Jean-Pascal van Ypersele de Strihou C.M.W., né à Bruxelles en le , docteur en sciences physiques de l'UCLouvain (1986) est un climatologue belge, professeur ordinaire de climatologie et de sciences de l'environnement à l'UCLouvain. Ancien vice-président du GIEC (IPCC en anglais), il est partisan de l'atténuation du changement climatique au moyen d'une forte réduction des émissions dues aux combustibles fossiles.
Biographie Jeunesse Van Ypersele est né à Bruxelles le . Il est l'arrière-petit-fils de Henry Carton de Wiart, ancien Premier ministre et plusieurs fois ministre.. Il est aussi le neveu de Jacques van Ypersele de Strihou ancien chef de cabinet du roi Baudouin et du roi .
Dès son jeune âge, il s’est intéressé à l'astronomie. À l’âge de dix ans, il construisait ses premiers télescopes avec des morceaux de gouttière et des lentilles obtenues chez des opticiens bruxellois. A douze ans, il était lecteur assidu de Sky & Telescope Une vie au cœur des turbulences climatiques, Entretien avec Jean-Pascal van Ypersele, Philippe Lamotte, Thierry Libaert, Jean-Pascal van Ypersele, Postface de Brice Lalonde, Préface de Yann Arthus-Bertrand, Bruxelles, De Boeck supérieur, 2015, 128 p.. En 1971, il devient secrétaire du club amateur Cercle Astronomique de Bruxelles, ce qui le met en contact avec des astronomes professionnels. Le , il fait partie d'une équipe internationale d’astronomes, partis au Kenya pour observer la plus longue éclipse solaire du .
Études Licence en physique à l’UCLouvain Stage consacré au climat et à la désertification à Nairobi au Programme des Nations unies pour l'environnement (UNEP) Thèse de licence sur l’effet du sur le climat
Activités annexes comme étudiant Comme étudiant universitaire, van Ypersele a plusieurs engagements militants : il est membre d'Inter-Environnement, il était influencé par le contenu de la Conférence des Nations unies sur l'environnement de Stockholm de 1972, il est cofondateur de la section d'Amnesty International à Louvain-la-Neuve, il est membre du Mouvement des Jeunes pour la Paix, il milite contre l'apartheid en Afrique du Sud et contre l'extrême droite, et il organise une réunion entre les étudiants de l'UCLouvain et Claude Cheysson, Commissaire européen à la Coopération au Développement.
Carrière académique Sa recherche doctorale s'effectue dans le domaine de la climatologie. Sous l'impulsion du professeur André Berger, l’Institut d’astronomie et de géophysique Georges Lemaître de l'UCLouvain avait commencé à étudier les conséquences de l'augmentation de la concentration en gaz à effet de serre sur l'évolution du climat de la Terre.
Van Ypersele a obtenu le doctorat en physique à l'UCLouvain en 1986 (avec grande distinction), avec une thèse fondée sur son travail au National Center for Atmospheric Research (NCAR) (Boulder, États-Unis) sur l'effet du réchauffement climatique sur la calotte glaciaire. Le choix du National Center for Atmospheric Research (NCAR) s’explique par la multitude de moyens technologiques dont ce centre disposait déjà à l'époque. Au NCAR il travaillait avec le climatologue Stephen Schneider. Les promoteurs de son doctorat étaient André Berger (UCLouvain) et Albert SemtnerCV d’Albert J. Semtner sur le site de la Naval Postgraduate School http://faculty.nps.edu/vitae/cgi-bin/vita.cgi?p=display_vita&id=1023568044 (National Center for Atmospheric Research et Naval Postgraduate School aux États-Unis, l'un des développeurs du Modular Ocean Model).
Il est professeur ordinaire de climatologie et de sciences de l'environnement à l'université catholique de Louvain, membre du Centre de recherche sur la Terre et le climat Georges-Lemaître. Il a continué à se spécialiser dans la simulation numérique des changements climatiques dans une perspective interdisciplinaire, et a travaillé aux échelles globale et régionale. Il est particulièrement intéressé dans les effets des activités humaines sur le climat, l'impact de la variabilité et des changements climatiques sur les écosystèmes et sur les activités humaines, ainsi que l'adaptation et l'atténuation du changement climatiqueCV du Prof. Jean-Pascal van Ypersele sur le site du Parlement européen https://www.europarl.europa.eu/cmsdata/162007/CV_%20JPvanYpersele.pdf.
van Ypersele a publié des articles sur un vaste spectre de sujets, comprenant la modélisation de la glace de mer, les paléoclimats, le climat des s, les changements climatiques régionaux en Europe, au Groenland, et en Afrique, et les problèmes éthiques en lien avec les responsabilités du changement climatique.
Cours enseignés Jean-Pascal van Ypersele enseigne à l’université catholique de Louvain Climatologie Modélisation climatique Géographie mathématique Sciences de l'environnement
GIEC Années pionnières En 1979, dix ans avant l’établissement du GIEC, il participait, étudiant âgé de 22 ans à peine, à la Première Conférence mondiale sur le Climat à Genève, organisé par l’Organisation météorologique mondiale et les Nations unies.
En , il participe à sa première réunion du GIEC (le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, qui étudie les changements climatiques sur Terre) à Madrid, comme seul représentant belge. Il contribue à formuler une brève phrase qui est entrée dans les annales de l’organisation: Un ensemble de preuves suggèrent une influence humaine discernable sur le climat global. Cette prise de position est cruciale, comme elle suggère pour la première fois qu’un changement climatique est en route ; il est démontré et n'est plus une projection théorique du futur.
Sommets climatiques Il a développé ses qualités comme négociateur dans à peu près toutes les Conférences des Parties (COP) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, pendant plus de 20 ans. Lors de ces sommets climatiques, la délégation belge bénéficiait largement de l’avis scientifique et l’engagement de van Ypersele.
Jean-Pascal van Ypersele était l’un des auteurs principaux du Troisième rapport d'évaluation du GIEC en 2001.
Il a été élu membre du Bureau du GIEC en 2002.
Il a servi plusieurs fois comme réviseur pour les Rapports d'évaluation et les Rapports spéciaux du GIEC.
Il était membre du conseil de rédaction du Rapport de Synthèse du Cinquième rapport d’évaluation en 2014.
De 2008 à 2015, il était vice-président du GIEC.
En 2014, la Belgique a présenté la candidature de Jean-Pascal van Ypersele à la fonction de président du GIECLettre officielle de la Belgique en vue de la nomination de Jean-Pascal van Ypersele en tant que candidat à la présidence du GIEC., mais lors des élections en 2015 il n’a pas été élu.
Il reste membre actif du GIEC et contribue fortement au développement de son message scientifique, et à sa dissémination. Il a établi la Plateforme wallonne pour le GIEC, avec l’assistance du Gouvernement wallon en Belgique pour faciliter les contacts entre le GIEC, le monde scientifique, les politiciens et la société civile.. Il a été nommé par l’UNESCO pour faire partie d’un groupe d’experts) UNESCO : COMPOSITION DU GROUPE D’EXPERTS AD HOC (GEAH) POUR LA DECLARATION DE PRINCIPES ETHIQUES EN RAPPORT AVEC LE CHANGEMENT CLIMATIQUE chargé de rédiger la Déclaration de principes éthiques en rapport avec le changement climatique (approuvée par l’assemblée de l’UNESCO en ).. En 2016, le Secrétaire général des Nations unies le nommait membre d’un groupe de 15 scientifiques GSDR members, chargés de préparer le premier rapport mondial sur le développement durable Rapport mondial sur le développement durable 2019 - Communiqué de presse. En 2017, il était l’un des proches conseillers du Premier ministre des Fidji qui présidait la COP23 Fiji / Bonn Climate Change Conference 2017 - Highlights for Wednesday, 8 novembre 2017.
Il s’efforce à démontrer les activités des confondeurs climatiques et du lobby des combustibles fossilesClimate change “denial”, the role of climate confusers, and their evolving strategies: an introduction – Présentation devant le Parlement européen https://www.europarl.europa.eu/cmsdata/162142/Presentation%20Jean-Pascal%20van%20Ypersele%20.pdf.
Diplomatie et persuasion Van Ypersele se montre généralement patient et discret, mais intérieurement il peut bouillir, et, si nécessaire, défendre fermement son point de vue. Typiquement, dans des réunions publiques, il se lèvera et demandera la parole lorsqu’une personne qui nie le changement climatique crée la confusion. Il exposera son point de vue calmement et avec méthode, avec une mémoire profonde et panoramique pour les données importantes. Aux conférences des COP, il est connu pour sa ténacité.
Il participe à de nombreux évènements liés au changement climatique -en personne ou virtuellement - grâce à ses présentations et à son réseau, partout sur le globe. Un jour il est à Lima, Genève ou Marrakech ; le lendemain il peut parler à Bruxelles devant un auditoire rempli d’étudiants ou de syndicalistes. Deux jours plus tard il s’adresse aux cadres d’une banque multinationale, aux évêques européens ou un groupe de francs-maçons.
Candidature comme président du GIEC en 2015 En 2014, van Ypersele a été nommé par le gouvernement belge comme candidat à la présidence du GIEC pour remplacer Rajendra Pachauri Climate Politics: Does the IPCC Have a Future?, theguardian.com http://www.ipcc.ch/nominations/nominations/belgium.pdf Nomination by Belgium as a candidate to the position of Chair of the IPCCJean-Pascal van Ypersele - IPCC Candidature www.elic.ucl.ac.be/modx/jvp/ipcchttp://www.ipcc.ch/nominations/nominations/belgium.pdf Lettre officielle de la Belgique en vue de la nomination de Jean-Pascal van Ypersele en tant que candidat à la présidence du GIEC.
Pendant vingt mois, il a voyagé autour du monde pour présenter un programme élaboré aux décideurs, scientifiques, industriels et journalistes. Son but était d’augmenter l’influence du GIEC.
Lors de la assemblée plénière du GIEC tenue à Dubrovnik du 5 au , il n'a pas été élu. Malgré le support officiel du gouvernement belge, lors du deuxième tour, il a perdu contre Hoesung Lee avec 56 voix contre 78 Korea's Hoesung Lee named head of UN climate panel https://www.bbc.com/news/science-environment-34450051 The IPCC elects a new leadership team, carbonbrief.org.
Comme son mandat de vice-président était terminé, Jean-Pascal van Ypersele a quitté tout poste à responsabilité du GIEC mais s'est déclaré prêt à servir la communauté internationale d'autre manière.. Il continue à participer aux sessions plénières du GIEC en tant que représentant de la délégation belge.
Le , il annonce qu’il souhaite être à nouveau candidat à la présidence du GIEC."Les jeunes ont permis de remettre le climat au sommet de l'agenda", lalibre.be.
En , il échoue à nouveau à se faire élire.
Engagements sociétaux et missions publiques Il est membre depuis 1993 du Conseil fédéral du développement durable (CFDD)https://www.frdo-cfdd.be/fr CONSEIL FÉDÉRAL DU DÉVELOPPEMENT DURABLE (Belgique) et en préside depuis 1998 le groupe de travail « énergie et climat ». vignette|Jean-Pascal van Ypersele et Greta Thunberg à la COP24 à Katowice en 2018 De juillet à , il a été adviseur scientifique de la présidence belge du Conseil de l'Union européenne pour tout ce qui concerne le climat.
En 2005, il est nommé membre de la commission "Energie 2030" (qui conseille le gouvernement belge sur la transition énergétique).
De 2008 à 2011, il est président du comité scientifique de la plus grande exposition au monde (SOS-Planet) sur le changement climatique dans la gare de Liège-Guillemins..