La frontière entre le Kirghizistan et le Tadjikistan est la frontière terrestre longue de séparant le Kirghizistan et le Tadjikistan en Asie centrale. Héritée de la frontière inter-républiques de l'Union soviétique, son tracé est contesté et complexe, entraînant depuis l'indépendance des deux États en 1991 de fortes tensions frontalières. Deux exclaves tadjikes se trouvent au Kirghizistan, soit celles de Voroukh et .

En , un conflit éclate entre les deux pays et entraîne une cinquantaine de morts, alors que des affrontements ont lieu en septembre 2022 et entraînent plus de 100 morts. De 2023 à 2025, les deux pays tentent de résoudre durablement leurs différends frontaliers par des accords.

Description La frontière débute au nord au tripoint avec l'Ouzbékistan dans la vallée de Ferghana. Elle se dirige ensuite grossièrement vers l'ouest, avec une saillie marquée du Tadjikistan à la ville de Chorkou. La frontière tangente presque le réservoir de Kaïrakkoum mais une fine bande de territoire tadjike le sépare de la frontière. La frontière se dirige ensuite vers le sud, près de l'exclave tadjike de (aussi nommée Lolazor) avant de tourner brusquement vers l'est en atteignant les monts Turkestan. La frontière suit alors cette chaîne de montagne, puis les monts Alaï et le chaînon Trans-Alaï jusqu'au tripoint avec la Chine. vignette|Poste-frontière entre les deux pays, vu à partir du district kirghiz de Leïlek. Il existe aussi deux exclaves tadjikes situées dans le territoire du Kirghizistan, soit Voroukh et (aussi nommée Lolazor).

L'enclave tadjike de Voroukh est d'une superficie de et sa population est estimée à en 2022. Elle est située à 7 km au sud de la frontière tadjike, à 9 km du jamoat tadjik de et à 25 km de la cité d'Isfara.

L'enclave tadjike de Karagatch (ou Lolazor ou encore Qalacha-Ouest) est d'une superficie négligeable d'un kilomètre carré et sa population permanente est incertaine, voire inexistante. Elle est située à 3 km au sud de la frontière tadjike et à 10 km au sud de la ville tadjike de .

Histoire vignette|Monument au col Kyzylart. L'inscription en russe indique : « Les habitants du Haut-Badakhchan vous accueillent ». La délimitation entre le Kirghizistan et le Tadjikistan devient une frontière internationale lors de l'éclatement de l'URSS et de l'indépendance des deux républiques post-soviétiques kirghize et tadjike, en 1991.

Affrontements militaires en 2021 En raison d'un différend sur la gestion d'un point d'approvisionnement en eau utile pour la région, un conflit éclate fin avril 2021 près de Kök-Tash et dure trois jours au cours duquel plus de 40 personnes sont mortes.

Affrontements militaires en 2022 Le conflit reprend septembre 2022 à la frontière entre les deux pays, dans le secteur de l'enclave de Voroukh, et cause plus de 100 morts. Celui-ci faisait suite à un blocus de route au Kirghizistan et à l'attaque de garde-frontières tadjiks.

Accords frontaliers de 2023 et 2024 Le , des responsables kirghizes et tadjiks déclarent avoir signé la veille un accord à Batken, au Kirghizistan, sans pour autant divulguer de détails.. En , le responsable tadjik des terres, Orif Kodjazoda, affirme que « 889 kilomètres sur les 972 que compte la frontière entre les deux pays font l'objet d'un accord ».

Le , le gouvernement kirghize annonce par un communiqué que les chefs des services de renseignements respectifs des deux États sont parvenus à un accord sur les sections restantes de la frontière.

Accord frontalier de 2025 Le , le chef du Comité d'État pour la sécurité nationale du Kirghizistan, Kamchybek Tashiev, et le chef du Comité d'État pour la sécurité nationale du Tadjikistan, Saimumin Yatimov, signent un accord sur la délimitation des frontières d'État, mettant fin à un différend vieux de plusieurs décennies.

L'accord est signé le par les chefs d'Étatà Bichkek. Il prévoit que le Kirghizistan recevra 25 km2 du Tadjikistan et que ce dernier recevra du premier des territoires d'une superficie équivalente ou un meilleur accès aux ressources hydriques partagées, telle que la prise d'eau de Golovnoi. Par exemple, le village jusqu'alors kirghiz de Dostuk – situé à 18 km au sud-est de Khodjent – passera sous souveraineté tadjike, tandis que le secteur de sera « neutre », notamment toutes les routes névralgiques qu'il comprend pour relier le district kirghiz de Leïlek au reste du pays et pour relier le Tadjikistan à son enclave de Voroukh. La zone désignée neutre est située au nord de Voroukh.

Ces routes seront placées sous un statut de neutralité et l'exploitation sans entrave des installations énergétiques et agricoles frontalières sera garanti.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Délimitation des frontières en Asie centrale soviétique Frontières du Kirghizistan Frontières de l'Ouzbékistan Frontières du Tadjikistan

* Catégorie:Relations entre le Kirghizistan et le Tadjikistan