LAssemblée nationale est la chambre basse du Parlement de Côte d'Ivoire depuis l'instauration de la Troisième République en 2016. Auparavant, elle était l'unique chambre du Parlement durant la Première et Deuxième République.

Elle est instituée par la Constitution ivoirienne du et composée le avec un effectif de soixante-dix députés élus, tous ivoiriens.

Système électoral L'Assemblée nationale est composée de 255 sièges pourvus pour cinq ans au scrutin majoritaire à un tour, dont 169 dans des circonscriptions uninominales et 36 dans des circonscriptions de 2 à 6 sièges. Dans ces dernières, les électeurs votent au scrutin de liste majoritaire pour des listes bloquées composées d'autant de candidats que de sièges à pourvoir. Dans les deux cas, le candidat ou la liste de candidat ayant recueilli le plus de voix dans sa circonscription remporte le nombre de sièges à pourvoir.

Depuis un décret pris en , les partis doivent obligatoirement présenter un minimum de 30 % de femmes sur le total de leurs candidats. Le décret encourage par ailleurs les partis à en présenter davantage en assurant un financement public supplémentaire à ceux dont la part de candidates dépasse 50 %.. Le quota de 30 % est cependant dépourvu de mesures coercitives, ce qui amène les partis à ne pas le respecter en l’absence d'amendes. Les premières élections tenues sous ce décret en 2021 ne voient ainsi qu'un total de 15 % de femmes candidates, aucun parti n'ayant atteint le quota..

Évolution Ère du parti unique absolu

Durant cette période qui débute à la veille de l'indépendance du pays et s'achève en 1980, cinq législatures se sont succédé. La première (1959-1960) est en réalité une législature de transition. Territoire d'outre-mer, la Côte d'Ivoire était dotée d'un Conseil général élu au scrutin de liste majoritaire à deux tours avec un double collège. Ce Conseil général, devenu Assemblée territorialeloi n° 52-130 du 6 février 1952 relative à la formation des Assemblées locales (voir Journal officiel de la Côte d'Ivoire, note du 11 février 1953, p. 95) est transformé en Assemblée législative sous l'empire de la Constitution du Loi n° 59-1 du 26 mars 1959 portant constitution de la République de Côte d'Ivoire. Philippe Grégoire Yacé est élu président de cette assemblée, le .

La deuxième législature (1960-1965) voit le jour après la proclamation de l'indépendance de la Côte d'Ivoire dans l'hémicycle même de l'Assemblée nationale, le . Elle émane d'un accord intervenu, le à Paris, pour le transfert au gouvernement ivoirien, des compétences exercées sur le territoire par le gouvernement de la Communauté. Dans cette dynamique, le Parlement ivoirien vote, le , une nouvelle loi constitutionnelleLoi constitutionnelle n° 60-205 du et moins d’un mois plus tard, le , soixante-dix députés, tous ivoiriens, sont élus à l'Assemblée nationale sur une liste unique. Il s'agit en fait, d'une sorte de ratification de la liste proposée par le parti unique, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI). Philippe Yacé est élu président de l'Assemblée nationale, le .

La troisième législature démarre avec les nouvelles élections qui envoient au Parlement ivoirien, le , quatre-vingt-cinq députés. Le 22 du même mois, Philippe Yacé est réélu président de l'Assemblée nationale. Le bureau formé, le même jour, est reconduit jusqu'au . Ce bureau se caractérise par une particulière sobriété et une remarquable stabilité. Le , cent députés sont élus à l'Assemblée nationale et ils désignent, à nouveau, le suivant, Philippe Yacé pour présider l'Assemblée nationale de la quatrième législature (1970-1975). Le , pour la cinquième législature (1975-1980), des élections législatives envoient au Parlement cent-vingt députés et, le , le bureau de l'Assemblée nationale est formé ; toujours présidé, mais pour la dernière fois, par Philippe Yacé.

Ouverture démocratique La sixième législature (1980-1985) s'inscrit dans un contexte de parti unique assoupli. La liste unique du parti à entériner par les électeurs cède la place à une véritable compétition ouverte au sein du même parti. Cette législature marque une rupture qui constate, après vingt et un ans d'exercice ininterrompu, le départ de Philippe Grégoire Yacé de la Présidence de l'Assemblée nationale et son remplacement par Henri Konan Bédié. Le bureau de l'Assemblée nationale est renouvelé, le , mais conserve un grand nombre de membres. La même option d'ouverture est conservée pour la septième législature (1985-1990) qui accueille cent soixante-quinze députés envoyés par les électeurs à l'Assemblée nationale. Il s'agit également du deuxième mandat parlementaire de Henri Konan Bédié qui est reconduit à la tête de l'Assemblée nationale, en .

À cette ouverture interne au PDCI, succède en 1990 le multipartisme et la huitième législature (1990-1995) qui constate l'entrée d'une opposition au parlement. Le nombre de députés est maintenu à cent soixante-quinze. Henri Konan Bédié est, à nouveau, reconduit à la tête de l'Assemblée nationale ivoirienne mais il doit quitter ses fonctions en cours de mandat pour assurer les charges de Président de la République, conformément à la constitution, à la mort de Félix Houphouët-Boigny.

La neuvième législature (1995-2000) démarre en 1995. Le bureau de l'Assemblée nationale est constitué, le et présidé par Charles Bauza Donwahi. Cette législature n'ira pas à son terme car il y est mis fin, le par le coup d'État qui porte le Général Robert Guéï au pouvoir. Après le vote d'une nouvelle constitution en 2000, une nouvelle législature. Il s'agit de la première de la République (2000-2005). Elle est marquée par le boycott des élections législatives par le parti du Rassemblement des républicains (RDR) dont quelques membres briguent néanmoins les suffrages des électeurs et obtiennent leur entrée au Parlement. Cette législature est également caractérisée par la diversité de représentation des sensibilités avec l'entrée de plusieurs partis politiques à l'Assemblée nationale. Cette législature est exceptionnellement longue et se poursuit en raison de la crise politico-militaire en Côte d'Ivoire qui n'a pu permettre le renouvellement de l'Assemblée nationale.

Présidence d'Adama Bictogo

À partir d', le président Amadou Soumahoro est fréquemment malade et laisse Adama Bictogo assurer la présidence par intérim. À la mort de Soumahoro en , Bictogo obtient le soutien du RHDP pour postuler à la présidence de l'Assemblée. Il est élu avec 237 voix contre 6 pour Jean-Michel Amankou. Les principaux partis de l'opposition (PDCI et Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI)) apportent leur soutien au candidat RHDP, même si le RHDP dispose de la majorité absolue. Ce soutien est présenté comme faisant partie du « processus de réconciliation ».

Constitution, organisation et fonctionnement Première et Deuxième Républiques Constitution du parlement L’Assemblée nationale en Côte d’Ivoire est constituée d'une chambre unique dont les membres, qui portent le titre de députés, sont élus pour cinq ans au suffrage universel direct. La loi fixe le nombre des membres de l'Assemblée nationale, les conditions d'éligibilité, le régime des inéligibilités, et incompatibilités, les modalités de scrutin, les conditions dans lesquelles il y a lieu d'organiser de nouvelles élections en cas de vacance de siège de députés. Le Conseil constitutionnel statue sur l'éligibilité des candidats, la régularité et la validité des élections des députés à l'Assemblée nationale.

Les pouvoirs de l'Assemblée nationale expirent à la fin de la deuxième session ordinaire de la dernière année de son mandat. Les élections ont lieu vingt jours au moins et cinquante jours au plus avant l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée nationale. Le président de l'Assemblée nationale est élu pour la durée de la législature.

Le président de l'Assemblée nationale et le Premier vice-président sont soumis aux mêmes conditions d'éligibilité que le président de la RépubliqueArt.58 à 70 de la Constitution ivoirienne (2000)..

Organisation L'Assemblée nationale comprend un bureau, des commissions techniques et des groupes parlementaires.

Le bureau de l'Assemblée nationale comprend un président, un premier vice-président, dix vice-présidents, douze secrétaires et trois questeurs. Le président du parlement est élu pour toute la durée de la législature tandis que les autres membres du bureau sont renouvelés chaque année.

Il y a six commissions permanentes, avec chacune un nombre égal de députés : Commission des Affaires générales et institutionnelles (administration territoriale, décentralisation, organisation judiciaire, législation civile, administrative et pénale, lois constitutionnelles, organiques et électorales, identification, naturalisation, contrôle constitutionnel, règlement, immunités, promotion de la démocratie, droits de la personne humaine) ; Commission des Affaires économiques et financières (finances, affaires économiques, plan, domaines, mines, travaux publics, transport, poste, aéronautique, agriculture, élevage, pêche, tourisme, artisanat, énergie, industrie, commerce, bonne gouvernance) ; Commission des Affaires sociales et culturelles (éducation, jeunesse, sports, loisirs, santé publique, population, travail, affaires sociales, statuts, consommation, fonction publique, promotion du genre) ; Commission des Relations extérieures (relations interparlementaires, coopération internationale, Affaires étrangères, conférences internationales, coopération militaire internationale) ; Commission de la Sécurité et de la Défense (Défense nationale, police, immigration, protection civile, prévention des conflits internes) ; Commission de la Recherche, de la Science, de la Technologie et de l’Environnement (eaux, forêts, chasse, habitat, urbanisme, monuments, sites historiques, sites touristiques, pollution, télécommunication, biotechnologie, équilibre écologique, feux et incendies des forêts, désertification, érosion marine, technologies de l'information et de la communication, communication audiovisuelle et multimédia). L'Assemblée nationale peut, selon les besoins, créer des commissions spéciales qui ont un caractère ad hoc. Chaque commission comprend, un président, un vice-président, un rapporteur général, un rapporteur général adjoint, deux secrétaires. Les députés peuvent également s'organiser par affinités politiques en groupes parlementaires. Le groupe parlementaire ne peut être reconnu comme administrativement constitué que s'il compte au moins huit membres. La possibilité de s'apparenter à un groupe sans y adhérer est offerte au député. Toutefois, aucun député ne peut appartenir à plusieurs groupes parlementaires à la fois.

Fonctionnement thumb|Siège de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire. Chaque année, l'Assemblée nationale se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires dont la première s'ouvre le dernier mercredi du mois d'avril pour une durée de trois mois au maximum. La seconde session débute le premier mercredi du mois d'octobre et s’achève le troisième vendredi du mois de décembre. L'Assemblée nationale peut être convoquée en session extraordinaire par son président sur un ordre du jour déterminé, soit à la demande du président de la République, soit à celle de la majorité absolue des députés. Ces sessions sont closes dès l’épuisement de l'ordre du jour. L'Assemblée nationale peut également siéger à huis clos, en comité, à la demande du président de la République ou de 1/3 des députés. Le compte rendu intégral des travaux de l'Assemblée nationale est publié au Journal officiel des débats.