La liste des jacobins proscrits le est une liste de proscription de 133 noms, censés appartenir à l'opposition jacobine, établie par Joseph Fouché, ministre de la Police, après l'attentat perpétré contre le Premier consul à Paris le 3 nivôse an IX (). Bien que la police de Fouché ait finalement établi que les véritables coupables étaient les royalistes, le gouvernement consulaire oriente la répression en direction des républicains « exclusifs », car c'est un moyen de décapiter l'opposition de gauche. Par précaution, ils ne sont pas condamnés pour leur participation supposée dans l'affaire de la rue Saint-Nicaise, mais au nom du salut public. Toutefois, la mesure suscite l'opposition du Tribunat, qui y est farouchement hostile, et du Corps Législatif, qui se montre peu enthousiaste. Soumise au conseil d'État, cette liste est, sur la suggestion de Talleyrand, soumise au vote du Sénat conservateur, assemblée plus docile dont les délibérations ont l'avantage d'avoir lieu à huis clos., qui la ratifie par un sénatus-consulte le 15 nivôse an IX ().

La liste comprend des députés, des généraux et des « gens obscurs » désignés sous l'« épithète de septembriseurs » pour rendre odieuse la masse des jacobins et confondre « l'homme couvert de sang avec le simple partisan de la République »..

71 militants révolutionnaires partent de Paris le 12 et le en direction de Nantes. Sur les 39 hommes du premier convoi, un est gracié in extremis. Les 38 autres sont déportés vers les Seychelles à bord de la corvette La Flèche dans les premiers jours de pluviôse an IX (fin janvier 1801) ; les 32 hommes du second convoi montent à bord de la frégate La Chiffonne le 23 germinal (). Parmi ces hommes, on compte Mathurin Bouin., Fournier l'Américain ou Jean Antoine Rossignol. Ils arrivent le 22 messidor (), après 89 jours de traversée.Sur les déportés républicains de l'Océan Indien, lire ..

Les soixante autres sont emprisonnés aux îles de Ré et d'Oléron et au fort de Joux, comme Félix Lepeletier, Charles de Hesse ou Michel-Louis Talot. À Oléron, ils retrouvent notamment les déportés babouvistes de l'an V (Blondeau, Buonarroti, Cazin, Germain, Moroy), transférés de Cherbourg en l'an VIII.. Parmi eux, une quarantaine de jacobins, comprenant 4 condamnés de la conspiration des Égaux, sont déportés en Guyane, notamment le général Argoud, Hugues Destrem, Étienne Michel et Jean-Louis-Marie Villain d'Aubigny. Embarqués à bord de La Cybèle à Rochefort le 11 ventôse an XII (), ils arrivent à Cayenne le 20 germinal ().

Liste des proscrits A-C Louis André (marchand de vin) André-Antoine-Côme Bailly Jean-François Barbier (employé aux hôpitaux militaires, déporté aux Seychelles) Laurent BarloisSelon : . (Laurent Burloy, membre du cercle constitutionnel du faubourg Antoine en l'an VI, arrêté aux Blancs-Manteaux le 17 nivôse, libéré le 9 frimaire.) Baudray (« rue de Marivaux », déporté en GuyaneSelon plusieurs biographes, Jean Baudrais (1749-1832), littérateur installé en Guadeloupe depuis 1797, aurait été confondu par Fouché avec Baudray, limonadier, propriétaire du café des Bains chinois, sur le boulevard des Italiens.) René-François Bescher (« rue de la Pépinière », instituteur) Boisjolly, dit Chrétien Antoine Boniface (ex-geôlier du Temple, déporté aux Seychelles) Adrien-Antoine Bormans (marchand bottier) Mathurin BouinOn peut lire une notice biographique de Mathurin Bouin dans . (ouvrier en bas, rue de la Cossonnerie, âgé de 33 ans en l'an II, né à Angers, marié à une blanchisseuse et père de famille, commissaire civil en 1791 et 1792, membre de la société fraternelle des Halles, juge de paix de la Section des Marchés après la journée du 10 août 1792, destitué le 4 frimaire an III ; dénoncé en pluviôse an III, arrêté le 18 ; libéré le 25 floréal, au lendemain de l'envoi d'une attestation en sa faveur du représentant Nicolas Maure ; arrêté le 5 prairial, libéré le 8 messidor, arrêté le 22, renvoyé devant l'officier de police de son arrondissement le 29 fructidor ; abonné au Tribun du peuple, agent babouviste du , condamné à la déportation par contumace par la cour de Vendôme, puis, s'étant constitué prisonnier, acquitté par le tribunal criminel de la Seine et libéré ; membre du club du Manège en l'an VII, employé au bureau des émigrés du ministère de la Police ; réformé en brumaire an VIII ; arrêté le 18 nivôse chez Monnier, son ami, déporté aux Seychelles et mort à Anjouan le 14 floréal an X.) Jacques Brabant (cordonnier, 7, rue des Fossés, âgé de 28 ans en l'an II ; inspecteur de police ; arrêté le 7 prairial an III sous l'accusation d'avoir tenu des propos contre les marchands le ; libéré le 8 thermidor par jugement de la commission militaire et réarmé le 3 fructidor ; porté au senatus-consulte comme « exclusif prononcé », déporté aux Seychelles, mort à Anjouan le 13 floréal an X.) Jean-Michel Brisevin (enfermé au fort de Joux ; né à Château-Thierry, il est tourneur en bois au faubourg Saint-Antoine, électeur à la section des Quinze-Vingts depuis 1791) Brochet (« rue du Vieux-Colombier ») Pierre-Maurice Cardinaux (traiteur, rue Saint-Jacques, ex-commissaire du Comité révolutionnaire de la section du Panthéon-Français, 38 ans en 1791, déporté aux Seychelles, où il fait souche) Pierre Carrette Joachim Ceyrat (« président aux Massacres de Septembre », né à Clermont-Ferrand en 1752, installé à Paris vers 1775Revue d'Auvergne, vol. 3, Société des amis de l'Université de Clermont, G. Mont-Louis, 1886, 59., avocat, professeur de physique et de mathématiques ; commissaire de police et électeur en 1790, juge de paix d' à pluviôse an III, membre de la Société populaire de sa section ; employé à la commission des secours en l'an III, arrêté le 6 prairial sous l'accusation « d'avoir pris part aux massacres de septembre et d'avoir organisé les massacres aux Carmes » ; acquitté par le tribunal criminel le 23 floréal an IV ; électeur en l'an VI, membre du Cercle constitutionnel du onzième arrondissement ; il se soustrait à l'arrestation en se cachant, avant d'être autorisé à se retirer à Clermont-Ferrand sous surveillance en l'an XIII.) Claude Chalandon (cordonnier) Joseph Chateau (enfermé au fort de Joux) Joseph-Hugo Chateauneuf (« père », déporté aux Seychelles) Philippe-Valérie-Hugo Chateauneuf (« fils », déporté aux Seychelles, instituteur, devenu aveugle, retiré à l'hôpital de l'Île-de-France en 1807) Charles-Auguste Cheval Claude-Louis Chevalier René-Pierre Choudieu (ex-législateur, il parvient à s'échapper) Pierre-Nicolas Chrétien (limonadier installé au 6, rue Neuve, âgé de 33 ans en l'an II ; vainqueur de la Bastille, électeur en 1792, membre du Club des jacobins et de la Société des Défenseurs de la République, juré au tribunal révolutionnaire de au 22 prairial an II, meneur de la section Lepeletier ; dénoncé à la Convention nationale comme partisan de Robespierre le 12 vendémiaire an III ; emprisonné le 17 floréal an III ; abonné au Tribun du peuple, il est décrété d'accusation, lors de la révélation de la conspiration des Égaux, le 19 floréal an IV ; acquitté par contumace le 7 prairial an V ; électeur en l'an VI, son café est le lieu de rassemblement des anciens jacobins ; membre du club du Manège en l'an VII ; arrêté le 5 nivôse an IX, déporté aux Seychelles puis à Anjouan, il se noie au large de la Grande Comore.) Claude Colette (faubourg Saint-Antoine) Coquerelle (« rue du Crucifix ») Jacques Cordas, dit Bourgeois (brodeur, rue des Écrivains, né à Saint-Lô en 1751 ; membre du comité civil après la journée du 10 août 1792, électeur en 1792, membre du comité révolutionnaire à sa formation en , membre du conseil général de la Commune de Paris en mai, commissaire aux accaparements le , puis administrateur de la police de Paris ; arrêté le 26 germinal an II dans le cadre de l'affaire Lavalette ; libéré le 17 thermidor après une note du 8 du comité révolutionnaire affirmant qu'il est « d'un caractère ferme, patriote, prononcé, exact à son service dans tous les temps » ; arrêté le 5 prairial an III, libéré le 19 fructidor ; arrêté le 2 prairial an IV du fait de son implication dans la conspiration des Égaux, mais acquitté à Vendôme ; arrêté le 3 ventôse an X, déporté à Cayenne où il meurt en 1807.) André Corchant (pompier, déporté aux Seychelles puis à Anjouan, mort à Zanzibar) Pierre Cozzette Jacques Crépin (ouvrier, déporté malgré une pétition de sa femme, Marguerite-Ursule Gagenreaux, et mort à Cayenne le 8 vendémiaire an XIV.) Pierre Crosnier (« rue des Postes » ; s'étant soustrait, il est remplacé par Jean-Louis Crosnier, demeurant rue Bailleul, dégraisseur, canonnier, membre de l'armée révolutionnaire, déporté à Oléron puis en Guyane, mort à l'hospice de Cayenne le 27 floréal an XII.)

D-F Pierre-Laurent David (marchand de vins, rue du Théâtre-Français) Robert-Guillaume-Antoine Delabarre (entrepreneur de serrurerie, rue de Sèvres, volontaire de la du bataillon des Prémontés, né à Pont-Audemer, 51 ans en l'an XII, déporté aux Seychelles) Jean-Baptiste-Édouard-Joseph Delrue (mort à bord de La Flèche durant la traversée) Nicolas-Joseph Derval (Nicolas-Joseph Duval, cordonnier rue des Blancs-Manteaux ; né à La Capelle, âgé de 38 ans en l'an II, canonnier dans la compagnie de sa section en 1793 ; retenu comme patriote par l'agent babouviste du lors de la conspiration des Égaux, il est arrêté au début de prairial an IV pour des propos tenus dans un groupe, puis libéré ; il s'installe alors dans la section des Gravilliers, au 9, rue des Vertus ; membre du cercle constitutionnel du ; dénoncé le 4 vendémiaire an IX comme ami de Bernard Metge et de Laurent Burloy, son beau-frère, alors qu'il est détenu depuis le 15 fructidor an VIII sous l'accusation de fabrication de faux papiers, mais acquitté et libéré ; arrêté le 19 nivôse, accusé de correspondance avec les « anarchistes » d'Auxerre et de Vermenton, déporté à Cayenne où il meurt en ) Georges-Laurent Derville (déporté aux Seychelles) Hugues Destrem (ex-législateur, déporté sur l'île d'Oléron puis en Guyane, il s'évade) Pierre Ducatel (Pierre-Louis Ducatel, compagnon menuisier, 209 rue du Faubourg-Saint-Antoine, 26 ans, membre du cercle constitutionnel en l'an VI, arrêté à la place de son frère Jean-Charles, ex-concierge de La Force, parent de Moneuse, et ., libéré le 18 ventôse) François Dufour aîné (menuisier, 331, rue Papillon, à la Nouvelle France, marié et père de six enfants, né à Chalamont, âgé de 42 ans en l'an II ; arrêté le 18 pluviôse an III, libéré à une date inconnue ; arrêté le 5 prairial, libéré le 9 fructidor ; abonné au Tribun du peuple, babouviste, en floréal an IV, il colporte l'Éclaireur du peuple ; plusieurs membres de la conspiration des Égaux réunis chez lui sont arrêtés en même temps que lui le 21, acquitté à Vendôme ; arrêté le 29 fructidor an VIII comme le complice de Denis Chapelle dans l'affaire du « complot de l'Opéra ». ; déporté aux Seychelles où il meurt le 8 fructidor an X.) Guillaume-Jean Dupont, déporté aux Seychelles, mort à Anjouan. Joseph Dusoussy (gantier-fourreur, 35 ans en l'an IX) Paul-Marie-Dominique-Bonaventure Éon (déporté aux Seychelles) Claude-Antoine Fiquet Claude Flamant Fontaine (« quai Pelletier ») François Fouryon Claude Fournier l'Américain (déporté en Guyane.) Barthélemy Fournière Jean-Joseph Fyon

G-K Gabriel (« ouvrier, septembriseur ») Jacques Gaillebois-Saint-Amand (« septembriseur », mort en déportation) Gilles Gaspard (« septembriseur » né à Vendôme, maçon, quartier du Gros-Caillou, père de trois enfants, déporté aux Seychelles) Jean-Baptiste Georget (39 rue de la Calandre, menuisier, transporté à Mahé sur la frégate La Chiffonne, mort à Anjouan) Jean-Louis Gerbeaux (rue des Fossés-Bernard, journalier, 45 ans en l'an IX, mort le à Anjouan) Giraud (« rue du Vert-Bois ») Jean Gosset (déporté aux Seychelles, passé aux Indes, où il meurt) Louis Gosset (frère aîné du précédent, déporté aux Seychelles puis à Anjouan, où il meurt)