La villa Sésini est une bâtisse néo-mauresque construite à la fin du sur les hauteurs d'Alger.

Historique La villa a été construite par Sésini, notaire à la rue Bab Azzoun à Alger. En 1926, la ville d'Alger l'a classée comme monument naturelBulletin municipal officiel de la ville d'Alger page 422 - séance du 26 novembre 1926 - http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32731184v. En 1927, le consulat d'Allemagne s'y installeL'Écho d'Alger, , du 15 mars 1927.

Elle est transformée en centre de détention et de torture pendant la guerre d'Algérie.

Après l'indépendance de l'Algérie, elle abrite durant un temps le siège du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Elle est également employée, en coordination avec Cuba, pour la formation militaire de révolutionnaires latino-américains.

Par arrêté du ministre algérien de la Culture en date du , la villa est classée sur la liste des biens culturels protégés.

Centre de torture Pendant la guerre d'Algérie, c'était un et de torture de membres présumés du Front de libération national. C'était le QG des légionnaires du REP Robin-Escadrons, chap. XIII, 180 lors de la bataille d'Alger dont faisait partie Jean-Marie Le Pen.

Les historiennes R. Branche et S. Thénault Analysant une lettre du procureur Jean Reliquet, envoyée au ministre de la Justice François Mitterrand, les historiennes R. Branche et S. Thénault précisent :

Certains signes montrent que Paris a peut-être davantage l’oreille ouverte aux violations des droits de l’homme que par le passé. Dans cette lettre, par conséquent, Jean Reliquet revient avec insistance à la question des tortures [...] Autrement dit, il ne connaît que la partie émergée de l’iceberg car il ne dispose que des informations qui lui parviennent en sa qualité de procureur général [...]. Pourtant, à cette époque, la torture est massivement pratiquée à Alger et pas uniquement en vue d’obtenir des renseignements, comme on l’a souvent dit, mais bien pour terroriser la population [...] elle touche désormais tout le monde, « sans distinction de race, ni de sexe ». Autrement dit, des Européens aussi sont torturés par l’armée française. Et l’ampleur prise par la pratique de la torture « pour tous » dans ces mois-là est bel et bien une nouveauté. Des communistes, des progressistes, des membres des centres sociaux ont été arrêtés, détenus au secret, torturés à Alger dans les premiers mois de l’année 1957, par le RCP régiment de chasseurs parachutistes mais aussi par d’autres. Un régiment en particulier semble d’ailleurs s’être « spécialisé » dans les Européens : le REP, des légionnaires basés à la villa Sesini [...]. Aucune distinction de sexe n’est opérée : les femmes aussi sont détenues puis torturées, ce qui constitue là encore une nouveautéRaphaëlle Branche et Sylvie Thénault, « Justice et torture à Alger en 1957 : apports et limites d’un document » in Enseigner la guerre d'Algérie et le Maghreb contemporain, actes de la DESCO Université d'été octobre 2001, 44-57.

Témoignages Aussaresses et Jean-Marie Le Pen Paul Aussaresses, officier parachutiste, qui a témoigné avoir torturé dans son livre Services spéciaux, Algérie 1955-1957 : Mon témoignage sur la tortureÉdité chez Perrin en 2001 affirme avoir croisé l'officier de renseignement Jean-Marie Le Pen à la villa Sésini.

L'ancien appelé Henri Pouillot

L'appelé Henri Pouillot du , a été affecté dans cette villa pour effectuer la fin de son service militaire, pendant la guerre d'Algérie, de à . Il décrit son expérience dans un livre intitulé La Villa Sésini, et dans un autre intitulé Mon combat contre la tortureHenri Pouillot, (préf. Georges Doussin, postface Mouloud Aounit), Mon combat contre la torture, éd. Bouchène, coll. Escales, .

Henri Pouillot affirme avoir assisté, en dix mois, à une centaine de viols au sein de la Villa Sésini. Lors des rafles à Alger, une ou deux femmes sont capturées pour être affectées aux besoins sexuels des militaires de la Villa. Elles sont alors à disposition pendant quelques jours. Pour Henri Pouillot, il y avait deux types de viol : .

Son témoignage est mis en doute lors de son procès en diffamation contre le général Maurice Schmitt mais la cour juge que le général est coupable de diffamation, l'ayant accusé de viol.

Le témoignage de Louisette Ighilahriz Louisette Ighilahriz est une combattante indépendantiste algérienne arrêtée pour avoir posé des bombes sur des civils, puis torturée par les forces françaises. Elle rencontrera Henri Pouillot, aux côtés duquel elle témoignera contre la torture présumée systématisée par l'État français pendant la guerre d'AlgérieVoir France 2, Envoyé spécial, 7 février 2002..

Le témoignage de Nassima Hablal Nassima Hablal est une combattante indépendantiste algérienne arrêtée pour avoir été secrétaire du Comité de coordination et d'exécution, puis torturée par les forces françaises. Elle témoigna avec Nassima Guessoum contre la torture..

Notes et références

Annexes Bibliographie

Articles connexes Jeanine Belkhodja Torture Droits de l'homme en France Ferme Gauthier Ferme Ameziane Caserne des bérets bleus à Hussein Dey Villa Mireille Villa des Roses Camp de Beni Messous

Catégorie:Torture pendant la guerre d'Algérie Catégorie:Centre de détention pendant la guerre d'Algérie Catégorie:Violence sexuelle dans la guerre d'Algérie Catégorie:Bâtiment à Alger Catégorie:Architecture néo-mauresque en Algérie Catégorie:Atteinte aux droits de l'homme en France