vignette|250x250px|Armoiries de Chamonix-Mont-Blanc Les armoiries de la ville de Chamonix-Mont-Blanc, adoptées en 1930, se blasonnent ainsi : tiercé en barre, au premier d'azur à une crête de montagne d'argent chargé d'un épicéa de sinople, au deuxième aussi d'azur chargé de cinq edelweiss boutonnées d'or rangées en barre; au troisième de gueules à une tête de chamois d'or.
L'histoire de Chamonix s'est construite autour de sa situation géographique exceptionnelle d'une part et d'autre part la domination qu'exerça durant plusieurs siècles la maison de Savoie sur ce territoire. Cet article présente les faits historiques les plus marquants de la commune de Chamonix-Mont-Blanc.
La naissance de Chamonix thumb|Carte des territoires Gaulois.
Le territoire qu'occupe actuellement la ville de Chamonix fut avant sa création une contrée inoccupée et hostile en raison de son climat montagnard et de sa situation géographique. Cependant, ces terres, bien qu'inhabitées, furent la possession successive de différentes tribus gauloises : les Ligures, les Ceutrons, les Allobroges et les CeltesSite de la mairie de Chamonix-Mont-Blanc - Histoire de la commune. Vers 121 av. J.-C, ce territoire fut intégré à l'Empire romain. Avec les grandes invasions barbares et l'affaiblissement de l'influence romaine, la région appartint durant un temps aux Burgondes avant de devenir la propriété du Comté de Genève. Chamonix entra dans l'histoire en 1091 quand le comte Aymon de Genève fit dotation de la vallée à l'abbaye bénédictine de Saint-Michel de la Cluse, en Piémont. Des moines s'installèrent sur la rive droite de l'Arve. Ils construisirent un moulin aux Praz et une ferme au Mollard. Au , une communauté de moines s'installèrent sur la commune et y fondèrent le prieuré de Chamonix. Ils tentèrent, durant plusieurs siècles, d'imposer leur autorité sur la vallée, se heurtant continuellement avec la population chamoniarde lors de revendications. Ce qui engendra de continuelles rébellions chez les Chamoniards. Le prieuré subsista jusqu'en 1786.
Chamonix, possession de la maison de Savoie
Chamonix est un territoire du duché de Savoie qui fait partie des États de Savoie, eux-mêmes intégrés depuis le traité d'Utrecht de 1713 au royaume de Savoie-Sardaigne. Au , Chamouny (ancien nom de Chamonix) n'est qu'une petite bourgade rurale. Ses habitants vivent alors, tant bien que mal, de l'élevage et de cultures de seigle et d'avoine. En 1741, deux anglais, William Windham et Richard PocockeArticle du magazine Le Nouvel Observateur, nº2143 du 01/12/2005 - Avalanche british à Chamonix, racontent dans des gazettes littéraires leur visite de la vallée et leur « expédition » vers un gigantesque glacier qu'ils baptisent « la Mer de Glace ». La curiosité suscitée par leur récit amène assez vite les premiers touristes qui se lancent alors dans ce qui deviendra l'alpinisme. Durant l'année 1760, le riche aristocrate genevois Horace-Bénédict de Saussure, promet une forte récompense au premier qui atteindra le sommet du mont BlancHorace Benedict de Saussure, Journal de l'ascension du Mont-Blanc, éd. Guérin, .. Et le , deux Chamoniards, Jacques Balmat et le docteur Michel Paccard y parviennentJean-Pierre Spilmont, Jacques Balmat dit Mont-Blanc, éd. Guérin, .. En 1770, les touristes étant de plus en plus nombreux, Coutterand ouvre la première auberge de la vallée : l'hôtel d'Angleterre. En 1783, on estime à le nombre de visiteurs pour la saison d'été. Le premier hôtel de luxe est construit dès 1816 (hôtel de l'Union). Beaucoup d'autres suivront.
Révolution et Empire : la Savoie devient française thumb|L'armée révolutionnaire. Le , l'armée révolutionnaire française pénètre dans le duché de Savoie. Celui-ci sera annexé le de la même année. Vaincu par les troupes de Napoléon à plusieurs reprises, le roi de Sardaigne, Victor-Amédée III, reconnaît de jure les annexions et cède la Savoie (et Nice) à la France par le traité de Paris du Ce traité de Paris de 1796 est disponible sur le site Gallica de la Bibliothèque de France (page 271).. Pour la première fois, une frontière internationale traverse donc le massif. Cet acte donne lieu à un procès-verbal d'abornement, dont l'une des interprétations voudrait que la frontière demeure visible des communes de Chamonix et de Courmayeur. Le sommet du mont Blanc n'est pas visible du bourg de Courmayeur, (au contraire de Chamonix), ce village étant trop encaissé, mais il est par contre visible du Val Ferret, territoire de la même commune. Le département du Mont-Blanc est créé le avec des limites identiques à celles de la Savoie annexée à la France. Ce premier épisode prend fin avec le premier exil de Napoléon, à l'île d'Elbe : le traité de Paris du Les traités de Paris de 1814 et 1815 sont également disponibles sur Gallica (page 6). restitue au royaume de Sardaigne la partie orientale de la Savoie, le reste suivra en 1815. Le massif n'est plus frontalier. En 1803, Marie Paradis est la première femme à atteindre le sommet du mont Blanc. Elle sera suivie en 1838 par Henriette d'Angeville.
Restauration du royaume de Savoie-Sardaigne de 1814 à 1860 La vallée de Chamonix est sous souveraineté du royaume de Savoie-Sardaigne de 1814 à 1860. Durant cette période, les premiers hôtels de luxe vont voir le jour. En 1816, il fut construit l'Hôtel de l'Union. Il s'en suivi l'Hôtel la Couronne, le Royal et bien d'autres établissementsSite touristique sur la vallée de Chamonix - Histoire de la commune de Chamonix-Mont-Blanc. La première ascension de l'Aiguille du Midi eut lieu le . Elle fut effectuée par les alpinistes A. Malczewski et Jean-Michel en compagnie de cinq guidesSite de promotion touristique de la vallée de Chamonix - Faits historiques sur Chamonix. En 1820, un groupe de cinq guides disparurent dans un accident alors qu'ils tentaient de gravir le Mont-Blanc. Avant que ceux-ci n'atteignirent le Grand Plateau, ils furent emportés par une violente avalanche qui les précipita au fond d'une crevasse. Sur l'ensemble du groupe, seulement deux d'entre eux réussirent à survivre. Les trois corps de leurs compagnons ont été retrouvés quarante et un ans plus tard au fond du Glacier des Bossons. En 1821, à la suite de cet accident mortel, fut créée la prestigieuse Compagnie des guides de Chamonix. En 1824Site de la Compagnie des Guides a lieu la première fête des guides. En 1825, parmi les nombreux touristes visitant la vallée figure Victor Hugo.
Chamonix, un territoire français thumb|La vallée de Chamonix en 1860. thumb|alt=Affiche publicitaire créée par Tamagno.|droite|Affiche publicitaire créée par Tamagno. Lors des débats sur l'avenir du duché de Savoie, en 1860, la population est sensible à l'idée d'une union de la partie nord du duché à la Suisse. Une pétition circule dans cette partie du pays (Chablais, Faucigny, Nord du Genevois) et réunit plus de , dont 452 pour la commune... Le duché est réuni à la suite d'un plébiscite organisé les 22 et où 99,8 % des Savoyards répondent « oui » à la question « La Savoie veut-elle être réunie à la France ? »..
Le , par le traité de Turin (1860)On trouvera sur Gallica le traité de Turin de 1860 (page 32), les protocoles de Paris (page 59) et Nice (page 150) et la convention de délimitation de Turin de 1861 (page 185)., le Nice et de Savoie sont cédés à la France par Victor-Emmanuel II de Savoie. Le , la ville de Chamonix devient française. Pour permettre la visite de Napoléon , une route carrossable est construite entre Chamonix, Sallanches et Genève.
Le , Jean Charlet-Straton en compagnie des guides Frédéric Folliguet et Prosper Payot, parvint à atteindre le premier le sommet du Petit Dru à une altitude de Histoire de Chamonix-Mont-Blanc - Première ascension du sommet du Petit Dru. En 1890, le professeur Joseph Vallot installe son observatoire à du sommet du mont Blanc.
En , la station inaugure l'arrivée du chemin de fer qui désenclave la vallée durant la saison hivernale. Les années qui suivront verront naître un nouveau Chamonix, vivant désormais au rythme de deux saisons touristiques : l'été et l'hiver. Chamonix devient l'une des premières stations de sports d'hiver en France. C'est durant la saison hivernale de 1906-1907 que la commune connut sa véritable première grande saison à la suite de l'initiative du Club alpin français. Ce dernier organisa de nombreux concours locaux de sports d'hiver pendant toute la saison.
En 1908, est inaugurée une première section du chemin de fer du Montenvers. À cette époque, il fallait près d'une heure pour faire les sept kilomètres permettant d'accéder à la Mer de Glace.
Le , le président de la République Armand Fallières vient inaugurer l'Hôtel de Ville.
En 1913, le palace "Le Majestic" est construit. Chamonix devient une station touristique très prisée.
Le , le conseil municipal demande officiellement « aux pouvoirs compétents [...] que la commune de Chamonix porte à l'avenir le nom de Chamonix-Mont-Blanc pour éviter à l'avenir que nos voisins suisses exploitent la renommée du Mont-Blanc au bénéfice de leurs stations ». Le , le décret est signé par le président de la république, Alexandre Millerand.
En 1924, Chamonix accueille les premiers Jeux olympiques d’hiver. Près de personnes assistent aux épreuves. Le de cette même année, est inauguré le premier tronçon Les Pélerins - La Para de l'ancien téléphérique de l'Aiguille du Midi, dont les travaux de construction ont été entamés en 1909, puis arrêtés de 1914 à 1922. Il s'agit du premier téléphérique pour voyageurs de France.. En 1927, le second tronçon aboutissant aux Glaciers est, à son tour, ouvert au public (cette station sera finalement le terminus commercial définitif de cette ligne et fait que ce premier téléphérique de l'Aiguille du Midi est aujourd'hui communément dénommé téléphérique des Glaciers). Le , c'est le téléphérique de Planpraz qui est inauguré, suivit, le , par son second tronçon : le téléphérique du Brévent.
1932 voit à Chamonix la création de l'École de haute montagne (EHM), école mondiale de formation des cadres des troupes de montagne.
La première guerre mondiale
L'entre-deux-guerres
Jeux Olympiques de 1924
thumb|upright|Affiche sur les jeux olympiques de Chamonix.
Les jeux Olympiques d'hiver de 1924 ont eu lieu à Chamonix. L'idée d'organiser des Jeux Olympiques d'hiver revient au comte Clary et au marquis de Polignac, tous deux représentants français au CIO. Ils soumettent l'idée en 1921 au Comité international olympique. En , le Comité Olympique Français désigne Chamonix comme ville hôte des épreuves de sports d'hiver. Le CIO avait certes voté en faveur des Jeux Olympiques d'hiver, mais l'opposition des pays nordiques à leur tenue restait farouche. Ces nations craignaient que les Jeux Olympiques ne dévalorisent leur compétition locale, les « Jeux Nordiques », existant depuis 1883. Le CIO composa avec cette opposition et adopta une formule de compromis. Les Jeux Olympiques d'hiver devenaient Semaine internationale du sport d'hiver à l'occasion des Jeux Olympiques de 1924. Le contrat liant Paris et Chamonix est paraphé le . Le comité d'organisation demandait l'érection d'une piste de bobsleigh, d'une patinoire et d'un tremplin de saut à ski. Les travaux débutent le , soit seulement huit mois avant le début des épreuves. Bien que de nombreux problèmes climatiques aient ralenti l'achèvement des équipements olympiques, les travaux purent finir à temps. Le déroulement des jeux se fit sans difficultés majeures. De nombreux athlètes des nations du nord s'y distinguèrent. Les comités nationaux des pays nordiques votèrent ainsi avec enthousiasme la proposition du CIO discutée au congrès de Prague (1925), instituant des Jeux Olympiques d'hiver (). C'est à l'occasion de ce vote que les épreuves de Chamonix furent requalifiées « Jeux Olympiques d'hiver ».
La Seconde Guerre mondiale