Kinopanorama était une salle de cinéma réputée à Paris, située 60 avenue de La Motte-Picquet dans le . Elle fut ouverte de 1959 à 2002.

Historique

Splendid Palace

L'histoire du cinéma débute en 1919. Une salle de , le Splendid Palace, fait partie des lieux phare du quartier de Grenelle jusqu'en 1949. En 1922, il est rattaché au circuit Gaumont et modernisé en 1937, sa capacité passant à 1000 places..

Kinopanorama

Inauguré en à l’emplacement de l’ancien cinéma Splendid, le Kinopanorama occupait les premiers niveaux d'un immeuble d'habitation de dix étages construit la même année. La salle était l'œuvre d'un promoteur immobilier, Pierre Pinton, qui avait acheté le Splendid avant la démolition et se révéla par la suite un visionnaire devant marquer son époque et plusieurs générations de cinéphiles.

La salle de 1959 était peu commune. Ultra-moderne, grande sans être gigantesque (850 places sur trois niveaux), elle était équipée à l'origine pour le système Kinopanorama (un concurrent russe du Cinérama américain) avec une image provenant de trois projecteurs projetée sur un écran géant de 20 x et courbe d'une ouverture de 109°Nikolaï Maïorov, Cinémathèque Française, 2019..

La technologie Kinopanorama innovait en utilisant 9 pistes magnétiques pour la reproduction du son (à la différence du Cinérama qui se limitait à 7 pistes) et 98 haut-parleurs.

Des films Kinopanorama furent projetés sur l'écran géant de de baseArchives Gaumont. de base, en commençant par Deux heures en URSS, qui réalisa le score plus que respectable de 1 million de spectateurs en un an.

La salle exploita alors les films en utilisant trois pellicules synchronisées.

Cinérama Rive Gauche thumb|Hello, Dolly !(Todd AO). thumb|West Side Story (Panavision 70). Le Kinopanorama fut intégré un temps aux salles Cinérama de Paris, aux côtés des prestigieux Gaumont-Palace et Empire Cinérama, devenant alors le Cinérama Rive-Gauche. Le film de Gene Kelly Hello, Dolly ! (filmé en Todd-AO) y fut présenté en 1969-1970 sur écran géant et son stéréophonique 6 pistes magnétiquessalles-cinema.com..

70 mm thumb|Tommy avec The Who (quatre pistes magnétiques). thumb|The Rolling Stones : Let's Spend the Night Together (70 mm six pistes magnétiques). Le Kinopanorama, dirigé par Pierre et Josette PintonLe Splendid Cinema - Kinopanorama. Résumé d'un article de Sylvie Descaves in Bull. Soc. hist. & arch. du XVème arrondt de Paris – n° 35, se tourna vers le 70 mm, format qui devint la technologie de référence pour l'industrie cinématographique américaine et russe. La salle s'orienta définitivement vers la projection sur écran géant courbe avec quelques jolis succès dès 1965 : Guerre et Paix de Serge Bondartchouk filmé en , Exodus et West Side Story filmés en Panavision 70, My Fair Lady et 2001, l'Odyssée de l'espace filmés en Super Panavision 70. Également Autant en emporte le vent, dont des tirages gonflés en 70 mm présentèrent une image au ratio 2,20:1 (tronquant le cadre d'origine 35 mm 1,37:1) , Tora ! Tora ! Tora !, Tremblement de terre (avec l'effet sonore spécial Sensurround), Tommy (quatre pistes magnétiques), La Tour infernale…

Alors qu'il était prêt à fermer pour devenir un supermarché, la fortune du Kinopanorama fut faite en 1979 avec la sortie en du Tambour de Volker Schlöndorff, Palme d'or 1979 à Cannes, en exclusivité, « Seul à Paris… sur écran géant », comme le vanta la publicité de l'époque. Le film resta onze semaines à l'affiche. Par la suite, The Rose connut un véritable triomphe dans cette salle, en « usant » plusieurs copies pendant les 48 semaines d'exploitation pour un total de .

En 1982, avec Pink Floyd : The Wall puis, en 1983, avec The Rolling Stones : Let's Spend the Night Together, le Kinopanorama entamait une période particulièrement faste, au cours de laquelle il projeta de nombreuses exclusivités américaines en , toutes très attendues, et dont la plupart connurent le succès. Entre autres : Révolution, Mission, La Forêt d'émeraude, Legend, Le Nom de la Rose, Dune, L'Année du dragon, Out of Africa, Greystoke ou Le Grand Bleu. À cette époque, le Kino était devenu la salle de référence pour les cinéphiles parisiens« Le Kinopanorama ou la redécouverte de la magie cinématographique », Jean-Pierre Thiollet, Le Quotidien de Paris, 31 mai 1982.. On n'hésitait pas alors à parcourir des kilomètres, à attendre une heure, parfois plus, dans le froid, pour voir un film dans la seule salle digne de ce nom pour le cinéphile, celle qui offre version originale, (la plupart du temps), écran géant de de base (beaucoup plus grand que ce que pouvaient proposer à l'époque les concurrents). Le nombre d'entrées annuelles évolua alors de en 1981 à en 1986.

Parallèlement, la mode revint aux grands écrans, et Paris vit l'ouverture du Forum Horizon en 1986 et le réaménagement du Max Linder l'année suivante, de capacités comparables, mais aux écrans plus petits. Ces deux salles, elles aussi équipées pour le , connurent rapidement le succès, et programmèrent régulièrement les mêmes films que le Kino (Le Dernier Empereur, Les Incorruptibles, L'Ours), mais le Kino résista bien, approchant régulièrement les hebdomadaires pour les grosses sorties, même si le nombre d'entrées annuelles se tassa à en 1987.

Rayonnement Le Kinopanorama est visité Valérie Peseux, La projection grand spectacle, éditions Dujarric / CST, Paris, 2004. et fréquenté par des personnalités comme Sophia Loren, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Robert Badinter, Donald Sutherland, Robert Hossein, George Chakiris, Uma Thurman, etc.

Citation (Pierre Pinton, Le technicien du film et de la vidéo, 1983).

Society of Motion Picture and Television Engineers (SMPTE) upright=1|thumb|Lawrence d'Arabie (Super Panavision 70). En 1989, le Kinopanorama entretient d'étroites relations avec la Society of Motion Picture and Television Engineers (SMPTE), organisme américain, de notoriété internationale, qui fait autorité en matière de normalisation et de contrôle dans l'industrie cinématographique. Avec l'aide de la SMPTE, le Kinopanorama s'équipe de nouvelles optiques de projection pour le format et présente la version restaurée du chef-d'œuvre (7 oscars) de Sir David Lean : Lawrence d'Arabie. Le tournage du film avait été effectué en Super Panavision 70 et la version restaurée de 1989 comportait 21 minutes supplémentaires.

Cinema Digital Sound (CDS)

Le Cinema Digital Sound (CDS) est une technique développée par Kodak, c'est la première application du son numérique au cinéma et une des plus performantes en format 35 mm Cinema Digital Sound System.

Cette technique est caractérisée par la présence de six pistes numériques sur le film. En 1991, The Doors d'Oliver Stone est le premier film en présenté en Cinema Digital Sound - 6 pistes numériquesThe Doors.

Principales caractéristiques techniques du CDS Cinema Digital Sound Technical Data :

Frequency response : - (+/- ) Dynamic range : Number of digital soundtracks : 6 (5.1) Channel separation :

The Doors est le premier film en 35 mm présenté en Cinema Digital SoundCDS. Cette technologie est caractérisée par la présence de 6 pistes numériques sur le film. En 1991, avec le film d'Oliver Stone, The Doors, le Kinopanorama à Paris est la première salle en France à présenter un film en Cinema Digital Sound - 6 pistes numériquesSpécificités du système sonore SDS.

Le public sera au rendez-vous. Le Kinopanorama sera classé en tête des salles parisiennesFilm français, 1991..

LC Concept

Le Kinopanorama est repris par la Gaumont en François Garçon, Gaumont, un siècle de cinéma, Gallimard, Paris, coll. « Découvertes Gallimard/Cinéma » (), 1994.. Gaumont équipe alors de la salle de la technologie de son numérique LC Concept inventé par Pascal Chédeville et Elisabeth Löchen.

Durant l'automne 1991, le film de Wim Wenders Jusqu'au bout du monde est projeté sur écran géant avec cette technologie.

Le LC Concept repose sur la synchronisation par timecode entre la pellicule 35 mm du film projeté et un disque magnéto-optique de type CD-ROM.

Gaumont Kinopanorama thumb|right|300px|La photo d'une copie du film montrant les quatre formats audio. thumb|Film .

Le Kinopanorama ferme durant l'été 1992 et rouvre ses portes en , sous le nom de Gaumont Grand-Écran Grenelle, avec la projection dImpitoyable, pour faire écho au Gaumont Grand-Écran Italie ouvert place d'Italie. Il est cependant rapidement rebaptisé Gaumont Kinopanorama'''.

Rénovation

La salle est entièrement rénovée par la Gaumont durant l'été 1992.

Le confort est amélioré avec la suppression de 100 places non conformes aux recommandations de la CST. Le nombre de fauteuils est fixé à 500.

L'acoustique de la salle est entièrement revue et corrigée.

La sonorisation est perfectionnée avec l'installation d'enceintes James B. Lansing (JBL) approuvée par Lucasfilm Ltd : JBL Professional Series 4675 C Cinema Loudspeaker System, JBL Professional Series 4688 TCB Subwoofer System.

Un spectacle laser est présenté avant chaque projection.

Enfin, un bar VIP est installé au balcon.

Écran géant

Le cadre de l'écran d'origine est conservé (écran géant de 20 x et courbe d'une ouverture de 109°) et est équipé de caches verticaux et horizontaux.

70 mm

Le Gaumont Kinopanorama est équipé pour la projection 70 mm :

Démonstrations de projection 70 mm sur écran géant (20 x et courbe d'une ouverture de 109°) La Chute de l'Empire romain (extrait) Directeur de la photographie : Robert Krasker Ultra Panavision 70La Chute de l'Empire romain, Ultra Panavision 70.

À partir du , présentation en 70 mm de l'adaptation par les studios Disney de La Belle et la Bête.

Son numérique

Le Gaumont Kinopanorama est équipé des technologies de son numérique :

Sony Dynamic Digital Sound (SDDS) - Sony Digital Theater System (DTS) Dolby Digital - Dolby

Palmes d'or

Le Gaumont Kinopanorama entame alors une période particulièrement prestigieuse avec la projection en exclusivité et sur écran géant de plusieurs palmes d'or :

Adieu ma concubine La leçon de piano Pulp fiction''

Le Tout-Paris est au rendez-vous et le Gaumont Kinopanorama tourne à guichets fermés.

Europalaces

En , la salle est reprise par le groupe Europalaces.

Face à l'essor des multiplex à travers la capitale, le Kinopanorama ferme le à 20 heures, pour être remplacé par un McDonald's, jugé plus rentable. C'est finalement un espace événementiel qui le remplace, puis une salle de sports.

Références

Lien interne 70 mm

Liens externes A picture visit to Kinopanorama in Paris, 1990. Lien Kinopanorama : la culture mise en liquidation. Lien

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