La Compagnie des mines de Douchy exploitait le charbon dans le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, via des puits dans les communes de Lourches, Rœulx Douchy-les-Mines et Haulchin.

Historique Le La découverte En , un groupe de négociants Lillois se réunit au sein de la Compagnie Dumas, et crée une société de recherches qui découvre en un riche gisement de charbon gras dans les environs de Denain, à Lourches. Ce gisement est convoité également par la Compagnie des mines d'Anzin qui, malgré l'importance du poste occupé par Casimir Perier, alors président du Conseil des ministres de la monarchie de Juillet, n'obtient qu'une concession, celle de Denain, de .

La Compagnie Dumas reçoit par l'Ordonnance royale du la concession de Douchy de et , et se constitue en société d'exploitation en . La Compagnie Dumas fait venir début 1832 de la Compagnie des mines d'Anzin, Charles Mathieu, accompagné de et de leur famille. Il descend du premier directeur de cette compagnie. Celui-ci entreprend le fonçage des premières fosses.

La concession accordée à la compagnie Dumas en 1832 comprend , situés sur Mastaing, Rœulx, Bouchain, Neuville, Escaudain, Lourches, Douchy et Houlchain. Enregistrée sous forme de société par action en décembre 1832, la compagnie des mines de Douchy découvre en mai 1833 une veine de charbon dans l'unique puits qu'elle exploite. Peu après, ses actions ont vu leur cours multiplié par 105 en un an, passant de en "De la houille: traité théorique et pratique des combustibles minéraux (houille, anthracite, lignite, etc.)" , par Amédée Burat, page 476, chez Langlois et Leclercq, 1851 à en Charbon et sciences humaines: actes du colloque du colloque organisé par la Faculté des Lettres de l'Université de Lille en mai 1963. Il faudra attendre deux ans, en 1836, pour que la mine passe le cap d'un million de tonnes métriques produites mais dès 1833, des écrits témoignant qu'elle exploite de nombreuses fosses tant à Lourches qu'à Douchy.

Cette bulle spéculative et l'intérêt pour la recherche minière ont alors habitué le public français à l'émission de nombreuses actions à la Bourse de Paris, où les premières valeurs industrielles étrangères seront des mines belges"La banque et le crédit en France de 1815 à 1848", par Bertrand Gille, Presses universitaires de France 1959. La fosse Désirée ou no 6 de la Compagnie des mines de Douchy, situé à Lourches, est à son tour exploitée. Les travaux commencent en 1839 au sud de la fosse Beauvois.

La connexion au chemin de fer des années 1840 La société de Douchy se lance au tout début des années 1840 dans la construction d'une petite portion de ligne de chemin de fer, avançant jusqu'à la moitié des frais de construction de la ligne par Escaudain, à l'aide du concours des communes qui ont voté de subventionAnnuaire du département du Nord, 1841 alors qu les débouchés et les moyens d'accès sont assurés de tous côtés par des voies de communication déjà existantes. Le chemin de fer est complété par une portion du canal de l'Escaut qui accède à la gare des marchandises, Douchy récupérant une "station de deuxième classe", au point de jonction"Projet de chemin de fer de Valenciennes à Mézières", par Francisque Lefort - 1846. La distillation et les cokeries Voisine, la Compagnie des mines d'Anzin conclut en un marché, à participation valable pour dix ans, afin de livrer des quantités importantes de charbons destinés à la fabrication de coke dans les usines de Denain de la société Dehaynin, créés par les frères Camille et Albert Dehayin, qui 25 ans plus tard procéderont à l'installation d'une usine à boulets agglomérés mais fermeront leur site de Marchiennes en et Erquelinnes en . Les charbons d'Anzin, peu sulfureux sont jugés adaptés à la fabrication du coke, mais moins convenables pour la forge que ceux de Saint-Étienne et Mons. Les charbons d'Anzin, Denain, Douchy sont jugés plus propres que les autres du Nord, car ils fournissent une houille grasse, donnant d'excellent cokes. En 1847, un manuel scientifique cite la houille de Douchy pour la distillation en coke. En 1887 L'Économiste français mentionne que Douchy va installer une nouvelle batterie de fours à coke. Le journal indique que la Compagnie de Lens, qui voit ses richesses en charbons demi-gras augmenter, projette une installation de ce genre.

La technologie permet de mieux valoriser le coke. Au début des années 1850, Henry Bessemer cherche à fondre ensemble du fer et de l'acier pour obtenir un acier de qualité supérieure et ses apports sont complétés par la généralisation du procédé Martin-Siemens, breveté en 1856.

La Compagnie des mines de Douchy reste cependant de taille modeste, dans l'ombre de la Compagnie des mines d'Anzin, qui dépasse les 2 millions de tonnes par an dès 1872"Histoire sociale du Nord et de l'Europe du Nord-Ouest: Recherches sur les 19e et 20e siècles" par Marcel Gillet, aux Presses Univ. Septentrion, 1984 et renforce son leadership en 1880 avec 2,38 millions de tonnes, soit 2/3 du bassin nordiste et un dixième du charbon français, grâce à 19 fosses, de chemin de fer, et , logés en partie dans . Elle est aussi concurrencée par les deux compagnies qui montent, Courrières et Lens, mais qui ne pèsent toujours en 1880 que 9 % du charbon français, loin derrière la Compagnie des mines d'Anzin. En 1880, le palmarès nordiste est dominé par cinq compagnies qui contrôlent 85 % du charbon français, avec derrière Anzin, Compagnie des mines de Lens, Compagnie des mines de Courrières, Compagnie des mines de Vicoigne et Compagnie des mines de Nœux. Douchy n'en fait plus partie et trois des cinq sont dans l'ouest du bassin.

Les compagnies de l'est du bassin consomment sans attendre leurs réserves car elles savent qu'elles seront un jour concurrencées par celles qui naissent plus à l'ouest au fur et à mesure, au cours de la seconde partie du , et sont de mieux en mieux desservies par le chemin de fer. Un comité des houillères du Nord formé en 1870 se charge surtout de réclamer de meilleures voies navigables pour le centre et l'ouest du bassin, pénalisé par l'indigence du canal de Saint-Quentin. Côté salariés, une chambre syndicale est créée par Émile Basly, implantée essentiellement dans l'est du bassin, où elle compte 12000 adhérents dès décembre en 1883, dont 5000 à la Compagnie des mines d'Anzin. L'échec en 1884 de la grande grève des mineurs d'Anzin l'affaiblit, mais les grèves réussies de 1889 et 1891 lui donnent un nouvel élan.

Les clients français profitent aussi du boom du charbon allemand. En 1899, la société Senelle-Maubeuge couvre ainsi ses besoins d'approvisionnement en coke: syndicat des mines allemand : syndicat des mines belge : : Compagnie des mines de Douchy : Compagnie des mines d'Aniche: "Histoire sociale du Nord et de l'Europe du Nord-Ouest, chapitre sur les "Charbonnages belges", par Marcel Gillet - 1984.

Le , les actionnaires de la Compagnie des mines de Douchy, en vertu de la loi du , votent comme la plupart des autres mines du nord, à l'unanimité sa transformation en Société anonyme, présidée par Paul Schneider (fils d'Adolphe Schneider). Le premier vice-président est Charles Derôme, le Charles Boca et le secrétaire, Charles Maniez. L'opération permet de diversifier l'actionnariat et la famille de Wendel va au fil des augmentations de capital prendre une part de plus en plus importante dans la vie de l’entreprise"Site du patrimoine mondial de l'UNESCO".

Le L'extraction charbonnière au début du siècle Le voit la Compagnie des mines de Douchy confrontée à l'épuisement de ses gisements, après avoir produit massivement afin d'alimenter la distillation de la coke depuis deux décennies. En 1901, la Compagnie de Douchy possède, dans les différentes communes de sa concession, 17 maisons occupées par ses agents et employés et 915 maisons d'ouvriers, groupées en 49 corons. La relance de l'extraction en 1907, malgré la Panique bancaire américaine de 1907, permet de valoriser ce patrimoine. Elle est rendue possible par la création d'une usine qui valorise les gaz de houille des nombreuses fosses à l'arrêt, qui servent par ailleurs pour l'aération, devenue un souci très important après la Catastrophe de Courrières, qui a causé près de 1100 morts en 1906. L'usine qui valorise les gaz de houille les combine avec les gaz de coke provenant de la distillerie de la coke. L'ensemble sert aussi à produire du gaz d'éclairage et à faire tourner les turbines d'une nouvelle usine électrique, qui alimente le complexe industriel et les communes environnantes, jusqu'à Saint-Amand les Eaux. Le site produit surtout du goudron et du benzole, par la distillation, comme le fait la Compagnie des mines d'Anzin, voisine, depuis 1896 et la Compagnie des mines de Lens depuis 1897. Grâce à ces débouchés, juste avant la Première Guerre mondiale, Douchy est redevenu le deuxième site minier de la région derrière Anzin, mais souffrira de l'occupation allemande pendant quatre ans, les envahisseurs démontant les usines électriques pour déménager le matériel sur une usine à Hirson, dans l'Aisne.

Albert Olry, ingénieur du corps des mines, puis directeur à l'Institut industriel du Nord (École centrale de Lille), qui a contribué à la stratigraphie des mines du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais par un ouvrage de référence en 1886Études des gites minéraux de France, publiées sous les auspices de M. le Ministre des travaux publics, par le Service des topographies souterraines. Bassin houiller de Valenciennes partie comprise dans le département du Nord, par A. Olry, impr. Quantin, 1886. y indique l'épuisement de la plupart des fosses de Douchy vers la fin du . la Fosse Désirée, foncée en 1839, avait atteint en 1886, la profondeur de mais elle est arrêtée à l'extraction depuis 1900. la Fosse Sainte-Barbe a été abandonnée et Albert Olry pense qu'elle ne servira probablement plus à l'extraction. Elle ouvrira à nouveau en 1907, plus profond, sous le nom de la Fosse Schneider. la Fosse Gantois est arrêtée à l'extraction depuis 1886. Albert Olry disait aussi en 1886 que la Fosse La Naville, profonde de , ne serait probablement plus jamais approfondie, et que son champ d'exploitation serait repris par la Fosse de Douchy. Les terrains ont en effet été sillonnés par grand nombre de déchirures presque parallèles, produites par l'inégalité de répartition de la compression sur le gisement, ce qui a enfoncé les terrains vers le sud-ouest, rendant le grand plat de La Naville à peu près inexploitable. La fosse no 3, ou Fosse Boca, foncée en , était aussi arrêtée. Elle avait ensuite pris le nom de Charles Boca, docteur en droit, vice-président du Conseil d'administration des mines de Douchy en 1894, qui avait publié en 1889 une brochure intitulée : "Considérations en faveur de l'insaisissabilité complète des salaires, au point de vue social, légal et moral. Il avait aussi donné son nom à la fosse no 3 - 15 dite Charles Boca ou fosse de Méricourt.

Seule la Fosse No 8 ou Fosse de Douchy semble encore durablement en exploitation. La Fosse l'Éclaireur est en fin de vie et fermera en 1909.

À partir de 1907, de nouvelles fosses entrent à nouveau en exploitation: Arrêtée en 1886, la Fosse Schneider recommence à produire en 1907 et devient alors la fosse la plus importante de la Compagnie de Douchy, sur un gisement de charbon gras, à la profondeur de . C'est l'époque où les technologies permettent de creuser à des profondeurs proches du kilomètre, dans l'ouest du bassin minier. Les travaux de fonçage de la Fosse Charles Boca (fosse No 9), reprennent en 1914, mais la Première Guerre mondiale les interrompt. Ils ne reprennent qu'en 1920, et la fosse ne commencera à produire qu'en 1932. C'est l'une des dernières mises en service dans le bassin minier du Nord avant la nationalisation. La Fosse La Naville reprend aussi du service.