Le col du Galibier est un col routier des Alpes françaises situé à d'altitude entre les départements de la Savoie au nord et des Hautes-Alpes au sud. Il relie ainsi Saint-Michel-de-Maurienne via le col du Télégraphe, à Briançon et La Grave via le col du Lautaret. Il marque traditionnellement la limite entre les Alpes du Nord et les Alpes du Sud françaises. Ce col est fermé à la circulation l'hiver : pour la période estivale, la route ouvre habituellement vers la fin mai ou au début du mois de juin, après son déneigement et ferme au mois d'octobre selon les conditions météorologiques. Il est doublé par un tunnel percé sous le col, une centaine de mètres plus bas, doté d'un système de régulation alternée de la circulation.

Situé entre le massif des Arves et le massif des Cerces, en particulier le chaînon du Galibier, il est le quatrième plus haut col routier des Alpes françaises, après le col de l'Iseran (), le col Agnel () et le col de la Bonette ().

Toponymie Le col du Galibier est mentionné dès la fin du . Le Regeste dauphinois mentionne un document de l'année 1183 où l'on trouve in collo Galaubiae associé au col.. On trouve ensuite, plus tardivement, les formes Custodia collis Galiberii (1516), Le Gallebier, Galabier (1638), Galeibier (1660), Galubier (1741), Galibier (1754).

Le toponyme semble dériver d'un nom d'homme germanique.

Géographie Topographie vignette|gauche|Vue depuis l'adret du col routier à l'entrée sud du tunnel du Galibier du vrai col topographique derrière le monument Henri Desgrange et au pied du Petit Galibier sur la gauche.

Le col du Galibier est situé dans les Alpes, à la limite entre le massif des Arves à l'ouest et celui des Cerces à l'est, entre la vallée de la Guisane au sud et celle de la Maurienne au nord. Il est entouré par le Grand Galibier () à l'est et le Petit Galibier Ouest () et le pic des Trois Évêchés () à l'ouest. D'un point de vue administratif, son adret est situé sur le territoire communal du Monêtier-les-Bains du département des Hautes-Alpes de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur au sud et son ubac est situé sur celui de Valloire du département de la Savoie de la région Auvergne-Rhône-Alpes au nord. Son adret est inclus dans la zone périphérique du parc national des Écrins dont la zone cœur s'étend au sud-ouest ; les champs de tir du Galibier-Grandes-Rousses et de Rochilles-Mont Thabor l'encadrent respectivement à l'ouest et à l'est.

Le col s'élève à d'altitude sur la crête du Galibier descendant du Grand Galibier ; il est franchi par une route et traversé par un tunnel une centaine de mètres plus bas. Cependant, ce passage ne marque pas le point le plus bas sur la ligne de crête entre les massifs des Arves et des Cerces : le vrai col topographique se trouve en réalité à environ à l'ouest du col routier et à environ au nord-ouest du monument Henri Desgrange, au pied de l'ubac du Petit Galibier Ouest, à d'altitude soit plus bas que le col routier. Si l'adret de ce col présente une forme évasée et des pentes douces, son ubac est en revanche beaucoup plus escarpé et composé de terrains instables qui ont peut-être conduit au tracé actuel de la route bien qu'il soit légèrement plus en altitude.

Géologie

Les crêtes rocheuses du Grand Galibier, du roc Termier et de la Tête de Colombe Panorama géologique du massif du Grand Galibier sont constituées de calcaires dolomitiques et de quartzites triasiques (200-)Ces roches recouvrent un socle paléozoïque composant les massifs cristallins internes. appartenant à une nappe de charriage, dite briançonnaise. Au-dessous de cette nappe viennent des terrains plus tendres et plus ravinés (domaine sub-briançonnais à pentes plus douces), faits de calcschistes gris plus tendresCes calcaires jurassiques et schistes crétacés deviennent rouges à la base (versant ouest de Roche Colombe). et de marnes crétacées (), terrains auxquels appartiennent le col du Galibier. Il y a donc superposition anormale puisque du Trias, terrain ancien, repose sur du Crétacé et du Tertiaire, plus récents. Une autre compression fait chevaucher ce compartiment sub-briançonnais (écailles formant elles-mêmes une nappe de charriage) sur le compartiment dauphinois formé de flysch. Cette structure en empilement de nappes (déplacées de l'ordre de 20 à , soit une vitesse moyenne d'un cm par an), contemporaine du plissement alpin (), a été facilitée par la présence de couches de gypse jouant le rôle de « lubrifiant tectonique » (couche dite « savon » formant une semelle de nappe). Une dernière compression due au soulèvement du massif de La Meije (5 à ) accentue et raccourcit cette superposition de nappes à l'origine horizontale, en même temps que se produisent le basculement vers l'est des compartiments et les soulèvements qui portent l'ensemble à son altitude actuelle..

Le col recèle une curiosité géologique. Des terrains gypseux affleurent au-dessus du tunnel et en contrebas du portail nord du col : un gisement à une centaine de mètres au-dessus et les Gypsières (Versant Valloire sous le col du Galibier). Ces gypses sont criblés de dépressions décamétriques rappelant les formes karstiques. Certains touristes les confondent même avec des trous d'obus mais il s'agit d'entonnoirs de dissolution (en profondeur se produisent des dissolutions suivies d'effondrements se traduisant, en surface, par ces entonnoirs)..

Les changements de tracé thumb|left|Vue de l'entrée sud du tunnel et du chalet du Galibier, versant sud. thumb|Tunnel du Galibier côté nord le jour de l'ouverture le 29 mai 2020, avec le col en arrière-plan.

La route du Galibier est construite à partir de 1880, et est achevée par le percement du tunnel sommital en 1891Écomusée du pays de la Roudoule, La Route des Grandes Alpes, Édition de l’écomusée du pays de la Roudoule, Puget-Rostang , p 15. Mais avant le percement du tunnel la route « stratégique » a franchi le col géographique du Galibier à l’altitude de en 1884.

Cette route a par la suite subi de nombreux travaux, le tracé a été modifié à plusieurs reprises, avec pour résultat des appréciations différentes de la difficulté de ce col selon l'époque.

Avant 1976, le tunnel était le seul point de passage au sommet, à une altitude de côté nord et côté sud. Ce tunnel, en maçonnerie, fait de long et de large. À cause de sa vétusté, le tunnel a été fermé en 1975 car les pierres de la voute se descellaient et rendaient la circulation particulièrement dangereuse. Compte tenu de l'importance de cet axe pour le déroulement du tour de France cycliste, le conseil général des Hautes-Alpes en coordination avec celui de la Savoie ont décidé de confier aux services de l'équipement des deux départements d'étudier un tracé en passant par le col géographique. En 1976, l'enneigement de la route du col du Galibier était peu abondant sur le versant briançonnais, le déneigement côté sud a été réalisé entre le et le . Seuls les personnels de la subdivision de l'équipement de Briançon pouvaient ouvrir les portes du tunnel, amont et aval. C'est le que le nouveau tracé, sans aucun plan topographique, a été piqueté avec un clisimètre par Bernard Jalbaud, adjoint au chef de la subdivision de Briançon assisté de Jean-Louis Eymard, conducteur de travaux responsable de la brigade du Monêtier-les-Bains. Afin d'éviter les terrains instables composés de schistes, un double lacet a été indispensable pour rejoindre le col géographique qui après nivellement devrait être à l'altitude de . Les travaux de terrassement et de minage dans la partie haute ont été réalisés par l'entreprise Louis Guérin de Montdauphin et le revêtement superficiel par la Société routière du Midi. Ce nouveau tracé construit rapidement a permis de franchir le col topographique en ajoutant sur chaque versant de nouvelle route à près de 10 % de pente moyenne. L'inauguration de cette nouvelle route a été effectuée en par le président du Conseil général des Hautes-Alpes, Émile Didier et le maire de Valloire Jean-Baptiste Magnin. Depuis 2002, le tunnel, rénové, est rouvert au trafic automobile (l'ouvrage a une longueur de pour une largeur de qui autorise seulement une circulation alternée par feux tricolores), mais toujours interdit aux vélos, qui doivent franchir le vrai col et ne peuvent pas escamoter le dernier kilomètre, le plus dur de l'ascension.

vignette|Dauphiné - En montant au Galibier - Vue sur le Lautaret et le Massif de la Meije - E.R., carte postale ancienne de la route du Galibier, vers 1900.

Le tracé de la route sur le versant sud était totalement différent avant l'inauguration en 1938Le Galibier, un centenaire qui impressionne toujours autant, Le Dauphiné libéré, 21 juillet 2011 d'un nouveau tracé débouchant au col du Lautaret et l'abandon progressif de l'ancienne route. Celle-ci, située à l'est de la route actuelle, débouchait sur la D1091 en contrebas du col du Lautaret, juste en amont des Sestrières, et présentait une pente moyenne nettement plus forte que l'actuel tracé (les six derniers kilomètres à presque 10 %), avec un itinéraire plus court mais un dénivelé plus importantDossier sur le col du Galibier.. L'ancien et le nouveau tracé se rejoignent au niveau du monument Henri Desgrange et ne se croisent qu'une seule fois, en un point situé légèrement en contrebas de ce monument.

Sur son versant nord, la rampe de Bonnenuit, entre Valloire et Plan Lachat, qui présentait une déclivité de 14 %Philippe Bouvet, Philippe Brunel, « Galibier, le monstre sacré », L’Equipe, cols mythiques du Tour de France, mars 2005, ., a été adoucie par la création d'une longue boucle passant le long du torrent, atténuant ainsi considérablement la difficulté du tronçon précédant Plan Lachat.

Ouverture à la circulation La route franchissant ce col de haute montagne est fermée à la circulation en hiver. Le déneigement intervient à la fin du printemps.

Cyclisme Profil Le col est accessible en été depuis ses deux versants nord et sud. Le tunnel proche du sommet est interdit aux cyclistes.

Versant nord thumb|left|upright=1.2|Profil du versant nord depuis Saint-Michel-de-Maurienne.

Sur son versant nord, depuis le carrefour à proximité de l'église au centre de Valloire (), l'ascension fait à 6,8 % de moyenne. Cependant, si l'on considère le pied à Saint-Michel-de-Maurienne () avec l'ascension préalable du col du Télégraphe et son profil de à 7 %, on compte Cycling Cols – Col du Galibier à 5,5 %, une moyenne tronquée par la descente de ce dernier col avant d'arriver à Valloire, la moyenne réelle des pentes s'élevant à 6,9 %.

La sortie de la station de Valloire présente une pente supérieure à 8 % mais, à la sortie du hameau des Verneys, plus loin, on profite d'un bon replatAlpes4Ever – Profil de l’ascension du col du Galibier de à 2,4 % jusqu'au lieu-dit « Pratier » (), de quoi remettre du braquet. Mais la pente repart avec notamment des pourcentages à environ 7 % dans le lacet des Étroits qui précède le hameau de Bonnenuit. De ce dernier hameau () jusqu'au parking du Crey Barétaz (), on a à environ 7 % sur une route plutôt rectiligne qui suit le ruisseau de la Valloirette. De ce parking jusqu'au petit pont de « Plan Lachat » (), la route offre de répit avec des pentes de près de 4,5 %, ultime replat avant la dernière partie qui s’annonce beaucoup plus dure. En effet, après le passage d'un petit pont, la route grimpe beaucoup plus nettement et il reste à 8,35 % de moyenne à effectuer alors que l’on dépasse peu après les d’altitude qui peuvent s'avérer être difficiles pour ceux qui ne sont pas habitués à la montagne. À partir de là, on entre dans un décor de verdure et de rochers sans aucun bâti sauf au niveau des granges du Galibier à près de du sommet.

vignette|Lacets de la route à proximité du col du Galibier, côté Savoie.