Politique en Basse-Normandie.

Approche globale Une droite présente depuis longtemps

La Basse-Normandie, de par sa ruralité, est une terre de tradition conservatrice et légitimiste, où les notables sans étiquette joue une importance encore grande. La gauche n'est guère durablement représentée que dans les grands bassins ouvriers que sont Cherbourg et l'agglomération caennaise.

La droite, fortement ancrée dans cette région, est souvent largement dominante lors des élections, quelles qu'elles soient. On dit même, à tort, que Caen a toujours connu un maire de droite depuis Guillaume le Conquérant. Quelques barons locaux, aux premiers rangs desquels on trouve Michel d'Ornano, avec qui tous les leaders de la droite calvadosienne ont fait leur début, forgent durablement le paysage politique.

Lors des premières élections régionales au suffrage universel, la droite emporte la majorité absolue de 26 sièges sur 45. Malgré des divisions internes importantes, où l'on voit s'opposer le maire RPR du Mêle-sur-Sarthe Daniel Goulet et du maire UDF d'Athis-de-l'Orne Maurice Duron, la droite ne perd que deux sièges aux élections de 1992, alors que la gauche s'effondre en perdant 7 des 17 élus dont elle disposait, au profit du Front national qui passe de un à cinq sièges et des écologistes qui passent d'un à huit sièges.

Face à une gauche calvadosienne toujours plus divisée, mais qui retrouve son poids de 1986, la droite se maintient aux élections régionales de 1998, obtenant 35 % des suffrages ornais et calvadosiens et 34 % des voix manchoises, même si la liste de René Garrec perd la majorité absolue à l'Abbaye-aux-Dames. La présence des écologistes ne se réduit plus qu'au siège du manchois Didier Anger, alors que les frontistes gagnent encore un siège, et que le CPNT émerge avec 2 conseillers acquis à la majorité sortante.

Une gauche qui monte en puissance depuis peu En dépit d'un profil conservateur fortement ancré, la région est en proie aux mutations sociologiques nationales, qui voit le déclin de la population rurale et l'accroissement de la mobilité géographique qui font s'approcher les votes locaux des tendances nationales. Ainsi, si en 2001, Jean-Pierre Godefroy devient le premier sénateur bas-normand de gauche (Manche) depuis l'instauration de la Cinquième République, la première inversion politique se montra en 2004, lorsque le Conseil régional de Basse-Normandie bascula par surprise à gauche. À la faveur du passage au scrutin à deux tours, les forces de gauche unies au second tour battent de voix le président sortant UMP, handicapé, malgré la présence de seconds de poids à travers les anciens ministres Alain Lambert et Nicole Ameline, par son affrontement sur fond de réunification normande avec l'UDF Philippe Augier au premier tour et le maintien du FN au second, ne restant majoritaire que dans l'Orne.

Lors des législatives de 2007, la circonscription de Cherbourg et les deux circonscriptions de Caen (Caen-Ouest et Caen-Est) ont pris une étiquette socialiste, alors qu'en 2002 les 14 députés bas-normands étaient de droite, même si ces trois circonscriptions, avec trois autres, étaient déjà à gauche en législatives de 1997.

Lors du de l’élection présidentielle de 2007, les grandes villes et la majeure partie des villes moyennes (population supérieure à hab.) avaient davantage voté Ségolène Royal que Nicolas Sarkozy.

Cependant, lors des municipales et cantonales de 2008, le rapport gauche/droite reste plutôt stable. Mis à part Caen, qui bascule à gauche malgré une tradition séculaire d'une administration centriste ou conservatrice, les gains dans chaque camp s'équilibrent, et peu de changement de tête s'effectuent. On assiste à une forte prime aux sortants. En effet, malgré des votes largement en faveur de Ségolène Royal à la présidentielle dans leurs communes, François Digard (UMP) à Saint-Lô, Rodolphe Thomas (MoDem ex-UDF) à Hérouville Saint-Clair sont réélus en 2008. La droite, complétée par des élus sans étiquettes, reste dominante dans les conseils généraux, dirigés par les UMP Jean-François Le Grand, sénateur de la Manche, Alain Lambert sénateur de l'Orne et ancien ministre, et l'UDF Anne d'Ornano, veuve du ministre giscardien et président du conseil régional.

Malgré tout, à l'image d'Alençon, la gauche consolide ses positions auprès des populations urbaines (dix des 15 plus grosses villes bas-normandes sont désormais à gauche), mais la droite demeure largement majoritaire, à l'instar des trois conseils généraux dont les trois présidents de droite conservent leur place.

Cette percée aux municipales n'est pour autant pas suffisante pour que la gauche gagne un siège lors des sénatoriales de 2008 dans le Calvados. À l'issue du second tour, les trois sénateurs sortants sont réélus, Jean-Léonce Dupont avec 1035 voix (54,53 %), Ambroise Dupont avec 1014 voix (53,42 %) et par René Garrec avec 898 voix (47,31 %), ce dernier ne devançant que de 62 voix la candidate socialiste Clotilde Valter.

Le premier tour de l'élection présidentielle de 2012 confirme que l'électorat bas-normand demeure à droite, en mettant Nicolas Sarkozy en tête dans la Manche et l'Orne, mais aussi la différenciation entre un vote urbain, en faveur du Parti socialiste, et un vote rural, plus à droite. Pourtant, lors des législatives suivantes, 9 des 13 circonscriptions sont gagnées par la majorité présidentielle de gauche, dont, pour la première fois, la troisième circonscription de la Manche et la première circonscription de l'Orne, phénomène expliquée par la poussée régulière de la gauche dans la région et la vague rose suivant l'élection de François Hollande, mais aussi par des divisions dans la droite locale, notamment dans l'Orne et le Calvados. .

Des extrêmes présents Le FN n'est pas sous-représenté en Basse-Normandie (5 sièges sur 47 au conseil régional, soit plus de 10 % de l'effectif total). Cependant, au plus fort de la puissance du Front national, la Basse-Normandie, comme plus largement l'ouest de la France, a résisté plus que les autres régions aux tentations extrémistes, ne votant aux régionales de 1998 qu'à 11 % pour la liste Fernand Le Rachinel, conseiller général de la Manche, à cause selon ce dernier du poids des chasseurs. Le FN fait une percée lors de la présidentielle 2012, notamment dans le Bessin occidental, et dans l'Orne où elle emporte 20 % des suffrages.

Le PCF, avec 4 sièges sur 47, quasiment 9 % de l'effectif total des conseillers régionaux est également peu implanté, le cœur ouvrier bas-normand, notamment à Cherbourg, étant traditionnellement modéré.

Conseil régional de Basse-Normandie

Le dernier président du conseil régional fut Laurent Beauvais (PS).

Jusqu'au date à laquelle la Basse et la Haute-Normandie sont réunies pour former l'actuelle région de Normandie, il comporta 47 membres (22 pour le Calvados, 16 pour la Manche et 9 pour l'Orne) et siégea dans les anciens bâtiments conventuels de l'abbaye aux Dames à Caen.

Période Président du Conseil régional 2010 – 2015 Laurent Beauvais 2004 – 2010 Philippe Duron puis (2008) Laurent BeauvaisÀ la suite de l'élection en mars 2008 de Philippe Duron à la mairie de Caen, Laurent Beauvais est élu Président du Conseil régional. 1998 – 2004 René Garrec 1992 – 1998 René Garrec 1986 – 1992 René Garrec 1983 – 1986 Michel d'Ornano 1982 – 1983 Léon Jozeau-Marigné 1978 – 1982 Paul German 1974 – 1978 Léon Jozeau-Marigné 1974 Michel d'Ornano

Députés bas-normands La Basse-Normandie compte au total 14 circonscriptions (soit une moyenne de hab. par circonscription).

Traditionnellement bastions socialistes dans une région à droite, les circonscriptions de Caen et Cherbourg ont repris une étiquette socialiste aux législatives de 2007, perdue cinq ans auparavant, toutes les circonscriptions bas-normandes restant à droite.

Mis à part les pôles urbains qui sont majoritairement à gauche, le reste de la Basse-Normandie reste relativement ancrée à droite. Calvados 1 circonscription - Caen-Ouest - Caen-Est - Lisieux-Falaise - Trouville-sur-Mer-Deauville - Bayeux-Ouistreham - Vire Manche 1 circonscription - Saint-Lô - Avranches - Coutances - Valognes - Cherbourg Orne 1 circonscription - Alençon-La Ferté-Macé-Domfront - Mortagne-au-Perche-L'Aigle - Argentan-Flers

Circonscription Département Calvados Manche Orne Première Philippe Duron Philippe Gosselin Yves Deniaud Deuxième Laurence Dumont Guénhaël Huet Jean-Claude Lenoir Troisième Claude Leteurtre Alain Cousin Sylvia Bassot Quatrième Nicole Ameline Claude Gatignol Cinquième Jean-Marc Lefranc Bernard Cazeneuve Sixième Jean-Yves Cousin Aux législatives de 2007, trois circonscriptions sur 14 ont basculé à gauche.

Conseils généraux

Code Département Préfecture Population Superficie Président du conseil général Tendance politique 14 Calvados Caen hab. Anne d'Ornano Divers droite 50 Manche Saint-Lô hab. Jean-François Le Grand UMP 61 Orne Alençon hab. Alain Lambert UMP

Les trois conseils généraux sont à droite, avec la plupart du temps une belle majorité départementale.

La majeure partie des conseillers généraux appartiennent à l'UMP et à l'UDF, ainsi qu'une forte proportion de non inscrits favorables aux majorités départementales.

En ce qui concerne l'opposition, les conseillers généraux ayant une étiquette socialiste représentent la plupart du temps les cantons des villes moyennes et grandes.

Les conseillers généraux de droite sont souvent élus dans les cantons ruraux.

Pour obtenir une carte de la répartition géographique des conseillers généraux en Basse-Normandie, cliquez ici (site officiel de la Région).

Présidentielle de 2007 La présidentielle de 2007 a été marquée en Basse-Normandie par une nette domination de Nicolas Sarkozy sur Ségolène Royal, même parfois dans les villes moyennes (comme à Lisieux par exemple), représentatif de la terre bleue encore bien en place.

Nicolas Sarkozy était en tête dans les trois départements au aussi bien qu'au .

D'une façon générale, les résultats régionaux en Basse-Normandie coïncident plutôt bien avec les résultats nationaux (taux de participation cependant un peu plus élevé).

Résultats

Premier tourSecond tour Nombre % Inscrits Nombre % Inscrits Inscrits1 070 864100,00 %1 070 804100,00 % Abstentions147 60713,78 %153 33314,32 % Votants923 25786,22 %917 47185,68 % Premier tourSecond tour Nombre % Votants Nombre % Votants Blancs/Nuls14 2031,54 %39 0674,26 % Exprimés909 05498,46 %878 40495,74 % Premier tourSecond tour Nombre % Exprimés Nombre % Exprimés Nicolas Sarkozy280 39630,84 %476 25554,22 % Ségolène Royal209 00022,99 %402 14945,78 % François Bayrou183 91720,23 % Jean-Marie Le Pen88 3869,72 % Olivier Besancenot43 8964,83 % Philippe de Villiers25 6402,82 % Frédéric Nihous21 4072,35 % Arlette Laguiller14 6201,61 % Dominique Voynet14 3611,58 % José Bové13 1531,45 % Marie-George Buffet11 1971,23 % Gérard Schivardi3 0810,34 %

Municipalités

+ Les étiquettes de quinze principales villes bas-normandes Blason Ville Maire CouleurCaenJoël Bruneau (UMP) Cherbourg-OctevilleJean-Michel Houllegatte (PS)AlençonJoaquim Pueyo (PS)Hérouville-Saint-ClairRodolphe Thomas (MoDem)LisieuxBernard Aubril (UMP)Saint-LôFrançois Brière (UMP)Équeurdreville-HainnevilleBernard Cauvin (PS)TourlavilleGilbert Lepoittevin (PS)FlersYves Goasdoué (PS)ArgentanPierre Pavis (PS)BayeuxPatrick Gomont (Sans étiquette) (ex-UDF)MondevilleHélène Mialon-Burgat (PS)IfsMichel Patard-Legendre (UMP)VireMarc Andreu-Sabater (PRG)GranvilleDaniel Caruhel (DVG)

Sources Site du Ministère de l'Intérieur Site de la Région Basse-Normandie Pierre-Yves Lautrou, « [Une campagne pas si tranquille », L'Express, «  », Atlas politique

Voir aussi Basse-Normandie Conseil régional de Basse-Normandie

Notes et références

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