La Monnaie de la Nouvelle-Orléans est un ancien hôtel des Monnaies des États-Unis qui a fonctionné de 1838 à 1861 et de 1879 à 1909. Pendant ses années d'activité, il a produit plus de 427 millions de pièces de monnaie d'or et d'argent, de presque tous les types de numismatique américaine. Il a été fermé pendant la majeure partie de la guerre de Sécession et la période qui suivit, connue sous le nom de « Reconstruction ».
Après sa fermeture définitive en 1909, le bâtiment de l’hôtel des Monnaies connut plusieurs reconversions. Il fut un bureau d'essai, puis servit d’entrepôt pour les garde-côtes américains, et finalement, un abri anti-atomique. En 1981 il devient un des bâtiments du musée d'État de Louisiane. Ayant souffert du passage de l’ouragan Katrina en 2005, il a été fermé pour rénovation et a rouvert en octobre 2007.
Le bâtiment de l'Hôtel des Monnaies de la Nouvelle-Orléans est un National Historic Landmark (bâtiment classé). Il est également le plus ancien Hôtel de la Monnaie des États-Unis encore existant. Avec l'ancien Hôtel de la Monnaie de Charlotte (Caroline du Nord), il est un des deux anciens Hôtels des Monnaies aux États-Unis à accueillir une galerie d'artVoir aussi cette site web pour l'histoire de l'Hôtel de Monnaies à Charlotte. Retrouvé le 7 mars 2007..
Histoire Avant la guerre civile de 1835-1861 Contexte La ville de la Nouvelle-Orléans est un centre commercial majeur depuis sa fondation en 1718 par les Français sur le fleuve Mississippi, près du golfe de Mexique. Pour cette raison, le gouvernement des États-Unis a établi là un hôtel des Monnaies le . Il a été fondé en même temps que l'hôtel des Monnaies de Charlotte en Caroline du Nord et de Dahlonega en Géorgie. L'établissement des hôtels nouveaux des Monnaies était nécessaire pour plusieurs raisons. D'une part, en 1832, le président des États-Unis, Andrew Jackson, a mis son véto au renouvellement de l'accréditation de la Second Bank of the United States. Jackson estimait que cette banque aidait les affaires des grands industriels du nord-est des États-Unis aux dépens des intérêts des hommes simples du vieux Sud-Ouest des États-Unis, une région à laquelle Jackson, originaire du Tennessee, s'identifiait fortement. D'autre part, en 1836, Jackson a promulgué un ordre officiel connu comme « Specie Circular », qui ordonnait que toutes les transactions commerciales concernant des propriétés foncières devaient être accomplies en espèces. Ces décisions, combinées à la dépression foncière de 1837 (causée en partie par la politique fiscale de Jackson lui-même), a augmenté le besoin en espèces aux États-UnisVoir Thomas Bailey, David Kennedy, et Lizabeth Cohen, The American Pageant: A History of the Republic, 11me ed. (Boston et New York: Houghton Mifflin, 1998), pp.276–279, 289.Douglas Winter, Gold Coins of the New Orleans Mint 1839-1909 (Irvine, Californie: Zyrus Press, 2006), ..
L’emplacement stratégique de la Nouvelle-Orléans sur le fleuve Mississippi faisait de la ville un centre important du commerce. Chaque année, son port voyait circuler beaucoup d'or en provenance du Mexique. Dans la première partie du , la Nouvelle-Orléans, qui fut la cinquième plus grande ville des États-Unis jusqu'à la guerre civile américaine, a conduit plus de commerce avec l'étranger qu'aucune autre ville de la nation. La ville était également située relativement près des gisements d'or de l'Alabama qui venaient d'être découverts. Alors que l'United States Mint à Philadelphie produisait beaucoup de monnaie, pendant la première moitié du , elle ne pouvait pas la distribuer suffisamment vite dans les régions reculées de la nouvelle nation, tout particulièrement le Sud et l'OuestThe Old U.S. Mint: A Historic Property of the Louisiana State Museum. Brochure. La Nouvelle-Orléans: Louisiana State Museum, c. 2005. n.p. (deuxième page).. En contraste avec les deux autres branches méridionales de la Monnaie qui ne produisaient que de la monnaie d'or, la Monnaie de la Nouvelle-Orléans produisait à la fois de la monnaie d'or et d'argent. Cette particularité a fait de l'hôtel des Monnaies de la Nouvelle-Orléans le plus important dans le pays jusqu'aux années 1850, en tant que la Monnaie à San Francisco commençait de frapper les monnaies.
La situation de l'hôtel de Monnaies dans l'histoire est de tout premier plan. Il est localisé sur la bordure nord-est du Vieux-Carré (aussi connu comme le « quartier français »). Pendant des années du dominion de la France et de l'Espagne, le quartier était le centre de la défense de la ville. En 1792, le gouverneur espagnol, François Louis Hector, baron de Carondelet, a érigé là le Fort San Carlos (plus tard Fort St. Charles). En 1821 le bastion a été démoli et le quartier baptisé « Jackson Square » en l'honneur d'Andrew Jackson. Le , Jackson avait été le général qui avait sauvé la ville de la Nouvelle-Orléans de l'invasion des forces Britanniques, lors de la bataille de La Nouvelle-Orléans, la dernière bataille de la guerre de 1812Greg Lambousy, « The Mint At New Orleans ». Numismatist (mars 2003), p.38..
Histoire architecturale Dessin et construction vignette|250px|Vue d'une cour à l'arrière de la Monnaie de la Nouvelle-Orléans au travers d'une fenêtre.vignette|250px|Les arcs entre les poutrelles d'acier donnent le soutien structural au plancher de l'Hôtel des Monnaies.L'Hôtel des Monnaies a été construit en brique rouge, et dessiné par William Strickland dans le style Néo-Grec. C'était le style utilisé pour la plupart des bâtiments publics aux États-Unis au début du George Greenlief Evans, Illustrated History of the United States Mint (Philadelphie: G. G. Evans, 1885; nouvelle édition révisé, 1894), p.163.. Strickland était un élève de l'architecte Benjamin Henry Latrobe, qui était un adepte du néo-classicisme. Latrobe a aidé à dessiner le bâtiment de l'United States Capitol à Washington. Strickland avait travaillé à Philadelphie, et avait déjà dessiné l'hôtel des Monnaies à Philadelphie et le Second Bank of the United States. Plus tard, il dessinera les Hôtels des Monnaies à Charlotte et à Dahlonega. De fait, il fut l'architecte des quatre premiers Hôtels des Monnaies des États-UnisLambousy, 38–9.. Martin Gordon surveilla la construction, aidé par le maître-charpentier Benjamin F. Fox, et le maître-maçon John MitchellPlaque sur la façade de l'Hôtel des Monnaies, Nouvelle-Orléans. Consulté le 22 juin 2005..
La façade nord de l'hôtel des Monnaies utilise un portique ionique central soutenu par quatre colonnes monumentales. Ces colonnes sont flanquées aux extrémités par des piliers carrés. Le dessus du portique utilise un entablement simple, et il est couronné par un toit plat. À l'arrière de l'entablement on trouve un fronton simple, sans ornement. L'entrée, placée en dessus d'un sous-sol, s'ouvre sur le cœur rectangulaire du bâtiment, et est flanquée par deux ailes munies de multiples fenêtres rectangulaires. Ces ailes enveloppent le cœur et ils font une structure en « W » avec deux cours carrés à l'arrière. La façade sud près des cours possède des balcons faits de rails de fer et de fonte. L'historien de l'architecture Talbot Hamlin a décrit l'ensemble de la manière suivante : « …il a ces proportions gracieuses originales si caractéristiques du travail de Strickland. Même aujourd'hui , condamné à une utilisation si différente de celle de l'origine, il reste un des édifices anciens les plus distingués de la Nouvelle-Orléans. » Talbot Hamlin, Greek Revival Architecture in America, 1er ed. (New York : Oxford University Press, 1944), p.58 ; éditions Dover, 1964.
À l'intérieur, Strickland a placé le grand escalier à l'arrière du portique dans le cœur de la structure. Le système des planchers est composé d'arcs de terre cuite soutenus par des poutrelles d'acier. C'est un système habituel pour réaliser des entrepôts et d'autres structures de grande longueur. Le deuxième étage contient de grandes pièces destinées à la fabrication et à la fonte. Ces pièces ont des plafonds avec de magnifiques arcs placés haut et soutenus par des murs et des piliers. Les pièces rectangulaires plus petites au deuxième étage (et au sous-sol), comme le bureau du chef de l'Hôtel de Monnaies, ont aussi ces mêmes plafonds avec une seule voûte d'ogives. À l'origine, le sous-sol contenait les chaudières dans une cage de briques ; mais maintenant, il contient les expositions du musée sur la fabrication des monnaies. Il aussi contient le Coin Vault at the Mint, une boutique de monnaies.
Problèmes structuraux et réparations vignette|250px|Une illustration de Harper's Weekly de 1867 montant la cheminée à l'arrière de la Monnaie. Les restes de la cheminée sont encore visibles aujourd'hui.Strickland ne prit pas conscience du sol marécageux et du niveau très proche de la nappe phréatique qui caractérise la zone de la Nouvelle-OrléansEvans, p. 163.. En conséquence, depuis sa construction, l'Hôtel des Monnaies à la Nouvelle-Orléans a rencontré plusieurs problèmes structuraux liés aux mouvements du sol en dessous de ses fondations. Dans les années 1840, le bâtiment fut renforcé par des tiges de fer insérées entre les étages. En 1854, le gouvernement fédéral a demandé à l'ingénieur de l'United States Military Academy à West Point, Pierre Gustave Toutant de Beauregard, qui était lui-même un naturel de la Louisiane, de faire des réparations. Beauregard a ignifugé le bâtiment, il a reconstruit les arcs soutenant le plafond du sous-sol et il a installé des sols de maçonnerie. Beauregard a terminé le travail avec l'aide du capitaine Johnson K. Duncan en 1859. Pendant cette période, les machines de l'Hôtel furent converties pour utiliser l'énergie de la vapeur. Pour cette raison, une cheminée (maintenant démolie) fut construite à l'arrière du bâtiment pour évacuer la fuméePlaque de l'exposition du musée, la Monnaie de la Nouvelle-Orléans. Consulté le 22 juin 2005. Voir aussi Lambousy, pp.41–42..
Moins de deux années après, Beauregard a acquis une renommée nationale en étant le général confédéré qui a ordonné l'assaut de Fort Sumter à Charleston en – la première bataille de la guerre civile américaine. Pendant la guerre, Beauregard a bâti sa réputation dans l'histoire américaine comme un des généraux les plus capables des États du Sud.
Premiers ateliers de monnaies Comme les autres hôtels des monnaies, l'United States Mint à la Nouvelle-Orléans était une usine pour produire des monnaies. Les opérations à l'Hôtel ont commencé le avec le dépôt des premières pièces de billon du Mexique. Les premières monnaies, 30 dimes, furent produites le . Dans sa première période de fonctionnement, l'hôtel a produit plusieurs types différents de monnaies. Ces monnaies ont inclus des pièces d'argent de trois cents, des half-dimes, des dimes, des quarters, des half-dollars, des dollars d'argent, des dollars d'or, des $2.50 quarter-eagles, des pièces d'or de trois dollars, des $5 half-eagles, des $10 eagles, et des $20 double-eaglesLes monnaies d'un cent et les cinq cents de cuivre-nickel ne sont jamais frappés à la Monnaie de la Nouvelle-Orléans. En bas, voir la liste des pièces historiques frappés à la Monnaie, reculé de www.coinfacts.com. Consultez aussi Lambousy, p.39..