Un côtes-du-vivarais est un vin français tranquille rouge, blanc ou rosé du sud-est du Massif central, couvrant neuf communes de l'Ardèche et cinq communes du Gard, sur la rive droite du Rhône, faisant face au vignoble de l'appellation grignan-les-adhémar. Il fait partie du vignoble de la vallée du Rhône méridionale.

Il bénéficie d'une appellation d'origine contrôlée (AOC) depuis 1999Décret du 23 septembre 1999 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Côtes du Vivarais ». Le dernier cahier des charges date du Décret n° 2011-1160 du 22 septembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Côtes du Vivarais ». Les côtes-du-vivarais sont des vins d'assemblage, avec comme cépages principaux le grenache N et la syrah N pour les vins rouges et les rosés, et le grenache blanc B pour les vins blancs, complétés éventuellement par des cépages accessoires et complémentaires. La production de rouge en 2020-2024 représentait 54 % du volume total de la production ; le rosé représentait 36 %, et le blanc 10 %.

Histoire Antiquité et Moyen Âge Les vins du Vivarais dans le sud-est du Massif central ont une origine assez ancienne qui remonte à l'époque romaine mais son implantation s'est réellement développée au Moyen Âge. Les chemins muletiers, dès le Moyen Âge et jusqu'à la fin du , ont été utilisés pour monter le vin du bas-Vivarais vers les contrées du Gévaudan, de la Lozère et même vers les plateaux auvergnats (Le Puy). En retour, ils servaient à descendre du fourrage, de la viande, des céréales, etc. Ces axes est-ouest raccordant le Velay et le Gévaudan à la vallée du RhôneLe chemin du vin de la basse Ardèche au Puy 0.

Il est à souligner que les chemins carrossables ou rouliers ne desservaient que le pied des montagnes. Pour traverser celles-ci s'imposait le portage à dos d'hommes ou de mulets. Seuls ces derniers pouvaient acheminer des charges lourdes pendant de longues heures et sur de longues distances.

Se substituant aux drailles, les chemins utilisés étaient parfois pavés (camin ferra, chemin ferré) et parfois taillés dans le roc. Pour économiser sur la construction de ponts, ils évitaient au maximum les vallées et couraient sur les crêtes. Ils ne desservant donc que peu de villages ou de hameaux. Leur entretien était donc très aléatoire, et la remise en état incombait aux utilisateurs et se faisait à prix d'argent.

Époque moderne vignette|gauche|Vendange dans le Vivarais en 1908.|alt= Albin Mazon, dans son ouvrage Les muletiers de Vivarais et du Gévaudan indiquait, en 1888 : .

vignette|Chabrot en Vivarais.|alt= Ces chemins muletiers été supplantés par les deux grandes routes à roulage qui empruntaient la côte de Mayres, pour l'une, et la côte de la Rousse, pour l'autre. Elles furent utilisées jusqu'à la construction des chemins de fer et périclitèrent car non rentables.

Les vins du Vivarais, pendant longtemps ne furent que de petite qualité et servaient au coupage des vins du Midi : la production assez abondante était vendue en vrac aux grossistes ou consommée localement (« l'horrible piquette » dont parle Jean Ferrat). Les cépages nombreux et rustiques résistant bien aux maladies et au gel étaient alors économiques à produire.

Époque contemporaine vignette|Jeune vignoble du Vivarais.|alt= Dès la fin des années 1950 des vignerons ardéchois choisissent une politique nouvelle de production de qualité en implantant des cépages nobles et obtiennent le une appellation de vin de qualité supérieure (VDQS). Le débouché nouveau que constitue le tourisme qui se développe à l'époque en Ardèche et les incitations à la restructuration vinicole comme le « plan Chirac » de 1972 et les aides de la Communauté européenne vont permettre la transformation du vignoble du Vivarais et son amélioration qui justifieront le classement en AOC le . Le dernier cahier des charges date du .

Vignoble L'appellation d'origine contrôlée côtes-du-vivarais a été reconnue par le décret du et couvre 14 communes de l'Ardèche et du Gard, de part et d'autre des gorges de la rivière Ardèche et représente une surface de 750 hectares, dont approximativement 180 hectares sont destinés à la production de l'AOC. Le premier cahier des chargesDécret n° 2009-1217 du 9 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Bonnezeaux », « Quarts de Chaume », « Rosé de Loire », « Coteaux du Layon », « Savennières », « Monbazillac », « Côtes de Duras », « Buzet », « Côtes du Vivarais » et « Bergerac » a suivi de peu la création de l'appellation. Le dernier cahier des charges de l'appellation date de 2011 (décret du et cahier des charges déposé sur le site du ministère de l'Agriculture) , homologué par le décret du publié au JORF du ..

Aire de l'appellation

vignette|gauche|Les côtes-du-vivarais, vignoble de la vallée du Rhône.|alt= L'aire d'appellation concerne un total de : neuf communes dans le département de l'Ardèche : Bidon, Gras, Labastide-de-Virac, Lagorce, Larnas, Orgnac-l'Aven, Saint-Montan, Saint-Remèze et Vinezac ; cinq communes dans le département du Gard : Barjac, Le Garn, Issirac, Montclus et Saint-Privat-de-Champclos.

Orographie vignette|gauche|Région de la basse Ardèche couvrant une partie des côtes-du-vivarais.|alt= vignette|Le vignoble en terrasse de Ribes.|alt= L'altitude est faible mais cependant variée. Les plateaux calcaires urgoniens ont assez fortement résisté à l'érosion tandis que les bandes de marnes, où s'étalent les champs de vigne ou d'arbres fruitiers, ont été déblayées par les eaux. La rivière Ardèche se développe jusqu'au Rhône, suivant une pente générale Sud-Est. Cette région présente des dépressions mollement ondulées au profil aigu. Le bassin de l'Ardèche y creuse des gorges spectaculaires. Les eaux souterraines sont nombreuses, caractéristiques des milieux karstiques: l'Aven d'Orgnac, grotte de Saint-Marcel. Les collines et plateaux (Dent de Rez 719m, plateau de Gras/Saint-Remèze ou Bois de Ronze 300 ou 400m) se rattachent géomorphologiquement aux Grands Causses.

Géologie L'essentiel du domaine de l'appellation se trouve sur le plateau des Gras, formé d'une dalle de calcaire très dure (urgonien) sur laquelle seuls des îlots d'argiles de décalcification permettent la culture. D'autres substrats sont rencontrés localement, notamment des grès siliceux sur les contreforts des Cévennes (Vinezac), ainsi que des alluvions dans la vallée du Rhône (Saint-Montan). thumb|Bouteilles de côtes-du-vivarais.|alt=

Climatologie Ce terroir viticole est caractérisée par un climat chaud et sec méditerranéen. Les températures sont douces en hiver (+3 °C à +4 °C en janvier). Les vents du Nord-Est sont dominants mais ceux du Sud (vent du midi) et de l'ouest, chargés d'humidité, amènent des précipitations réparties sur un petit nombre de jours. C'est le pays de la vigne, de la garrigue, des céréales, avec quelques plantations fruitièresConseil général de l'Ardèche.

Le climat de ce terroir est soumis à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches (une brève en hiver, une très longue et accentuée en été), deux saisons pluvieuses, en automne (pluies abondantes et brutales) et au printemps. Les traits méditerranéens dominent nettement : été chaud, avec de longues périodes sèches, interrompues par des manifestations orageuses parfois violentes ; automne marqué par des épisodes de pluies abondantes appelés épisodes cévenols, dont le risque principal s’étend de début septembre à mi-décembre avec un maximum en octobre ; hiver en général assez sec et doux car protégé par des hautes pressions assez souvent présentes en Méditerranée et par les reliefs du Massif central à l’ouest, avec très peu de neige (mais lorsqu'elle tombe, c'est souvent sous forme de neige abondante, collante et dense qui n'en devient que plus dangereuse), printemps assez bien arrosé, surtout en avril. La durée d'insolation annuelle avoisine les . Le vent du nord (mistral) peut être violent, principalement en vallée du Rhône, et occasionne des abaissements de température soudains et durables. La moyenne pluviométrique annuelle se situe autour de ( à Bourg-Saint-Andéol)Météo MC.

La station météorologique d'Orgnac-l'Aven (à d'altitude : ). se situe à la limite entre l'Ardèche et le Gard.

alt=|vignette|Bouteilles de côtes-du-vivarais.

Cépages autorisés Les vins des côtes-du-vivarais sont obligatoirement composés d'assemblage de différents cépages : vins rouges et rosés : cépages principaux : grenache NLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. (au moins 30 % en rouge, 60-80 % en rosé) et syrah N (au moins 40 % en rouge, au moins 10 % en rosé) ; cépages accessoires : cinsaut N, marselan N (moins de 10 %) ; vins blancs : cépage principal : grenache blanc B (au moins 50 %) ; cépages complémentaires (au moins 30 %) : clairette B, marsanne B ; cépages accessoires (au plus 10 %) : viognier B, roussanne B.

Vins La production approche 6 000 hectolitres par an pour une surface d'environ 180 hectares (en en moyenne sur les années 2020-2024). Il s'agit surtout de vins rouges (54 %) et de rosés (36 %). La production de vins blancs est quant à elle marginale (10 %).

Volumes Les données de production des années récentes, telles que publiées par les Douanes, sont. : Année côtes-du-vivarais rouge côtes-du-vivarais rosé côtes-du-vivarais blanc superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)2020 124 31 82 34 19 741 242021 105 33 65 35 16 546 342022 102 31 63 35 15 470 312023 86 37 60 36 18 623 352024 88 31 39 34 19 537 29 Le rendement visé par le cahier des charges est de 52 hl/ha et le rendement butoir est de 60 hl/ha pour les trois couleurs.

Types de vins et gastronomie vignette|AOC côtes-du-vivarais rosé.|alt= Les vins rouges présentent selon les terroirs et les vinifications des variations de robe (rouge soutenu, rouge violet) et d'arômes. Les rosés ont pour leur part une robe soutenue. Les côtes-du-vivarais constituent des vins assez charpentés qui expriment la minéralité rocailleuse des sols et les vins rouges s'associent bien avec le gibier ou les viandes rouges et les magrets de canard alors que les rosés se marient agréablement avec la cuisine méridionale2000 Vins d'Ardèche // La sélection.

Le côtes-du-vivarais blanc, très souvent élaboré sur la base d'un assemblage de roussanne et de marsanne, s'accorde parfaitement avec les poissons et les fromages. Il accompagne, en entrée, les soufflés au fromage, les mousses ou les tartares à base de fruits de mer, les soupes de poissons ; en plat principal, les volailles, les viandes blanches ou les mets à base de pommes de terre (bombine) et de salaisons ardéchoises ; les fromages comme la féta, le picodon local (Ardèche ou Drôme), le gouda et tous les chèvres ; les desserts comme les mousses de marron, les crèmes et les glaces tout parfum et les beignetsQue manger avec un côtes-du-vivarais blanc ?.

Économie Structure des exploitations vignette|Domaine de Vigier à Lagorce.|alt= La production est assurée très majoritairement par de petites exploitations (10-15 hectares) regroupées en caves coopératives qui vinifient et commercialisent plus de 80 % des côtes-du-vivarais. Il y a 23 caves coopératives et 70 caves indépendantesLes vignobles de l'Ardèche méridionale sur le site winetourisminfrance.com.

Commercialisation La consommation se fait surtout dans l'aire régionale mais aussi par les touristes qui apprécient ces vins expressifs au coût modéré. La diffusion reste plus limitée sur le plan national mais l'exportation commence vers les pays européens proches.

Notes et références

Textes législatifs :

Voir aussi

Liens externes . .

Articles connexes Concours des vins d'Orange Inter Rhône Castagnou Vin français bénéficiant d'une AOC

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