Le Gendarme en balade est une comédie policière italo-française réalisée par Jean Girault et sortie en 1970. Il s'agit du quatrième film du Gendarme de Saint-Tropez.
Le film raconte les mésaventures du gendarme Ludovic Cruchot et de la brigade de Saint-Tropez qui, après avoir été mis à la retraite anticipée contre leur gré, rendossent leurs anciens uniformes illégalement et reviennent sur les lieux de leurs aventures pour ramener la mémoire à leur collègue Fougasse devenu amnésique.
Dans ce film, la brigade est pour la dernière fois composée de Louis de Funès, Michel Galabru, Jean Lefebvre, Christian Marin et du duo Grosso et Modo. France Rumilly réapparaît en religieuse et Claude Gensac dans le rôle de Josépha Cruchot.
Malgré des critiques négatives, le film totalise au box-office, un score honorable mais bien moindre que les précédents. Louis de Funès est lauréat du prix Courteline pour ce film et L'Homme orchestre. L'acteur-vedette préfère ensuite arrêter son Gendarme. Au tournant de la décennie suivante, il relance finalement la série avec un cinquième opus, Le Gendarme et les Extraterrestres en 1979, puis un sixième et ultime Gendarme en 1982.
Synopsis vignette|gauche|redresse=0.9|alt=Six comédiens en tenue de gendarmes, debouts, côte à côté, hilares, Louis de Funès est porté par les deux plus grands, Marin et Grosso.|La brigade de Saint-Tropez est mise à la retraite anticipée, pour être remplacée par de nouvelles recrues bien plus jeunes.
Le colonel de gendarmerie débarque à la brigade de Saint-Tropez, devant un Ludovic Cruchot somnolant. Il proclame, face à un monde en plein changement, la nécessité de renouveler et rajeunir les effectifs. Il annonce que les six gendarmes sont « autorisés » à faire valoir leurs droits à la retraite de manière anticipée, soit une mise à pied déguisée. Seul Fougasse jubile à l'idée de décrocher enfin la « quille », tandis que ses camarades, eux, attachés à leurs postes, sombrent dans la mélancolie, en particulier Cruchot et l'adjudant Gerber. Pour tout remerciement de leurs loyaux services, une pension de par mois et un sac de charbon de chaque hiver. Cruchot, Gerber, Fougasse, Merlot, Tricart et Berlicot sont relevés par de nouveaux gendarmes plus jeunes et athlétiques. Ils se séparent et quittent Saint-Tropez émus.
vignette|alt=Un fourgon Alouette Renault de gendarmerie, bleu marine.|Gerber, Fougasse, Merlot, Tricart et Berlicot, et leurs épouses, quittent la gendarmerie de Saint-Tropez à bord d'un fourgon Alouette Renault.
Six mois plus tard, Cruchot se morfond dans le château de Josépha. Son épouse déborde pourtant d'attention pour le sortir de sa morosité, en régentant ses loisirs : ses parties de pêche sont truquées et ses séances d'équitation se font sans effort. Il est dépité par ce manque de liberté et d'aventure, trop encadré par Josépha et leurs domestiques. Ses rares distractions sont de persifler le curé du village venu quémander son obole ou de traquer un braconnier rusé. À cet effet, Josépha lui offre un système de radar et de pièges pour débusquer l'intrus dans le domaine. En inaugurant son nouveau jouet, Cruchot commet une méprise : il martyrise et piège l'adjudant Gerber et son épouse, venus en visite.
Passé la confusion, Cruchot, heureux de retrouver son ancien chef, l'emmène aussitôt dans son grenier-musée, temple nostalgique de ses années de service. Un autre collègue, Merlot, arrive au château avec une terrible nouvelle : Fougasse, victime d'un acte de bravoure, est devenu amnésique. Cruchot voit là l'occasion rêvée de reformer la brigade pour tenter de raviver la mémoire de leur camarade. Cruchot, Gerber et Merlot décident avec enthousiasme de partir pour La Pinsonnière, un centre de repos de la gendarmerie nationale, à Aix-en-Provence, à bord de la Peugeot 504 de . Josépha met en garde son mari : ils ont l'interdiction formelle de revêtir l'uniforme sous peine de sanctions. Sur le chemin de la Provence, sont récupérés Tricart et Berlicot.
vignette|alt=Une Peugeot 504.|gauche|Cruchot, Gerber, Merlot, Fougasse, Tricard et Berlicot retournent à Saint-Tropez à bord de la Peugeot 504 de Josépha.
À La Pinsonnière, Fougasse ne reconnaît pas ses anciens collègues et ne se souvient pas de son passé de gendarme. Ils l'enlèvent pour l'amener jusqu'à Saint-Tropez. À l'approche de la cité balnéaire, ni le paysage, ni le climat ne ramènent la mémoire à Fougasse, qui lit innocemment un panneau « Saint-Trospète ». La troupe trompe sur un accrochage entre deux automobilistes virant rapidement à l'embouteillage monstre. Fidèles à leurs instincts, les ex-gendarmes ressortent leurs uniformes et s'attaquent à la circulation le sourire aux lèvres, sauf Fougasse perdu dans cette confusion. Revigorés par ce haut fait, ils partent en chantant à Saint-Tropez. Ils passent la gorge nouée devant leur ancienne gendarmerie, mais manquent de peu d'être remarqués par l'un des remplaçants alors qu'ils arborent encore l'uniforme. Ils remettent à la hâte leurs tenues civiles. Fougasse les soupçonne alors d'être de faux gendarmes.
vignette|alt=Un panneau de signalisation indiquant l'entrée de « Saint-Trospète ».|Embrouillé par Fougasse, Cruchot hallucine un panneau de signalisation « Saint-Trospète » en arrivant en ville.
À la terrasse du café Sénéquier, Berlicot émet l'idée de reconstituer la chasse aux nudistes, avec Fougasse nu aux milieu d'eux comme leurre : ce souvenir fort déclencherait un choc psychologique. En arrière de la plage, à nouveau en uniformes, les ex-gendarmes forcent Fougasse à se déshabiller, jusqu'à ce qu'il avoue avoir simulé son amnésie pour continuer de profiter du confort du centre de convalescence. Les reproches envers le combinard sont aussitôt interrompus par l'arrivée des nouveaux gendarmes au loin. Leurs successeurs conduisent une spectaculaire opération pour capturer des nudistes, avec moultes effectifs et déploiement de parachutistes. Cruchot sabote le coup en prévenant les nudistes. Plusieurs s'enfuient avec la voiture de Josépha. Sans voiture ni vêtements civils, les ex-gendarmes sont contraints d'emprunter une décapotable et des vêtements laissés par des nudistes hippies. En parallèle, les jeunes gendarmes ont identifié l'immatriculation de la voiture de nudistes partie sous leurs yeux : ils alertent Josépha et que leurs maris seraient devenus nudistes. La nouvelle garde fulmine de la mise en échec de leur opération.
vignette|gauche|redresse|alt=Groupe de hippies partageant un « joint » (photographie)|Les anciens gendarmes se mêlent à un groupe de hippies et partagent un joint de cannabis.
Sur la route, la curieuse troupe de retraités, affublée d'habits bariolés qui grattent, prend en autostop une hippie. Elle les mène jusqu'à un « grand rassemblement » sur la côte. Les ex-gendarmes s'infiltrent dans cette réunion psychédélique, expérimentent le cannabis et, hagards, lancent à chacun des déclarations d'amour, face à un Cruchot effaré (qui essaie tout de même un joint). Ce dernier parvient à les extirper de là, juste au moment où leurs voleurs arrivent avec la Peugeot 504. Ils brûlent leurs oripeaux New Age, mais n'ont plus que leurs uniformes de gendarmes à mettre. Il leur faut activement quitter la région. Cependant, leurs successeurs les traquent avec de grands moyens : un hélicoptère en patrouille les repère. Les retraités en uniformes sont bientôt encerclés par des dizaines de gendarmes dans les champs. Ils réussissent à leur fausser compagnie en se cachant au sein d'un troupeau de moutons. À la gendarmerie, , vite descendues sur la côte d'Azur, sont informées des agissements incompréhensibles de leurs époux et décident de s'amuser elles aussi.
vignette|alt=Photo d'un paysage méditerrannéen, des colines de basse végétation au bord de la mer, sous un beau soleil.|Sans voiture ni vivres, les gendarmes retraités errent dans le maquis avant d'être recueillis par mère Clotilde.
Cheminant dans la garrigue, les ex-gendarmes rallient la mer et comptent suivre le littoral jusqu'au Lavandou pour appeler chez eux au secours. Leur balade dans le maquis, sous le soleil et la chaleur, est éprouvante, sans eau, ni vivres. Ils avancent avec difficulté tels des méharistes dans le désert. Pire, Cruchot et Gerber aperçoivent leurs épouses en galante compagnie sur la plage. Pensant être en proie à des hallucinations, ils décident de mettre fin à la vadrouille et de se rendre la tête haute, considérant avoir mené une lutte honorable, jusqu'à l'épuisement. Sur le chemin du retour, l'ancienne brigade tombe nez à nez avec la Citroën 2 CV de la religieuse Clotilde, fidèle amie, et une de ses disciples. Les imaginant toujours en poste, elle les amène au couvent des sœurs de saint Vincent de Paul, dont elle est devenue la mère supérieure. Elle les invite à prendre une collation avant de leur demander un petit service. Le couvent accueille une colonie de vacances, mais cinq enfants manquent à l'appel. Mère Clotilde prie Cruchot et Gerber de les retrouver, d'autant plus que courent des rumeurs de faux gendarmes rôdant dans la région.
Cruchot et Gerber interrogent en vain plusieurs garçons irrévérencieux, indifférents à la technique du « bon gendarme, mauvais gendarme ». Jouant avec les autres à l'extérieur, Merlot obtient une information de l'un d'eux par hasard : les cinq enfants ont fugué pour lancer une fusée artisanale vers la Lune. Un petit les mène sur le site de lancement. D'abord impressionné par la mini-fusée réalisée et la précocité intellectuelle de ses constructeurs, les ex-gendarmes sont terrifiés d'apprendre que les garnements vont dérober à l'arsenal de Saint-Tropez les explosifs nécessaires à sa propulsion. Ils foncent en 2 CV et s'infiltrent dans la base protégée par des militaires. Ils surprennent horrifiés les adolescents en train de manipuler négligemment de la dynamite, de la poudre, des grenades, tout en fumant des cigarettes. Les gamins s'échappent avec des explosifs et, pensent-ils, une tête de missile T60. L'un d'eux perd une cigarette dans une caisse de grenades : Cruchot et Fougasse rattrapent de justesse la bêtise en évacuant in extremis la caisse mise à feu, évitant au dépôt de munitions tout entier de sauter. Les retraités décampent sous la riposte des militaires.
vignette|alt=Photo d'une explosion nucléaire, champignon atomique à la lumière rougeoyante.|Cruchot et Gerber sauvent Saint-Tropez et la côte d'Azur d'une explosion atomique.
Tricart comprend que la tête de missile volée n'est pas une T60 mais une ogive nucléaire T80. Les ex-gendarmes reviennent en urgence au site de lancement. En déboulant la falaise, la 2 CV perd une roue, qui bute sur un aileron de la mini-fusée au moment de son décollage. L'appareil s'élève dans le ciel avant de s'incliner vers la plage et continuer sa lancée sur le sable. Au terme d'une course effrénée après la fusée, sur terre et sur mer, et de beaucoup de frayeurs, Cruchot et Gerber atteignent l'engin atterri dans la salle de réception d'un grand hôtel. Tremblants de peur, ils tentent méticuleusement de désamorcer la charge nucléaire. Ils découvrent parmi les clients de l'hôtel leurs épouses, Josépha et Cécilia, aux bras de leurs amants. Cruchot, fou de rage, s'acharne sur la bombe pour l'enclencher. Il parvient sans le vouloir à neutraliser la charge. Sains et saufs, Cruchot et Gerber sont réprimandés par leurs épouses pour leur baroud déraisonnable.
De retour à la gendarmerie, l'ancienne brigade est réintégrée pour son action courageuse. Plus précisément, le colonel consent cyniquement à refuser leur prétendu souhait de « faire valoir leurs droits à la retraite ». Leurs remplaçants, jugés encore inexpérimentés, sont mutés ailleurs. Les gendarmes de Saint-Tropez défilent finalement sur le port. Heureux de retrouver leurs postes, ils en profitent pour donner des amendes aux véhicules mal stationnés. La foule en délire assaillit ses héros pour leur demander de signer des contraventions.
Fiche technique