Le Parrain () est un film de gangsters américain réalisé par Francis Ford Coppola et sorti en 1972.
Produit par les studios Paramount, le film est l'adaptation du roman du même nom (1969) écrit par le romancier Mario Puzo. L'histoire se déroule à New York sur une période allant de 1945 à 1955, et raconte les luttes de pouvoir au sein de la mafia américaine new-yorkaise, avec pour protagoniste principal la famille Corleone, l'une des cinq familles mafieuses de la ville, menée par son patriarche, Don Vito Corleone dit le « Parrain » (Marlon Brando), un personnage puissant et influent. Son plus jeune fils, Michael Corleone (Al Pacino), qui souhaitait initialement rester en dehors des activités criminelles de sa famille, se voit contraint d'en devenir le membre le plus important et le plus impitoyable à la suite d'un enchaînement de circonstances tragiques, qui débutent quand son père est victime d'une attaque orchestrée par une famille mafieuse rivale.
Le Parrain est considéré comme l'un des plus grands films du cinéma mondial « The Godfather (1972) », the-numbers.com. et l'un des plus influents, spécialement dans le genre des films de gangsters « The Mafia in Popular Culture », History.. Il est classé à la deuxième place des meilleurs films du cinéma nord-américain par l'American Film Institute (AFI), derrière Citizen Kane.. En 1990, il est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis, en raison de son intérêt « culturel, historique ou esthétique important » « Brief Descriptions and Expanded Essays of National Film Registry Titles », Bibliothèque du Congrès.. Le film remporte de nombreuses récompenses, notamment trois Oscars dans les catégories meilleur film, meilleur acteur (Marlon Brando, qui le refusa) et meilleur scénario adapté (Puzo et Coppola). Il reçoit aussi sept nominations dans d'autres catégories, incluant les acteurs Al Pacino, James Caan et Robert Duvall pour l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle, et Francis Ford Coppola pour celui du meilleur réalisateur.
Deux suites au Parrain voient le jour, toujours réalisées par Coppola : Le Parrain, (1974) et Le Parrain, (1990).
Synopsis vignette|redresse|Marlon Brando dans le rôle de Don Vito Corleone alors qu'il reçoit dans son bureau, le jour du mariage de sa fille Connie, un de ses invités, Amerigo Bonasera.
À la fin de l’été 1945, dans sa résidence de Long Island dans l’État de New York, Don Vito Corleone, surnommé le « Parrain », est le chef de la famille Corleone, une organisation criminelle appartenant à la mafia américaine. Entouré de toute sa famille et d'invités, le Don organise chez lui le mariage de sa fille Constanzia (dite « Connie ») à Carlo Rizzi, un des bookmaker de la « famille » Corleone.
Conformément à la tradition, aucun Sicilien ne peut refuser de rendre un service le jour du mariage de sa fille. Ainsi, Don Corleone reçoit tour à tour dans son bureau plusieurs personnes cherchant à obtenir ses faveurs, en compagnie de son fils aîné Santino (dit « Sonny ») et de son fils adoptif l'avocat Tom HagenTom Hagen, jadis un enfant des rues germano-irlandais a été recueilli par Don Corleone et élevé comme l'un de ses propre fils ; il est par la suite devenu le consigliere (conseiller) de la famille. qui est aussi le consigliere (conseiller) de la famille Corleone.
Le Don accueille tout d'abord Amerigo Bonasera, un entrepreneur de pompes funèbres d'origine italienne qui demande au Don de venger sa fille, battue par des brutes et à qui les tribunaux américains n'ont pas donné justice. Cependant, en voyant le peu de respect que Bonasera lui accorde, celui-ci lui proposant même de le payer pour son aide, le Don refuse dans un premier temps d'accéder à sa demande. Cherchant à le vassaliser par une dette morale, le Don obtient de Bonasera son allégeance après lui avoir fait remarquer son manque de respect et lui avoir dit que son affaire aurait été vite réglée s'il s'était adressé à lui en premier. Quand Bonasera finit par lui baiser la main en l'appelant par son titre de « Parrain », Don Corleone accepte de lui rendre ce service comme un « cadeau », non sans lui rappeler qu'il pourra, un jour peut-être, lui demander un service en retour. Bonasera parti, le Don confie l'affaire à l'un de ses caporegimes (lieutenants), Peter « Pete » Clemenza (qui la fera exécuter par son sous-fifre, Paulie Gatto).
Peu après, le Don reçoit son filleul Johnny Fontane, un crooner sur le déclin, qui vient le voir afin de profiter de son influence pour faire carrière dans le cinéma à Hollywood. Alors que Johnny cherche à obtenir un rôle dans un film, pour lequel il « serait parfait », le producteur du film, Jack Woltz, refuse de l'engager en raison de désaccords et du comportement déplacé de Fontane envers une jeune actrice débutante, que Woltz convoitait pour lui-même. Le Don, tout en réprimandant Johnny pour sa geignardise, lui affirme que l'affaire sera vite réglée et qu'il va faire au producteur « une offre qu’il ne pourra pas refuser ».
Par la suite, le Don reçoit le pâtissier Nazorine, qui cherche à obtenir la nationalité américaine pour son apprenti, Enzo, menacé d'être renvoyé en Italie ; le Don promet de s'en occuper. Enfin, il accueille un de ses hommes de main, Luca Brasi qui, avec des propos hésitants, remercie le Don de l'avoir invité à la noce et souhaite ses meilleurs vœux aux nouveaux mariés.
Pendant le mariage, le plus jeune fils du Don, Michael Corleone, de retour de la Seconde Guerre mondiale en héros médaillé, explique à sa petite amie Kay (qui ignore tout des règles et pratiques propres au milieu mafieux) les méthodes violentes auxquelles son père fait appel pour gérer ses affaires, mais précise qu'il est déterminé à rester à l'écart des activités criminelles de sa famille. Le deuxième fils du Don, Fredo, participe aussi à la noce.
Le soir même, Tom Hagen se rend à Hollywood afin de persuader Jack Woltz de choisir Johnny Fontane dans son prochain film. D'abord refoulé par le réalisateur lorsqu'il se présente sur son plateau de tournage, il est finalement invité à dîner dans sa luxueuse propriété lorsque le producteur apprend qu'il travaille pour Don Corleone. Avant le repas, Woltz présente à son invité Khartoum, le cheval de course qu'il vient d'acquérir pour . Mais, au cours du dîner, Woltz lui annonce sans ménagement son refus d'engager Fontane, bien qu'il sache pertinemment que Johnny serait parfait pour ce rôle. Woltz porte en effet une haine féroce à Johnny depuis que celui-ci a mis enceinte la jeune actrice prometteuse que Woltz formait depuis sa jeunesse. Tom s'en va sans faire d’esclandre, indiquant à Woltz que Don Corleone aime être informé rapidement des mauvaises nouvelles. Au petit matin, Woltz se réveille dans sa chambre et découvre avec horreur la tête décapitée de Khartoum dans son lit, baignant dans son sang. On apprendra plus tard dans le film que Johnny Fontane a été engagé par Woltz pour son film.
Par la suite, Don Corleone est approché par Virgil Sollozzo (dit « le Turc »), un mafieux sicilien qui possède des champs de pavot en Turquie, ainsi que des laboratoires clandestins pour transformer le pavot en héroïne. Sollozzo tente d'installer à New York ce nouveau marché, très lucratif. Avant l'entrevue, Sonny et Tom manifestent au Don leur envie d'entrer dans ce marché. Selon eux, si le Don refuse, les ressources financières que les autres familles mafieuses de New York obtiendront grâce au trafic leur permettront de corrompre plus de juges et de policiers qu'eux et, en définitive, de les marginaliser. Le Don accepte de rencontrer Sollozzo.
Lors de la rencontre, qui a lieu dans les bureaux new-yorkais de Don Corleone (au sein de l'entreprise Genco, utilisée par le Don pour ses affaires légales d’importation d'huile d'olive), le Don écoute la proposition que lui fait Sollozzo. Celui-ci, allié à la famille Tattaglia (comme l'a découvert Tom) cherche une protection juridique et politique, ainsi qu'un investissement d'un million de dollars en liquide pour développer son trafic, en contrepartie d'un pourcentage sur la vente d’héroïne. Mais Don Corleone, inquiet de l’image qu’il donnerait à ses amis politiciens et aux juges et policiers qu'il soudoie s'il était lié à un trafic de drogue, décline poliment l'offre de Sollozzo et lui explique pourquoi. Il lui indique qu'il préfère se concentrer sur ses activités habituelles, à savoir les jeux d’argent clandestins et la prostitution (des « péchés véniels » selon le Don), mieux tolérées que le trafic de drogue. Il souhaite néanmoins bonne chance à Sollozzo, son activité n'entrant pas en conflit avec les siennes.
Après la rencontre, le Don réprimande Sonny pour avoir fait état de son intérêt devant Sollozzo, quand celui-ci aurait dû au contraire se taire et écouter, pour voir comment son père traite ses affaires. Le Don appelle ensuite Luca Brasi (un de ses hommes de main les plus fidèles et dangereux) et le charge d'obtenir des informations sur la famille Tattaglia. Brasi, sur ordre du Don, doit faire croire qu'il est insatisfait et qu'il veut changer de famille. Cependant, il finit assassiné par Sollozzo et ses sbires dans un bar de Bruno Tattaglia, le fils de Don Tattaglia.
Plus tard, alors qu'il se trouve encore dans les bureaux de son entreprise, accompagné de son fils Fredo (qui remplace Paulie Gatto comme chauffeur, celui-ci étant souffrant) et se prépare à retourner chez lui à Long Isand, Don Corleone est victime d'une tentative d’assassinat orchestrée par Virgil Sollozzo. Alors qu'il achète des oranges à un commerçant de rue, il est attaqué au revolver par deux hommes inconnus. Atteint de cinq balles, le Don survit miraculeusement mais se retrouve dans un état critique. Fredo, stupéfié, n'a rien pu faire pour le protéger.
Un peu avant l'attaque, Sollozzo, pensant que le Don ne survivra pas, a fait enlever Tom Hagen. Il souhaite que l'avocat transmette à Sonny (désormais à la tête de la famille Corleone, en tant que fils aîné) une nouvelle offre au sujet du trafic d’héroïne. Cependant, après la tentative d’assassinat de son père, Sonny refuse de considérer l’offre de Sollozzo, préférant attendre les informations obtenues par Luca Brasi. Mais lorsqu’un paquet, contenant un poisson mort enroulé dans le gilet pare-balles de Brasi, est livré chez les Corleone, Sonny comprend que l'homme de main a échoué : ce message, traditionnellement utilisé par la mafia calabraise, signifie que Brasi « dort avec les poissons ». Sonny se prépare alors à une guerre totale contre les quatre autres familles de la ville. Il ordonne ensuite à Clemenza de tuer Paulie Gatto, convaincu que c'est lui qui a trahi son père.
Michael Corleone, ne participant pas aux affaires illégales de la famille et menant une vie à part avec Kay à New York, découvre par hasard en lisant le journal que son père a été victime d'une tentative de meurtre et qu'il est présumé mort. Après avoir rejoint son frère à la demeure familiale, il se rend à l’hôpital où son père a été amené. Mais, à peine arrivé, il ne trouve ni policier ni garde du corps auprès de son père : ceux-ci ont tous été arrêtés ou déplacés par la police. Michael comprend alors que son père est en danger. Avec l’aide d’une infirmière, il déplace le lit de son père vers une autre chambre. Le Don, très affaibli mais conscient, verse une larme quand son fils lui assure qu'il va veiller sur lui. Michael appelle ensuite Sonny au téléphone pour le prévenir de la situation et demander des renforts. Enfin, il enrôle un innocent boulanger italien, Enzo, venu présenter ses respects à son père (qui l'a aidé à obtenir la nationalité américaine) pour simuler la présence de gardes du corps devant l'hôpital. Peu après, une voiture chargée d'hommes à l’allure menaçante arrive et s'arrête un instant devant eux, avant de repartir en voyant Michael mettre la main à l'intérieur de son manteau comme s'il s'apprêtait à dégainer une arme.