Le Blésois est une région naturelle française située autour de la ville de Blois (actuel Loir-et-Cher). Ses habitants portent le même nom. Historiquement, le pays blésois faisait partie du comté de Blois puis, à partir de 1498, de la province de l’Orléanais. Depuis l’an 1800, il correspond plus ou moins à l’arrondissement de Blois.
Écologiquement, le Blésois est une zone intermédiaire entre les plaines de la Beauce et les forêts humides de Sologne, le tout autour de la Loire. Il s'agit ainsi d'une région relativement plate, riche en forêts et en ruisseaux dont les vallées sculptées délimitent le territoire.
Généralités Cette région naturelle est située au centre du département de Loir-et-Cher, proche du centre de la France métropolitaine. Elle est naturellement délimitée par les vals du Beuvron au Sud jusqu’à Villesavin, de la Cisse au Nord jusqu’à la Réserve Nationale des Vallées de la Grande Pierre et de Vitain (Saint-Bohaire), et par les communes de Mer et Chambord à l’Est. Avec le Val de Loire orléanais, le Val de Loire tourangeau et le Val d'Anjou, le pays blésois fait partie d’un vaste espace naturel appelé le Val de Loire.
Terminologie Le terme « Blésois » provient de l’appellation du pays de Blois sous les Romains : le pagus blesensis (litt. « pays blésois »), qui dériverait lui-même du terme celte bleiz qui signifie « loup ».Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Errance, Collection des Hespérides, 2003 . .. Le Blésois serait ainsi à l’origine considéré comme « la terre des loups ». Cela étant, cet animal a localement disparu depuis le .
Par analogie, le blésois désigne aussi les habitants et natifs de Blois ou de ses environs, ainsi qu’un ancien dialecte local, qui fut principalement utilisé dans la partie au sud de la Loire, notamment en Vienne ou à Chambord.
L’orthographe « Blaisois » fut acceptée jusqu’au , mais est désormais proscrite car elle peut se confondre avec celle relative au pays de la BlaisePar exemple, la commune de Ville-en-Blaisois est située dans le département de la Haute-Marne, dans la région Grand Est.
Régions limitrophes Le Blésois est entouré par les régions naturelles suivantes :
Composition territoriale Administrativement, le pays blésois se compose des communes suivantes, toutes au sein du Loir-et-Cher :
Paysages
Cours d’eau Le Blésois est traversé d’est en ouest par la Loire, à un passage où le lit a creusé un val relativement important, comparé à l’Orléanais où le val est bien plus plat. La région de Blois est ainsi naturellement mieux protégée contre les inondations. Dans le cadre du programme européen de La Loire à vélo, une piste cyclable a été aménagée sur presque toute la longueur des deux rives du fleuve.
La zone voit également plusieurs affluents du fleuve l’irriguer :
la Cisse (frontière nord avec la Petite Beauce), dont une partie rejoint la Loire à Valloire-sur-Cisse et une autre longe le fleuve jusqu’à Vouvray (en Val de Loire tourangeau) ; le Beuvron (frontière sud), de la rive droite au niveau de Tour-en-Sologne, au château de Villesavin, jusqu’à Candé-sur-Beuvron ; le Cosson suit le coteau sud du val, en provenance de la Sologne depuis Huisseau-sur-Cosson et allant jusqu’à Candé-sur-Beuvron ; l’Arrou, en partance du lac de la Pinçonnière (Blois), dont le cours a été canalisé et enseveli sous le centre-ville depuis le parc de l’Arrou ; les Mées, également canalisées au niveau du parc des Mées, et dont la source est localisée à La Chaussée-Saint-Victor ; la Noue, un petit ruisseau longeant la Loire depuis Montlivault et qui rejoint le Cosson entre Blois et Vineuil ; ainsi que différents ruisseaux irréguliers prenant leur source dans la forêt domaniale de Blois. Néanmoins, au cours des deux derniers millénaires, l’ensemble des cours d’eau ont subi d’importants aménagements. En effet, même si la Loire est souvent qualifiée de « dernier fleuve sauvage d’Europe », et au-delà de la construction d’infrastructures telles que des ponts ou des digues, les cours d’eau blésois ont littéralement été modifiés par l’Homme. Par exemple, le courant de la Loire a très tôt été maitrisé avec la construction de duits, et le fleuve a perdu une île à Blois en 1717 depuis la fermeture du chenal de la Bouillie à l’aide d’une digue dans le prolongement de la Creusille. Plus tôt, ce fut le roi François qui voulut déplacer le lit de la Loire jusque Chambord (à une quinzaine de kilomètres du fleuve), mais ce fut finalement le Cosson qui fut canalisé pour former des douves autour du château. Comme énoncé plus haut, les rivières de l’Arrou et des Mées sont essentiellement canalisées et ensevelies au niveau de Blois.
Forêts Comme le reste de la France, la région était à l’origine fortement boisée. Aujourd’hui, il reste de grandes forêts : la forêt communale de Duizhon (260 ha), la forêt domaniale de Blois, sur la rive droite, au nord (2 750 ha), la forêt domaniale de Russy, sur la rive gauche, au sud (3 250 ha), la forêt domaniale de Boulogne (4 075 ha), la forêt de Marchenoir (5 070 ha), le parc de Chambord (5 440 ha), à l’est, qui constitue également une zone tampon entre le pays blésois et la Sologne.
Agriculture Les alluvions déposés par la Loire au fil des millénaires ont rendu les coteaux du Val de Loire très fertiles. La région est notamment productrice de :
céréales, dont du blé et du maïs ; des oléoprotéagineux, à l’image des asperges ; des fruits, comme des fraises ou des cerises.
Le Blésois est aussi connu pour ses quelques vignobles, comme ceux du domaine de Touraine-Mesland, qui constitue d’ailleurs la frontière entre le Blésois et le Val de Loire tourangeau. Les cépages issus des alentours de Blois sont quant à eux classés vignobles de Touraine.
Patrimoine
Depuis 2000, l’UNESCO a inscrit l’ensemble du Val de Loire au sein du patrimoine mondial de l’humanité, en incluant des espaces en bords de Loire tels que le port blésois de la Creusille, ainsi que de nombreux châteaux de la Loire, comme ceux de Blois, Chambord ou de Chaumont-sur-Loire.
Faune sauvage locale
Flore recensée Aperçu :
Anémone pulsatille de plaines arides, Chêne, Frêne, Iris d’eau, Lathrée écailleuse, Orobanche pourprée, Perce-neige, Saule (blanc, pleureur), Sureau noir.
Faune commune Liste non exhaustive
Faune en danger Parmi les espèces disparues ou fortement en déclin depuis l’Antiquité (liste non exhaustive) :
Mammifères
Loup gris (déclaré disparu de la région, mais sa présence est suspectéeLe loup est officiellement disparu depuis les années 1930. Cependant, il a été aperçu quelquefois au cours du siècle.), Murin de Bechstein (inaperçu depuis 1974), Grand murin (inaperçu depuis 1975), Phoque gris (déclaré disparu de la région depuis 1975), Campagnol agreste (inaperçu depuis 1978), Campagnol des champs (inaperçu depuis 1978), Campagnol roussâtre (inaperçu depuis 1978), Mulot sylvestre (inaperçu depuis 1978), Lapin de garenne (menacé d’extinction), Sanglier d’Eurasie (en danger), Loutre d’Europe (de nouveau aperçue en 2020).
Poissons Flet d’Europe (déclaré disparu de la région depuis 1892), Lamproie Bonaparte (déclarée disparue de la région depuis 1892), Esturgeon d’Europe (déclaré disparu de la Loire depuis 1900, en danger critique d’extinction), Mulet de Jarocki (inaperçu depuis 1968), Anguille d’Europe (déclarée disparue de la Loire depuis 1987, en risque d’extinction), Truite d’Europe (inaperçue depuis 1987), Grande alose (inaperçue depuis 1991), Saumon de l’Atlantique (déclaré disparu de la Loire depuis 1991).
Oiseaux
Torcol fourmilier (déclaré disparu de la région depuis 1965), Pie-grièche écorcheur (inaperçue depuis 1966), Pouillot siffleur (inaperçu depuis 1977), Pluvier doré (inaperçu depuis 1992), Fuligule milouin (menacé d’extinction), Bécassine des marais (menacée d’extinction), Grèbe jougris (menacé d’extinction), Barge à queue noire (en danger), Huîtrier pie (en danger), Guifette noire (en danger), Sarcelle d’été (en danger), Crabier chevelu (en danger).
Insectes
Bousier commun (inaperçu depuis 1900), Argus bleu-nacré (déclaré disparu de la région depuis 1978), Aromie musquée (inaperçue depuis 1997).
Autres espèces protégées D'autres espèces locales sont sujettes à un programme particulier de protection.
Oiseaux En Blésois comme ailleurs en Val de Loire, plusieurs îles ligériennesDont, à Blois, l'île de la Saulas, l'île des Tuileries et l'île de l'ancien barrage du Lac de Loire. sont réservées à la reproduction d'espèces d'oiseaux de Loire, comme le martinet noir, la sterne naine et la sterne pierregarin. Ces espaces sont considérées en tant que réserves naturelles : leur accès est donc strictement réglementé.
Sans avoir de réserve dédiée, le cygne reste protégé à l'échelle nationale, de même que le martin pêcheur, la bergeronnette grise ainsi que toutes les différentes espèces d'hirondelles.
Mammifères aquatiques La région a également bénéficié du programme de réintroduction du castor européenEn raison d'une chasse intensive, le castor avait disparu des berges de la Loire au ., avec notamment 13 individus originaires du Rhône relâchés entre 1974 et 1976 aux abords de Blois. À l'image des oiseaux migrateurs, une île ligérienne est vouée à la protection du castor à Blois (au niveau du pont Charles-de-Gaulle). Bien que concurrent à l'invasif ragondin, l'opération semble avoir été un succès à échelle nationale, avec près de 20 000 individus estimés en France en 2023La population locale de castors n'est cependant pas chiffrée..
Poissons, crustacés et autres animaux aquatiques En Blésois et plus largement en Loir-et-Cher, la pêche de plusieurs poissons ou crustacés est strictement interdite, dont la pêche des écrevisses à pattes blanches, du saumon, de la truite de mer et de l'anguille argentée.
Mammifères
Insectes
Flore
Espèces exotiques envahissantes
Les espèces suivantes ont été introduites (volontairement ou non) dans le Blésois, et représentent un certain danger pour la biodiversité localeLes particuliers peuvent signaler leur rencontre avec une espèce envahissante via l'application INPN Espèces assurée par l'Inventaire national du patrimoine naturel (lui-même administré par le Muséum national d'histoire Naturelle et l'Office français de la biodiversité). :
Histoire
Histoire géologique
Mésozoïque Pendant l'ère mésozoïque (il y a entre 250 et 66 millions d'années), la région n'était pas parcourue par des dinosaures (d'où la rareté de fossiles d'animaux terrestresSi le réseau fluvial de la Loire aurait pu transporter aléatoirement des carcasses d'animaux terrestres jusqu'en Blésois (), aucun fossile notable de vertébrés continentaux n'a pour le moment été retrouvé dans la vallée de la Loire ().) puisqu'elle était alors récouverte par une mer épicontinentale peu profonde mais reliée à l'océan Atlantique, ce qui a entraîné des dépôts marins significatifsLa mer des Faluns est à proprement parler caractéristique du Miocène. Cependant, le Blésois et plus largement la Basse-Loire se sont retrouvés sous le niveau de la mer à deux reprises auparavant : d'abord au début du Mésozoïque, puis lors du Crétacé, et enfin au Miocène.. alt=Le pays blésois inondé par la mer Jurassique (Mésozoïque).|vignette|Le pays blésois inondé par la mer Jurassique (Mésozoïque). Le climat était alors chaud et tropical, en raison de la position géographique de la région plus proche de l’équateur à cette époque. Néanmoins, la faune marine dominait, avec des ammonites, des bélemnites ainsi que quelques reptiles marins comme les plésiosaures.