L’abbé Nicolas-Louis de Lacaille, aussi écrit La Caille, né le à Rumigny (Ardennes) et mort le Un doute subsiste concernant cette date car il a été baptisé le 15 mars 1713 et généralement l'usage à l'époque était de baptiser les enfants dès leur naissance, voir le bicentenaire de Lacaille L'Astronomie, vol. 27, , plus précisément page 459. à Paris, est l'un des principaux astronomes français du , membre de l'Académie royale des sciences.
Biographie Nicolas-Louis est le fils de Charles Louis (1679-1731), gentilhomme de la Garde royale, et de Barbe Rebuy.
Il effectue ses humanités au collège jésuite de Mantes puis, à partir de 1729, sa rhétorique au collège de Lisieux, à Paris. Après trois ans de théologie au Collège de Navarre, il devient maître des arts puis bachelier en théologie.
En 1736, il devient l'élève de l'astronome Jacques Cassini à l'Observatoire de Paris ; il effectue ses premières observations astronomiques en . En , avec Giovanni Maraldi, il effectue une longue campagne de relevés de la côte atlantique, entre Nantes et Bayonne. En , il participe avec Cassini de Thury à la mesure du méridien dans les Pyrénées, à partir de Perpignan.
Professeur de mathématiques au collège Mazarin en , il entre à l'Académie des sciences, le , comme adjoint, et devient associé en 1745.
Il effectue une longue mission dans l'hémisphère austral, d' à , où il est envoyé pour mesurer l'arc du méridien. Il y fait peu d'observations dans le domaine de l'histoire naturelle mais en rapporte une collection considérable, notamment d'oiseaux, utilisée en particulier par Mathurin Jacques Brisson (1723-1806).
En revanche, après avoir construit un observatoire astronomique en Afrique du Sud au Cap, il effectue un nombre impressionnant d'observations astronomiques. Entre autres, il détermine la distance de la Terre à la Lune en collaboration avec Joseph Lalande en 1751. Il termine son séjour austral à l'Île-de-France puis à l'île Bourbon, aujourd'hui respectivement Îles Maurice et de La Réunion, de à , période au cours de laquelle il effectue un relevé géodésique de l'Île-de-France. À son retour en France, ses observations sont cartographiées par son amie Anne-Louise Le Jeuneux.
Il était membre des Académies de Berlin, de Stockholm, de Bologne et de Göttingen et membre de la Royal Society depuis le .
Travaux vignette|Buste de Lacaille à Rumigny. Il a dénommé 14 des 88 constellations et en a rebaptisé une autre la Mouche (en latin : Musca, abréviation : Mus). Elle est proche de la Croix du Sud (Crux, Cru).
Son rationalisme scientifique le conduit à nommer les quatorze constellations ainsi : Machine pneumatique, Antlia, Ant Burin, Caelum, Cae Compas, Circinus, Cir Fourneau, Fornax, For Horloge, Horologium, Hor Table, Mensa, Men (du nom d'une montagne située à proximité du Cap) Microscope, Microscopium, Mic Règle, Norma, Nor Octant, Octans, Oct Peintre, Pictor, Pic Boussole, Pyxis, Pyx Réticule, Reticulum, Ret Sculpteur, Sculptor, Scl Télescope, Telescopium, Tel
Il découpe la très grande constellation Navire Argo pour en créer trois autres, la Carène, la Poupe et les Voiles.
Il découvre en 1752, l'amas ouvert NGC 4755, de la Croix du Sud, connu sous le nom de boîte à bijoux. Celui-ci renferme une centaine d'étoiles regroupées sur environ 20 années-lumière, à près de 7 500 années-lumière de la Terre.
Il supprime également la petite constellation du Chêne de Charles (Robur Carolinum), inventée par Edmond Halley en 1677, et située à proximité du Navire Argo.
De retour en France, il participe à la vérification de la base établie par Jean Picard près d'un siècle auparavant pour mesurer la longueur du méridien terrestre en 1756.
Correspondance Eric G. Forbes et Jacques Gapaillard, « La correspondance astronomique entre l'abbé Nicolas-Louis de Lacaille et Tobias Mayer », dans Revue d'Histoire des Sciences, 49 (4):483–541 (1996) — Tobias Mayer est un mathématicien, cartographe et astronome allemand.
Honneurs Plusieurs corps célestes ont été nommés en son honneur : l'étoile Lacaille 87 ; la naine rouge Lacaille 8760 ; l'astéroïde (9135) Lacaille ; la naine rouge Lacaille 9352 ; le cratère lunaire La Caille.
En outre, en l'honneur de sa contribution à l'étude du ciel de l'hémisphère sud, un télescope de construit à l'île de La Réunion sera nommé le télescope LacailleLe télescope Lacaille sur le site de l'IMCCE..
Par ailleurs, la rue Lacaille, dans l'actuel de Paris, a été nommée en son honneur. Après sa suppression en 1879, la rue Neuve-Balagny, dans le , est renommée rue Lacaille en 1881.
Œuvres
Leçons d'astronomie (Paris, 1746) Astronomiae fundamenta (1757), contenant un catalogue de 398 étoiles, réédité par F. Baily (Memoirs Roy. Astr. Society, v. 93) Tabulae solares ad meridianum Parisinum cum supplemento reliquarum tabularum solarium quas supputavit P. Maximilianus Hell e S. J. (1758) — Avec un supplément contenant des tables de Maximilien Hell Coelum australe stelliferum (1763) (édité par J. D. Maraldi), contenant les observations de étoiles, et décrivant quatorze nouvelles constellations. Observations sur du Zodiaque (publié dans le de ses Ephémérides, 1763) Leçons élémentaires de mathématiques (1741), fréquemment réimprimé Leçons élémentaires de mécanique (1743), &c. Leçons élémentaires d'astronomie (1746), augmentée par Lalande (1779) Leçons élémentaires d'optique (1750), &c. Calculs par lui-même des éclipses, insérés dans L'Art de vérifier les dates de l'historien bénédictin Charles Clémencet (1750) Création d'un planisphère austral contenant les constellations entre le pôle sud et le tropique du capricorne (1752). Il a communiqué à l'Académie en 1755 un catalogue de quarante-deux nébuleuses du sud, et donné dans le de ses Éphémérides (1755) des règles pratiques pour employer la méthode lunaire des longitudes, proposé dans ses suppléments au Traité de Navigation (1760) de Pierre Bouguer, le modèle de l'almanach nautique. Traité d'optique, 1808,
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Notes et références
Voir aussi Biographie et sources Jean-Paul Grandjean de Fouchy, Éloge de M. l'abbé de la Caille, dans Histoire de l'Académie royale des sciences - Année 1762, Imprimerie royale, Paris, 1764, (lire en ligne) Jean-Baptiste-Joseph Boulliot, Biographie ardennaise ou Histoire des ardennais, Paris, Ledoyen, 1830, Jean-Baptiste Joseph Delambre, Histoire de l'astronomie au dix-huitième siècle, Paris, Bachelier, 1827. Journal historique du voyage fait au Cap de Bonne-Espérance par feu M. l'abbé de La Caille..., Paris, Guillyn, 1763. Pour cet ouvrage, il reçut l'aide de l'abbé Carlier, qui écrivit également un Discours sur sa vie.
Orientation bibliographique G. Bigourdan, « Sur diverses mesures d'arcs de méridien, faites dans la première moitié du », dans Bulletin Astronomique, série I, . En plusieurs sections : pages 320, 351, 389 et 444... Boistel, Guy, 2006, « Le voyage de l'abbé Nicolas-Louis de Lacaille, apprenti naturaliste ethnographe, au cap de Bonne-Espérance, 1750-1754 », in Sophie Linon-Chipon et Daniela Vaj, Relations savantes. Voyages et discours scientifiques, Paris, Presses de l'université Paris-Sorbonne, . .
Articles connexes Liste des membres de l'Académie royale des sciences
Liens externes
Académie des sciences : Les membres du passé dont le nom commence par L Exposition virtuelle sur l'abbé La Caille par la Bibliothèque numérique de l'Observatoire de Paris
A catalogue of 9766 stars in the southern hemisphere, for the beginning of the year 1750, from the observations of the Abbe de Lacaille made at the Cape of Good Hope in the years 1751 and 1752
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