François Jousselin né à Laval le et mort à Issy-les-Moulineaux le est un peintre français.

Il vécut à Vanves de 1955 à 2009.

Biographie À la mort de son père des suites d'une maladie , François Jousselin est adopté par la Nation en 1932. Sa famille se déplace à Metz en 1935, puis réside à Toulouse à partir de 1937. Une bourse d’État acquise sur concours en 1937 ans lui permet d’entreprendre ses humanités au lycée Pierre-de-Fermat.

En 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, il lit la biographie de Paolo Uccello écrite par Philippe Soupault où il apprend que la perspective chère à ce peintre du quattrocento recèle des intentions cachées, sans doute indéchiffrables, mais assez claires cependant pour lui valoir un nom d’oiseauUccello : « oiseau » en italien.. Cette découverte décide alors de sa vocation dans la mesure où il lui semble possible de cacher, au sein de ses œuvres picturales, sa haine du mensonge d’État, créateur de formules creuses telles que « Mort pour la France » d’où il résulte que la Nation, nombreuse et illusoirement protectrice, n’est selon lui qu’un leurre visant à donner bonne conscience à chaque citoyen. Cette obsession poursuivra l’artiste jusqu'à un âge avancé, au point qu’il rédige un mémoire en 1975 dans lequel il avance la preuve de l’existence d’une perspective aérienne commune à certains peintres du passé et dialectiquement opposée à celle que nous a transmis la tradition. À l’évidence, les historiens auraient négligé d’examiner les traces clandestines des hérésies au point de se laisser abuser par les effets d’une Inquisition triomphante.

L’œuvre entière de Jousselin est conditionnée par une sémiologie empruntée à la linguistique de Roland Barthes, comme lui pupille de la Nation, avec qui il entretient une importante relation épistolaire, dont il partage le besoin de décrypter un message second derrière les apparences et dont il brosse plusieurs portraits.

Il achève ses études en partageant son temps entre l’École supérieure des beaux-arts de Toulouse et l’université où il obtient deux certificats de licence : archéologie du Moyen Âge - histoire de l’art moderne, et antiquités gréco-latines - religions grecques.

En 1950, il rejoint l’École de Paris en compagnie d'André Marfaing et de Pierre IgonJacques Busse, « François Jousselin », in: Dictionnaire Bénézit, vol.7, Gründ, 1999, .. Après un séjour aux Pays-Bas dont il visite les musées grâce à une bourse du Gouvernement néerlandais, il expose ses premières peintures abstraites au Salon des réalités nouvelles de 1954 : des lignes de force rouges, noires et blanches qui explosent au milieu de la toile comme autant de lances dans une bataille d’Uccello. Les manifestations, émeutes et affrontements liés aux événements d'Algérie que connaît la ville de Paris en 1958 lui donnent l’idée de transformer ces lances en bâtons qui pleuvent sur les têtes .

Du mariage, le , de François Jousselin avec Élisabeth Varty (1926-2006), Britannique née en France, naissent deux enfants : David Jousselin, né en 1958, qui sera photographe et Joseph Jousselin (1962-2021) qui sera sous la signature de Joseph Varty peintre et sculpteur, illustrant notamment des textes de son maître Jacques GrinbergLa Coopérative collection Cérès Franco, Joseph Varty..

Le glissement insensible de l’informel à l'information dans la peinture de François Jousselin se généralise dans les rangs de l’abstraction au point qu’en 1961, Jean-Louis Ferrier donne à ce mouvement l'appellation de Nouvelle figuration. En 1962, peu soucieux de la censure qui sévit dans la presse ou le cinéma, Jousselin expose à l’intention du public parisien des tableaux où s’expriment les horreurs de la guerre, la violence urbaine, leurs victimes, sujets d’attentats par accident de voiture ou ensanglantées dans des salles de torture. Il peint des natures mortes dont la charge explosive se manifeste par le moucheté d'une bouteille de gaz connectée à un réveille-matin ou un billet de banque qui s’enflamme près d’une boîte d’allumettes.

À partir de 1965, sa facture faite de hachures hâtives et nerveuses s’assagit dans la mesure où lui font entendre raison. Il cache le caractère séditieux de ses sujets derrière une conception onirique de la réalité. Des objets d’usage courant tels que téléphones, machines à écrire, annuaires occupent l’espace d’un bureau sous la surveillance discrète d’ouverture pratiquée dans le mur. Il affectionne l’atmosphère confinée des caves, des sous-sols, des couloirs de métro aux destinations incertaines. En 1975, l’artiste quitte les grandes profondeurs de la psychanalyse quand il découvre, au grand air, une réalité cachée : dans des chantiers inondés de soleil, des Nord-Africains, sobres et pacifiques, s’emploient à la reconstruction de la capitale.

Dans les années 1980, sa vue faiblit. Il décide que la réalité n’existe pas : il n’y a que des points de vue. Jousselin peint alors ce qu’il voit de sa fenêtre , dit-il : un piéton qui traverse la rue mais dans les clous, une assiette de cerises sur une table mais posée sur un journal aux titres inquiétantsDavid et Joseph Jousselin, « François Jousselin - Biographie », in: François Jousselin, catalogue d'exposition, Mers-les-Bains, espace Jacques-Prévert, 2020..

Jousselin laisse un œuvre secret et atypique, pour une part conservé au musée d'Art moderne de Paris (Les Distances psychiques), au Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne (La Guerre), au Beaux-Arts Mons (dix tableaux), au musée d'Art à la mer d’Ostende (Le Déluge), se constituant de témoignages des plus singuliers sur la vie d’artiste face à la création.

Gérard Xuriguera a défini cette œuvre, la rangeant en cela avec celles de Jean Couy, Claude Garache, Louttre B., Xavier Valls ou encore Jacques Vimard, comme une basée, dit-il pour rappeler qu'elle fut à contre-courant de l'abstraction dominante, sur la résistance d'un , la singularité de François Jousselin consistant alors à Gérard Xuriguera, Regard sur la peinture contemporaine - La création picturale de 1945 à nos jours, Arted, 1983, ..

Contributions bibliophiliques

Joseph Aribaut (préface de Michel Roquebert), Maurice Magre, un méridional universel, illustrations de François Jousselin, Toulouse, Midia, 1987.

Expositions Expositions personnelles

Expositions collectives Deuxième Salon de la Jeune Peinture, Paris, 1951 Lydia Harambourg, L'École de Paris, 1945-1965 - Dictionnaire des peintres, Ides et Calendes, 1993, .. Salon des surindépendants, Paris, 1952, 1953. Salon des réalités nouvelles, Paris, de 1954 à 1964, 1969, 1976. La gouache, Galerie Claude Bernard, Paris, 1957. Salon Comparaisons, Paris, 1957, 1959, 1968, 1975, 1976. Musée de Recklinghausen, 1958. Convergence, Galerie Art vivant, Paris, 1959. L'École de Paris, galerie Charpentier, Paris, 1962. De la rive droite à la rive gauche - , Martin Barre, Peter Brüning, Jacques Busse, Jean Clerté, Jean Cortot, Pierre Dmitrienko, Joe Downing, , Pierre Fichet, Pierre Gastaud, Jacques Germain, James Guitet, François Jousselin, John-Franklin Koenig, Joseph Lacasse, Pierre-César Lagage, Pierre Lahaut, Key Sato, Léon Zack, musée de Verviers, 1962. Premier Salon international des galeries pilotes, musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, 1963. Salon de mai, Paris, 1964, 1975, 1978. Climat 66, musée de Grenoble, 1966. Rencontres de Nantes, musée des beaux-arts de Nantes, 1966. François Jousselin, Charles Semser, Serge Vandercam, Hugh Weiss, musée royal des beaux-arts d'Anvers, . François Jousselin, Joseph Lacasse, Jean-Marie Martin, Léon Zack, Centre Gildas-Fardel, Nantes, mai-. André Beaudin, Pierre Bonnard, Gustav Bolin, Francisco Bores, Henri Déchanet, François Jousselin, Bram Van Velde, galerie du Salin, Uzès, 1975. Chemins de la création, Ancy-le-Franc, 1978 ; Tanlay, 1984. Festival de Lille, 1979. Le temps de voir, porte Maillot, Paris, 1980. Fruits d'une passion - Une étonnante collection d'œuvres d'art contemporain de la Communauté française de Belgique en dépôt permanent au Musée des Beaux-Arts de Mons (collection Maurice Duvivier), Musée des Beaux-Arts de Mons, juin-Art-Info, « Fruits d'une passion - Une étonnante collection d'œuvres d'art contemporain de la Communauté française en dépôt permanent au Musée des Beaux-Arts de Mons (collection Duvivier) », Biographie de Jacques Charlier, 1998, . Abstraction, création, art concret, art non figuratif, réalités nouvelles de 1946 à 1965, galerie Drouart, Paris, - Domitille d'Orgeval, Abstraction, création, art concret, art non figuratif, réalités nouvelles de 1946 à 1965, catalogue de l'exposition, 2008.

Réception critique thumb|150px|Léon Zack - Léon Zack Léon Zack, François Jousselin, éditions Galerie Jacques Massol, 1962. - C.B., Univers des Arts, 1968. - Jean-Jacques LévêqueJean-Jacques Lévêque, François Jousselin, éditions Galerie Jacques Massol, 1968. - Frédéric Mégret - Lydia Harambourg thumb|150px|Jacques Busse - Jacques Busse

Collections publiques Belgique Mons, Beaux-Arts Mons, dépôt permanent de la Communauté française de Belgique (collection Maurice Duvivier) Fruits d'une passion : la collection Maurice Duvivier, éditions Beaux-Arts Mons, 2008.. Ostende, musée d'Art à la mer : Les Allumettes, 1968.

France Mers-les-Bains, hôtel de ville : La Dame assise, huile sur toile, Anne-Sophie Marquetty, « Mers-les-Bains : un tableau de François Jousselin offert à la ville », L'Informateur, , , .« Mers-les-Bains : une œuvre de François Jousselin offerte à la commune », Le Courrier Picard, , .Anne-Sophie Marquetty, « Mers-les-Bains - Peinture : une réception en l'honneur de François Jousselin », L'Informateur, , , .David Jousselin, La collection - La "Dame assise", 2020.. Paris, musée d'Art moderne de Paris : Les Distances psychiques, huile sur toileMusée d'art moderne de la ville de Paris, François Jousselin dans les collections.. Puteaux, Fonds national d'art contemporain : Lecture, huile sur toile 100x81cm, 1951Fonds national d'art contemporain, "Lecture" dans les collections ; Somnambules, technique mixte sur toile 162x114cm, 1962Fonds national d'art contemporain, "Somnambules" dans les collections. Toulouse, musée des Augustins : L'Atelier, huile sur toile, ; L'Ampoule et le journal, gouache sur papier.

Macédoine du Nord Skopje, musée d'Art contemporain : Figures, 1961.

Monténégro Budva, musée de Budva.

Suisse Lausanne, Musée cantonal des beaux-arts : La Guerre, 1961 ; L'Accident.

Notes et références

Annexes Bibliographie Léon Zack, François Jousselin, éditions Galerie Jacques Massol, Paris, 1962. Jacques Massol et Jean-Robert Arnaud, De la rive droite à la rive gauche, Paris, co-édition Galerie Jacques Massol et galerie Arnaud, 1962. Jean-Jacques Lévêque, François Jousselin, [catalogue monographique d'exposition], Paris, éditions Galerie Jacques Massol, 1968. Philippe d'Arschot, Jousselin, Semser, Vandercam, Weiss, Éditions du Musée des beaux-arts d'Anvers, 1969. Gérard Xuriguera, Regard sur la peinture contemporaine, Arted, 1983. Lydia Harambourg, L'École de Paris, 1945-1965 - Dictionnaire des peintres, Ides et Calendes, Neuchâtel, 1993. Yves Roullière, Un portrait de Jousselin, Paris, éditions de la Galerie Jean Peyrole, 1993. Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999. Robert Lévy (texte) et Chantal Marfaing (photographies), Photos et œuvres de…, Éditions de la galerie Convergences, 2017 ( en ligne).

Liens externes

Site personnel. David et Joseph Jousselin, Documentaire sur François Jousselin, film avec les témoignages d'Alvina Kessedjian, Karin et Anders Liden, Mélanie et Joseph Erhardy, Lucie et Claude Grobety, Catherine et Jean-Marc Introvigne, Irène Zack, Liliane Klapisch et Jean-Pierre Pinel, durée : 51'10", sur YouTube. David Jousselin, François Jousselin, le Cathare des intentions cachées, court métrage, durée : 7 min 23 s, sur YouTube.

Catégorie:Peintre portraitiste français du XXe siècle