Époque pré-coloniale
Préhistoire La préhistoire du Cameroun continue à faire l'objet de plusieurs recherches....
Proto-histoire Les premiers habitants du Cameroun furent probablement des populations proches des Baka et des Akas, traditionnellement appelés pygmées. Ils habitent toujours les forêts des régions du sud et de l'est. L'analyse des ossements de quatre enfants enterrés il y a 3000 et 8000 ans sur le célèbre site archéologique de Shum Laka a confirmé que ceux-ci ont pour plus proches parents ces groupes de chasseurs-cueilleurs qui vivent aujourd'hui à au moins dans les forêts tropicales de l'ouest de l'Afrique centrale Ann Gibbons, DNA from child burials reveals ‘profoundly different’ human landscape in ancient Africa, sciencemag.org, 22 janvier 2020.
millénaire : la zone couvrant le sud-ouest de l'actuel Cameroun et le sud-est du Nigeria aurait été un des berceaux des peuples bantous principalement des Banens, soit les premiers habitants sédentaires de l’actuel Cameroun. Voici aussi l’une des principales raisons pour laquelle l’équipe du Cameroun de football se nomme les Lions indomptables, cela provient d’une de leurs légendes et ce nom a donc été choisi en hommages à la première tribu. : d'après certains historiens, le carthaginois Hannon aurait atteint le mont Cameroun qu'il aurait baptisé le « char des Dieux ». D'autres historiens rejettent cette théorie arguant l'absence de trace de son passage au Cameroun et les conditions matérielles de l'époque qui n'auraient pas permis une expédition aussi éloignée de Carthage.
Bases africaines La zone couvrant le sud-ouest de l'actuel Cameroun et le sud-est du Nigeria a été le berceau de certains peuples bantous au millénaire avant notre ère.
Les Tikars, les Bamouns et les Bamilékés auraient, d'après leurs traditions orales, migré depuis les territoires du Nord de l'Afrique, notamment d'Égypte ou de Nubie (actuel Soudan), pour s'installer sur les hauts-plateaux camerounais.
Au nord, la civilisation des Saos, encore mal connue, se développe dans le bassin du lac Tchad.
États, cultures, royaumes, empires d'Afrique La région du lac Tchad passe au sous le contrôle de l'empire de Kanem-Bornou. Le premier état connu des historiens dans la région est celui du Kanem, qui se développe autour du lac Tchad à partir du . Il devient musulman au et atteint son apogée à la fin du et au . Il impose sa souveraineté à la majeure partie du territoire camerounais. Mais il se heurte sans cesse à la résistance des peuples et des petits royaumes camerounais (notamment les royaumes kotoko et mandara).
À la fin du , la grande vague migratoire des Peuls (ou Foulbés, du peul, Fulɓe), peuple de pasteurs nomades qui se déplacent d'ouest en est depuis le Macina, atteint le lac Tchad. Au siècle suivant, les Peuls s'implantent dans l'Adamaoua actuel, contribuant à la diffusion de l'islam. Ils s'organisent en petits États théocratiques musulmans, dirigés par un lamido, à la fois chef politique et spirituel.
Le Royaume bamoun est fondé à la fin du et prend son essor sous le règne de Mboumbouo Mandù, à la fin du , qui étend son territoire par la force des armes. Il s'emploie ensuite à consolider son pouvoir.
Au début du , les États musulmans étendent et consolident leur pouvoir.
En 1804, Ousman dan Fodio et les Peuls du Nigeria lancent une guerre sainte contre les Haoussas, afin d'étendre le royaume toucouleur. Forts de cet exemple, les Peuls du Sud rallient leur cause et propagent le djihad dans leur région. Modibbo Adama (1786-1847), chef des Peuls du sud, prend le titre de Cheikh et les plateaux du Sud islamisés prennent le nom d'Adamaoua : massif de l'Adamaoua, émirat de l'Adamaoua (1809-1903), région de l'Adamaoua (1983-). Leur capitale, Yola, se trouve sur la Bénoué. Le lamido Adama meurt en 1847.
Le royaume bamoun doit lutter contre l'expansion peule.
Afrique et Europe : du au À la recherche de la route des Indes, les Portugais arrivent sur les côtes en 1472. Étonné par le nombre de crevettes, le navigateur Fernando Pó baptise le pays « Rio dos Camaroes» ce qui veut dire "rivière des crevettes" (l'estuaire du Wouri). Vers 1532 la traite des Noirs se met en place notamment avec la collaboration des Doualas. Les Européens n'y fondent cependant pas d´établissements permanents comme Luanda ou Saint-Louis à cause des côtes marécageuses, difficiles d'accès et infestées de malaria.
Au arrivent les pasteurs peuls ou (Foulbe) venus de l'ouest, qui refoulent les Kirdis et les Massas de la plaine du Diamaré, entre Logone et Bénoué. Ils islamisent les plateaux du Sud. Leur chef, Ousman dan Fodio, envoie son guerrier Adam islamiser les plateaux du Sud, rebaptisé Adamaoua.
Il est stoppé par le Royaume bamoun. Celui-ci s'islamise sous l'impulsion du roi Njoya (1876-1933), qui reste célèbre pour l'alphabet composé d'idéogrammes qu'il crée et pour la carte du pays qu'il fait établir.
vers 750 : fondation du Royaume du Kanem-Bornou (750-1900). vers 1380 : fondation du Royaume bamoun (1384-1884), dont la capitale historique est Foumban. vers 1400 : fondation du Royaume de Bandjoun ou Djo ou La'djo (actuel Koung-Khi). vers 1450 : fondation du Royaume Mandara (v. 1450-1902). 1809 : fondation de l'Émirat de l'Adamaoua (1809-1903). 1827 : exploration anglaise du Cameroun et du Biafra. 1845 : début de l'évangélisation par la Société missionnaire baptiste de Londres. 1847 : mort de Modibbo Adama, monarque de Yola ; la capitale de l'Adamaoua, Yola, se trouve alors sur la Bénoué. Le Royaume bamoun doit lutter contre l'expansion peule. 1868 : installation de négociants allemands. 1884 : les Doualas signent un traité d'assistance avec l'Allemagne, celle-ci proclame sa souveraineté sur le Kamerun. 1890 : installation de la Societas Apostolus Catholici (évangélisation).
Époque coloniale
En 1845, des missionnaires baptistes britanniques s'installent au Cameroun, qui entre de fait dans la zone d'influence de la Grande-Bretagne. Mais cela ne dure pas très longtemps : en 1868 un comptoir allemand est ouvert près de Douala par Carl Woermann, un marchand de Hambourg.
Colonisation allemande (1884-1919) Kamerun Heinrich Barth et Gustav Nachtigal sont les précurseurs. La colonisation allemande commence en 1884 avec la signature en juillet d'un traité entre les rois Bell et King Akwa et les representants des firmes Hambourgeoises, Johanness Vogt, représentant de la firme Jantsen and Thormälen et Edward S., représentant de la firme Woermann. Le protectorat s'étend du lac Tchad au nord aux rives de la Sangha au sud-est. La ville de Buéa au pied du mont Cameroun en devient la capitale avant que celle-ci ne soit transférée à Douala en 1908. En 1911, un accord franco-allemand étend les possessions allemandes à certains territoires de l'Afrique-Équatoriale française.
L'Allemagne est en particulier intéressée par le potentiel agricole du Cameroun et confie à de grandes firmes le soin de l'exploiter et de l'exporter. Le chancelier Bismarck définit l'ordre des priorités comme suit : le marchand d'abord, le soldat ensuite. Ce serait en effet sous l'influence de l'homme d'affaires Adolph Woermann, dont la compagnie a implanté une maison de commerce à Douala, que Bismarck, d’abord sceptique sur l’intérêt du projet colonial, s'est laissé convaincre. De grandes compagnies commerciales allemandes (Woermann, Jantzen und Thoermalen) et compagnies concessionnaires (Sudkamerun Gesellschaft, Nord-West Kamerun Gesellschaft) s'implantent massivement dans la colonie. Laissant les grandes compagnies imposer leur ordre, l'administration se contente de les épauler, de les protéger, et de tenter d'éliminer les rébellions indigènes.
Colonisation française (1919-1960)
vignette|Missionnaire français avec le sultan de Ngaoundéré en 1920. Après la Première Guerre mondiale, pendant laquelle le Cameroun est conquis par les forces franco-britanniques, la colonie allemande est partagée en deux territoires lors d'une rencontre entre les généraux français et britanniques le 4 mars 1916 à Londres, où une partie est confiée à la France pour les quatre cinquièmes, à l'est et l'autre au Royaume-Uni pour le cinquième restant, à l'ouest, entériné par des mandats de la Société des Nations (SDN) en 1922. Pendant les vingt premières années, la France s'emploie notamment à liquider les rébellions de populations Kirdi dans le nord du Cameroun. Si la pacification de cette région s'accompagne de massacres et de pillages récurrents, la France, à la différence de l'Allemagne, pratique aussi une politique d'assimilation à l'instar de ce qui se passe dans ses autres colonies.
L'administration française, réticente à rétrocéder aux compagnies allemandes leurs possessions d'avant guerre, en réattribue certaines à des compagnies françaises. C'est notamment le cas pour la Société financière des caoutchoucs, qui obtient des plantations mises en exploitation pendant la période allemande et devient la plus grande entreprise du Cameroun sous mandat français.
La France ordonne la construction de routes, pour relier les principales villes entre elles, ainsi que diverses infrastructures telles que des ponts et des aéroports. La ligne de chemin de fer Douala-Yaoundé, commencée sous le régime allemand, est achevée sous la supervision d'ingénieurs français. Des milliers d'ouvriers sont déportés de force vers ce chantier pour y travailler cinquante-quatre heures par semaine. Les ouvriers souffrent également du manque de nourriture et de la présence massive de moustiques. En 1925, le taux de mortalité sur le chantier s'élève à 61,7%. Les autres chantiers ne sont cependant pas aussi meurtriers, bien que les conditions de travail y soient généralement très dures.
Le Cameroun français se rallie à la France libre en août 1940 au sein de l'Afrique française libre. Le système instauré par la France libre s'apparente à une dictature militaire. Leclerc instaure l'état de siège sur tout le territoire et abolit presque toute liberté publique. L'objectif est de neutraliser tout sentiment potentiellement indépendantiste ou de sympathie pour l'ancien colonisateur allemand. Les indigènes connus pour leur germanophilie sont exécutés en place publique. En 1945, le pays est placé sous tutelle de l'ONU. Malgré cela, il devient en 1946 un «territoire associé» de l'Union française.
Après la Seconde Guerre mondiale, deux évènements accélèrent le développement d'un sentiment nationaliste et anticolonial. En septembre 1945, à Douala, des colons ouvrent le feu sur une manifestation de grévistes, la faisant dégénérer en émeute. Les affrontements s'étendent et un avion sera même utilisé pour mitrailler les émeutiers. Officiellement, selon les autorités coloniales, le bilan serait de 8 morts et 20 blessés, mais selon l'historien Richard Joseph, ce bilan serait très inférieur à la réalité et les morts se compteraient en dizaines. Le second évènement majeur est la création du Rassemblement démocratique africain à Bamako en septembre 1946, auquel participent des militants camerounais comme Ruben Um Nyobe.
Jean-Joseph David au Haut-Nyong (1939-1943) Le médecin colonial Jean-Joseph David (1900c-1969) est en poste au Haut-Nyong de 1939 à 1943, à la direction de la du Haut-Nyong, avec les pleins pouvoirs, avec comme centre Ayos. Secondé par cinq médecins, il y mène un gouvernement par la médecine, contre la maladie du sommeil (en résurgence malgré le travail d'Eugène Jamot dans cette même région), et pour l'exploitation du latex et du rutile.. Il y reconduit son expérience de médecin-résident à Wallis des années 1933-1938Guillaume Lachenal, Le médecin qui voulut être roi. Sur les traces d’une utopie coloniale, Paris, Seuil, 2017....
Les cinq autres médecins sont Henri Koch (à Messamena)., Eugène Pape (à Abong-Mbang), Fernand Gailhbaud, Sylvain Lagarde et le capitaine Giraud. La superficie du territoire équivaut à celle de la Suisse ou de la région Rhône-Alpes.