La frontière entre l'Angola et la république du Congo est la frontière terrestre séparant l'Angola et son exclave du Cabinda avec la république du Congo située au nord de celle-ci.

Caractéristiques vignette|gauche|Frontière Sud du Congo français à Massabe. La frontière a une longueur de . Elle part de l'océan Atlantique jusqu'au tripoint où se rejoignent les frontières de l'Angola, du Congo et de la république démocratique du Congo. Ce point se situe à l'extrémité orientale de la province de Cabinda sur le cours d'eau Louango (Rio Chiloango en Angola)Le Louango constitue, par ailleurs, une partie de la frontière entre l'Angola et la république démocratique du Congo..

Depuis l'est, elle est de direction générale nord-ouest sur moins d'une quarantaine de kilomètres avant de s'orienter vers le sud-ouest et l'océan Atlantique qu'elle atteint à une vingtaine de kilomètres au sud-est de la ville congolaise de Pointe-Noire et une distance similaire au nord-ouest de la ville angolaise de Lândana.

Histoire gauche|vignette|Marque laissée par les Portugais à Matadi La présence portugaise à l'embouchure du fleuve Congo, remonte au . Ils y développent le commerce d'esclaves au point que le secteur devient une plaque tournante de ce trafic. Au milieu du , il y représente la moitié des départs d'Afrique vers les Amériques.

Au nord, les Français créent Libreville en 1848, destinée, sur le modèle de Freetown, à accueillir des esclaves affranchis.

Le Portugal abolit l'esclavage dans ses colonies entre 1858 et 1878, ce qui conduit à réorienter les activités sur place vers les exportations de produits tels que l'huile de palme et l'ivoire. Ils doivent toutefois tolérer la présence de maisons de commerce étrangères, anglaises et hollandaises notamment.

La France voit sa colonie du Gabon péricliter au point d'envisager en 1860 de l'abandonner. Le Portugal considère ainsi avoir les mains libres sur la rive droite du Congo.

Les choses changent lorsque Ferdinand de Lesseps propose, en 1879, au gouvernement français d'envoyer Brazza vers le sud depuis le Gabon, pour créer, pour le compte du comité français de l'AIA , des stations hospitalières et scientifiques. Brazza mène à bien sa mission au-delà des ambitions initiales en concluant, en 1880, un accord avec le roi des Batékés, connu sous le nom de Makoko. Cet accord, qui tient du protectorat, s'avère de fait une porte d'entrée à une expansion française vers le bassin du Congo, car Brazza prétend agir au nom du gouvernement français, tout en se gardant d'en faire état à sa hiérarchie pendant plusieurs mois. Les informations commencent à remonter en Europe à la fin de 1881, et les Portugais commencent à s'inquiéter de cette ambition. Le gouvernement français commence par dénier toute valeur aux accords signés par Brazza, mais devant la campagne orchestrée par Lesseps, Brazza et les partisans du colonialisme, il finit par proposer leur ratification à la Chambre des députés. Celle-ci est acquise en . vignette|Pierre Savorgnan de Brazza

Les Portugais n'obtiennent pas, tout d'abord, de soutien international à leurs revendications dans l'embouchure du Congo. Leur passé esclavagiste et leur opposition au libre-échange leur attirent en particulier une opposition à la fois de l'opinion publique et des milieux d'affaires britanniques. Mais, devant les ambitions françaises, Gladstone, se résout à engager des négociations avec le Portugal dès . Elles aboutissent à la reconnaissance de droits pour la Portugal sur l'embouchure du Congo, depuis l'Angola jusqu'à Pointe-Noire, par un traité signé le . Mais celui-ci n'est pas proposé pour ratification au Parlement britannique, devant le tollé provoqué dans l'opinion publique et les milieux économiques, ainsi que par l'action de Léopold II, soucieux d'assurer un débouché maritime à son futur État libre du Congo.

Bismarck entre alors dans le jeu en déclarant être opposé, lui aussi, au traité, car selon lui un tel acte bilatéral n'a pas de valeur internationale. Il se dit favorable à des discussions multilatérales sur ce type de sujet. Le Portugal émet alors l'idée d'une conférence internationale, et Bismarck s'en saisit pour la proposer à la France et la Grande-Bretagne. Avec leur accord, il invite les parties intéressées à la conférence de Berlin, en lui conférant un ordre du jour portant sur les modalités d'attribution de sphères d'influence, sans aborder des partages de territoires.

La frontière est délimitée par une commission franco-portugaise en 1901-1902.; elle sépare à l'époque l'Angola portugais et le Congo français.

C'est après le passage de cette frontière, le , que les bus de l'équipe du Togo de football est attaqué par des indépendantistes cabindais alors qu'elle se rendait à Cabinda pour la coupe d'Afrique des nations.

Un incident frontalier a lieu en : le 13, selon le Congo, des troupes angolaises pénètrent en territoire congolais et y capturent une quarantaine de soldats congolais ; elles occupent brièvement cinq villages. Selon l'Angola, ces soldats se seraient perdus et auraient pénétré son territoire. Un accord est trouvé le 18, et l'incident est considéré comme clos.

Notes et références

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