Alexandre Bompard, de son nom complet Alexandre Joubert-Bompard, né le à Saint-Étienne (Loire), est un haut fonctionnaire et chef d'entreprise français.
D'abord inspecteur des finances, il préside Europe 1 de 2008 à 2010, puis la Fnac de 2011 à 2017. Depuis le , il est président-directeur général du groupe Carrefour.
Biographie Famille et études Alexandre Joubert-Bompard est né le à Saint-Étienne et grandit à Megève. Sa mère est commerçante. Son père, Alain Bompard, est chef de l'antenne Rassemblement pour la République (RPR) de Haute-Savoie, maire adjoint de Megève en 1983., puis chef d'entreprise et président du club de football de l'AS Saint-Étienne entre 1997 et 2003.
Il envisage son entrée en Institut d'études politiques durant son cursus scolaire au lycée Berthollet à Annecy.. Il est admis à l'Institut d'études politiques de Paris et est diplômé de la section Service public en 1994. Il y prépare le concours de l'École nationale d'administration (ENA), où il est admis à sa première tentative dans la promotion Cyrano-de-Bergerac (1999). Classé 4e, il choisit d'intégrer l'Inspection générale des Finances.
Parcours public De 2001 à 2002, après avoir participé à l’écriture du rapport L’Entreprise et l’hexagone. (Édition de Bercy-2001), il devient inspecteur des finances.
En 2003, après un an comme chargé de mission auprès du chef du service de l'Inspection générale des finances, il occupe le poste de conseiller technique auprès de François Fillon, alors ministre des Affaires sociales et du TravailNotice biographique du Who's Who in France (consulté le 7 juin 2008).
Dirigeant d'entreprise Canal+ Il entre en 2004 chez Canal+ comme directeur de cabinet du président Bertrand Meheut, et en devient directeur des sports en , en remplacement de Michel DenisotMouvements Alexandre Bompard remplace Michel Denisot à la direction des sports de Canal.
Il réussit à obtenir les droits de la Ligue 1 de football, et négocie le rachat de TPS« Alexandre Bompard sur les ondes », whoswho.fr, semaine du 5 au 12 juin 2008.
Europe 1 Il prend la tête d'Europe 1 en qualité de président-directeur général de la radio, et de sa filiale « sport », en remplacement de Jean-Pierre Elkabbach en Bompard, un énarque venu de Canal+, AFP, LeParisien.fr, 3 juin 2008. Il remanie rapidement en profondeur la grille des programmes pour la rentrée 2008, avec le recrutement de plusieurs personnalités de la télévision (Michel Drucker, Marc-Olivier Fogiel, Marie Drucker, Alexandre Ruiz), tout en évinçant d'autres présentateurs (Michel Cymes, Isabelle Morizet, par exemple).
De nombreux changements sont également effectués dans la rédaction, afin de privilégier l'émergence de nouveaux formatsEurope 1 : la grande purge de Bompard », lepoint.fr, 10 juillet 2008.
Consécutivement à ces choix, l'audience de la station remonte, pour revenir au-dessus de 9 % et dépasser les 10 % de janvier à Europe 1 vise «durablement» les 10% d'audience, LeFigaro.fr, 29 août 2011.
Pour sa seconde saison à la tête d'Europe 1, il travaille à la réorientation du format « news and talk » vers une programmation généraliste, avec l'arrivée de Nagui et le retour du Top 50Grégoire Poussielgue avec J. C. F., « Rentrée décisive pour les radios généralistes », Les Echos, 24 août 2009, tout en réaffirmant sa stratégie à long terme de diversifier les revenus de l'entreprise par le partage d'intérêts économiques avec l'industrie culturelle (coédition et coproduction, notamment)..
Sous sa présidence, la station connait des recettes publicitaires croissantes, une position de prédominance sur les podcasts., un club des auditeurs dynamique et un site internet à la fréquentation forte. Elle décroche deux records d'audience en 2010Marc Pellerin, « Europe 1 perd son prodige », Le Parisien, 24 novembre 2010.
Au printemps 2010, son nom est régulièrement cité dans les médias comme possible successeur de Patrick de Carolis à la tête de France Télévisions. La présidence de l'audiovisuel public français, dont le mode de désignation est alors largement débattu à la suite de la réforme engagée par Nicolas Sarkozy, revient finalement à Rémy Pflimlin, ancien directeur de France 3.
Fnac vignette|Alexandre Bompard au prix du roman Fnac 2013. Le est annoncé son départ de la présidence d'Europe 1 pour la présidence de la Fnac, filiale du groupe PPR (rebaptisé Kering en 2013) spécialisée dans la distribution de biens culturels et technologiques.. Il succède ainsi à Christophe Cuvillier au début de l'année 2011 et est remplacé par Denis Olivennes à la tête d'Europe 1Europe 1 : Denis Olivennes remplace Alexandre Bompard, LeParisien.fr, 30 novembre 2010.
Face à la concurrence du commerce en ligne et à l'érosion du marché de la musique et de la vidéo, il présente en un plan de transformation de l'enseigne baptisé « Fnac 2015 ». Cette nouvelle stratégie repose sur quatre piliers : l'élargissement de l'offre, le renforcement de la relation client, le développement du parc de magasins dans les villes moyennes et l'intégration multicanale entre les enseignes physiques et le site fnac.comBompard : «Nous voulons bâtir une nouvelle Fnac», LeFigaro.fr, 19 juillet 2011.
Pour renforcer la stratégie numérique de l'enseigne et pour contrer le Kindle d'Amazon, il annonce en le lancement d'une liseuse en partenariat avec le constructeur canadien KoboLa Fnac s'allie avec un canadien pour lancer le successeur du Fnacbook, L'Expansion, 11 octobre 2011. Commercialisée pendant les fêtes de fin d'année, la liseuse atteint ses objectifs de vente en deux semaines, avec vendusKobo by FNAC : le seuil des liseuses vendues dépassé à Noël, ebouquin.fr, 6 janvier 2012. Depuis son lancement, le Kobo s'est vendu à plus de La FNAC prête à défendre son modèle, LesEchos.fr, 18 février 2013.
En , il pilote l’introduction en bourse de la FnacAlexandre Bompard, agitateur de Fnac, L'Expansion, 19 juin 2013, dans un contexte difficile pour le secteur marqué notamment par la liquidation de l’enseigne Virgin MegastoreLe tribunal de commerce annonce la liquidation judiciaire de Virgin, Le Monde, 17 juin 2013et la numérisation de l’économieFNAC: comment Alexandre Bompard veut séduire les investisseurs, Les Échos, 2 juin 2013. Le cours de référence, fixé à par action, dévisse rapidement à la suite du désengagement attendu des actionnaires de la maison-mère, Kering.. L’action rebondit ensuite grâce à l’arrivée de nouveaux fonds d'investissement français et étrangers, intéressés notamment par la diversification du modèle économique de la FnacLes résultats de la Fnac réservent une bonne surprise, Le Figaro, 10 septembre 2013 et le développement de nouvelles activités davantage rentables comme la distribution de produits d’électroménager haut de gammeLa Fnac vendra machines à café et aspirateurs, Le Figaro, 28 mars 2012.
Alexandre Bompard est responsable du développement de nombreuses innovations de la FNAC : location d’appareils high-tech, streaming avec Fnac Jukebox, développement d’un rayon papeterie et de partenariats dans la billetterieComment gouverne le PDG de la Fnac, Alexandre Bompard, Challenges, 29 juin 2014.
Rachat de Darty Le , après quatre mois de négociations, Alexandre Bompard annonce le mariage entre la Fnac et Darty, qui pèse alors trois milliards de chiffres d’affaires de plus que la Fnac.. Ce rachat, déroulé dans la nuit du , a nécessité de convaincre Vincent Bolloré d'investir 159 millions d'euros et des banques d'accorder 950 millions d'euros de crédis.
Pour verrouiller cette « promesse irrévocable » des fonds Knight Vinke et DNCA, Alexandre Bompard doit encore réussir à prendre le contrôle de plus de 50 % du capital de Darty. dans le cadre d’une offre publique d’achat (OPA) en concurrence avec Conforama, également intéressée par le mariage avec Darty depuis début 2016.
En , la FNAC atteint la barre des 50 % d’actions en acquérant d’abord 18 % environ, puis les actions restantes les jours suivants.
En , l’Autorité de la concurrence française donne son accord pour ce rapprochement, moyennant la cession de six magasins.. Au , la Fnac est déjà assurée de détenir environ 92 % du groupe au minimum. Le nouveau PDG sera Alexandre Bompard, qui siège également au conseil d’administration du nouvel ensemble, dont le nom sera « Fnac Darty ». Le Groupe Fnac détient finalement au un total de 98,5 % du capital de Darty..
Lors de sa prise de fonction chez Carrefour le , il est remplacé par Enrique Martinez en tant que Directeur général et par Jacques Veyrat, président du Conseil d'administration..
PDG de Carrefour (2017-) Le , le Conseil d'administration du groupe Carrefour annonce sa prise de fonction effective le .
Le , après six mois à la tête du groupe, il annonce une nouvelle stratégie, matérialisée par un plan intitulé « Carrefour 2022 ». Il fixe comme objectif pour le groupe de « devenir le leader mondial de la transition alimentaire pour tous », établissant un parallèle avec la transition énergétique..
Pour illustrer la transition alimentaire, Alexandre Bompard cite parmi les actions soit déjà engagée, soit à venir : la gestion des ressources, la durabilité des emballages, la réduction du gaspillage alimentaire, les achats responsables, la démocratisation du bio et la qualité des marques du distributeur.
Alexandre Bompard présente quatre axes de transformation : l'organisation, qu'il souhaite considérablement simplifier ; la productivité et la compétitivité, avec des annonces de réduction de coûts à hauteur de deux milliards d'euros ; l'omnicanal, avec des investissements dans les magasins de proximité, le numérique et le commerce en ligne ; et l'offre alimentaire pour une alimentation plus saine avec des investissements dans les produits frais, le bio et les marques propres.
Il annonce notamment l'abandon de 500 projets, le déménagement du siège du groupe de Boulogne-Billancourt à Massy (déjà siège de l'enseigne Carrefour) en 2019, la suppression de en France, via des départs volontaires, la fermeture de 273 magasins anciennement Dia déficitaires, et le passage de cinq hypermarchés en location-gérance. Ce dernier point en particulier suscite l'opposition des syndicats de travailleurs..
Alexandre Bompard annonce aussi des partenariats avec Fnac Darty, Showroom Privé et Tencent en Chine, pour le commerce en ligne alimentaire. Il souhaite renforcer les formats de proximité, avec l'ouverture de 2000 magasins de proximité en cinq ans. Il annonce l'ouverture de 170 points de livraison de commanded en ligne ("drives"). Pour le numérique, il annonce 2,8 milliards d'euros d'investissements en cinq années, soit leur multiplication par six., afin de devenir numéro un du commerce en ligne alimentaire en France. Il fixe aussi la réorientation des investissements marketing vers le numérique, de 8 % à 50 %. Concernant l'offre alimentaire, il souhaite investir dans les produits frais pour les faire croître trois fois plus vite que le reste de l'offre ; dans les produits bio, il fixe comme objectif de multiplier le chiffre d'affaires par cinq en 2022. ; il favorise le développement des marques propres qui doivent représenter un tiers du chiffre d'affaires en 2022.
À la suite de la crise du Covid-19 de 2020, plus de la moitié des hypermarchés Carrefour de France seraient dans le rouge, soit 104 sur 185. Pendant le confinement, le chiffre d’affaires des magasins Carrefour de l’Hexagone a baissé de 15 à 20 %..
Il déclare s'opposer à l'idée d'une « taxe Covid » sur la grande distribution proposée par plusieurs élus afin de mettre à contribution les « gagnants de la crise » face au coût de la pandémie. Malgré des résultats positifs en 2020, il déclare que cet impôt exceptionnel . Il appelle d'abord à faire respecter l'équité fiscale, en déclarant : ..