, né George Augustus Frederick à Londres le et mort le au château de Windsor, est roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande et de Hanovre du jusqu'à sa mort.

En raison de la maladie mentale de son père, le roi , George est prince-régent de à son accession au trône. Il mène un style de vie extravagant qui contribue aux modes de la Régence anglaise. Il est également un mécène pour de nouvelles formes d'arts, de goûts et de loisirs ; musicien, il entretient une relation d'amitié avec Rossini qui lui donne de nombreuses leçons de chant. Il fait appel à l'architecte John Nash pour construire le pavillon royal de Brighton et reconstruire le palais de Buckingham, et à Jeffry Wyatville pour la reconstruction du château de Windsor. Il joue également un grand rôle dans la fondation de la et du King's College de Londres.

Ses rapports avec son père et son épouse Caroline de Brunswick sont détestables et il fait interdire à sa femme d'assister à son couronnement. Il présente l'impopulaire de dans une tentative désespérée et infructueuse de dissoudre son mariage. Pour la plus grande partie de la régence et du règne de , lord Liverpool contrôle le gouvernement en tant que Premier ministre du Royaume-Uni. Les gouvernements successifs de , sans grand soutien de la part du roi, président à la victoire dans les guerres napoléoniennes, négocient les traités de paix et tentent de gérer les malaises sociaux et économiques qui suivent. Le roi doit accepter George Canning au poste de ministre des Affaires étrangères puis de Premier ministre, ainsi qu'abandonner son opposition à l'émancipation des catholiques.

Son charme et sa culture lui valent le titre de « premier gentleman d'Angleterre ». Mais, ses relations difficiles avec son père et son épouse, ainsi que sa vie dissolue entrainent le mépris de son peuple et affaiblissent le prestige de la monarchie. Les contribuables sont irrités par ses fortes dépenses en temps de guerre. De fait, il ne représente pas une figure nationale en temps de crise, ni un modèle pour son peuple et ses ministres trouvaient son comportement égoïste, peu fiable et irresponsable.

Jeunesse et débuts

Naissance et famille gauche|vignette|363x363px|Le prince George, alors prince de Galles. Le prince George est né au palais Saint James à Londres le ; il est le premier fils du roi et de la reine Charlotte. En tant que fils aîné du monarque britannique, il devient automatiquement duc de Cornouailles et duc de Rothesay à sa naissance ; il est fait prince de Galles et comte de Chester quelques jours après. Le , il est baptisé par l'archevêque de Cantorbéry, Thomas Secker. Ses parrains sont le duc de Mecklembourg-Strelitz (son oncle maternel qui est représenté par le duc de Devonshire, le lord-chambellan), le duc de Cumberland (son double-grand-oncle paternel) et Augusta de Saxe-Gotha-Altenbourg (sa grand-mère paternelle). George est un étudiant talentueux qui apprend rapidement le français, l'allemand et l'italien en plus de l'anglais .

Jeunes années À l'âge de , il reçoit une résidence séparée et en contraste avec la vie prosaïque et sans esclandres de son père, il entre avec enthousiasme dans une vie de débauche impliquant l'abus d'alcool et de nombreuses maîtresses. Saoul et sobre, il excelle dans l'art de la conversation et a des goûts sûrs, quoique coûteux, dans la décoration de sa résidence. Cela est un manque de jugement particulièrement important compte tenu de l'extraordinaire pauvreté de nombreux Londoniens, adultes et enfants, qui vivent dans la rue.

Le prince atteint l'âge de en et il obtient une concession de (environ de livres de Valeur calculée sur la base des salaires moyens (average earnings) en utilisant le site Measuring Worth) de la part du Parlement et une dotation annuelle de (environ de livres de ) de la part de son père. C'est cependant bien trop faible par rapport à ses besoins ; les écuries coûtent à elles seules par an (environ de livres de ). Il s'installe ensuite à Carlton House où il vit une vie extravagante. L'animosité s'accroit entre le prince et son père qui désire que l'héritier adopte un mode de vie plus austère. Le roi, de tendance conservatrice, est irrité par le soutien du prince à Charles James Fox et à d'autres politiques radicaux.

Mariage vignette|gauche|Le prince George de Galles représenté par Richard Cosway vers 1780-1782.|323x323px Peu après son , le prince tombe amoureux de Maria Anne Fitzherbert, une roturière, de six ans son aînée, deux fois veuve, et catholique de surcroît. Malgré sa complète inadéquation de statut, le prince est déterminé à l'épouser. Cela entre en violation avec l'Acte d'établissement de 1701, qui interdit l'accès au trône en cas de mariage avec une personne de confession catholique, et avec le Royal Marriages Act de 1772 qui, jusqu'en , interdit le mariage sans le consentement du roi.

Néanmoins, le couple se marie discrètement le dans la résidence de Maria à , dans le quartier londonien de Mayfair. Légalement l'union n'est pas valide car le consentement n'est jamais accordé (et n'est d'ailleurs jamais demandé). Cependant, Maria Fitzherbert considère qu'elle est l'épouse véritable et canonique du prince car elle tient la loi de l'Église comme supérieure à la loi de l'État. Pour des raisons politiques, l'union reste secrète et Maria Fitzherbert promet de ne jamais la révéler.

Le prince contracte des dettes du fait de son mode de vie extravagant. Son père refuse de le soutenir financièrement et il est forcé de quitter Carlton House et de vivre dans la résidence de Maria Fitzherbert. En 1787, les alliés politiques du prince lui proposent de réduire ses dettes en votant une dotation parlementaire. Les relations entre George et Maria Fitzherbert sont soupçonnées et la révélation du mariage illégal aurait scandalisé la nation et empêché toute dotation parlementaire pour l'aider. Agissant sous l'autorité du prince, le chef Charles James Fox déclare que l'histoire est une pure invention. Maria Fitzherbert n'est pas heureuse des négations publiques du mariage dans des termes si véhéments et elle songe à arrêter ses relations avec le prince. Il l'apaise en demandant à un autre , Richard Brinsley Sheridan, de réaffirmer les déclarations énergiques de Fox dans des termes plus prudents. Le parlement, dans le même temps, accorde au prince (environ de livres de ) pour payer ses dettes et pour des aménagements à Carlton House.

En , le prince de Galles se rend à Brighton pour soutenir l'ouverture du premier établissement de bains de mer de l'histoire, fondé par John Latham.

Crise de la régence de 1788 vignette|Portrait de George réalisé par Joshua Reynolds en 1785. On pense aujourd'hui que le roi souffrait d'une maladie héréditaire appelée porphyrie. Des troubles mentaux sont l'un des symptômes de la maladie et la santé mentale du roi se détériore à l'. Mais, il est néanmoins capable de se décharger de certains de ses devoirs et de déclarer la prorogation (suspension) du Parlement du au . Durant la prorogation, la santé de s'aggrave et il constitue alors une menace pour lui-même. Lors de la reprise de la session parlementaire en novembre, le roi est incapable de prononcer le traditionnel discours du Trône. Le Parlement se trouve dans une position insoutenable : selon la loi établie, le Parlement ne pouvait procéder à aucune affaire jusqu'au discours du souverain à l'ouverture du Parlement.

Pour contourner cette impasse, le Parlement se donne le droit de débattre de la possibilité de mettre en place une régence. À la Chambre des Communes, Charles James Fox déclare qu'en qualité de fils aîné du roi, le prince de Galles peut assumer cette régence pendant la durée de l'incapacité de son père. Le Premier ministre William Pitt a néanmoins une opinion opposée sur le sujet et il avance qu'en l'absence d'un statut à effet contraire, seul le Parlement est habilité à choisir le régent. Il déclare même que sans autorité parlementaire . Tout en étant en désaccord avec le principe de base de la régence, William Pitt est d'accord avec Fox sur le fait que le prince de Galles est le candidat le plus adapté pour le poste de régent.

vignette|gauche|Miniature de George réalisée par Richard Cosway (1792). Le prince de Galles, bien qu'offensé par la hardiesse des propos de Pitt le Jeune, n'apporte pas un soutien total à Fox. Le frère cadet du prince, Frederick d'York, déclare que son frère ne tenterait pas d'exercer le pouvoir sans obtenir le consentement du Parlement. Après le passage des premières résolutions, Pitt expose son plan pour la régence et propose que les pouvoirs du prince de Galles soient considérablement limités. Entre autres, le prince de Galles ne pourrait vendre la propriété du roi ou accorder une pairie à toute personne autre qu'un enfant du roi. Le prince de Galles dénonce l'arrangement de Pitt, déclarant qu'il s'agissait d'. Dans l'intérêt du royaume, les deux partis s'accordent sur ce compromis.

Néanmoins, le vote d'une loi sur la régence ne peut se faire que si le Parlement est en séance et celles-ci ne peut reprendre qu'après un discours du Trône. Légalement, le discours du trône est délivré par le roi mais peut également être donné par des représentants royaux appelés Lords commissaires. Mais, aucun document ne peut autoriser les Lords commissaires à agir à moins que le grand sceau du Royaume-Uni n'y soit apposé et celui-ci ne peut pas être apposé légalement sans l'autorisation préalable du roi. Pitt et les membres de son ministère ignorent cette dernière condition et demandent au lord chancelier d'apposer son cachet sans le consentement du roi. Cette fiction juridique est dénoncée par Edmund Burke comme un , une et même une . Néanmoins, d'autres membres du Parlement estiment qu'un tel arrangement est nécessaire pour préserver un gouvernement efficace. En conséquence, le , plus de deux mois après sa réunion, le Parlement est solennellement ouvert par un groupe « illégal » de Lords commissaires. La loi sur la Régence est présentée, mais avant qu'elle puisse être votée l'état de santé de s'améliore nettement. Ayant retrouvé ses esprits, déclare la loi autorisant les Lords commissaires à agir comme valide.

Mariage et maîtresses vignette|gauche|George en , d'après une peinture de Sir William Beechey. Les dettes du prince de Galles continuent de s'accroître, et son père refuse de l'aider à moins qu'il n'épouse sa cousine, la princesse Caroline de Brunswick. En , le prince accepte et le mariage est organisé le dans la chapelle royale du palais Saint James. Cette union est un désastre. Dès la naissance de leur fille Charlotte en , ils se séparent. Le prince de Galles reste attaché à Marie Anne Fitzherbert pour le reste de sa vie, en dépit de ses différentes tromperies.

Les maîtresses de George sont Mary Robinson, une actrice dont le silence est acheté avec une généreuse pension pour éviter que celle-ci ne publie dans les journaux les lettres très compromettantes du prince de Galles ; Grace Elliott, l'épouse d'un médecin et Frances Villiers qui domine sa vie pendant quelques années. Vers la fin de son règne, ses maîtresses sont Isabella Seymour-Conway, marquise d'Herford et Elizabeth Conyngham, marquise Conyngham, qui sont toutes deux mariées à des aristocrates.