L’économie des Émirats arabes unis, fondée au début du siècle sur la pêche perlière et le commerce maritime, a été transformée par l'exploitation pétrolière. L'augmentation récente des prix du pétrole et la baisse du cout du crédit a provoqué la hausse des prix des biens mobiliers (actions échangées sur le marché local) et immobiliers. Ceci, en retour, a érodé l'attractivité des Émirats auprès des investisseurs. Dubaï, en particulier, est un centre financier régional pour beaucoup de multinationales.
L'économie dépend pour une large part de la main-d'œuvre immigrée.
Système économique À l'origine, les Émirats, sous protectorat de l'Empire britannique, étaient de petits États traditionnels dont l'économie dépendait du commerce avec l'intérieur de l'Arabie, avec les Indes et la Perse par la mer (boutres), et de la pêche des perles. La découverte des hydrocarbures entraîna un développement rapide du territoire fédéral, sous la forme d'une rente pétrolière, avec une conservation de la société traditionnelle, en parallèle avec une forte immigration. Le prince Khalifa ben Zayed Al Nahyane succéda à son père en 2004 et décida de multiplier les réformes structurelles, sur le plan de la culture, de l'éducation, des télécommunicationsLes Échos, 30/05/08, . Avec sur un total de , l'émirat d'Abou Dabi domine la fédération par sa superficie et ses richesses. De son côté, Dubaï parie sur le tourisme.
Fiscalité et blanchiment d'argent
Les Émirats présentent une fiscalité attractive pour les entreprises et les particuliers fortunés, ce qui en fait une destination privilégiée pour les entreprises soucieuses d'optimisation fiscale. L'ONG Tax Justice Network les situe en 2021 dans le groupe des dix plus grands paradis fiscaux. D'autre part, le service français contre le crime organisé (Sirasco) financier indiquent que les Émirats « coopèrent pas ou peu » avec les autorités françaises pour récupérer des fonds détournés dans le cadre d'escroqueries financières.
En , le Groupe d'action financière (GAFI) ajoute les ÉAU dans sa liste grise des pays soumis à une surveillance accrue, en raison des lacunes pour aborder la question du blanchiment de capitaux. Selon l'organisation, les Émirats ont fait des « progrès significatifs » dans l'amélioration de leurs systèmes, en particulier la coopération avec les enquêteurs d'autres pays et la confiscation des actifs de criminels, mais il reste encore un besoin d'amélioration dans plusieurs domaines.... En conséquence, en , la Commission européenne ajoute les Émirats arabes unis à la liste de l'Union européenne des pays à haut risque pour leurs faiblesses dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.
Le GAFI retire les Émirats de sa liste grise en .. La Commission européenne propose de retirer les ÉAU de la liste des juridictions à haut risque de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme en 2024 mais le Parlement européen refuse, soulignant le manque d'engagement des Émirats à lutter contre le contournement des sanctions qui touchent la Russie après son invasion de l'Ukraine. En , la Commission européenne propose une nouvelle mise à jour de la liste qui retire les Émirats arabes unis de la liste. Transparency International critique la décision, affirmant que les réformes introduites par les Émirats arabes unis ne peuvent être considérées comme efficaces à un stade aussi précoce. Plusieurs membres du Parlement européen critiquent aussi cette décision, jugée prématurée et politiquement motivée. Elle est toutefois approuvée par 369 parlementaires contre 264...
Secteur des hydrocarbures
Un géant des hydrocarbures L'exploitation pétrolière a commencé en 1962, dans le territoire de l'émirat d'Abou Dabi qui demeure le principal producteur de la fédération. Aux importantes réserves de pétrole s'ajoutent celles de gaz naturel.
Les Émirats étaient jusqu'alors extrêmement pauvres. Il n’y avait presque pas de médecine dans les années 1960 et la plupart de la population était analphabète ; jusqu’à la moitié des bébés et un tiers des mères mouraient en couches.
L'émirat d'Abou Dabi représente environ 90 % des réserves de la fédération, soit l'équivalent de 10 % des réserves mondiales de pétrole, le reste se partageant entre Dubaï et Charjah. On estime que Dubaï a encore dix ans de réserves pétrolières et que Charjah en a encore moins. Les réserves gazières sont également limitées dans ces deux émirats.
Réserves et productions d'hydrocarbures en 2013 Pétrole Les Émirats arabes unis possèdent des réserves prouvées de pétrole de , soit http://www.bp.com/content/dam/bp/pdf/Energy-economics/statistical-review-2014/BP-statistical-review-of-world-energy-2014-full-report.pdf. Ces réserves représentent des réserves mondiales, plaçant le pays au international.
Avec , les EAU sont le deuxième producteur de pétrole du Moyen-Orient, loin derrière l'Arabie saoudite et avec un niveau de production légèrement supérieur à ceux de l'Iran, de l'Irak et du Koweït, et le sixième au niveau international avec de la production mondiale.
Gaz Les réserves prouvées de gaz naturel s'établissent à ( des réserves mondiales) au mondial juste derrière l'Arabie saoudite.
Les Émirats arabes unis produisent ( de la production mondiale) au mondial.
Un centre industriel dynamique La fortune pétrolière s'est traduite par une modernisation accélérée : urbanisation et industrialisation (métallurgie, chimie et pétrochimie, dessalement de l'eau de mer, chantiers navals). Dubaï abrite l'une des plus grandes fonderies d'aluminium du monde., activité gourmande en énergie, qui y bénéficie du bas cout de l'électricité.
L'après-pétrole
Les Émirats arabes unis, chose rare parmi les pays pétroliers, ont anticipé l'après-pétrole en cherchant de nouvelles ressources économiques autre que le pétrole. En cherchant à réduire la dépendance du pétrole, les émirats visent à parvenir à une plus grande diversification de l’économie locale, afin d’assurer la future croissance économique du pays. En 2008, les secteurs non pétroliers ont représenté 63 % du PIB, ce qui correspond à une contribution de de dollars à l’économie, même si les prix du pétrole et du gaz se sont élevés. Dans les 15 prochaines années, les responsables visent à réduire la contribution du secteur des hydrocarbures à environ 20 %. En même temps, il est prévu de favoriser la croissance des autres secteurs économiques. Avec sa Vision économique 2030, l’émirat d‘Abu Dhabi, présentait en 2009 son plan qui vise à permettre une plus grande diversification économique, par exemple par une réduction de la dépendance d’Abu Dhabi du secteur pétrolier comme secteur économique. Par contre, le plan favorise que le développement économique se concentre davantage sur des industries fondées sur le savoirThe Abu Dhabi Economic Vision, Department of Economic Development. Dans ce développement pour transformer l’économie des EAU, le secteur industriel joue un rôle important, s’appuyant sur des secteurs dynamiques, comme la fabrication d’aluminium, de la céramique et de produits pharmaceutiques. L’acquisition par l’Advanced Technology Investment Company (ATIC) d’Abu Dhabi de Chartered Semiconductor Manufacturing, annoncé en 2009, a marqué une étape importante pour parvenir à cet objectif, comme cette acquisition a résulté en la création d’un des plus grands fabricants de puces électroniques du mondeATIC’s Acquisition of Chartered Becomes Effective Today. En 2010 Chartered Semiconductor a fusionné avec Globalfoundries, une société de fabrication de puces électroniques qu’ATIC gère dans le cadre d’une coentreprise créée avec la société américaine AMD GlobalFoundries completes Chartered merger. En outre, l’émirat vise aussi à se développer comme un des principaux centres de fabrication aérospatiale. La branche d’investissement stratégique du gouvernement d’Abu Dhabi, Mubadala Development Company, planifie de mettre en service une usine aérospatiale en cours de construction jusqu’à la fin 2010. Mubadala aussi fait des progrès dans la mise en place d’une coentreprise de de dollars avec General Electric, le conglomérat américain. Celui devrait permettre un apport de capitaux commerciaux dans la région.
Dans l’émirat de Fujaïrah, on a créé la première zone franche virtuelle aux EAU Cette « Virtuzone » qui fait partie de la zone franche de Creative City à Fujaïrah. Dans cette zone franche virtuelle, les compagnies détenues par des sociétés internationales peuvent exercer les activités commerciales à un coût moins élevé que dans les zones franches traditionnelles. Les entrepreneurs internationaux inscrits dans cette zone peuvent ainsi opérer à partir de n’importe quel endroit aux EAU, y compris de bureaux et de résidences privées Virtuzone Introduces UAE to Doing Business Virtually. L’émirat d’Abu Dhabi dispose de respectivement 95 pour cent et 92 pour cent des réserves de pétrole et de gaz existant au pays. Au futur, l’émirat ambitionne à investir les revenus issus des hydrocarbures dans l’augmentation de la production d’énergie à partir de sources renouvelables L’objectif du gouvernement de l’émirat est alors de satisfaire à 7 % des besoins énergétiques d’Abu Dhabi par des sources renouvelables jusqu’à 2020.
La société publique Masdar est spécialisée dans les « énergies du futur » et devrait jouer un rôle capital pour réaliser cet objectif, avec des investissements et aussi en travaillant au développement de solutions d‘énergie faible en carbone.
Le projet de ville nouvelle de Masdar City comprend la fondation d’une écoville qui devrait être une des villes les plus durables du monde dans l’émirat pour un coût de de dirhams. La première phase du projet devrait être terminée en 2015Masdar Revises Zero-Carbon Plan, Delays Phase OneMasdar To Delay Final Completion Until At Least 2020. Finalement, elle devrait abriter et offrir de l’espace pour quelque sociétés spécialisées dans les énergies propres qui devraient employer approximativement . En outre, Masdar investit fortement dans la technologie des cellules photovoltaïques en couche mince.
Dans leur contribution à la COP21, les Émirats arabes unis affirment se placer dans l'hypothèse de ne plus vendre de pétrole en 2050 et fixent à 24 % la part des énergies décarbonées dans leur « mix » en 2021, grâce à leur programme nucléaire qui prévoit l'entrée en service de 4 réacteurs en 2017 pour une puissance de 4 gigawatts.
Ils tablent aussi sur l'énergie solaire, dont la part doit atteindre 7 % du mix énergétique en 2020 ; le projet d'une usine de désalinisation fonctionnant avec cette énergie devrait bientôt sortir des cartonsLes Emirats, Les Échos, 20 novembre 2015..
Par ailleurs, le secteur financier est toujours de grande importance pour l’économie des émirats, malgré l’impact de la crise financière mondiale. Ce secteur est de grande importance notamment à Dubaï, où le Centre financier international et la bourse, ensemble avec la bourse nationale d’Abu Dhabi, continuent de stimuler la croissance future dans ce secteur. En outre, le gouvernement émirien vise à préparer une loi industrielle, qui devrait faciliter la création d’industries nationales.
En 2000 le pétrole comptait pour 76% des exportations. Sa part a été diminuée à 50 en 2021.
Le pays commence à développer une part d'hydrogène vert dans son mix énergétique.
Le tourisme Le tourisme international (et pas seulement arabo-musulman) devient de plus en plus important grâce au grand nombre de projets pharaoniques parmi lesquels l'hôtel Burj-Al-Arab, la piste de ski intérieure ski Dubaï ou encore les Palm Islands. Il est vrai que les Émirats ne sont pas égaux face à la ressource en hydrocarbures.