Vivendi est un groupe français spécialisé dans la production de contenus et le divertissement. Il succède à la Compagnie générale des eaux fondée par en 1853.

À l'origine spécialisé dans les services aux collectivités territoriales (eau, transport et environnement) sous le nom de Compagnie générale des eaux (parfois abrégé en « Générale des eaux » ou en CGE), le groupe s'est peu à peu renforcé, à la fin des années 1990, dans les nouvelles technologies sous la présidence de Jean-Marie Messier. Après avoir connu d'importantes difficultés entre 2002 et 2004, le groupe est rebaptisé Vivendi Universal en 2000 puis Vivendi en 2006, il s'est redressé et a repris les opérations de croissance externe pour renforcer ses positions. En 2024, Vivendi se scinde en quatre entités indépendantes cotées : Louis Hachette Group (édition et distribution), Canal+ (médias et télécommunications), Havas (communication) et Vivendi (divertissement et autres participations). Le groupe déclarait subir une décote de conglomérat « très élevée », de près de 45 % selon la banque Barclays.

Vivendi est présent dans l'industrie musicale avec une participation (10 %) dans (son principal actionnaire, la famille Bolloré, en détient 18 %), dans l'industrie vidéoludique avec l'éditeur français Gameloft (100 %), dans l'audiovisuel et la production avec Banijay (19,2 %), dans le groupe italien MediaForEurope (23,8 %) et le groupe espagnol Prisa (9,9 %), ainsi que dans les télécommunications avec le groupe italien TIM (24 %) et le groupe espagnol Telefónica (1,04 %)..

Vivendi est dirigé par Yannick Bolloré. Son principal actionnaire est le groupe Bolloré, dirigé par Cyrille Bolloré. Son siège se trouve à Paris.

Historique Un groupe de services plus que centenaire vignette|gauche|alt=Certificat provisoire de fondation de la Compagnie générale des eaux (CGE) de 5 actions de 125 francs chacune, daté à Paris le , signé de la main de Barthélemy Prosper Enfantin en tant que directeur. La création de la Compagnie générale des eaux, qui prendra le nom de Vivendi en 1998, découle des idées socialistes du saint-simonien Enfantin.|Certificat provisoire de fondation de la Compagnie générale des eaux (CGE) de 5 actions de 125 francs chacune, daté à Paris le , signé de la main de Barthélemy Prosper Enfantin en tant que directeur. La création de la Compagnie générale des eaux, qui prendra le nom de Vivendi en 1998, découle des idées socialistes du saint-simonien Enfantin. La Compagnie générale des eaux avait comme ancêtre la Compagnie des eaux de Paris des frères Périer, fondée en 1778., qui fut au cœur des grandes spéculations de la fin du règne de .

Elle naît plus tard du décret impérial de l'empereur des Français , le , la ville de Lyon s'engageant à acheter de l'eau () à des conditions fixées par avance ( le m³), non révisables sur . C'est la première concession d'eau de l'histoire.

À Paris, la Compagnie n'obtient pas la concession, le préfet Haussmann préférant créer un service municipal de production et de distribution de l'eau. Mais la Compagnie générale des eaux ayant racheté les compagnies des eaux de Montmartre et des Batignolles, l'extension du périmètre de Paris, en 1859, conduit l'année suivante à un accord avec la municipalité (régime dit de la « régie intéressée »).

L'ère Dejouany De 1976 à 1996, la Compagnie générale des eaux se développe dans de nouveaux métiers sous la présidence de Guy Dejouany. Au début des années 1980, elle se diversifie en investissant dans la gestion des déchets, l'énergie, les transports, la construction et l'immobilier. Elle est alors spécialisée dans les délégations de services publics et les commandes des pouvoirs publics, proche des milieux politiques et dépendante des commandes de l'État et des collectivités territoriales.

En 1983, elle participe à la création de Canal+, la première chaîne de télévision payante en France. En 1989, elle prend le contrôle de la Société générale d'entreprises (SGE), elle commence à investir dans les télécommunications et les médias dans les années 1990 et, en 1996, elle crée Cegetel, une société de téléphonie fixe et mobile, possédant les marques Tam Tam (pager), (fixe) et SFR (mobile). Elle entre dans le capital d'AOL Europe. Toutefois, au milieu des , la Générale des Eaux reste une société qui se concentre sur le marché français.

Les années J2M

En 1996, Guy Dejouany choisit comme successeur une personne extérieure au groupe : Jean-Marie Messier. Ce jeune associé de Lazard arrive à la tête de la Compagnie générale des eaux le . La Générale des Eaux compte alors diverses activités, dont la plus importante est la distribution d’eau. Elle est également présente dans l'électricité, les télécommunications, le bâtiment, la propreté…

S'étant lui-même affublé du surnom J2M, le nouveau président décide d'investir, à un rythme effréné et sous le feu des projecteurs, dans les nouvelles technologies et les médias. Il est rebaptisé ensuite J6M pour « Jean-Marie Messier, Moi-Même, Maître du Monde », appellation attribuée selon lui par l’émission de Canal+, Les Guignols de l'info.

La marche forcée vers les médias En 1997, Messier vend les cliniques de la Compagnie générale des eaux. En , la CGE se rapproche d'HavasArticle paru dans L'Humanité , L'Humanité, ., lui aussi plus que centenaire, renforçant ainsi sa participation dans Canal+ et acquérant du même coup des actifs dans la publicité et les jeux vidéo.

En , la Compagnie générale des eaux change son nom en Vivendi. Le groupe compte alors deux pôles d'activités, la communication et l'environnementCette nouvelle dénomination plus internationale permet de se défaire de l'ancien nom, très lié aux activités dans l'eau. : le pôle communication dont les activités sont regroupées dans « Vivendi Communication », comprenant Cegetel, premier opérateur privé de télécommunications, Havas, avec ses pôles jeux vidéo, éditions et presse et le groupe Canal+ ; le pôle environnement dont les activités sont regroupées dans « Vivendi Environnement », comprenant notamment la Générale des Eaux, le leader mondial de son secteur, Dalkia, dans l'énergie, CGIS et SGE avec CBC, pour le BTP.

Le désengagement des activités traditionnelles du groupe se poursuit : en , Vivendi cède sa participation de 25 % dans JCDecaux. L'année suivante, il vend SGE, son pôle de construction, qui sera à l'origine de Vinci, et CGIS.

Fusion avec Universal Parallèlement, le groupe continue son expansion dans les médias : il prend en 1999 le contrôle de Pathé (dont il revendra la majeure partie des activités peu après), et fusionne en avec Seagram, maison-mère d (PolyGram, MCA Music Entertainment Group) et des studios de cinéma Universal, qui donne naissance à Vivendi Universal..

À cette occasion, le nouveau groupe transatlantique se réorganise :

Vivendi Universal Publishing devient le nouveau nom d'Havas, éditeur de littérature, manuels scolaires, presse et jeux vidéo ; Vivendi Universal Games, la division jeux vidéo, qui regroupe et , hérités de Havas, ainsi qu'Universal Interactive, apportée par Seagram, qui aura gardé le nom d'Universal Interactive jusqu'en 2002. , regroupant les activités cinématographiques et télévisuelles de Canal+ ainsi que les studios américains Universal (média et parcs d'attractions).

Vivendi a obtenu trois milliards de francs « d’exemption fiscale » pour sa fusion avec Pathé en 1999 puis cinq milliards de francs « d’exemption fiscale » lors de la fusion avec UniversalRoger Lenglet dans le livre L’industrie du mensonge chez Agone en 2004, également cité sur apinc.org..

Le pôle environnement Vivendi Environnement est introduit en bourse en , Vivendi conservant plus de 70 % du capital.. Vivendi Universal se désengage ensuite progressivement de Vivendi Environnement (renommé Veolia Environnement en 2003 puis Veolia en 2005). Le désengagement complet est achevé en .. Veolia se recentre sur l'eau et les services aux collectivités et redevient rentable.

La chute de Vivendi Universal En , Jean-Marie Messier est contraint de démissionner de son poste de président. Vivendi Universal est alors proche de la cessation de paiements, perdant un milliard de dollars par mois, après avoir bénéficié du soutien de grandes banques, dénoncé lors du grand scandale autour des analystes financiers en 2002.

En , Vivendi Universal annonce une perte comptable de d'euros alors qu'un an auparavant, son PDG déclarait que la société allait .

L'évolution en bourse de CGE-Vivendi, puis de Vivendi Universal est la suivanteSource Boursorama et rapport d'assemblée générale de Vivendi . : 1994 : CGE, : Vivendi Universal, , plus haut niveau atteint : Vivendi Universal, , plus bas niveau atteint : Vivendi,

Un groupe recomposé Jean-René Fourtou est nommé président pendant l'été 2002.. Commence alors une réflexion sur la stratégie et l'avenir du groupe ainsi qu'un recentrage par des cessions d'actifs.

Fin 2003, Vivendi Universal revend la société d'édition Vivendi Universal Publishing (hors Vivendi Universal Games) à Lagardère SCA, pour satisfaire ses besoins de liquidités. Seule filiale cessible immédiatement, sa vente permet le rachat des parts de BT Group dans Cegetel pour devenir majoritaire dans l'opérateur de téléphonie mobile SFR.

En 2003, s'avérant un échec, Vivendi Universal Net, qui regroupe les activités internet du groupe, héritage de l'ère Messier et de la bulle Internet, est démantelé. L'essentiel des activités internationales de Canal+ est aussi cédé (Italie, Benelux, Scandinavie…) ou fermé (Maroc). La même année, le groupe initie sa politique de responsabilité sociale de l'entreprise sur trois principes : protéger et accompagner la jeunesse, promouvoir la diversité culturelle et favoriser le partage des connaissances. Ces engagements s’inscrivent dans la démarche initiée en 2000 par les Nations unies, elle s’est notamment concrétisée par la signature du pacte mondial..

En , Vivendi Universal vend ses actifs médias américains à General Electric qui possède déjà le groupe NBC. En échange, Vivendi Universal récupère 20 % du nouveau groupe NBCUniversal (soit le plafond de contrôle par un actionnaire étranger d'un des grands réseaux télévisés aux États-Unis, ici NBC en l'occurrence) et d'euros. Cette participation résiduelle est cédée en , à l'occasion du rachat par Comcast de 51 % de l'entreprise..

En , Jean-René Fourtou devient président du conseil de surveillance, le président du directoire étant Jean-Bernard Lévy, jusque-là directeur général..

Un nouveau départ Le , le groupe reprend le nom de Vivendi.

Après l'importante série de cessions qui a suivi le départ de Jean-Marie Messier, le groupe se renforce dans les télécommunications, la télévision, la musique et les jeux vidéo.

Ceci se caractérise entre autres par la prise de contrôle totale de SFR, détenue avant 2003 à hauteur de 44 %, et par le rachat de Neuf Cegetel, d'AOL France en 2006., de Club Internet et des activités internet de Tele2 France en 2007..

Dans le domaine musical, Vivendi acquiert en 2007 BMG Music Publishing, anciennement MCA Music Publishing, entité du groupe Bertelsmann qui ne faisait pas partie de la major du disque Sony BMG.. Elle est renommée Universal Music Publishing Group.

Vivendi Games fusionne en avec Activision pour constituer Activision Blizzard., le numéro un mondial des jeux vidéo avec un chiffre d'affaires de d'euros en 2010 grâce notamment aux succès de et .

En , Vivendi rachète et fusionne avec UMG sa concurrente britannique EMI Group pour la somme de de livres sterling., renforçant sa suprématie dans le monde de la musique avec plus de 33 % de part de marché mondial. Toutefois, la filiale d'EMI nommée Parlophone est cédée pour de livres sterling ( d'euros) à Warner Music Group à la suite des demandes de diverses autorités de la concurrence..

En , Jean-Bernard Lévy est remplacé par Jean-François Dubos, à la suite de divergences stratégiques avec Jean-René Fourtou..