Le Rubis (H4, 202, P15) était un sous-marin mouilleur de mines de classe Saphir qui a servi dans la Marine nationale et dans les Forces navales françaises libres (FNFL). En considération de ses services dans les FNFL, le Rubis a été fait Compagnon dans l'Ordre de la Libération par un décret du général de Gaulle en date du .

"Rubis" est aussi le nom de trois autres sous-marins français et d'une classe de sous-marins : le Rubis (Q43) de la classe Émeraude, opérationnel entre 1907 et 1919 ; le Rubis (Q601) sous-marin nucléaire d'attaque de la classe Rubis, opérationnel de 1983 à 2022 ; et le Rubis (S639) de la classe Suffren, dont la livraison est prévue en 2027.

Conception Les sous-marins de la classe Saphir avaient un déplacement de en surface et de en plongée. Ils mesuraient de long, de large et de tirant d'eau. La propulsion en surface était assurée par deux moteurs Diesel Normand-Vickers d'une puissance totale de (969 kW) et en plongée par deux moteurs électriques d'une puissance totale de (810 kW) par l'intermédiaire de deux arbres, permettant une vitesse maximale de () en surface et de neuf nœuds () en plongée. Les soute contenant de gazole leur donnaient un rayon d'action en surface de () à () et de () à () ;et leurs batteries procuraient un rayon d'action en plongée de () à quatre nœuds (. Leur équipage était de . Les sous-marins de la classe Saphir pouvaient plonger jusqu'à ().

Ces sous-marins étaient armés de trois tubes lance-torpilles de et de deux tubes lance-torpilles de . Pour les attaques et défenses en surface, ils étaient équipés d'un canon de , d'une mitrailleuse de /76 Aa et de deux mitrailleuses Hotchkiss Mle 1914 de .

Ces sous-marins étaient conçus pour mouiller des mines sans faire surface. Les Sautter-Harlé HS 4, portant une charge de de tolite et utilisables par de fond dont ils étaient équipés, étaient fixées à l’extérieur de la coque sous un revêtement hydrodynamique : chacun des huit puits situés de chaque bord du sous-marin contenait deux mines, disposées l’une au-dessus de l’autre. Arrivé au lieu choisi, le sous-marin larguait ses mines avec un système à air comprimé Normand-Fenaux (du nom de son inventeur Fernand Fenaux, ingénieur chez Normand). Sous l'effet de l’allégement ainsi causé, il fallait rééquilibrer rapidement la pesée du bateau, pour éviter de faire surface, parfois en zone ennemie.

Historique Il est mis sur cales en à l'arsenal de Toulon, lancé le et entre en service le .

Après avoir appartenu aux et de sous-marins de Toulon, le Rubis a été affecté en 1937 à l'escadrille des sous-marins de Cherbourg.

Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le Rubis est en mer Méditerranée dans le cadre de la du de la de sous-marins à Bizerte en Tunisie avec ses sister ships Nautilus, Saphir et Turquoise. Le , les Nautilus, Rubis et Saphir escortent l'aviso Commandant Rivière au départ d'Oran. Après avoir traversé le détroit de Gibraltar, ils rejoignent les convois 9-R et 63-KS, puis atteignent Brest pour une courte période d'entretien.

Au cours de la campagne de Norvège, en , le Rubis mouille ses mines le long de la cote norvégienne. Celles-ci touchent quatre bâtiments norvégiens en mai et juin, puis trois navires de commerce en juillet. Le jour de l'armistice, le , le Rubis est basé dans le port de Dundee en Écosse. Sous l'impulsion de son commandant, le lieutenant de vaisseau Georges Cabanier, il rallie sans hésiter les Forces navales françaises libres avec la quasi-totalité de son équipage.

Lors d'un mouillage de mines au large de la Norvège le , le Rubis aperçoit et torpille le navire de commerce finlandais Hogland. Avarié par la déflagration du torpillage et incapable de plonger, le Rubis regagne Dundee en surface, protégé par les avions de la Royal Air Force, à l'approche des côtes écossaises. Plus tard, le Rubis mouille des mines dans le golfe de Gascogne. Elles coulent trois dragueurs de mines allemands, un chalutier armé et un remorqueur français en 1942, ainsi qu'un quatrième dragueur de mines allemand en 1943. En opération au large de Stavanger en , ses mines touchent deux chasseurs de sous-marins et deux navires de commerce. En octobre et novembre, le Rubis continue ses mouillages de mines dans les eaux norvégiennes, endommageant deux navires, sans les couler. Le , ses mines coulent trois chasseurs de sous marins, un navire de commerce allemand et un dragueur de mines.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Rubis a accompli vingt-deux patrouilles opérationnelles, mouillant et coulant des navires pour un total d'environ de jauge brute. Il coula au total vingt-deux navires ennemis, dont seize de l'Axe (dont quatorze allemands, incluant douze navires de guerre), le Rubis détient le plus fort palmarès des Forces navales françaises libres. Il fut nommé compagnon de la Libération.

De 1946 à 1948, le Rubis est utilisé comme sous-marin école à Toulon.

Le Rubis a été désarmé le et coulé volontairement le pour épargner à un Compagnon de la Libération d'être livré aux chalumeaux des ferrailleurs. L'épave du Rubis repose à plat sur le sable par de fond au large du Cap Camarat à la position , entre Cavalaire et Saint-Tropez. D'abord utilisé comme cible d'exercice pour les sonars de la Marine nationale, l'épave du Rubis est devenue un site de plongée réputé de la Méditerranée après avoir été « inventée » par deux plongeurs de « L'Idéal », le bateau de l'école de plongée de Saint-Tropez en Le magazine Plongeur International classe le Rubis parmi .

Commandants 1938-1941 : capitaine de corvette Georges Cabanier, Compagnon de la Libération ; au : lieutenant de vaisseau Henri Rousselot, Compagnon de la Libération ; 1945-1948 : lieutenant de vaisseau Jean Guillou...

Membres notables de l'équipage En plus de ses deux commandants, six membres de l'équipage du Rubis ont été faits Compagnon de la Libération à titre individuel : Justin Dangel (1907-1968), chef mécanicien ; Gontran Gauthier (1906-1966), maître électricien ; Roger Guillamet (1910-2000), maître radiotélégraphiste ; Robert Laurent (1907-1958), premier maître timonier ; François Le Guen (1913-1970), premier maître torpilleur ; Henri Simon-Dubuisson (1912-1972), enseigne de vaisseau de classe, officier en second.

Autres membres : Gaston Sanz (1921-2003), quartier-maître cuisinier, a également servi comme torpilleur. Il a fait partie de l'équipage du Rubis pendant toute la guerre. De confession juive, il a appris seulement à l'issue du conflit que ses parents ont été déportés et tués dans les camps d'extermination allemands. Il est mort en 2003 ; conformément à ses dernières volontés, ses cendres ont été dispersées au-dessus de l'épave du Rubis. André ValoisAndré Vallois sur francaislibres.net. (1918-2010), second maître mécanicien. Il a fait toute la guerre sur le Rubis. André Palares, dernier survivant de l'équipage. Marcel Lollier. « Bacchus », chien mascotte, décoré de la Valiant Dog par la Ligue canine (Grande-Bretagne)..

Navires coulés ou endommagés 1940 : le transport norvégien Vansø () touche une mine mouillée le et coule par . : le voilier norvégien Blaamannen (), de Haugesund, touche une mine mouillée le et coule par . : le navire de commerce norvégien Jadarland (), de Haugesund, touche une mine mouillée le et coule par . : le navire de commerce Sverre Sigurdssøn ( touche une mine mouillée le au large de Herdla et coule par . : le navire de commerce norvégien Almora (), de Egersund, touche une mine mouillée le par . Le navire est endommagé. : le navire de commerce norvégien Kem (), de Egersund, touche une mine mouillée le et coule par . : le navire de commerce norvégien Argo (), de Egersund, touche une mine mouillée le et coule par .

1941 : Le Rubis torpille et coule le navire de commerce finlandais Hogland ( au large de la Norvège en . Il est avarié par l'explosion du cargo.

1942 : le sous-marin allemand U-702, 769 tjb, touche une mine mouillée le en Mer du Nord et coule en . : le dragueur de mines allemand M 4212 (antérieurement Marie Frans), (), touche une mine mouillée le et coule en . : le remorqueur français Quand Même () touche une mine mouillée le et coule en . : le dragueur de mines allemand M 4401 (antérieurement Imbrin), (), touche une mine et coule en . : le patrouilleur allemand V 406 (antérieurement Hans Loh), (), touche une mine mouillée le et coule en . : le dragueur de mines allemand M 4448 (antérieurement L 4148), (), touche une mine mouillée le et coule en .

1943 : le dragueur de mines allemand M 4451 (antérieurement Gauleiter A. Meyer), (), touche une mine au large d'Arcachon et coule en .

1944 : le chasseur de sous-marin allemand UJ 1106 (antérieurement Grönland), -), touche une mine mouillée le et coule en .

le chasseur de sous-marins allemand UJ 1715 (antérieurement Lesum), ), touche une mine mouillée le et coule en . le navire de commerce allemand Cläre Hugo Stinnes () touche une mine mouillée le et coule en . le cargo norvégien Knute Nelson ( tjb touche une mine mouillée le et coule en : le patrouilleur allemand V 5304 (antérieurement Seehund) touche une mine mouillée le en . Le navire est fortement endommagé. : le navire de commerce norvégien Castor (), de Egersund, touche une mine mouillée le même jour et subit des dommages. , au large de la Norvège : le cargo allemand Weichselland (antérieurement Letton Gundega), (), touche une mine mouillée le et coule. le chasseur de sous-marins allemand UJ 1113 / KUJ 7, (), touche une mine mouillée le et coule. le chasseur de sous-marins allemand UJ 1116 / KUJ 11, (), touche une mine mouillée le et coule. le chasseur de sous-marins allemand UJ 1702 / KUJ 16, (), touche une mine mouillée le et coule. le dragueur de mines allemand R 402, , touche une mine mouillée le et coule.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . .

Articles connexes Liste des sous-marins français Liste des navires de guerre des mines français Forces navales françaises libres

Liens externes

Histoire du Rubis sur le site de l'Ordre de la Libération L'épave du Rubis Photo panoramique de l'épave du Rubis Photo du Rubis durant la guerre Le Général De Gaulle décore l'équipage du Rubis

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