue du Fossé aux Loups 60 et sa "Librairie polymathique" du 57 Rue de la Madeleine (Bruxelles). C'est son imprimerie qui avait eu la mission de réaliser le Catalogue de l'exposition des produits de l'Industrie nationale de Bruxelles ouverte en juillet 1830. Ses deux entreprises ont également participé à cette fameuse expositioncatalogue : page 48 exposant 201 : sous le nom d' Imprimerie polymathique et page 250, exposant 911 : Fonderie et imprimerie normales si vite interrrompue par la révolution belge de 1830.
Révolution belge vignette|Le sac de la maison de Libry-Bagnano lors des émeutes d'août 1830 à Bruxelles, au début de la révolution belge. Après que la Deuxième Révolution française ait éclaté à Paris, fin juillet 1830, Libri-Bagnano reçoit des menaces et fait, en conséquence, garder son domicile de la rue de la Madelaine à Bruxelles. Lorsque la révolution belge se déclenche par les émeutes d'août 1830 à Bruxelles, les bureau du National et sa résidence privée sont saccagés dès le soir du . Une médaille est frappée à l'occasion de la dévastation de ses maisons en 1830. C'est sur les toits, derrière un mur de la maison d'à côté qu'il se réfugie et peut ainsi survivre. Cette version n'est pas celle que Libry a raconté après la révolution. Il signale qu'il quitte Bruxelles dès le dimanche afin de se rendre en France pour y obtenir les permissions nécessaires pour se pourvoir en révision contre les arrêts judiciaires qui le frappent. Toutefois, il aurait mis en place divers stratagèmes pour faire croire qu'il demeurait toujours chez lui, faisant par exemple allumer les lumières à des heures bien précises, si bien que lorsque les émeutiers se présentent pour le mettre à mort, les voisins de Libri signalent qu'il se trouve à son domicile. Il indique que les personnes vues à fuir sont le concierge de la maison, un certain Bazile, ainsi que d'une servante, qui s'enfuient par les fenêtres.
Après l'indépendance de la Belgique, il se retire, ruiné, aux Pays-Bas, où, en 1831, il publie La Ville Rebelle, ou les Belges au Tribunal de l’EuropeMysochlocrate, La ville rebelle, ou Les Belges au tribunal de l'Europe: suivi d'une courte réponse à M. le général-major comte De Bylandt, imp. H. P. de Swart, 1831, 451 p. et Les crimes d'un honnête hommeLibry-Bagnano, Les crimes d'un honnête homme,La Haye : imp. H. P. de Swart, juillet 1832, 182 p. en où il déclare avoir eu beaucoup de tracas à Bruxelles avec la Société des douze dont il dévoile onze des douze noms et cite quelques remplaçants occasionnels. Sa haine contre les Belges et la Société des douze transparait de plus en plus dans ses derniers livres : De Louis-Philippe et de la dictature dans leurs rapports mutuels avec l'Europe et Appel de Libry-Bagnano à l'opinion publique en réponse à ses calomniateurs. Il signale que deux volumes de ses Mémoires sont terminés et que le troisième est sur le point de l'être. Mais il meurt à Amsterdam, le .
Œuvres La vérité sur les Cent-Jours principalement par rapport à la renaissance projetée de l'Empire romain, H. Tarlier, libraire-éditeur, Imprimerie de Weissenbruch, Imprimeur du Roi, Bruxelles, (1825)Livre attribué à Libry qui se cache sous <<Par un citoyen de la Corse>>, Exemplaire vendu chez Antoine Jacobs, libraire bruxellois, lot 422 de la vente du 29 mai 1999 mentionnant comme source le livre Supercheries littéraires. La ville rebelle, (1831) Les crimes d'un honnête homme (1832) La guerre pendant la paix ou l'avenir de l'Europe révélé par l'attentat d'Anvers (1833) De l'Imprimerie et de la presse en Hollande, considérés dans les rapports avec l'industrie et la politique. Appel de Libry-Bagnano à l'opinion publique en réponse à ses calomniateurs avec pièces justificatives (1835) Appel de la Hollande à la justice et à la raison de la Grande-Bretagne (paraît après sa mort en 1836)
D'autres pseudonymes comme "Un banni", "Le neveu d'un évêque", "Books-Nabonag", etc.
Descendance Son fils, Timoléon-Brutus de Libri-Bagnano fut inspecteur des Bibliothèques de France et Membre de l'Institut de France. Mais il suivit les traces de son père. Il fut condamné en 1850 à dix ans de réclusion du chef de vol de livres et de manuscritsThéodore Juste, Lettres de de Potter et Libri, p. 269 et Carlo Bronne, l'Amalgame, Ad Goemaere, Bruxelles, 1948, p. 279.
Notes et références
Bibliographie Adolphe Bartels, Documens historiques sur la Révolution Belge, Th. Lejeune, La Haye, 1836. (consultable gratuitement sur le net) Léon Van Neck, 1830 illustré, Bruxelles, 1905. Baron Camille Buffin, Documents inédits sur la Révolution belge, A. Dewit, Bruxelles, 1910. Guioth, ingénieur des Ponts et chaussées, Description des médailles frappées depuis le commencement de la Révolution Belge de 1830 jusqu'à aujourd'hui, Revue belge publiée par l'Association nationale pour l'encouragement et le Développement de la Littérature en Belgique, Tome I, Liège, 1835 (médailles 7 & 8). Belgicus (pseudonyme de Barthélemy Dumortier), Lettres ou le manifeste du roi et les griefs de la nation, Imprimerie de J. Casterman, Tournay, . Auguste de Wargny, Esquisses historiques de la révolution de Belgique de 1830, chez H. Tarlier, Bruxelles, 1830. Pierre Van den Dungen, thèse : Milieux de presse et journalistes en Belgique au XIXe, 1828-1914, ULB Carlo Bronne, l'Amalgame, Ad. Goemaere, Bruxelles, 1948. Baronne Els Witte, Le Royaume perdu, Edition Samsa, Bruxelles, 2016.
Catégorie:Naissance à Florence Catégorie:Journaliste italien du XIXe siècle Catégorie:Patron de presse italien Catégorie:Naissance en 1780 Catégorie:Décès en janvier 1836 Catégorie:Décès à Amsterdam Catégorie:Personnalité liée à la révolution belge