La veille, veille stratégique ou veille informationnelle est l’activité de collecte d’informations stratégiques pour anticiper les évolutions et innovations. C'est une « activité continue en grande partie itérative visant à une surveillance active de l’environnement technologique, commercial, etc., pour en anticiper les évolutions ».

On peut résumer la « veille » par le fait de se tenir au courant des informations pertinentes en rapport avec un thème précis. Contrairement à la recherche d'informations qui est ponctuelle et dépend d’un besoin immédiat, la veille est une activité continue prévue à l’avance et s’effectuant sur une plus longue durée.

Elle regroupe les techniques de recherche d'information, traitement de l'information et de visualisation d'informations. La veille stratégique est une aide à la prise de décision pour une entreprise ou une administration, voire un État grâce à une analyse des évolutions tendancielles et de leur environnement. La veille est de nature itérative et prospective afin d'anticiper les changements dans l'environnement de l'organisation et d'éviter des événements indésirables.

Elle se concentre sur les nouvelles informations publiées. Elle a une visée prospective et non rétrospective. En d’autres mots, la veille rassemble un ensemble d’activités réfléchies, structurées et continues visant à obtenir l’information la plus actuelle possible sur un sujet donné et à diffuser cette information à un ou des requérants intéressés.

De plus, le processus de veille ne peut pas être seulement réduit au suivi de l’information. Le processus doit être accompagné par une composante stratégique. Ainsi, elle doit passer par une collecte d’informations, mais aussi par une extraction ainsi que des mises en évidence des tendances et des signaux faibles. Il s’agit de signes annonciateurs d’évolutions qui pourraient avoir un impact sur l’environnement économique, technique, réglementaire d’une organisation. Ainsi, une veille peut servir à mettre à jour ses connaissances, à s’inspirer des meilleures pratiques, à se comparer entre organisations publiques, à améliorer sa réflexion, à mieux comprendre l’environnement, et même parfois à légitimer des décisions déjà prises ou sur le point d’être prises.

La veille a été révolutionnée par l'arrivée des moteurs de recherche sur la Toile depuis les années 1990. Depuis, elle a évolué en s’adaptant aux divers changements des technologies, techniques et usages. Vers 2020, la veille est devenue une pratique de plus en plus collaborative. Elle s’appuie sur des sources variées ; des données, des documents, des contenus multimédias et des réseaux humains.

Caractéristiques générales

Il est possible de caractériser une veille selon plusieurs critères : sa finalité (opérationnelle / stratégique & prospective ; scientifique / technique ; Recherche/développement...), le nombre et la qualité des destinataires, l'étendue des thèmes à surveiller, la nature et la diversité des sources, le niveau de valeur ajoutée (et donc la qualification et l'analyse de l'information), la mise à disposition des données, la présentation des données et enfin l'inter-réactivité (augmentation de la communication entre responsables et employés) .

La veille peut s'appliquer à de l'information et extraction de connaissances orale ou écrite, réelle ou modélisée, à de l'imagerie (aérienne et satellitale notamment). Dans le monde du renseignement, qui a des méthodes particulières, on parle de HUMINT (intelligence humaine) et de OSINT (intelligence des sources ouvertes).

Le veilleur a notamment un rôle de décryptage d'évènements de signaux faibles, de stratégies d'influence (adverses ou non) : il doit identifier les méthodes de diversion et de désinformation employées par des entités (fournisseurs, concurrents, adversaires, alliés).

Il est essentiel d’analyser l’information que l’on a collectée, car il peut y avoir du bruit, il faut choisir les informations les plus pertinentes en fonction des différentes sources et aussi sélectionner ce qu’on va diffuser par la suite. On pourra voir par exemple ce que l'on sait déjà et ce qu’on cherche à savoir. La diffusion est l’élément primordial de la veille, on ne fait pas de veilles juste pour avoir des informations, mais aussi pour les transmettre, notamment via une note de veille. On peut aussi la diffuser via une liste de diffusion, pour donner l’information plus facilement aux autres personnes.

La veille peut être freinée par des problèmes de communication intra-entreprise (des individus peuvent faire de la rétention d'information, par manque de partage), par un contexte politique (« guerre de pouvoirs »), par manque d'accès à des ressources informationnelles importantes, ou à la suite de problèmes techniques (systèmes d'information insuffisants).

Objectifs Le principal but de la veille est de mieux cerner son environnement et pour anticiper ses évolutions et aider à la prise de décision.. Pour ce faire, il convient de cibler l’information que l'on souhaite obtenir et les objectifs en fonction des besoins à combler. Pour cela, il faut utiliser des sources officielles, fiables et variées. On procède généralement en faisant un plan de veille définissant la durée de celle-ci, le type d’information que l’on souhaite collecter et les sources que l’on va utiliser. Il est bon de savoir que la veille a pour but de collecter des informations pertinentes qui vont être diffusées au sein de l’entreprise ou de l’organisme. La veille est principalement réalisée par un veilleur ou un documentaliste qui peuvent s’en occuper à temps plein ou partiel.

Selon l'observatoire DigimindBaromètre des pratiques de veille 2007 : Baromètre 2007 des pratiques de veille des grandes entreprises françaises | Digimind, les objectifs admis pour les entreprises en général en matière de veille stratégique sont : "développer des parts de marché (72 %), innover (70 %), appuyer sa croissance externe (41 %), exporter (40 %)…".

Plus précisément, le processus de veille stratégique permet de réduire l’incertitude, de détecter les signaux faibles et de soutenir la prise de décision. La veille permet, en amont, de donner du sens à des éléments d’informations disparates, à questionner, à mieux comprendre l’environnement interne et externe et découvrir les signaux faibles, tout en favorisant l’enrichissement des connaissances et de nourrir l’intuition pour ainsi contribuer à anticiper les tendances et les évolutions dans un domaine. Elle permet aussi, en aval, lorsqu’une décision a déjà été prise ou sur le point d’être prise, d’établir la pertinence de ces décisions.

Outils L'essor des technologies Internet a fortement fait évoluer la veille stratégique en permettant à des entreprises de collecter et de traiter avec plus de facilité un grand nombre d'informations. Cette banalisation a également rendu la veille stratégique accessible à des entreprises de taille plus modeste, à l'image par exemple de PME industrielles.

Mais l'explosion quantitative des données et l'insuffisance des canaux permettant leur synthèse imposent une remise en cause permanente des outils et organisations attachés à la veille stratégique pour éviter sa propre obsolescence.

On trouve deux méthodes :

La méthode pull : le veilleur va rechercher les informations, en dépouillant la presse par exemple. Si cette méthode permet d’écarter immédiatement les résultats non pertinents, c’est un processus chronophage et très lourd. La méthode push : l’information vient au veilleur, via des agrégateurs de flux RSS, des alertes Google ou des outils spécialisés.. Cette méthode a l’avantage d’automatiser sa veille, de gagner du temps, et donc de respecter une certaine régularité dans sa veille. Le problème réside essentiellement dans le fait de préciser bien en amont sa recherche afin d’éviter de se faire submerger par des résultats non pertinents ou trop larges..

Degré d'accessibilité

Dans le domaine de la veille et de l’intelligence économique, les professionnels distinguent l'information selon trois degrés d'accessibilité : l'information blanche, accessible par les moteurs de recherche classiques ou encore les sources ouvertes et accessibles à tous ; l'information grise, qui nécessite des techniques plus avancées, mais elle est caractérisée par des difficultés dans la connaissance de son existence ou de son accès ; l'information noire, une information protégée et accessible uniquement à certains.

Typologie Il existe plusieurs types de veille. Chacun d'entre eux répond à un objectif bien précis choisi par l'organisation qu'il sert.

La veille commerciale : évalue les pratiques commerciales d'une activité visée La veille concurrentielle : évalue les concurrents et leur positionnement La veille créative : veille sur les idées nouvelles et les opportunités d'innovation, elle est surtout pratiquées par les entreprises créatives spécialisées dans le Design, la Mode, la Publicité, etc. La veille d'opinion : veille sur les opinions des consommateurs formulées en ligne, sur des espaces publics permettant aux internautes d'interagir (espaces souvent appelés 2.0). La veille des positions Google. : évalue les entreprises les plus visibles sur le web La veille environnementale : veille sur les informations et réglementations sur l'environnement La veille financière : détecter les mouvements sur les marchés financiers, monétaires et de matières premières pouvant affecter l'entreprise, sur ceux des titres de l'entreprise elle-même et ceux des entreprises similaires concurrentes ou dans lesquelles elle a des intérêts ou avec lesquelles elle travaille La veille horizontale : évalue les secteurs voisins La veille juridique (ou réglementaire, ou normative) : surveillance des novations et modifications législatives et réglementaires et des décisions de justice et administratives applicables aux activités de l'entreprise La veille marketing : permet d'identifier de nouveaux marchés, proposer des produits nouveaux à ses clients et accompagner le lancement d'un nouveau produit La veille médiatique : veille sur les informations traitées par différentes sources médias ciblées en fonction d'un sujet déterminé La veille politique (ou institutionnelle) : étude des réseaux de pouvoirs dans les institutions publiques La veille réglementaire : surveillance des nouveaux textes législatifs, réglementaires voire techniques (normes) pouvant concerner l'entreprise (obligation sociale, norme technique, etc) La veille sectorielle : observation d'un secteur dans ses aspects les plus divers (clients/concurrents/acteurs). Peut être assimilée à de la veille verticale (op. horizontale) La veille sociale : veille sur les évolutions et réglementations en matière sociale La veille sociétale : veille sur les questions de société qui touchent directement ou indirectement l'entreprise et plus précisément la question de la responsabilité sociétale des entreprises, La veille tarifaire : surveillance des prix et des promotions de la concurrence La veille technologique : surveillance des innovations techniques (généralement par l'étude des brevets : veille propriété industrielle et intellectuelle) et des normes, voire influence pour la modification (accompagnement à l'évolution) des normes

Insertion dans les organisations

Pour les entreprises La veille stratégique est avant tout une compétence exercée au cœur des grandes entreprises Lesca, Humbert (2004) Veille stratégique : la méthode L.E.SCAnning, EMS, Rohrbeck, Rene (2010) Corporate Foresight: Towards a Maturity Model for the Future Orientation of a Firm, Springer Series: Contributions to Management Science, Heidelberg and New York, .