La Marmotte des Alpes (Marmota marmota) est un mammifère fouisseur de l'ordre des rongeurs. Il s'agit de l'une des espèces les plus répandues du genre Marmota, qui en compte une quinzaine. Elle vit entre d'altitude. On la rencontre également dans les Carpates.

Elle a été réintroduite avec succès dans les Pyrénées en 1948 ; elle avait disparu à la fin du Pléistocène. Une réintroduction réussie a également été menée dans le massif du Vercors et dans le Massif central (dans les années 1980). L'implantation de l'espèce a été envisagée dans les massifs de montagne où elle est absente, sans suite à ce jour.

Dénominations Nom scientifique valide : Marmota marmota (Linnaeus, 1758) Protonyme : Mus marmota Linnaeus, 1758 Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Marmotte des Alpes, Marmotte, Marmotte alpine, Marmotte marmotta, Marmotte vulgaire Noms vernaculaires (langage courant) : marmota, marmota alpetar (basque), marmota alpina (catalan), marmota des Arpes (arpitan), moregan an Alpoù (breton)

Caractéristiques physiques thumb|250px|left|Comment reconnaître une empreinte de marmotte.

Cet animal au corps trapu, pour , dont de queue, vit à la limite supérieure de la forêt, là où les arbres sont nains. C'est un plantigrade aux pattes puissantes et aux griffes émoussées. Son museau est large et court, la position de ses yeux lui donne un large champ de vision et ses petites oreilles sont presque complètement cachées dans sa fourrure. Ses nombreuses vibrisses lui sont utiles pour sa vie souterraine.

Alimentation

Les marmottes des Alpes se nourrissent de végétaux herbacés, de graines et de petits invertébrés (insectes, araignées, vers). Elles préfèrent les jeunes pousses et maintiennent leur nourriture avec leurs membres antérieurs lorsqu'elles mangent. Elles sortent de leur terrier pour se nourrir surtout durant la matinée et l'après-midi. Elles sont sensibles à la chaleur et parfois ne se nourrissent pas durant les journées particulièrement chaudes. Lorsque les conditions climatiques s'y prêtent, elles consomment de grandes quantités de nourriture afin de constituer une couche de graisse leur permettant de survivre durant leur longue hibernation.

Comportement Timides, prudentes, les marmottes se préviennent d'un danger imminent par des aboiements proches en sonorité du sifflement et qui sont audibles jusqu'à plusieurs kilomètres. Leurs prédateurs sont l'aigle royal suivi par le renard.

L'habitat idéal des marmottes est un terrain meuble où creuser un terrier, à proximité d'un herbage bien fourni et ensoleillé, avec une vue bien dégagée pour surveiller l'arrivée de prédateurs. Elles évitent les ubacs et préfèrent les adrets dénudés, où des zones herbeuses alternent avec des zones rocailleuses. Le domaine vital d'un groupe familial peut varier de 0.9 à 2.8 ha, le chevauchement de ces domaines entre groupes familiaux pouvant aller de 9 à 12.5% de la surface.

Les marmottes creusent de longues galeries très ramifiées dans lesquelles elles peuvent hiberner jusqu'à 6 mois. Les accouplements ont lieu en avril-mai et la gestation dure 5 semaines. Une portée comporte de 2 à 7 jeunes et l'allaitement dure un mois. Les familles se nourrissent d'herbe, de graines et de feuilles. Fin septembre, elles retrouvent leur terrier, qu'elles barricadent avec de l'herbe, de la terre et des pierres, pour vivre la période froide au ralenti. Alors leur rythme cardiaque peut être divisé par 7 ou 8, et leur long sommeil entrecoupé d'une douzaine de petites phases de réveil. Durant les phase d'hibernation, leur métabolisme peut baisser de 95% et rester à des niveaux bas indépendamment des éventuelles variations de la température corporelle. À la sortie de l'hibernation, les marmottes peuvent avoir perdu jusqu'à la moitié de leur masse corporelle.

L’hibernation sociale (en groupe familiaux, dans l’hibernaculum, avec des individus âgés plus expérimentés), étudiée chez Marmota marmota, si elle est un facteur de risque éco-épidémiologique à cause de la promiscuité, semble être aussi un facteur de survie hivernale Walter Arnold, The évolution of the marmot sociality ; Cost and benefice of joint hibernation ; Behavioral Ecology and Sociobiology ; vol. 27, n° 4 (1990), ; 1990 ; (Résumé) , que les marmottes auraient pu acquérir par sélection naturelle.

Durée de vie Dans la nature, des individus âgés de 16 ans ont été observés lors d'études longitudinales, la survie des individus dominants, femelles ou mâles, commençant à baisser à partir de la 8ème année. Les individus se reproduisant dès la troisième année, le nombre d'années de reproduction avant la senescence est plus important que chez beaucoup d'espèces de mammifères, ce qui pourrait s'expliquer par les périodes d'hibernation.

Impact du changement climatique Des études longitudinales menées dans la réserve naturelle de la Grande Sassière ont montré que :

les premières apparitions des jeunes s'effectuent légèrement plus tôt (4.7 jours sur la période), mais surtout que les apparitions tardives sont de plus en plus rares; le nombre de jeunes par portée diminue avec le temps, malgré l'effet potentiellement positif de la fonte plus précoce de la neige.

Une modélisation menée pour les populations du Parc National des Pyrénées estime la perte d'habitats à long terme (2070-2100) à 18% pour le scénario RCP 4.5 et 54% pour le scénario RCP 8.5. D'après ces chercheurs, c'est la sécheresse estivale qui pourrait constituer un des facteurs déterminants pour la répartition de cette espèce dans le futur.

Chasse En France, la marmotte est une espèce chassable listée à l’arrêté du 26 juin 1987 fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée.

Pourtant l’espèce est inscrite à l’annexe III de la convention de Berne que la France a ratifiée en 1990. À ce titre, la marmotte est une « espèces de faune protégée » dont il faudrait « maintenir les populations hors de danger ».

Malgré cela, les chasseurs considèrent que la marmotte reste une espèce chassable. Ils s’appuient pour cela sur la réponse en 2023 de Mme Sarah El Haïry, alors Secrétaire d'État chargée de la Biodiversité au Mnistère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, à la question 6207 de M. Arnaud BAZIN.

La réglementation varie suivant les départements : +Nom du départementstatut pour la période 2026-27référencePyrénées orientalesChasse et tirs interditsAriègeNon mentionnée dans l’arrêté préfectoralHaute GaronneNon mentionnée dans l’arrêté préfectoralHautes PyrénéesNon mentionnée dans l’arrêté préfectoralHaute-SavoieSeul le tir à balle ou à l’arc est autorisé, le déterrage est interdit. La chasse est interdite sur le territoire de 24 communes, ACCA ou chasses privéesSavoieChasse autorisée sauf sur le territoire de 30 communesIsèreChasse autorisée dans le massif de Belledonne uniquement les 20 et 27 septembre 2026. Chasse interdite dans les massifs de Vercors, Chartreuse, Obiou, Connexe et SenepiHautes-AlpesChasse autorisée quatre jours par semaine et jours fériés, mais déterrage interditAlpes de Haute ProvenceChasse autorisée pour un animal par jour et par chasseur, carnet de prélèvement obligatoireAlpes maritimesChasse autorisée trois jours par semaine et jours fériés, pour deux animaux par jour et par chasseur, carnet de prélèvement obligatoire. Chasse interdite sur 25 communes

Galerie

Références

Annexes

Bibliographie

Liens externes

Hibernation de la Marmotte (Marmota marmota)

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