Guet-apens () est un film américain réalisé par Sam Peckinpah et sorti en 1972. Il s'agit d'une adaptation du roman éponyme de Jim Thompson publié en 1958 aux États-UnisLe roman est traduit en français sous le titre Le Lien conjugal dans la collection Série noire en 1959, multi-réédité par Gallimard et retraduit en 2012 sous le titre L'Échappée dans la collection Rivages/Noir.. C'est Steve McQueen qui incarne Doc McCoy, le personnage principal du film.

S'il rencontre des critiques plutôt négatives dans la presse à sa sortie, le film est un succès au box-office. Les critiques évolueront et finiront par réhabiliter le film au fil du temps.

Synopsis Carter “Doc” McCoy purge une peine de 10 ans dans un pénitencier du Texas pour vol à main armée. Quatre ans après le début de son incarcération, il se voit refuser la libération conditionnelle. Alors que sa femme Carol lui rend visite, il l'implore de passer un accord avec Jack Beynon, un homme d'affaires corrompu de San Antonio. Ce dernier use de son influence et obtient rapidement la libération de Doc. Mais en contrepartie, ce dernier doit participer à un braquage de banque avec deux hommes de main de Beynon, Rudy Butler et Frank Jackson, aidé par sa femme Carol. Le vol se déroule comme prévu jusqu'à ce que Frank tue un agent de sécurité.

Une fois le braquage commis, Rudy tue Frank. Peu après, il tente de tuer Doc mais ce dernier parvient à lui tirer dessus en premier et le laisse pour mort. McCoy s'aperçoit ensuite que Beynon veut le faire supprimer. Lors d'un face-à-face avec lui, Carol tire sur Beynon et le couple prend la fuite avec le butin. Toujours vivant, Rudy veut la peau de Doc et se lance à la poursuite du couple jusqu'à la frontière mexicaine.

Fiche technique

Titre : Guet-apens Titre original : Réalisation : Sam Peckinpah Scénario : Walter Hill, d'après le roman Le Lien conjugal () de Jim Thompson Photographie : Lucien Ballard Son : Richard Portman Montage : Consultant : Roger Spottiswoode Direction artistique : Angelo P. Graham et Ted Haworth Décors : George R. Nelson Musique : Quincy Jones Harmonica soliste : Toots Thielemans Production : David Foster et Mitchell Brower Sociétés de production : Solar Productions, Foster-Brower Productions et First Artists Société de distribution : Pays de production : Langues originales : anglais, espagnol Genre : Action et thriller Durée : 122 minutes Format : Couleurs (Technicolor) - 2.35 : 1 - 35 mm - son monophonique Dates de sortie : États-Unis : Canada : France : Belgique : Classification : États-Unis : PG. France : interdit aux moins de 12 ans. Affiche : René Ferracci (France)

Distribution Steve McQueen (VF : Jacques Thébault) : Carter « Doc » McCoy Ali MacGraw (VF : Anne Rochant) : Carol McCoy Ben Johnson (VF : Claude Bertrand) : Jack Beynon Al Lettieri (VF : Henry Djanik) : Rudy Butler Sally Struthers (VF : Laurence Badie) : Fran Clinton : Harold Clinton Bo Hopkins (VF : Jean-Pierre Duclos) : Frank Jackson Richard Bright (VF : Albert Augier) : le voleur à la gare John Bryson : le comptable, frère de Beynon Dub Taylor (VF : Henri Labussière) : Laughlin Roy Jenson (VF : Jean Berger) : Cully Slim Pickens (VF : Henri Virlojeux) : le vieux cow-boy : l'employé du vieux cowboy O. S. Savage (VF : Raoul Delfosse) : le chef de la police : le garde de la banque Hal Smith (non crédité) (VF : Jacques Deschamps) : l'annonceur radio (voix) Source et légende : Version française (VF) sur Voxofilm« Fiche du doublage français du film » sur Voxofilm, consulté le 2 février 2014

Production Genèse et développement Alors que Steve McQueen tourne Le Mans (1971), le producteur David Foster acquiert les droits du roman de Jim Thompson. Il envoie en urgence une copie du roman à l'acteur qui est séduit par le rôle de Doc McCoy. À la recherche d'un réalisateur, David Foster imagine Peter BogdanovichSecrets de tournage - Allociné. Son agent, Jeff Berg, organise alors une projection privée de son dernier long métrage, La Dernière Séance (1971). David Foster et Steve McQueen sont satisfaits et l'engagent. Cependant, la Warner Bros. vient de lui proposer de mettre en scène On s'fait la valise, docteur ? (1972), dont la production doit commencer rapidement. Alors que Peter Bogdanovich veut réaliser les deux films, le studio refuse. Furieux, Steve McQueen décide de chercher un autre réalisateur. Satisfait de son expérience lors du tournage de Junior Bonner, le dernier bagarreur (1972), il décide de faire appel à Sam Peckinpah, malgré l'échec commercial de ce dernier. Tout comme l'acteur, Sam Peckinpah a alors besoin de renouer avec le succès. De plus, le cinéaste avait déjà lu le roman original et avait voulu l'adapter au début de sa carrière .

À cette époque, Sam Peckinpah tente de monter son projet L'Empereur du Nord. Il a alors un accord avec Robert Evans de Paramount Pictures pour faire ce film s'il réalise également Guet-apens. Finalement un conflit financier avec les producteurs provoque le départ de la Paramount. Le film est finalement développé avec .

Écriture Pour l'écriture du script, Steve McQueen et David Foster engagent l'écrivain Jim Thompson pour adapter son propre roman. Il travaille pendant environ quatre mois et procède à plusieurs changements par rapport à son œuvre originale. Son script inclut notamment une fin surréaliste à El Rey, ville mexicaine fictive remplie de criminels. Steve McQueen n'est pas satisfait de cette fin qu'il juge déprimante et fait engager le jeune Walter Hill. Il est recommandé par , épouse de Peter Bogdanovich, qui avait été séduite par son travail sur le film Requiem pour des gangsters (1972). Walter Hill est engagé alors que Peter Bogdanovich souhaite en faire un thriller à la manière d'Alfred Hitchcock. Alors qu'il a écrit une vingtaine de pages, Steve McQueen renvoie le réalisateur. Walter Hill achève son script en six semaines, alors que Sam Peckinpah est engagé pour réaliser le film.

Sam Peckinpah lit l'ébauche de Walter Hill et demande quelques modifications. Le scénario raconte . Walter Hill déclare à propos du roman :

Attribution des rôles Lorsque Peter Bogdanovich était lié au film comme réalisateur, sa petite amie de l'époque Cybill Shepherd était pressentie pour le rôle de Carol McCoy. Le réalisateur voulait l'associer à Ryan O'Neal

À son arrivée sur le film, Sam Peckinpah souhaite engager Stella Stevens qu'il a dirigée dans Un nommé Cable Hogue (1970). Il pense également à Angie Dickinson et Dyan Cannon comme possibles alternatives. Le producteur David Foster suggère Ali MacGraw, actrice en vogue après le succès récent de Love Story (1970). Elle est alors mariée au producteur Robert Evans qui veut lui éviter d'être cataloguée dans les rôles sexy. David Foster explique que l'actrice avait peur de Steve McQueen et Sam Peckinpah et de leur réputation de . Finalement, le courant passe très bien entre les deux acteurs.

Sam Peckinpah voulait Jack Palance pour incarner Rudy Butler mais il demandait un salaire trop élevé. Après l'avoir vu dans Panique à Needle Park (1971), le scénariste Walter Hill recommande Richard Bright L'acteur avait travaillé avec Steve McQueen quelques années auparavant, mais il n'avait pas le physique menaçant que McQueen voulait pour le rôle de Butler. Par amitié pour Richard Bright, Sam Peckinpah lui offre le petit rôle d'un escroc. Albert S. Ruddy suggère alors à Sam Peckinpah de choisir Al Lettieri, qui a joué dans Le Parrain (1972).

Tournage thumb|Le pénitencier de Huntsville Le tournage débute à Huntsville au Texas le . Les scènes à la prison sont filmées au pénitencier de Huntsville. Les prises de vues se déroulent également dans d'autres villes texanes comme San Marcos, San Antonio et El Paso.

Le tournage est marqué par le début de la relation amoureuse entre Steven McQueen et Ali MacGraw. Elle quitte alors le producteur Robert Evans. Producteur de Guet-apens, David Foster voit d'un mauvais œil cette relation et l'impact négatif qu'elle pourrait avoir sur le reste du tournage. Par ailleurs, l'alcoolisme de Sam Peckinpah prend des proportions importantes lors du tournage. Il aurait déclaré Le metteur en scène aura également plusieurs disputes avec son acteur principal : De plus, Sam Peckinpah sera très frustré que Steve McQueen ait obtenu le privilège du final cut auprès du distributeur First Artists.

Musique Jerry Fielding, collaborateur de longue date de Sam Peckinpah, est initialement engagé pour composer la musique du film. Cependant, après une projection test, Steve McQueen n'est pas satisfait du résultat et pousse pour faire engager Quincy Jones. Ce dernier se tourne vers un style plus jazzy et fait appel à l'harmoniciste Toots Thielemans et au chanteur Don Elliott. Sam Peckinpah sera très mécontent de ce changement de compositeur et le fera savoir dans une pleine page parue dans Daily Variety le dans laquelle il remercie Jerry Fielding pour son travail. Ils collaboreront à nouveau à deux reprises, pour Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia (1974) et Tueur d'élite (1975). Quant à Quincy Jones, il recevra une nomination au Golden Globe de la meilleure musique de film.

Sortie et accueil Critique Les critiques sont initialement négatives envers le film. Vincent Canby du New York Times décrit un film Dans le Chicago Sun-Times, Roger Ebert le note 2 sur 4 et écrit notamment que l'histoire était artificielle comme Pauline Kael déclaré que la relation à l'écran entre McQueen et MacGraw laisse beaucoup à désirer. Avec le recul, la célèbre critique du New Yorker qualifie Ali MacGraw d'actrice bien pire que Candice Bergen. Jay Cocks du Time pense que Sam Peckinpah même s'il voit dans le film . Kathleen Carroll du New York Daily News dénonce un film

Dans Chicago Tribune, Gene Siskel donne la note de 3,5/4 et compare le film à Bonnie et Clyde (1967) Siskel, Gene (December 22, 1972). "Escapism is in season over on State Street". Chicago Tribune. Section 2, .. du magazine The New Republic écrit

Des années après la sortie, le film sera globalement réévalué par la critique et la presse spécialisée. Dennis Schwartz of Ozus World Movie Reviews lui donne un B. Il souligne la qualité des scènes d'action et parle d'un . Newell Todd du site CHUD.com lui donne la note de et précise que c'est Casey Broadwater de Blu-ray.com décrit un .

Sur l’agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, il obtient 86% d'avis favorables pour 22 critiques et une note moyenne de . Le consensus suivant résume les critiques compilées par le site : . Le site classe par ailleurs le film à la places des 75 meilleurs films de casse de tous les temps. Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de pour 8 critiques.

En 2010, The Playlist classe le film dans sa liste des 25 meilleurs films de braquage de tous les temps et évoque

Box-office Le film est l'un des gros succès commerciaux de 1972. Fin 1973, il totalise au box-office. Il totalise plus de 36 millions de dollars rien qu'aux États-Unis. En France, le film enregistre 1,3 million d'entrées.

Autour du film Remake : Guet-apens (1994) de Roger Donaldson avec Alec Baldwin et Kim Basinger. Clin d'œil : la station de radio dans le restaurant s'appelle WHIL, une référence au scénariste du film Walter Hill.

Distinctions

Récompense Motion Picture Sound Editors Awards 1973 : meilleur montage sonore

Nominations Golden Globes 1973 : meilleure musique de film pour Quincy Jones

Notes et références

Annexes Bibliographie

Articles connexes Guet-apens, autre adaptation du roman

Liens externes

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