vignette|Part de marché des principaux navigateurs web depuis 2008, selon StatCounter. vignette|Chronologie des navigateurs Web.
L'usage des navigateurs Web évolue. Cette évolution est la conséquence d'une compétition entre les sociétés développant ces logiciels pour dominer le marché. Elle a surtout été marquée par le combat entre et (en particulier sur la plate-forme Windows) à la fin des années 1990. Durant les années 2000, le combat marquant a été celui qui opposait à Mozilla Firefox.
L'arrivée de Google Chrome en 2008 et le développement du marché des smartphones ont changé la donne, celui-ci ravissant la première place à en 2012. Début 2019, Google Chrome avait 61,7 % de parts de marché des navigateurs Web dans le monde, loin devant Safari (15,2 %) et Firefox (4,6 %).
Historique L'ère Mosaic Le a commencé à croître exponentiellement avec l'apparition du navigateur web en 1993. Ce navigateur était gratuit et développé par le . Il fut le plus utilisé durant un an, jusqu'à fin 1994, avec l'apparition de , développé par qui a débauché la plupart des développeurs de . fut supplanté par en quelques mois.
L'ère Netscape En 1995, alors qu'Internet commence à être connu du grand public grâce au Web et au courriel, Microsoft préparait la sortie de en pensant que l'offre d'Internet était d'une qualité trop inégale pour le grand public. C'est ainsi que Microsoft fut lancé en incluant une offre commerciale de réseau censée concurrencer Internet : MSN ().
Pendant ce temps, à la suite notamment de la sortie du langage Java et à son intégration via dans , Le Monde informatique commençait à sérieusement spéculer sur la possibilité de voir le web devenir une plate-forme de développement qui rende la plate-forme sous-jacente, soit le système d'exploitation, donc notamment Microsoft Windows, interchangeable. Ceci laissait penser que le monopole de fait détenu par Microsoft se transformerait en monopole de . C'est pourquoi lorsqu'en Netscape entra en Bourse à , l'action fut immédiatement sujette à une très forte spéculation (à la hausse).
Microsoft, au vu du succès d'Internet et de Netscape, prit conscience du danger et du potentiel du Web et lui créa un concurrent : , grâce à l'acquisition d'une licence du logiciel (à ne pas confondre avec ).
fut alors inclus dans le « » (une ébauche de ) de en . La sortie d' trois mois plus tard marqua le début de la guerre des navigateurs. fut également pleinement intégré au web.
Netscape contre vignette|Part de marché des navigateurs de 1996 à 2009. Les versions de ( plus tard) et d' se succédèrent rapidement durant les quelques années qui suivirent. L'ajout précipité de fonctionnalités prit le pas sur le développement de spécifications techniques concertées, et cette guerre eut comme conséquences des logiciels instables, de faible respect des standards du Web alors naissants, de plantages fréquents, de failles de sécurité et de beaucoup d'autres dérangements pour les internautes. ne fut pas compétitif avant la (1996) qui incluait le support de scripts et les premières implémentations commerciales des feuilles de style en cascade.
sortit en . Un logo géant de trois mètres représentant la lettre « e » fut créé à l'occasion de la cérémonie de lancement à San Francisco. Les employés de Netscape découvrirent ce logo géant sur la pelouse de leur lieu de travail le lendemain matin, avec un écriteau « de la part de l'équipe d'IE ». Les employés de Netscape réagirent rapidement et posèrent dessus une maquette géante de leur mascotte, un dragon, tenant une pancarte déclarant « , » (pour illustrer les parts de marché en pourcentage).
IE 4 fut un tournant de la guerre des navigateurs. Il était plus rapide et supportait mieux les spécifications du W3C que Netscape . Installer était considéré comme une évolution, qui permettait par exemple de jouer des fichiers de musique MP3 en arrière-plan.
Durant cette période, il était très fréquent pour les concepteurs de sites web d'afficher des logos « optimisé pour Netscape » ou « optimisé pour Internet Explorer ». Ces logos identifiaient souvent une version précise et proposaient un lien pour télécharger le navigateur « préféré » du webmestre du site Web. D'une certaine façon, ces logos reflétaient une différence entre les « standards du web » supportés par les navigateurs et précisaient quel navigateur avait été utilisé par le webmestre, afin que les pages du site web visité s'affichent correctement. D'autres fois, mais moins fréquemment, il s'agissait simplement d'une petite publicité ajoutée par un webmestre, d'un navigateur. Durant la fin des années 1990, des défenseurs de la notion selon laquelle les sites web devraient être visibles avec n'importe quel navigateur entamèrent la campagne « visible avec n'importe quel navigateur » (« ».).
Microsoft disposait de deux grands avantages dans cette guerre. Le premier était tout simplement lié aux ressources : Netscape a débuté avec 90 % de parts de marché et une bonne dose de bienveillance de la part du public internaute, mais c'était une entreprise relativement petite dont la majeure partie des revenus étaient issus d'un seul produit (le logiciel et ses dérivés) ; elle était donc vulnérable financièrement. Le produit financier total de Netscape n'a jamais dépassé les intérêts créditeurs générés par les fonds de caisse de Microsoft.
L'autre avantage de Microsoft, le plus important, était le quasi-monopole qu'il détenait sur le marché des systèmes d'exploitation et qu'il put utiliser comme levier afin d'établir IE dans une position dominante : IE était inclus d'origine dans chaque copie de Windows ; Microsoft a ainsi été capable d'augmenter ses parts de marché bien que les premières versions de IE aient été sensiblement moins performantes que Netscape. De plus, IE restait gratuit tout en profitant pour son développement et son marketing des énormes recettes de Windows. IE a ainsi pu se développer rapidement jusqu'à être équivalent à Netscape, ce qui a alors incité à l'utiliser directement (car déjà installé dans Windows), au lieu de télécharger et installer Netscape.
D'autres actions de Microsoft ont aussi été préjudiciables à Netscape, par exemple : Le modèle économique de Netscape consistait à offrir le navigateur, mais à vendre des applications serveur (serveur HTTP). Microsoft, ayant compris cela, attaqua Netscape sur ce terrain en fournissant le serveur web de Microsoft « gratuitement » avec les versions serveur de Windows (Windows NT), et en offrant à ses clients des clones des serveurs proxy de Netscape, des serveurs de courriel, des et d'autres applications gratuites ou à prix cassés. Cela eut peu d'effet au début, car la plupart des recettes de Netscape venaient de la clientèle des serveurs de , mais popularisa progressivement Windows NT comme logiciel serveur Internet ou Intranet, supprimant ainsi les revenus de Netscape. En outre, Microsoft interdit d'utiliser une version personnelle de Windows pour servir un nombre non négligeable de postes clients, ce qui avait pour conséquence d'interdire l'usage des serveurs HTTP concurrents sur une version de Windows moins chère que la version serveur qui contenait (Windows NT). Microsoft créa des contrats de licence de logiciel avec les fabricants d'ordinateurs, exigeant qu'ils placent une icône de IE sur le bureau de Windows, et les pénalisant s'ils pré-installaient Netscape sur leurs ordinateurs. Microsoft facilita pour les petits et moyens fournisseurs d'accès Internet la réalisation de versions personnalisées d', ce qu'ils firent, sauf rares exceptions ; les utilisateurs étaient ainsi encouragés à utiliser IE et pas Netscape. Microsoft créa un contrat de licence avec AOL pour baser l'interface principale d'AOL sur IE plutôt que sur Netscape. Microsoft acquit et sortit un éditeur WYSIWYG de sites web, , qui avait tendance à créer des pages ayant une meilleure apparence visuelle sous IE. Microsoft incorpora dans IE le support des CSS et rendit IE plus tolérant que Netscape au mauvais code HTML (comme celui généré par les éditeurs HTML WYSIWYG). Ainsi certains concepteurs trouvaient plus simple d'écrire leur pages uniquement pour IE (et ajouter un message « Optimisé pour IE », où le mot optimisé était utilisé à mauvais escient) plutôt que de corriger le code HTML incompatible avec les standards du web ou de supporter la couche d'extensions de Netscape.
Ces actions eurent pour effet de « couper l'alimentation d'air de Netscape », comme l'a déclaré un cadre de Microsoft durant le procès antitrust de Microsoft (qui aboutit à la condamnation de Microsoft pour avoir utilisé sa position monopolistique en vue de manipuler le marché). Combiné à plusieurs mauvaises décisions commerciales de Netscape, cela provoqua le déclin d'utilisateurs de son navigateur, ce pour quoi la société fut rachetée par en 1998 pour de dollars US. devint le nouveau navigateur dominant puisqu'il atteignait à cette époque 96 % du marché des navigateurs !
Des actions en justice ne renversèrent pas la tendance. En 1998 aux États-Unis , il est reproché à Microsoft de favoriser son logiciel de façon déloyale.. Après la rupture des négociations entre le gouvernement américain et la multinationale., un procès eut lieu.. Microsoft fut condamnée à être divisée, Bill Gates fit appel..
En 2001, ...
L'ère La guerre des navigateurs prit fin lorsque IE cessa d'avoir des concurrents sérieux. Le quasi-monopole d' entraîna également la fin des innovations dans ce logiciel : il n'y eut pas de nouvelle version d' entre 2001 () et 2006 (). À partir de cette période, une grande partie des nouveaux utilisateurs internautes ordinaires ignorent qu'il existe d'autres logiciels navigateurs web qu', et le confondent même parfois avec Internet lui-même..
Une seconde guerre des navigateurs ? À la fin de 2004, la guerre a été relancée à la suite de la sortie du navigateur Firefox qui est basé sur le moteur Gecko de , projet lancé par d'anciens employés de Netscape, rejoints par une communauté de développeurs code source libre se structurant autour de la Fondation Mozilla.
En , après plus de de téléchargements, Firefox a augmenté ses parts d'utilisation par rapport à IE. En Europe ce chiffre est de près de 27,7 % (le plus fort taux est de 45,4 % en Finlande) et en Océanie il a passé les 30 %..
En 2006, Microsoft n'ayant toujours pas mis à jour (sorti en 2001) et son obsolescence commençant à agacer les développeurs web et les responsables de sécurité, des navigateurs alternatifs modernes, respectueux des standards du Web et sécurisés tels que Firefox, Konqueror, Safari et Opera font leur apparition dans les statistiques de mesure d'audience des sites Web.
Alternatives Du côté de Konqueror et de Safari, l'épisode des contributions de code par Apple à KHTML semble se diriger vers une convergence avec WebKit, utilisé également par le navigateur mobile de Nokia.
Dans le marché des mobiles et assistants, Opera semble se tailler la part du lion. D'autres initiatives existent dont Firefox Mobile de la Fondation Mozilla.
La réponse de Microsoft Courant 2006 Microsoft riposte en annonçant qu', qui initialement ne devait être qu'une version renommée de la pour équiper d'origine Windows Vista, fonctionnerait également sur Windows XP et serait une évolution majeure.
IE 7, sorti en , intègre donc beaucoup de fonctions. jugées essentielles, comme la navigation par onglets ou une case moteur de recherche placée à droite de la barre de navigation. Il ne comble qu'une partie des retards acquis au cours des années précédentes, mais bénéficie toujours de son monopole sur les ordinateurs personnels.
Google Chrome vignette|Part de marché des principaux navigateurs web depuis 2008, selon .