L'économie du Cameroun est la plus diversifiée d’Afrique centrale, non seulement grâce à de nombreuses implantations étrangères mais aussi à de nombreux groupes nationaux.. On retrouve dans le pays, des activités très variées notamment dans les secteurs forestiers et agricoles (cultures de rente et vivrières), les hydrocarbures, l’industrie autour des boissons, sucrerie, huilerie, savonnerie, minoterie, aluminium, ciment, métallurgie, première transformation du bois, etc.

Au début des années 1980, le Cameroun était parmi les pays africains les plus prospères du point de vue économique. En effet, jusqu’en 1985 et pendant deux décennies de croissance régulière, l’économie camerounaise a enregistré des taux de croissance réels de l’ordre de 7 % allant jusqu'à deux chiffres entre 1977 et 1980. Les années suivantes furent marquées par une forte récession. Une des causes est la chute des cours du café, du cacao et du pétrole qui ont conduit à une détérioration des termes de l'échange.

Avec la crise qui se déclare en 1985, sanctionnée par la dévaluation du franc CFA en 1994, le gouvernement entreprend des mesures de relance économique et réalise, avec l’appui des bailleurs de fonds, des programmes de stabilisation et d’ajustement structurel qui ont entraîné la mise en veilleuse des réflexions sur le moyen et le long terme.

Le Cameroun s’est engagé dans une politique visant à réduire sa dépendance à l’égard du secteur des hydrocarbures dans le cadre d’une stratégie de diversification de son économie actuellement dominée par le pétrole. L’objectif de cette politique est de faire en sorte que le pays devienne une économie émergente à l’horizon 2035.

Signataire depuis 2016 d’un accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne, le Cameroun a vu une partie de ses recettes douanières (réalisées grâce aux produits importés de l'UE) enregistrées une légère baisse . En trois ans, les finances du pays ont cumulé des pertes s'élevant à de francs CFA ( d’euros)..

Histoire Le Cameroun devient un pays producteur de pétrole en 1977.. Prétendant vouloir faire des réserves pour les temps difficiles, les autorités gèrent les recettes pétrolières "hors budget" dans la plus totale opacité (les fonds sont placés sur des comptes parisiens, suisses et new-yorkais). Plusieurs milliards de dollars sont ainsi détournés au bénéfice de compagnies pétrolières et de responsables du régime (plus de entre 1977 et 2006 selon une étude de l'université d'Oxford). L'influence de la France et de ses ressortissants au Cameroun reste considérable. La revue African Affairs note au début des années 1980 qu'ils « continuent à dominer presque tous les secteurs clés de l'économie, à peu près comme ils le faisaient avant l'indépendance. Les ressortissants français contrôlent 55 % du secteur moderne de l'économie camerounaise et leur contrôle sur le système bancaire est total. »

En 1985, le pétrole représente 30 % du PNB et 80 des revenus d'exportation du Cameroun. La manne pétrolière ne profite que très peu aux populations : il faut, explique le pouvoir, « éviter l'emballement de la machine à distribuer les crédits publics et l’anesthésie de la force de travail de la nation. »

Chômage Principaux indicateurs économiques Données 2001 2002 2003 2004 (est.) 2005 (prév.)Croissance 4,7 % 4,1 % 4,5 % 4,4 % 4,8 %PIB par hab. (USD) 627,6 686,6 840,4 943,8 984,0

L'institut national de la statistique évalue le taux de chômage (au sens BIT) à 4,4 % pour 2005 (contre 7,2 % pour 2001)Enquête sur l’emploi et le secteur informel - INS - Juin 2006 (www.afrik.com), alors que le World Factbook publié par la CIA fait état d'un taux de chômage de l'ordre de 30 %. Selon une autre études de l'INS datant de 2001, le taux de chômage en 2001, serait de 8,2 % (17,6 % en ville) contre 9,5 % (20,3 % en ville) en 1995.

L'écart entre les différentes estimations peut s'expliquer par l'auto-emploi des chômeurs dans de petites activités commerciales (phénomènes des sauveteurs), qui peut être considéré comme une activité de survie en période de chômage. vignette|gauche|Lutte contre le commerce informel dans une rue de Douala. Dans son étude, l'INS note que près de 70 % des travailleurs gagnent moins que le salaire minimum, soit FCFA (environ 45 euros). La lutte contre le chômage au Cameroun est confié au Ministère du Travail et au fonds national de l'emploi (FNE). Pour les services économiques français qui analysent la situation du chômage au Cameroun, l’évolution de la dynamique des emplois indique une baisse de l’emploi informel agricole au profit de l’informel non agricole. En effet, soulignent-ils, la part de l’informel agricole est passée de 76,4 % avant 1999 à 22,9 % en 2010, tandis que celle de l’informel non agricole a gagné plus de 40 points à 67 % en 2010. Selon l’INS, ceci s’expliquerait par la substitution des emplois du secteur primaire informel (agriculture, élevage) par ceux du tertiaire informel (petit commerce notamment). alt=Billet de banque de 10 000 francs CFA en 2003|vignette|Billet de banque de 10 000 francs CFA en 2003|gaucheAvec un chômage qui affecte presque quatre millions d’actifs (un million de chômeurs et 3 millions de sous-emplois), les actions menées jusqu’ici en faveur de la promotion de l'emploi des jeunes restent insuffisantes. Ainsi, l’État qui lui-même vient d’achever un recrutement spécial de jeunes diplômés dans l’administration, lance annuellement des nombreux concours pour recruter de nouveaux agents. Le contexte actuel de redécollage économique, a assurément créer des nombreuses opportunités d’emploi pour les jeunes. Lors de la fête de la jeunesse (édition 2013), qui se célèbre annuellement le , son excellence Paul Biya a annoncé dans son discours habituellement fait à la veille de cette fête(le ), la création de à la faveur du lancement de grands chantiers structurants.

Le principal problème est que la plupart de ces grands projets concernent des secteurs innovants tels que la construction des barrages et d’autoroute, l’extraction minière, l’agro-industrie, de logements ou encore des installations énergétiques. Tous des domaines dans lesquels la ressource humaine n’est pas toujours formée à tous les échelons. Ce qui conduit l'État à privilégier, pour le moment, l’intensification de la formation professionnelle.

Pour stimuler cette formation, des centres de formation privés, environ 300 au total, reçoivent annuellement des subventions de l’État, au prorata du nombre d’apprenants à former. Une sorte de bourse indirecte octroyée aux jeunes qui veulent apprendre un métier. Mais le plus grand projet, souligne M. Zacharie Perevet, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, est celui du maillage du territoire, en centre de formation ultra moderne. Déjà, un financement de 10 milliards a été mobilisé auprès de coopération coréenne, pour la construction de trois centres de formation d’excellence à Douala, Sangmélima et Limbé et qui devraient livrer en 2013, un cuvée de 300 techniciens qualifiés dans diverses professions innovantes. Dans la même démarche, des conventions ont déjà été signées avec la France pour la formation au métier, avec un financement initial de 10 millions d’euros, une somme qui devrait doubler avec la montée en puissance du projet. Localement, le gouvernement a pris l’option de transformer les 180 sections artisanales rurales et section ménagère (Sar-sm) en centres publics de formation aux métiers..

En 2026, le budget de l'État s'équilibre en ressources et en emplois à de FCFA, marquant une progression de 14 % par rapport à 2025. Ce budget met l'accent sur la stabilité et l'autonomisation, avec notamment la création d'un fonds spécial de 50 milliards de FCFA pour l'emploi des jeunes et des femmes.. Le FMI prévoit une croissance du PIB non-pétrolier de 4,2 % pour l'exercice 2026..

Entreprises Le Cameroun possède plusieurs entreprises qui opèrent dans des domaines extrêmement variés. Le pays est cependant pénalisé par la lourdeur de son administration. De nombreuses actions sont menées par le Gouvernement pour améliorer les démarches administratives.

Secteur primaire En 2014, le secteur primaire occupe 60 % de la population active et contribue pour 21 % au PIB. Production du Cameroun (Source BEAC)Production19971998199920002001200220032004Pétrole brut (en millions de tonnes)5,7665,85,55,24,94,5Cacao (en milliers de tonnes)126,7138,3133,9124,4130,4170175,3187,8Café (en milliers de tonnes)88,7849582,467,3546365Coton - graine (en milliers de tonnes)208,2194195,9214,1238,5246,1233,8273Bois - grumes (en milliers de m³)326931302700295020701931,31738,21998,9Caoutchouc naturel (en milliers de tonnes)56,855,455,856,955,25054,656,7Banane (en milliers de tonnes)98,9212,7221235,9248,7230,8313,7294,9

Agriculture vignette|gauche|upright|Récolte du coton

L'agriculture peut être considérée à juste titre comme le pilier de l'économie au Cameroun. . Le chômage aidant, un grand nombre de personnes se rabattent dans les métiers de la terre afin de trouver de quoi vivre voire survivre. Elle se décline en plusieurs éléments, notamment les cultures de rente et vivrière, le coton, les palmeraies, la filière cacao-café, la filière caoutchouc, la filière du sucre, la banane et même le secteur aval.

À la fin du mois de , la douane Camerounaise annonce suspendre les exportations de céréales et d’huiles végétales vers les pays voisins. L'objectif étant de freiner la flambée des prix du marché interne.

Pêche Environ  tonnes de produits maritimes sont pêchés chaque année au large des côtes camerounaises. La pêche artisanale maritime, pratiquée sur des pirogues le long des 400 km de côtes, notamment dans les mangroves, est responsable de ce chiffre.  tonnes de crevettes sont comprises dans ce nombre, à peu près autant que la pêche artisanale continentale sur les lacs artificiels et les cours d'eau. La pêche artisanale procure environ  emplois directs et  indirects dans le mareyage, la transformation et la construction de matériel.

En 2008, Douala est le seul port de pêche industrielle (); cette activité souffre d'une surexploitation des ressources et d'une concurrence parfois déloyale des asiatiques, notamment des Chinois. Les prix ont doublé en cinq ans, tandis que les quantités vendues diminuaient presque de moitié. Faute d'une production suffisante (la pisciculture n'en était qu'à ses balbutiements), le Cameroun importe annuellement plus de de poissons congelés, et enregistre un déficit de plus de .

Cependant plusieurs projets ont été lancés pour pallier sur le long terme à ce déficit. Notamment un vaste projet démarré en 2005 à proximité de Kribi, avec des financements japonais. Il était prévu d'y construire un complexe comprenant une halle aux poissons, un marché, un bâtiment frigorifique, un entrepôt de stockage et une centre de formation. Un projet d'élevage de crevettes au Cameroun grâce à l'aide d'experts français était aussi envisagéallAfrica.com: Cameroun: Un projet d'élevage des crevettes au Cameroun (Page 1 of 1).

La production aquacole est passée de en 2008 à en 2010Tchatat /PNUD, 2014, p. 21-22..

Activités extractives vignette|Carrière de sable. Le Cameroun est confronté depuis vingt ans à la baisse de ses réserves pétrolières. Aucune réserve nouvelle significative n'a été encore faite qui puisse renverser la tendance à terme, hormis dans la région de Bakassi dans la région anglophone du sud-ouest du pays, une péninsule qui autrefois appartenait au Nigeria. L'industrie pétrolière a été le moteur de la croissance du pays durant les années 1965-1985.

Hormis le pétrole, le Cameroun dispose d'importantes réserves de bauxite, fer, cobalt, nickel et manganèse, actuellement peu exploitées. La bauxite actuellement traitée dans le complexe Alucam (Compagnie camerounaise d'aluminium) à Edéa est importée principalement de Guinée-Conakry.