Le parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale est un parc naturel marin français créé en décembre 2012. Il se situe en face des sept fleuves côtiers, du sud vers le nord, la Bresle, la Somme, l'Authie, la Canche, la Liane, le Wimereux et la Slack. Son siège se situe à Écault sur le territoire de Saint-Étienne-au-Mont, dans le Pas-de-Calais.
Histoire Le projet de parc naturel marin (à l'époque nommé parc naturel marin des Trois EstuairesÉtude du projet par le ministère chargé de l'environnement et de la mer) a fait dès 2008 l'objet d'une procédure d'étude et de créationArrêté du 19 février 2008 ; conduite de la procédure d'étude et de création d'un parc naturel marin à l'ouvert des estuaires de la Somme, de l'Authie et de la Canche Légifrance.com par le ministre chargé de l'environnement Jean-Louis Borloo à la suite d'une proposition de Jérôme Bignon parmi plusieurs autres.
Après trois années de concertation et une enquête publique, le parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale a été créé par décret le . Il est le cinquième parc marin français après le parc naturel marin d'Iroise, le parc naturel marin de Mayotte, le parc naturel marin du golfe du Lion et le parc naturel marin des Glorieuses., et avant le parc naturel marin du Bassin d'Arcachon.
Le , le conseil de gestion se réunit pour la première fois, et élit son premier président, ses vice-présidents et son bureau pour cinq ans. Il a ensuite élaboré et validé le le plan de gestion du parc pour quinze ans..
thumb|250px|Périmètre du projet soumis à enquête publique en 2011Arrêté inter-préfectoral de mise à l'enquête (16 août au16 septembre), 2011 et accepté en décembre 2012 ; 2300 km de surface maritime, longeant 118 km de côtes.Le parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale faisait initialement partie de l’Agence des aires marines protégées, un établissement public national voué à la protection du milieu marin, depuis intégrée à l'Office français de la biodiversité, un nouvel établissement public sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et sociale. thumb|250px|La comparaison des débits qui alimentent le « Fleuve marin côtier » montre l'importance de l'apport initial de la Seine (/s). Toutefois, la Somme et moindrement la Canche et l'Authie jouent encore un rôle important en rechargeant le fleuve marin côtier en eau douce quand il longe vers le nord les côtes picardes et d'opale et qu'il tend à se diluer dans les eaux de la Manche thumb|250px|Rose des vents de Boulogne-sur-Mer. Dans cette partie de la Manche-Est, les vents dominants et les plus forts sont globalement parallèles au sens des courants majeurs qui poussent la masse d'eau de la Manche vers la mer du Nord. Des tempêtes soufflant dans le sens que l'onde de marée peuvent causer des « surcotes » de marée haute, c'est-à-dire une mer plus haute qu'annoncée par le calcul du simple coefficient de marée. Par contre la houle atlantique a eu le temps d'être atténuée, et le goulot du détroit est encadré de falaises, ce qui y limite le risque de submersion marine
Composantes Comme tout parc naturel marin, il est défini par 3 composantes : un périmètre, des orientations et un conseil de gestion. Il se construit dans un esprit de développement durable, en s'appuyant sur des connaissances partagées, avec une approche écosystémiqueYves Henocque, Leçons et futur de la gestion intégrée des zones côtières dans le monde; Vertigo (Revue électronique en science de l'environnement ; Dossier : Les littoraux et la gestion intégrée des zones côtières, volume 7, numéro 3 ; décembre 2006, consulté 2011-09-10 (promue par l'Europe et l'ONU) visant une restauration, protection et gestion équilibrée des ressources naturelles, incluant un processus de « Gestion intégrée des zones côtières ».
Ses objectifs sont: la connaissance du milieu la protection des écosystèmes, le développement durable des activités liées à la mer..
Définition du périmètre thumb|Zone de localisation du parc, au droit des 7 estuaires, de la Bresle, de la Somme, de l'Authie, de la Canche, de la Liane, du Wimereux et de la Slack C'est la première étape, qui a nécessité validation par l’État, après enquête publique, avis de commissaires enquêteurs, sur la base de plusieurs années de concertation et avis techniques et scientifiques et de collectivités visant à former un projet partagé, sur un espace cohérent et fonctionnel, sur des bases scientifiques.
Situé au large de la Seine maritime, de la Somme et du Pas-de-Calais, le parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale s’étend au large jusqu’au dispositif de séparation du trafic maritime, concerne 118 km de côtes et couvre une surface de 2 300 km. Sept estuaires sont concernés: la Slack, le Wimereux, la Liane, la Canche, l'Authie, la Somme et la Bresle.. vignette|left|Périmètre du PNM. Ce périmètre est la variante moyenne (sur le plan de la superficie) arbitrée par les trois préfets des régions concernées parmi un ensemble de variantes étudiées, de moindre surface ou s'étendant plus au large jusqu'aux eaux territoriales anglaises ou plus au nord un peu au-delà des caps Gris-Nez et Blanc-Nez (ensemble également connu comme Grand site national des deux caps). Il se veut être une solution de compromis entre les souhaits des nombreux acteurs engagés dans la réflexion depuis 2008 et les enjeux de protectionAgence des aires marines protégées, [Carte écologique (synthétique) carte des enjeux écologiques du projet de Parc naturel Marin] de l'environnement marin.
Sa position géographique correspond à la section de la Manche où l'onde de marée est la plus contrainte par le Goulot formé par le rapprochement des côtes françaises et anglaise. C'est là que la marée est la plus haute, et que les courants (dont la résultante est orientée vers le nord) sont les plus accélérés, ce qui explique l'originalité des habitats sous-marins et des groupes d'espèces mis en évidence par l'étude CHARM. C'est aussi une zone identifiée comme à enjeux forts sur le plan de la vulnérabilité (densité du trafic et risque maritime, risque de pollutions) et des pressions sur les ressources naturelles (dont granulats)ministère de l'Écologie et du Développement durable ; Carte (2007) Usages, pressions et ressources représentation des enjeux de l’espace marin ; V 1.1 - 07/03/2007 - Hippocampe- 056062, consulté 2011-09-10.
Orientations de gestion Elles sont détaillées et mises en œuvre par le futur conseil de gestion. La proposition soumise à enquête publique en 2011 en contient huit :
Protection, et si besoin restauration des écosystèmes et du patrimoine naturel (exploité ou non). Cet orientation concerne notamment les nourriceries et les frayères ainsi que les « couloirs de migration en mer » essentiels à la gestion durable et intégrée des ressources halieutiques ; Bon état écologique des eaux marines, ce qui est un objectif que tous les États membres doivent atteindre en 2015 pour respecter la DCE (Directive cadre sur l'eau), cette orientation s'intéresse en particulier à ; Gestion coordonnée et partenariale des espaces protégés et des milieux aquatiques (marins ou contigus ou connectés aux milieux aquatiques littoraux). Développement durable de la pêche, pour une ; Développement durable des usages dans les estuaires, sur l’estran et en mer, par un usage raisonnable ; Préservation du patrimoine culturel lié à la gestion du milieu marin, en explorant et faisant mieux connaître les paysages marins et sous-marins, l'histoire liée aux spécificités historiques, culturelles, environnementales et physiques de la zone couverte et concernée par le parc ; Coopération avec les pays voisins (Belgique, Royaume-Uni) pour une protection en commun de ce en faveur d'un développement durable des activités maritimes. Conseil de gestion Composé de 60 membres représentant l'ensemble des usagers locaux de la mer (élus, professionnels, usagers de loisirs, associations de protection de l'environnement, services de l’État, experts), cet organe de gouvernance se réunit régulièrement. Il est présidé à sa création par M. Christian Manable, président du conseil général de la Somme., puis depuis le par M. Dominique Godefroy, vice-président de la Communauté d'agglomération du Boulonnais. De façon collégiale, le conseil de gestion élabore le plan de gestion, décide des actions à mener, prend les décisions que met en œuvre l’équipe technique du parc. Il n’a pas le pouvoir de réglementer, mais peut proposer aux préfets concernés des mesures réglementaires ou techniques ou toute autre mesure adaptée à l’espace du parc naturel marin. De sa propre initiative, ou sollicité par les services de l’État compétents, il donne un avis sur tout ce qui concerne le parc. Dans certains cas, s'il s'agit d'autorisations d'activités « susceptibles d'altérer de façon notable le milieu marin du parc », cet avis peut être « conforme » et donc pris en compte obligatoirement par l'État.
Ce conseil était dès l'origine souhaité , où les collectivités territoriales concernées seraient invitées à prendre en compte la mer dans leurs politiques (compétence autrefois essentiellement réservée à l'État), avec les pêcheurs professionnels qui y auraient , pour .
Cadre juridique Ce parc répond notamment à un engagementExplication synthétique de la Stratégie nationale pour la création d'AMP et de l'État français qui était de créer 10 % d’aires marines protégées, dont huit nouveaux parcs naturels marins, pour atteindre le nombre de dix parcsAAMP, La France a prévu de se doter de dix parcs naturels marins d’ici 2012 , consulté 2011-09-11, avant 2012, avec l’aide de l'Agence des aires marines protégées (AAMP). C'est aussi un moyen de répondre aux objectifs internationaux fixés à la Conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya (2010) lors de l'année internationale de la biodiversité (10 % d'aires marines protégées en plus dans le monde avant 2020), sachant que la France a en responsabilité le domaine maritime, a priori, le plus vaste et le plus riche en biodiversité au monde.
En février 2008, le processus de création du parc est placéArrêté ministériel du 19 février 2008, fait à Paris, le 19 février 2008 précisant dans son Art. . − La conduite de la procédure d’étude et de création d’un parc naturel marin à l’ouvert des estuaires de la Somme, de l'Authie et de la Canche est confiée conjointement au préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, au préfet de la Somme et au préfet du Pas-de-Calais. sous la triple responsabilité du préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, d'un préfet de région (Picardie) et d'un préfet de département (Pas-de-Calais). L'arrêté (ministériel) précise dans son .
L'enquête publique a lieu en 2011, de même que pour deux autres parcs naturels marins (Côte Vermeille, et Glorieuses)Actu environnement, Grenelle de la mer : 8 nouveaux parcs naturels marins d'ici 2013.
Le parc des estuaires picards et de la mer d'Opale doit aussi contribuer à une meilleure application de nombreuses conventions internationales dont la Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique.
Pourquoi un parc au droit des estuaires ? La cohérence géographique, hydrologique, hydro-sédimentaire, halieutique et écologique du périmètre proposé découle en grande partie des caractéristiques géo-morphologiques du détroit (évoquées dans le paragraphe précédent).
Elle provient aussi du fait que cette section de la Manche réunit 7 estuaires aux caractéristiques proches ou communes, dits estuaires picards. Les plus grands et les plus typiques de ces estuaires sont : L'estuaire de la Somme (ou Baie de Somme) ; L'estuaire de l'Authie (ou Baie d'Authie) ; L'estuaire de la Canche (ou Baie de Canche) ;