Le Prix Jeunesse était un prix destiné à récompenser une œuvre de littérature pour la jeunesse. Il fut créé en 1934 par Michel Bourrelier (1900-1983), fondateur en 1931 de la maison d'édition BourrelierD'après l'hommage funèbre de . Il ne fut plus remis après 1972.

Historique

Décerné sur manuscrit, avec engagement de publication, il s'agissait du premier prix littéraire consacré aux livres pour enfants. Son but initial était de « donner un nouvel essor à la littérature pour les enfants, de langue française, qui ne semble pas encore avoir atteint son plein développement ». Les ouvrages candidats devaient comporter environ signes et s'adresser à des enfants d'un âge compris « entre 7 et 14 ans, environ ». Les auteurs devaient « s'abstenir de toute incursion dans le domaine politique ou religieux »Janine Despinette, La littérature pour la jeunesse dans le monde, ses prix littéraires et leur finalité, Enfance n° 3-4 (1984). Persée.

Le jury était composé de 14 membres permanents. Le jury initial comprenaitDès 1936 entrèrent dans le jury Marguerite Gruny, bibliothécaire de L'Heure joyeuse, et Jacqueline Dreyfus-Weil, ancienne stagiaire de cette même bibliothèque (qui devait mourir en déportation à Auschwitz). : Paul Hazard, président Charles ab der Halden Albert Châtelet Alice Coirault (1876-1954), inspectrice générale des écoles maternelles Georges Duhamel Paul Fort P. Gautier, chef de bureau à la Direction de l'enseignement primaire Armand Got Mathilde Leriche, secrétaire du prix Adolphe MironneauAuteur de plusieurs recueils de lecture pour l'école primaire. Simonne Ratel Marcelle Tinayre Charles Vildrac Michel Bourrelier

À l'origine, le prix se répartissait entre un prix indivisible de francs de l'époque et un deuxième prix divisible de francs. Le lauréat était publié dans l'une des collections Primevère ou Marjolaine des Éditions Bourrelier. Le prix pouvait ne pas être décerné une année si le jury n'avait trouvé « aucun manuscrit qui en fût digne ».

Le Prix Jeunesse fut attribué pour la première fois en 1935 à Marie Colmont, alors inconnue. Le titre du livre, Rossignol des neiges, fut proposé par Charles ab der Halden. L'œuvre fut saluée dans des journaux très divers.

L'activité du Prix Jeunesse fut interrompue pendant la Seconde Guerre mondiale, pour éviter une récupération par le gouvernement de Vichy. En 1945, Georges Duhamel prit la présidence du jury, Paul Hazard étant décédé en 1944. Charles Vildrac lui succédera ensuite jusqu'à sa mort en 1971. Devaient également entrer dans le jury, de 1948 à 1962, entre autres : Claude Aveline, Pierre Menanteau, Marie-Aimée Niox-Château, Natha Caputo, Paul Vialar, Maurice Genevoix et Claude Santelli.

En 1963, les Éditions Bourrelier ayant fusionné avec la Librairie Armand Colin, le prix fut décerné au siège de cette dernière maison d'édition.

En 1967, les collections Marjolaine, Primevère et L'Alouette ayant cessé de paraîtreLa collection Heures enchantées, créée en 1946 et réservée aux contes, n'avait duré que quelques années. Elle fut remplacée en 1956 par la collection L'Alouette., Michel Bourrelier transmit le Prix Jeunesse aux Éditions de l'Amitié - G.T. RageotMaison d'édition fondée en 1941 par Tatiana et Georges Rageot, qui avaient d'abord créé la collection Heures joyeuses. Source : Raymond Perrin, Un siècle de fictions pour les 8 à 15 ans (1901-2000), L'Harmattan, éd.2005. et diffusées par la Librairie Hatier. Le Prix devait cesser définitivement son activité en 1972.

Liste des lauréats

Prix édités par les éditions Bourrelier

1934 : non attribué ; ouvrages désignés par le jury pour être édités aux Éd. Bourrelier : Ellen Lombard, Olof et Gertie Marcelle Vigneron-Vérité, Pimprenelle et Mafouinette Léonce Bourliaguet, Quatre du cours moyen Maurice Carême, Le Royaume des fleurs 1935 : Marie Colmont pour Rossignol des neiges : César SantelliNé le 2 décembre 1889 à Corte, mort le 25 décembre 1971 à Paris. Agrégé d'allemand, inspecteur d'académie, conseiller culturel en Allemagne après la guerre. Chargé des relations internationales auprès du ministre de l'Éducation nationale jusqu'à 1961. A publié des romans, des pièces de théâtre pour la radio-télévision, des traductions de l'allemand, des manuels scolaires, et trois livres pour enfants, dont l'Escabeau volant. Père du réalisateur de films Claude Santelli. pour L'Escabeau volant ; Andrée Martignon pour Jean des villes et Jean des champs 1936 : non attribué 1937 : Georges Nigremont pour Jeantou, le maçon creusois : Nanine GrünerNée le 7 novembre 1907 à Montceau-les-Mines, morte en déportation en février 1945 à Ravensbrück. Son vrai prénom est Jacqueline. Secrétaire de l'avocate Lucile Tinayre, pigiste pour différents journaux (elle signe parfois Marise Willm, du nom de sa mère). A publié quelques romans avant son arrestation par les Allemands, le 25 mars 1944, avec son père et sa sœur, également décédés en déportation. pour Isabelle et la Porte jaune, Marcelle Vérité pour Mipe, ses amis et ses bêtes 1938 : non attribué 1939 : Colette Vivier pour La Maison des petits bonheurs 1940-1944 : non attribué 1945 : Alice Piguet pour Thérèse et le jardin 1946 : non attribué 1947 : Jean BosshardNé le 8 octobre 1900 à Bordeaux, mort le 16 mars 1985. Son père, Auguste Bosshard, était suisse. Élevé en Algérie, a vécu en Afrique (Sénégal, Égypte). Avocat et contrôleur des émissions à Radio-Dakar. Rentré en France en 1959, avocat à Corbeil et Créteil. Outre ce recueil pour petits enfants, n'a écrit que deux livres pour adultes. pour Le Marchand de sable attendra 1948 : Léone MahlerNée le 18 avril 1899 à Paris, décédée le ? . Institutrice à Rueil-Malmaison, puis au Bas-Meudon. Critique de théâtre et de cinéma. A également publié deux romans historiques situés au Moyen Âge. pour Le Secret de l'Île d'or 1949 : non attribué 1950 : René Guillot pour Sama, prince des éléphants 1951 : non attribué 1952 : Andrée Clair pour Moudaïna 1953 : Louis Delluc pour Le Mousse de la Nina 1954 : Robert Teldy-NaïmNé le 16 juillet 1901 à Turin, mort le 31 janvier 1981 à La Celle-Saint-Cloud. De son vrai nom Roberto Naïm, signe aussi Robert Tescher. Résistant, époux de Marianne Monestier, a longtemps séjourné aux États-Unis. Auteur de romans, de traductions, et de trois autres ouvrages pour enfants (1956, 1958, 1966). pour Sept soleils sur la neige 1955 : Claire AudrixDe son vrai nom Charlotte Absalon, née en Dordogne, enseignante. et Christian FontugneVéritable prénom : Christian. Né le 23 novembre 1905 à Paris, décès : ? Enseignant et directeur d'école. Auteur de la série Pierre et Françoise, illustrée par l'auteur (Impr. Chaix). pour Nic et Nick 1956 : Jeanne LoisyNée le 30 août 1913 à Bantanges. Professeur de lettres, a enseigné au lycée d'Aubenas de 1942 à 1972. A publié plusieurs romans chez Julliard. Ouvrage également primé par le jury Andersen en 1958. pour Le Secret de Don Tiburcio 1957 : Aimée CollongesNée le 15 juin 1913 à Paris, de son vrai nom Aimée Coffinet. Professeur, a vécu 8 ans en Uruguay. Installée en Suisse en 1953. pour L'étrange famille de la pampa 1958 : Étienne Cattin pour Rat-blanc et son chauffeur 1959 : Simone Martin-ChauffierNée Simone Duval le 29 août 1902 à Brest, morte le 24 mars 1975 à Paris. Épouse en 1921 l'écrivain et journaliste Louis Martin-Chauffier. Résistante, traductrice. A publié deux romans autobiographiques chez Julliard, mais pas d'autre œuvre pour la jeunesse. pour L'Autre chez les corsaires 1960 : Gine Victor pour Va-comme-le-vent, cheval mongol 1961 : Pierre Gamarra pour L'Aventure du Serpent à plumes 1962 : Magda ContinoNée le : ? , décédée le 21 mars 1965. Originaire du Sud-Ouest, née Marie-Madeleine Blanche Georgette Lavergne. Épouse de l'auteur dramatique E. Contino. Journaliste et reporter, a publié une cinquantaine de romans sentimentaux. Ce titre est le seul qu'elle ait publié pour les enfants. pour Le Mystère de l'Ancre coralline 1963 : May d'Alençon pour Renard roux 1964 : Jacqueline VerlyNée à Mulhouse, réside à Paris de 1930 à 1945. Épouse de Léon Lang. Dessinatrice et romancière. A reçu le prix Erckmann-Chatrian en 1976 pour Les loupiots du Haut-Ravin. A publié plusieurs œuvres pour la jeunesse illustrées par elle-même. pour Sur la route des Bohémiens 1965 : Nicole LesueurNée le 11 juillet 1936 à Pont-Sainte-Maxence. Enseignante. Plusieurs œuvres pour la jeunesse publiées. pour Le Secret du ballon jaune

Prix édités par les Éditions de l'Amitié

1968 : Jacqueline Cervon pour L'Aiglon d'Ouarzazate 1969 : non attribué 1970 : Michel-Aimé Baudouy pour Alerte sur le Roc Blanc 1971 : Pierre Pelot pour L'unique rebelle 1972 : Nicole VidalNée le 16 mai 1928 à Hanoï, sa famille doit se réfugier en Chine, puis en Inde et au Liban. Elle vit aussi en Égypte de 1945 à 1949. Elle situe souvent ses romans pour enfants dans les pays où elle a vécu. Elle est aussi l'autrice de nombreux romans pour adultes comme pour enfants, qui lui ont valu plusieurs prix. pour La Conspiration des parasols

Sources

Mathilde Leriche, « Le Prix Jeunesse : histoire d'un prix littéraire pour enfants », in 50 ans de littérature de jeunesse, Magnard - L'École, 1979. Paul Hazard, préface à Rossignol des neiges de Marie Colmont. (Notes biographiques) :

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Liste des prix littéraires français Liste de prix littéraires

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