L’annomination (substantif féminin) — du latin (« vers ») et (« nom ») est une figure de style fondée sur la répétition d'un mot pris à la fois dans son sens premier et dans son sens figuré. À l'origine, la figure ne concernait que les noms propres, pris dans un sens commun..
En rhétorique latine, le mot est équivalent à la paronomase d'origine grecque (paronomasia). Cette figure consistait à rapprocher dans un discours des paronymes, c'est-à-dire des mots presque homonymes, dont la sonorité diffère peu entre eux, de même famille ou non. En art poétique ou oratoire, elle apporte un effet d'assonance ; mais, plus généralement, elle sert à des jeux de mots. Elle est proche de la syllepse de sens et a pour effet de provoquer une symétrie du discours et un sentiment de solennité.
Exemples (Térence) Jeux de mots latins : carmen, crimen ; amantes, amentes ; orator, arator… (Corneille dans Le Cid) (Évangile selon Matthieu). (Paul Valéry, Mon Faust).
Définition
Définition linguistique
L'annomination est une figure de transformation morpho-syntaxique de paronymes répétés à l'identique ou quasi semblables : les mots répétés peuvent être de nature grammaticale différente (humain et homme dans l'exemple précédent). La figure se fonde sur une paronymie morpho-syntaxique des deux termes dont l'un est dans son acception propre, l'autre dans une acception soit plus imagée (pierre dans l'exemple tiré de l'Évangile de Saint Mathieu) soit de sens proche mais syntaxiquement et morphologiquement différent du premier.
Définition stylistique
La figure vise un effet de redondance, de jeux de mots, de circularité du discours également (effet de fermeture).
L'annomination peut aussi tendre vers des effets analogiques (exemple : , Évangile selon Mathieu). En général elle permet de créer une atmosphère solennelle.
La publicité peut utiliser les ressources de l'annomination afin de générer une redondance du propos.
Genres concernés
L'annomination concerne tous les genres littéraires. On peut la retrouver préférentiellement dans les oraisons ou dans les tirades dramatiques en raison de la solennité qu'elle génère.
Historique de la notion
Pierre Fontanier reprend met sous la définition d'annomination : d’une part, « paronomase » quand les mots sont des homonymes ou paronymes, d’autre part, « dérivation » quand les mots sont « dérivés » de la même famille.
La définition d'Henri Morier, répertoriée dans son Dictionnaire de rhétorique et de poésie, apporte une nuance qui n’existait pas auparavant et qui s’avère intéressante et bien adaptée à la langue française moderne : c'est-à-dire un procédé littéraire qui consiste à suggérer peu à peu un nom, à le faire venir à la conscience du lecteur, parfois, surtout en poésie, à l’envoûter par l’emploi répété de paronymes et/ou d’assonances :
,
(Chrétien de Troyes, Cligès)
Pour le groupe µ, cette figure opère une ..
Figures proches
Hyperonymes : paronomase Hyponymes : aucun
Paronymes : aucun Synonymes : syllepse
Débats
En rhétorique française, elle est rarement évoquée, sinon pour la rapprocher soit de la paronomase soit de la polyptotePar exemple, dans le Lexique des termes littéraires, de la collection Jarrety (LGF, 2001), d’où est tiré l’exemple.. Plusieurs noms de figures étant venus, depuis, différencier divers procédés, le nom « annomination » est tombé en désuétude. On lui préfère le nom de syllepse, figure à laquelle l'annomination est souvent associée.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Catégorie:Figure de style