RTS Couleur 3 est la troisième station de radio publique de Suisse romande. De format généraliste, spécialisée dans la musique pop rock, elle diffuse aussi du hip-hop, du reggae et de la musique électronique. Les studios se trouvent dans le quartier de la Sallaz à Lausanne. Faisant partie du service public, ses émissions sont totalement dépourvues de publicité. La radio est diffusée en DAB+, sur le câble, IPTV, le satellite et en direct sur Internet. Depuis 2005, des podcasts des différentes chroniques et émissions sont téléchargeables sur le site officiel ou via un logiciel tiers..

RTS Couleur 3 inclut, en plus de sa programmation musicale originale, des chroniques humoristiques et informatives, des vidéos humoristiques sur les réseaux sociaux, des podcasts natifs créés par les humoristes, les réalisateurs ainsi que les animateurs de la chaîne.

Historique

Contexte Au début des années , une modeste scène rock émerge en Suisse romande, en particulier dans les centres autonomes, et ne bénéficie d'aucun relais auprès des radios publiques détenant le monopole. Ce sont les premières radios pirates, poursuivies par les PTT., qui proposent une programmation musicale plus proche des goûts de la jeunesse. À contrario, l'Italie connait une législation plus large en matière de médias et le , Roger Schawinski lance Radio 24. Il commence à émettre en direction de Zurich depuis son émetteur italien du Pizzo Groppera. Il sera bientôt fermé, mais Schawinski parvient à réunir pour sa pétition une radio libre en Suisse et réunit pour une manifestation à Berne en .. Du côté de la Suisse romande, on capte Radio Mont Blanc, dont l'émetteur est lui aussi installé en Italie. Des radios libres éclosent également en France, où François Mitterrand, alors candidat à l'élection présidentielle de 1981, s'est déclaré favorable à la libéralisation des ondes..

Égal 3 Alors que la SSR se débat une fois encore dans des difficultés financières, Leo Schürmann, son directeur général, pressent le changement et la nécessité d'occuper le terrain avant que la concurrence ne s'en empare. Il lance un concours d'idées. Le seul projet qui aboutit sur le bureau du directeur général de la SSR, est celui de la RSR. Il s'appelle Égal 3.

Égal 3, durant les deux semaines du au , émet sur les ondes de RSR 1 et rencontre un franc succès auprès du public. Une équipe constituée autour de Jean-François Acker, Jean Charles, Madeleine Caboche, Francis Parel, Daniel Fazan et Sandra Mamboury se lance dans cette expérience inédite : diffuser tout un programme destiné en priorité aux jeunes, et non une simple émission au milieu dans la grille. Le programme, avant tout musical, diffuse la musique du moment avec un ton résolument jeune et novateur.

La Maison de la Radio reçoit enthousiastes. Les sondages, quelques semaines plus tard, montreront que 36 % des Romands de plus de ont écouté Égal 3.

Ce succès remonte jusqu'à Berne, et le le Comité central de la SSR entérine l'idée d'introduire des dans les trois régions linguistiques. Mais il faut encore convaincre le Conseil fédéral.

Liste noire Pour ne pas perdre trop de temps et profiter du mouvement de sympathie, il est décidé de poursuivre l'expérience dÉgal 3 quand c'est possible : la nuit.

Sous la direction de Jean-François Acker, l'équipe de Liste noire prend possession de l'antenne de minuit à six heures sur La Première, jusqu'à sept heures sur Espace 2 et bouscule une tradition qui paraissait inamovible : l'hymne national qui clôt la journée d'émission après le dernier bulletin d'informations de minuit, est supprimé. Dès le , ces six heures d'émissions préparent le terrain à l'apparition prochaine de Couleur 3. Ce laboratoire radiophonique diffusé en direct des studios de Genève se déroule sur .

Leo Schürmann, directeur de la SSR, fait avancer le dossier auprès du Conseil fédéral. Il se heurte à la concurrence de différents organismes intéressés à prendre en charge un troisième programme radiophonique, en particulier des groupements conservateurs et évangéliques alémaniques, traditionnellement opposés au service public, qu'ils estiment être trop à gauche. Les sept sages du Conseil fédéral accordent finalement le une autorisation d’émettre d'une durée de trois ans.

Couleur 3 Une semaine plus tard, le à midi, après une conférence de presse à Lausanne, Leo Schürmann, patron de la SSR, presse le bouton qui lance sur les ondes le tout premier jingle de Couleur 3.. Couleur 3 est née., et désormais, les heures sont jaunes, blanches, rouges, bleues ou noires. Jean-Charles annonce les trois premiers disques. Dans l'ordre Robert Charlebois (Super Baby), Joe Cocker et Santana.

La première véritable émission de la chaine débute à 13 h, il s’agit des Heures Blanches avec au micro François Benedetti (qui sera le directeur de la station de 1987 à 1992). À 17 h, ce dernier passe le micro aux animateurs des Heures Rouges « Plus rock, tu meurs ». Cette première journée se termine avec les Heures Bleues de 21 h à 01 h dans une ambiance Rythm And Blues et jazzy, suivies de 01 h à 05 h des Heures Noires.

Parmi les toutes premières voix de Couleur 3 on retrouve, entre autres, René Claude, Bruno Séribat, Nancy Ypsilantis, Gilles Perroud, Cyrill Azzam et Lucile Solari.. Nancy Ypsilantis et Lucile Solari seront par la suite animatrices sur La Première.

Les réactions lors du lancement de la toute nouvelle radio sont nombreuses, parfois positives, parfois négatives. Un lecteur du Confédéré s'exprime le : « Les jeunes sont détériorés par la musique moderne ; ils planent à longueur de journée devant leur récepteur. Guère favorisés par leur insertion sociale, ils tendront encore plus vers la drogue et l'inutilité ».

Les premiers sondages d'écoute paraissent en . Les résultats sont très encourageants : 28 % des Romands écoutent Couleur 3 et 69 % d'entre eux sont satisfaits du programme musical. La radio reçoit trente mille lettres d'auditeurs entre 1982 et 1986. Dans son rapport, fait à ses supérieurs, Jean-François Acker annonce que les avis sont majoritairement positifs. Le budget de la radio en 1982 est de un million et demi de francs suisses, c'est dix fois moins que les deux autres programmes radiophoniques de la RSR.

Le responsable de la programmation musicale est Gérard Saudan. de 1983 à , lui succède à ce poste Thierry Catherine jusqu'en 2001. De 2001 à 2003, le responsable est Patrick Rouiller. Hervé Riesen reprend le poste de à . Il connait bien la radio car il a été le premier animateur de la fréquence lyonnaise en 1994. Laurent Pavia lui succède de à . Willy Dezelu. prend la suite pendant la période fin 2011 à , son successeur est François Küffer toujours en poste.

Au lancement de la radio en , Couleur 3 possède un unique émetteur FM situé à la Dôle pour couvrir le bassin lémanique sur , en Valais le programme est diffusé en ondes moyennes, la radio est aussi disponible sur la mire TV. Les habitants des zones qui ne sont pas couvertes font circuler des pétitions. Une situation qui s'améliorera graduellement au cours des années, avec l'installation de nouveaux émetteurs FM en Suisse romande puis en France (voir diffusion en France).

À cette époque, les programmes de 17 h à 5 h sont réalisés à Genève par une équipe que dirige Jean-François Acker., pionnier du rock à la Radio suisse romande avec l'émission Transit, et ceux de la journée à Lausanne, avec Jean Charles et son équipe. Frank Musy est responsable de l'information. Cette direction bicéphale ne va pas sans quelques tiraillements, Jean-François Acker menace de quitter l'aventure s'il n'est pas le seul maitre à bord. À la fin de son premier mandat, le premier , Jean Charles laisse toute la place à Jean-François Acker. qui fusionne pour la première fois les métiers de programmateur musical et de technicien-réalisateur. Ce dernier reste quatre ans à la tête de Couleur 3 avant de partir à la Télévision suisse romande fin 1986. Jean-François Acker décède d'un cancer à l'âge de dans la nuit du 7 au ..

François Benedetti, jusqu'ici adjoint de Jean-François Acker, reprend la direction de la chaîne en et réunit l'ensemble des moyens de production et tous les collaborateurs de Couleur 3 en un seul centre de diffusion à Lausanne. , il lance une nouvelle grille des programmes avec l'apparition de nouvelles émissions : Boréales, Virages, Coloriages, Métissages, Sanguines et Dégradés. À l'automne 1991, il lance le concept d'Info 3 avec une nouvelle équipe de journalistes afin que les flashs d'informations soient adaptés à l'état d'esprit de la chaîne. François Benedetti reste à la tête de Couleur 3, il est remplacé par son directeur adjoint Blaise Duc en octobre 1992..

1994, lancement du site www.couleur3.ch.

Avril 1997, Blaise Duc forme Jean Alain Phillot qui sera directeur par intérim pendant quelques mois. Jean Alain Phillot, programmateur musical au lancement de Couleur 3 connait bien la station. En , Blaise Duc devient le nouveau directeur de la communication à la RSR.

En 1997, avec l'arrivée d'outils informatiques pour la diffusion et la programmation musicale, l'animation en direct pendant la nuit est stoppée. Le « laboratoire nocturne » dans lequel débutent les nouvelles voix d'antenne est remplacé par de la musique puis des rediffusions d'émissions de la journée.

À cette époque, Couleur 3 c'est et demi de CHF de budget annuel, par jour en Suisse, 20% d'audience générale en Suisse romande, et une quarantaine de collaborateurs en incluant la direction.

Au début de l'année 1997, le succès de Couleur 3 en France suscite un intérêt particulier chez Radio France qui envoie dans les studios de Lausanne pour une mission d'observation de (nom de code « Mission Alpha ») en vue de lancer prochainement sa propre chaîne publique destinée aux jeunes. Un projet qui se concrétisera avec la naissance du Mouv' le .

Novembre 1997, Jean Alain Phillot cède sa place à Vincent Steudler, secondé par un chef d’antenne : Philippe Larchevêque de 2000 à 2002.

Lors de la passation entre Jean Alain Phillot et Vincent Steudler la période est critique. L'audience descend à la fin des années 1990 à 3,5%, on parle de « Couleur 3% ». Cette dégringolade s'explique en partie par le nouveau système de mesure d'audience mis en place en 2001 avec une montre dotée d'un micro qui écoute ce qu'écoute son propriétaire, la mediawatch.. L'autre cause semble être la programmation musicale trop éclectique et sans identité. Une idée soutenue par Vincent Steudler : « On a voulu être novateur en intégrant toutes ces musiques dans un seul programme, et on a tout mélangé »..

Quelques semaines après le lancement de la nouvelle grille intitulée « Un Nerf de Famille » en , la radio qui souhaite rajeunir ses animateurs avec de nouvelles voix d'antenne fait paraitre une petite annonce dans Libération. plus tôt, le , Jean-François Acker avait fait la même chose, recrutant via le journal l'animatrice Michèle Durand-Vallade..

Au début des années 2000, la radio passe par une grave crise relayée par la presse qui annonce que Couleur 3 pourrait céder sa place a une chaîne d'information en continu du nom de Suisse Info. Vincent Steudler opère en 2001 un repositionnement musical avec le retour d'un programme beaucoup plus rock de 6 h à 21 h, les autres styles musicaux sont relégués en soirée. Autres changements, plus de contenus parlés et d'informations. Ces nouveautés s'accompagnent d'une campagne d'affichage confiée à Plonk et Replonk avec comme mascotte un iguane prénommé Roger.

Janvier 2003, Vincent Steudler quitte son poste. Il est remplacé le par un animateur de la Première : Jean-Luc Lehmann qui a participé en 1981 à la création de l’expérience Égal 3. Dominique Willemin (chroniqueur et animateur sur Couleur 3 depuis 1985) est nommé adjoint de direction en puis chef d’antenne, poste qu'il occupera jusqu'en .